Le nouveau nationalisme

Qui saurait dire si c’est l’homme lui-même qui parle ou simplement un brillant calcul politique ? Le projet nationaliste de François Legault se conjugue désormais en trois volets : laïcité, langue et bientôt culture. On attendait le cofondateur d’Air Transat sur le terrain de l’économie et des « vraies affaires », le voici en patriote born again. Bien sûr, la fierté d’appartenance de M. Legault n’a de surprise pour personne. Mais qui aurait cru que celui qui a tourné le dos à la souveraineté pour s’occuper de choses plus immédiates, disons, accoucherait, une fois élu, d’un véritable projet de société ?

Rendons à César ce qui appartient à César. À peine huit ans après avoir lancé son offensive, François Legault a réussi à s’arroger les lettres de noblesse des deux autres grands partis : l’économie (Parti libéral) et le nationalisme (Parti québécois). Redoutable exploit qui explique sans doute son impressionnante cote de popularité. Mais bien naïf qui croirait ce tour de main sans conséquence pour le Québec. On n’a qu’à voir ce qui se passe dans les écoles de Montréal : plainte d’un parent à l’égard d’une enseignante portant le hidjab, refus d’embauche d’enseignantes voilées, sans parler des écoles qui rejettent des stagiaires musulmanes, car elles risquent, malgré la pénurie d’enseignants, de ne jamais être engagées. On a beau dire qu’il s’agit de cas isolés, que tout ça va fondre comme neige au soleil, la nouvelle loi sur la laïcité a ouvert, comme dit la présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Beauvais St-Pierre, « une boîte de Pandore difficile à refermer ».

Malgré la précision chirurgicale du gouvernement à préserver le plus possible le marché du travail — on reconnaît ici l’homme d’affaires — dont l’abstention pour les déjà embauchés, les CPE et les écoles privées, sans parler de laisser libre cours à la magistrature en la matière (!), la loi sur la laïcité institue la discrimination au Québec. Depuis la rentrée, nous avons désormais des cas concrets de cette discrimination devant lesquels ni la Charte canadienne ni la Charte québécoise des droits et libertés ne peuvent s’appliquer. En neutralisant les deux chartes, la nouvelle législation privilégie l’arbitraire plutôt que les droits fondamentaux. Le fait qu’un tel accroc soit limité à certaines personnes, à un certain moment de la journée, ne change rien à la faille qui vient d’être coulée ici dans le béton.

Comme le démontre la plainte d’un père vis-à-vis d’une enseignante voilée, il est permis de voir désormais une femme portant le hidjab comme une entrave aux bonnes moeurs. La loi le dit : « La laïcité de l’État exige le respect de l’interdiction de porter un signe religieux ». Le gouvernement a beau triturer sa loi à l’extrême, la découper comme un saucisson au nom de la « modération », l’esprit humain ne réfléchit pas à coup d’alinéas ou d’exceptions. Si on ne veut pas de femmes voilées dans les écoles, pourquoi en voudrait-on derrière le comptoir à la SAQ, derrière le volant d’un autobus ou dans une publicité de la Caisse Desjardins ? La loi a beau épargner ces femmes-là, elles sont déjà un peu plus suspectes, un peu moins normales, de par l’existence d’une loi qui punit d’autres femmes qui sont pourtant exactement comme elles.

En voulant mousser la fierté québécoise — « Il ne faut pas avoir honte d’être nationaliste », dit François Legault —, le projet qu’on nous propose aujourd’hui a un impact direct sur la vie de personnes — des femmes surtout — qui méritent mieux. C’est ça qui est nouveau. Inquiétant, également. Le nationalisme d’aujourd’hui a un aspect punitif, reflété également dans le « test des valeurs » qu’on veut désormais imposer aux immigrants. Le sentiment qu’il faut se conformer à un certain code de conduite pour être accepté socialement est nouveau au Québec. Du jamais vu, en fait.

On compare souvent la loi sur la laïcité avec celle sur la langue, mais le parallèle ne tient pas. Il suffit de comparer le préambule de la loi 101 et celui de la loi 21 pour le voir. La loi de 1977 parle du « peuple » québécois comprenant une majorité francophone, mais aussi des minorités dont on « reconnaît l’apport précieux au développement du Québec ». On parle également d’une loi qui « s’inscrit dans le mouvement universel de revalorisation des cultures nationales ». Il s’agit d’un nationalisme inclusif, ouvert sur le monde et sensible aux différentes ethnies. La loi 21, elle, parle de la « nation québécoise » ayant « des caractéristiques propres, dont sa tradition civiliste, des valeurs sociales distinctes et un parcours historique spécifique », une référence exclusive à la majorité francophone sans mention de la diversité québécoise, encore moins de son « précieux apport ». C’est un nationalisme exclusif, plutôt passéiste et peu ouvert sur le monde. Le contraire de ce qu’on connaît ici depuis 50 ans.

Loin d’être « en continuité avec la Révolution tranquille », ce nouveau nationalisme inquiète, en plus d’être sans grande pertinence pour la survie du Québec.

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165 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 11 septembre 2019 01 h 49

    Le lexique orwellien de Francine Pelletier.

    Je ne comprends pas comment une personne qui se dit féministe, comme Francine Pelletier, peut défendre l'oppression du port du voile et l'intégrisme religieux au nom de l'ouverture à la diversité. On effet, elle défend le communautarisme et la ghettoïsation. L'ethnie, la religion et le tribalisme sont promus comme un outil d'ouverture et d'inclusion.
    Dans le lexique orwellien de Francine Pelletier, l'oppression de la femme devient une liberté fondamentale, la misogynie devient un signe d'inclusion, et la soumission au patriarcat devient l’indépendance. Au lieu d'encourager le sectarisme et l'intégrisme religieux, l’auteure devrait favoriser la citoyenneté, l'universalisme et le bien commun.
    Les signes religieux n'ont pas leur place dans les institutions qui représentent l'état. On ne peut pas fonder une société avec une vision commune sur les clivages ethniques ou religieux. L'intégrisme religieux contribue inévitablement au morcellement et à la désintégration de la société.

    • Louise Melançon - Abonnée 11 septembre 2019 08 h 00

      Je ne comprends pas non plus...je pense qu’elle partage une compréhension du féminisme actuel qui prend parti pour les femmes quoi qu’elles fassent, quoi qu’elles pensent, juste parce qu’elles sont des femmes...
      Et aussi elle se noie dans la perspective des droits et ndividuels comme un absolu...

    • Loyola Leroux - Abonné 11 septembre 2019 09 h 25

      Je comprends que Le Devoir fasse place a plusieurs points de vue comme celui de madame Pelletier, mais je ne comprends pas pourquoi Le Devoir ne donne pas une chronique a une personne qui est pour la laicité.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 septembre 2019 09 h 27

      On cherche à nous culpabiliser.En ce qui me concerne, la loi 21 est timide. J'aurais appuyé d'y inclure les écoles privées, financées à 60% par l'État et les CPE

      « On en rajoute en expliquant que le Québec est en pénurie de personnel enseignant et qu’il se punit lui-même en refusant d’embaucher des enseignantes voilées. En d’autres mots, la loi 21 se retournerait contre nous, et notre fermeture d’esprit nous condamnerait à l’appauvrissement à la fois culturel et économique.

      On peut s’attendre à ce que cette campagne de propagande grossière dure un temps. Car les adversaires de la loi 21 sont toujours mobilisés. Ils ont toutefois changé de stratégie. Dans la mesure où ils ne peuvent plus empêcher la promulgation de la loi, ils ont décidé d’entrer en guérilla juridique, administrative et médiatique. »
      https://www.journaldemontreal.com/2019/09/11/appliquer-la-loi-21

    • Claude Bariteau - Abonné 11 septembre 2019 09 h 37

      Mme Pelletier voit du nationalisme ethno-culturel avec la CAQ mais oublie de dire que c'est ce nationalisme que prônait Pierre-Elliott Trudeau et, aujourd'hui, son fils qui y recoure pour se faire élire.

      Pire, elle n'arrive pas à voir la constitution révisée en 1982 sous cet angle, préférant y voir un hymne aux droits individuels et des gains d'humanité alors que ces droits servent à irradier partout au Canada la conception britannique du « vivre ensemble » valorisée au Québec par Charles Taylor et ses disciples.

      Ces plis politiques et idéologiques l'incitent à penser la citoyenneté à la canadienne et à laisser aux juges de la Cour suprême de trancher dans les excès et de définir les bornes de l'acceptable.

      Cela dit, il lui est impossible de penser le Québec sous l'angle d'une citoyenneté à définir, car ça implique comme objectif l'indépendance du Québec. Aussi recoure-t-elle à des propos et des images frappantes, qui, somme toute, assurent sa visibilité et sa pertinence au Devoir et dans d'autres médias.

      Là se trouve une partie de son incompréhension.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2019 10 h 40

      @ Nadia Alexan,

      "Je ne comprends pas comment une personne qui se dit féministe, comme Francine Pelletier, peut défendre l'oppression du port du voile et l'intégrisme religieux au nom de l'ouverture à la diversité." - Nadia Alexan

      1 ) Le port du voile n'est pas une oppression. C'est le contrôle du corps des femmes qui l'est, qui constitue une perte de liberté que vous voulez vous-même leur imposer autant que les hommes qui les oblige à le porter. D'ailleurs, le port du voile en soi n'a rien d'intégriste, à moins que vous ne considériez Malala Yousafzai comme une intégriste.

      2 ) C'est vous qui opprimez ces femmes en les discriminant à l'emploi, en plus de ne cesser de répandre vos préjugés à leur endroit, alors qu'un bon paquet de femmes voilées m'apparaissent franchement bien plus féministes que vous.

    • Marc Pelletier - Abonné 11 septembre 2019 11 h 30

      Mme Nadia Alexan,,

      Vous pouvez constater tout comme moi que, dans le texte, la loi 101 affiche un nationalisme inclusif, alors que, dans le texte, la loi 21 fait montre d'un nationalisme exclusif qui révéle de surcroit un aspect punitif, notamment pour les femmes issues de l'immigration.

      Je ne reconnais plus mon Québec !

    • Daniel Vézina - Abonné 11 septembre 2019 12 h 14

      Encore un article qui s'abreuve du multiculturalisme et du 'racisme' à la sauce Q.S.

      Sérieusement ?

    • Christian Braen - Abonné 11 septembre 2019 12 h 23

      @ Christian Montmarquette

      « Le port du voile n'est pas une oppression.»

      Si le port du voile n'est pas une oppression, pourquoi des femmes sont-elles battues et tuées parce qu'elles ne le portent pas? Pourquoi, ici même au Québec, des femmes et des jeunes filles (j'en ai connues...) sont-elles terrorisées à l'idée d'être surprises tête nue par leur père ou leur époux?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 septembre 2019 12 h 27

      @M. Montmarquette

      "Il( le voile) est imposé par l’islam dévoyé par l’alliance du politique et du religieux depuis près de 40 ans. » - Leila Lesbet musulmane- Le Devoir 18-12-2018.-

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2019 12 h 57

      @Christian Braen,

      "Si le port du voile n'est pas une oppression, pourquoi des femmes sont-elles battues et tuées parce qu'elles ne le portent pas?" - Christian Braen

      Ces femmes-là ne sont pas tant battues contre le port du voile, que contre des régimes politiques qui oppriment, contrôlent, violentent et infantilisent les femmes, et ce, dans toutes les dimensions de la vie et en leur retirant leur liberté de choisir. Une liberté de choisir que la loi 21 leur retire aussi.

      En combattant les femmes voilées, vous attaquez les victimes plutôt que les oppresseurs, ce qui vous transforme du coup, en oppresseur vous-même, en faisant de la loi 21 une Arabie saoudite inversée, plutôt que de laisser les femmes tout simplement libres de porter ce qu'elles veulent.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 septembre 2019 13 h 17

      @M. Marc Pelletier

      Des pays, en Europe, ont adopté des lois plus exigeantes que la loi 21.Quand tu travailles dans un poste d'autorité, dans le public, pourtant pas difficile à comprendre: NEUTRALITÉ. Pas question de te présenter avec un slogan d'un parti politique ou d'un signe religieux.

      Si tu n'es pas d'accord, va enseigner au privé ou ailleurs.En dehors de l'école, habille-toi des pieds à la tête, pas de problème.Mais, respecte-nous, respecte nos enfants.

      Que dirais-tu si l'ado de Victoriaville avait dû se présenter en cour devant une juge voilée? Idem pour la prof: respecte la société qui t'a si bien accueillie. Si tu n'es pas d'accord, vis avec les conséquences de tes choix. Nos propres religieux(euses) l'ont compris, ça fait belle lurette.

    • Christian Braen - Abonné 11 septembre 2019 13 h 23

      @ Christian Montmarquette

      De nombreuses femmes et jeunes filles, ici-même au Québec (comme l'a montré la triste histoire qui s'est déroulée à Victoriaville récemment), sont forcées de porter le voile. À ma connaissance, et quoi qu'on puisse penser du gouvernement Legault, elles ne vivent pas dans l'un de ces régimes politiques qui «oppriment, contrôlent, violentent et infantilisent les femmes.». Cela dit, je devine derrière vos propos que ces femmes et ces jeunes filles ne vous préoccupent pas beaucoup, alors aussi bien faire comme si elles n'existaient pas, n'est-ce pas?

      Sinon, en accusant tous ceux qui défendent la loi 21 d'être des «oppresseurs (eux-mêmes)», vous montrez les limites de votre discernement et de votre savoir-vivre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2019 14 h 08

      @Christian Braen,

      Il n'y avait jusqu'ici aucune loi qui dictait aux femmes quoi porter ou pas, et encore moins une loi qui les discriminaient à l'emploi sur la base de leur apparence plutôt que sur la base de leurs compétences.

      Ceci dit, des hommes qui dictent à leurs femmes et à leurs filles comment s'habiller, il doit y en exister un bon paquet dans nos bons Québécois "de souches". Un model patriarcal, archaïque, infantilisant et autoritaire que reprennent les nationalistes conservateurs avec leur loi 21.

      L'émancipation des femmes, ce n'est pas de leur dicter quoi faire, quoi croire ou ne pas croire.. ou comment s'habiller ou ne pas s'habiller.. Mais de les croire suffisamment adultes et intelligentes pour penser par elles-mêmes et décider elles-mêmes ce qu'elles considèrent bon pour elles-mêmes.

    • Marc Pelletier - Abonné 11 septembre 2019 14 h 21

      @ M. Pierre Grandchamp,

      C'est une erreur de comparer le Québec avec certains pays d'Europe : le contexte n'est pas le même et leur Histoire ne se compare pas à la nôtre .

      Je reprends vos propos : " ...... ce n'est pourtant pas difficile à comprendre ....." .

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 septembre 2019 17 h 54

      Il est vrai que des femmes et des filles subissent l'oppression de la part de leurs pères, de leurs conjoints... Des fois, ils prennent appui sur une interprétation du Coran qui ne semble pas si contraignante que tous les musulmans s'y rangent, loin de là. Des fois, ils perpétuent une tradition de violences partriarcales ancrées dans un fond culturel non religieux. Quoi qu'il en soit et quoi qu'on en dise en évoquant les mêmes exemples et le spectre de la charia en Ontario, il n'y a jamais eu l'ombre d'un poil de légitimité qui ait été reconnue par notre droit à cet égard. Si des musulmanes citoyennes canadiennes sont ainsi traitées, c'est entre autres parce que plutôt que de les aider à s'affranchir selon des termes qu'elles sont tout à fait aptes à choisir, on a décidé de leur imposer les voies de la liberté, telle que nous la concevons et telle que nous les jugeons inaptes à y accéder par elles-mêmes. On l'a répété assez souvent : pour les laïciens, ces femmes ne sont que des poteaux sur les quels on placarde des messages misogynes..... etc.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 11 septembre 2019 19 h 29

      C'est vous qui êtes orwéllienne ,Madame Alexan. Vous parlez de société à fonder et appelée à extinction. Elle l' est déjà, fondée, la société. Ce qui devrait arriver c'est l'altération de la dite société, par l'adaptation progressive des Autres, qui n'ont guère le choix, et par l'entêtement des Uns de se complaire dans un comportement passéiste , celui de se river sur un socle d'identité immuable. Toute identitté devrait être modulée par le temps, le progrès, l'environnement social. Le statisme sclérose. l'homme (et la femme aussi, bien entendu). Le dynamisme l'élève au-dessus de sa misérable condition d'animal voué à ses instincts primaux :ceci est mon territoire.
      Non, ce ne sont pas les Autres qui sont coupables. Les Uns dominent, car les règlements sont par eux fixés. La société, telle qu'elle est, est leur.
      « Rien n'est éternel, sauf le changement»

    • Léonce Naud - Abonné 11 septembre 2019 20 h 27

      Pour Loyola Leroux, Mme Alexan et autres : sur le Figaro, on cause justement ces jours-ci des thèmes abordés obsessivement par Francine Pelletier, mais avec une profondeur d'analyse fort différente. Il suffit de Googler : "figaro 30 ans l'affaire des foulards de creil".

    • Christian Braen - Abonné 11 septembre 2019 20 h 59

      @ Jean-Henry Noël

      " Toute identité devrait être modulée par le temps, le progrès, l'environnement social. "

      Tout à fait d'accord! Cela dit, ces modulations de l'identité doivent-elles être à sens unique? Les Autres ne doivent-ils pas accueillir le changement au même titre que les Uns?

    • Jean-Henry Noël - Abonné 12 septembre 2019 10 h 31

      Monsieur Braen, j'ai parlé en premier lieu des Autres et je cite : «Ce qui devrait arriver c'est l'altération de la dite société, par l'adaptation progressive des Autres, qui n'ont guère le choix, ...»

    • Christian Braen - Abonné 12 septembre 2019 15 h 10

      @ Jean-Henry Noël

      On peut s'adapter sans changer.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 12 septembre 2019 22 h 21

      Alors, Monsieur, adaptez- vous. Et surtout ne changez pas. Dites-moi comment vous allez réaliser cette prouesse, ce travail d'Hercules, cette oeuvre digne d'un dieu. Le temps passe et nous changeons. Nous changeons de lieu, Gaspésie`- Estrie et nous devons changer. Nous changeons de conjoints et nous sommes obligés de changer. Tout change autour de nous et en nous avec le temps qui passe. Vous vous souvenevez-vous de vos dix ans. Comparez-les à vos cinquante ans. La vie n'est qu'une longue suite de changements. Le nier, c'est ... je n'ose pas le dire.

  • Jacques Houpert - Abonné 11 septembre 2019 03 h 45

    Excessif, insignifiant.

    Les arguments au soutien de l'interdiction du hidjab par une enseignante ou du turban par un policier ont été invoqués ad nauseam par des milliers de femmes et d'hommes durant les mois qui ont précédé la promulgation de la loi 21. Ces arguments ne convainquent pas Mme Pelletier. Mais encore faudrait-il qu'elle nous dise en quoi ces arguments lui semblent fallacieux. Il m'apparaît excessif de ne voir aucune différence entre le hijab porté par une professeure de la CSDM ou une policière du SPVM et le hijab porté par une caissière de la SAQ ou une chauffeure de la STM. Il est excessif de ne pas reconnaître que l'autorité dont sont investies les unes commandent un devoir de neutralité apparente auquel les autres n'ont pas à se conformer.

    • Claude Bernard - Abonné 11 septembre 2019 09 h 39

      M Jacques Houpert
      L'argument de la «force coercitive» ne convainc pas tout le monde; c'est ni plus ni moins qu'une invention venue du rapport Bouchard-Taylor dans une recherche de compromis.
      Une chauffeure d'autobus municipal, scolaire (qu'en est-il dans ce cas? Les enfants n'y sont -ils pas à risque de perdre leur liberté de conscience ou être victimes de prosélytisme?) a une autorité indéniable d'expulser ou interdire l'accès etc...
      Une caissière peut refuser de servir certains individus etc...
      Le devoir de neutralité est-il davantage dans les actes, attitudes, dires que dans les vêtements? Cela se discute et n'est pas évident, je crois.
      Les seuls arguments valables sont la sécurité et le vivre ensemble, c'est ceux-là que le Gouvernement français a invoqués devant le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de la personne et non pas une autorité coercitive.
      On a vu un juge non voilé être réprimandé pour avoir fait preuve de partialité envers une femme voilée.
      Des arguments pour ou contre il y en a qui sont plus solides que d'autres et Mme Pelletier n'a pas à démolir vos arguments entendu que la «preuve» n'est de toute évidence pas faite et que les tribunaux devront trancher.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 septembre 2019 09 h 52

      M. Bernard écrit:"Les tribunaux devront trancher". En effet, à partir d'une constitution qui nous fut imposée de force; dans un pays qui devait être une CONfédération entre 2 peuples.Et dans lequel la *nation* québécoise est l'égale des TNO et de IPE.Misère de misère!

    • Cyril Dionne - Abonné 11 septembre 2019 09 h 54

      Bien d'accord avec vous M. Houpert.

      Bon. Nous vivons dans un état laïc et personne ne veut se faire imposer les idéologies politico-religieuses basées sur les amis imaginaires dans la sphère publique. Surtout pour les parents des enfants à qui les enseignant.e.s font ordre de « in loco parentis » en milieu scolaire. On dira qu’il y a un manque de pédagogues dans les écoles de Montréal et personne ne fait le rapprochement avec une synergie néfaste perpétrée par une petite minorité d’extrémistes religieux. Plus de 10% des enseignant.e.s formés au Québec quittent la province pour aller vers des cieux plus avantageux économique et culturellement. Pardieu, plus de 25% des enseignants dans les écoles françaises en Ontario sont des Québécois pure laine.

      Bon. On cite maintenant la charte québécoise des libéraux de 1975 et celle de PET de 1982 comme les nouveaux commandements inscrits sur des tablettes d’argile d’un autre temps. Les lois doivent refléter les vivants et ne sont pas immuables à moins de penser qu’elles sont consacrées au rang de religions dogmatiques.

      Évidemment, Mme Pelletier ne dit aucun mot sur l’adolescente de 15 ans qui a dû se cacher de ses parents et de sa religion puisqu’ils voulaient la marier à un homme beaucoup plus vieux qu’elle. Comme disait le juge dans cette affaire : « Cette adolescente est en droit de s’émanciper et d’aspirer à des réalisations personnelles des plus légitimes qui sont de marier quelqu’un qu’elle aime, de vouloir exercer une profession, de décider de sa tenue vestimentaire et de ses fréquentations. Elle a droit à sa liberté de conscience, de religion, de pouvoir être libre de décider de son avenir, et de ne pas être soumise à un fiancé qui contrôle tout et qui l’oblige à porter le HIJAB. Elle veut être libre et s’affranchir du diktat des hommes qui l’entourent. »

      Bien oui, la loi 21 sur la laïcité punit les femmes et les Québécois sont tous des racistes. Qui souffle sur les braises de l'intolérance maintenant?

    • Claude Bernard - Abonné 11 septembre 2019 14 h 45

      M Pierre Granchamp

      En démocratie, les tribunaux ou les référendums tranchent.
      La Constitution que le Québec n'a toujours pas signée n'est-elle pas justement celle qui contient une clause dérogatoire qui fait bien l'affaire du gouvernement Legault.
      La Charte québécoise, elle, a été signée par nous, non?
      N'a-t-elle pas été contournée elle aussi?
      Tous les pays ont une constitution, souvent imposée par un autocrate comme de Gaule ou par un Congrès comme les USA: et alors?
      Elle est la source à laquelle s'abreuve la loi.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 septembre 2019 20 h 31

      À monsieur Pierre Grandchamp: N'oubliez pas que la Cour suprême du Canada a dit non à la prière au conseil municipal de Saguenay. Dans une décision unanime, les juges du plus haut tribunal du pays estiment que le règlement municipal concernant la prière contrevient à l'obligation de neutralité religieuse de l'État.
      «En raison de l’obligation qu’il a de protéger la liberté de conscience et de religion de chacun, l’État ne peut utiliser ses pouvoirs d’une manière qui favoriserait la participation de certains croyants ou incroyants à la vie publique au détriment des autres.»
      On affirme clairement le caractère de neutralité d'une institution publique, alors une institution publique, c'est ouvert à tout le monde et ce n'est pas le lieu pour y tenir des exercices de culte public. Le message est très clair de la Cour suprême sur cet aspect.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 08 h 21

      @Madame Alexan, le jugement interdit la prière parce que celle-ci place symboliquement l'autorité du Conseil sous la garde du religieux et pis encore sous la gouverne du dieu des chrétiens. Je ne rappelle pas qu'elle ait interdit au maire Tremblay d'exprimer ses convictions religieuses dans ses interventions publiques, au Conseil ou ailleurs.

  • François Tanguay - Abonné 11 septembre 2019 03 h 52

    Le Legault nouveau

    Encore une fois Françine Pelletier vise dans le mille. Son texte cerne parfaitement la démarche
    du gouvernement Legault et surtout, la limite de cette nouvelle version du nationalisme sauce CAQ.
    Nous sommes en effet passés de l'ouverture aux cas d'espèce, de l'inclusion aux exceptions qui deviennent
    la nouvelle norme. Nous sommes aspirés per le bas et non propulsés vers des lendemains qui chantent.
    Le meilleur... reste à venir hélas...

    • Eric Ouellet - Abonné 11 septembre 2019 08 h 23

      Et que dire de l’Europe qui va beaucoup plus loin en terme de laïcité?!
      Cessons de nous autoflageller svp!
      La démarche démocratique du gouvernement est tout a fait raisonnable et modérée.
      .......et les dés sont jetés.

    • André Bastien - Abonné 11 septembre 2019 16 h 04

      C'est surprenant que les féministes nouvelles sont pour le port du voile mais ne parlent pas de la jeune fille qui a fuit sa famille qui la forçait à se marier avec un homme autoritaire dont elle ne veut pas.

      Et ... ce futur mari ainsi que son entourage la forcent aussi la porter le voile!!! Tiens donc. De quel côté se trouve la liberté pour les femmes?

  • Claude Bariteau - Abonné 11 septembre 2019 04 h 25

    Dans votre chronique, vous présentez le gouvernement Legault porteur d’un nationalisme nouveau, qui serait exclusif, punitif et contraignant car il invite les immigrants « à se conformer à un certain code de conduite », pour vous du jamais vu.

    Vous le faites en contrastant l’argumentaire de deux lois avec celui d’un nationalisme qui recoure à la notion de « peuple » dans la loi 101.

    Ça décoiffe. Mais le problème n’est pas là. Il est dans les oublis. Le nationalisme à la Legault n’a rien d’historiquement nouveau. Duplessis l’a pratiqué et, avant lui, d’autres politiciens et penseurs.

    Il est surtout dans votre abstraction du Canada, de sa construction nationale et du coup de force du gouvernement Trudeau en 1982, savamment orchestré après le « Vive le Québec libre ».

    Hier, les promoteurs d’un nationalisme ethno-religieux prônaient aussi un code de conduite pour isoler leurs troupeaux en faisant abstraction, car ils en vivaient, de la Grande-Bretagne, de ses activités au nord des États-Unis pour consolider ses colonies et de ses coups de force de 1838-1840 et de 1867.

    Si le Québec d’avant 1982 avait des airs des années 1830-1838 avec le PQ, comme celui des Patriotes, il fut revu pour composer avec l’ordre politique canadien solidifié après 1995 par le PLQ.

    Sous cet angle, s’il y a un contraste décoiffant entre l’hier des années 1960-1980 et les argumentaires des lois citées, le coup de force de 1982 ne peut pas être négligé parce que l’objectif recherché par le M. Trudeau fut de ramener le nationalisme « canadien-français » à la définition de « nation » ethnoculturelle.

    Avec ce nationalisme, tous les habitants du Québec ne peuvent avancer qu’en s'excluant mutuellement alors que, pour avancer, ils doivent, comme les Patriotes, penser en futurs citoyens et futures citoyennes du Québec. Pierre Falardeau l'a fait parce qu’il savait que se projeter ainsi fonde le politique alors que le refuser enferme dans l'identitaire.

  • Denis Paquette - Abonné 11 septembre 2019 04 h 43

    peut être que le monde est fait de toutes sortes de tendances

    faut-il avoir de l'audace et en meme temps se refugier dans la pire des traditions, heureusement que le clergé a flairer le peut être faudrait-il y faudrait il y voire l'audace des militaires qui apres la guerre ont vus l'importance d'un organisme politique et ont fondé une televisin d'étatd'é que Pierre Éliote trudeau a dénoncé par la suite, peur être revait-il de posséder un pouvoir absolue enfin le monde est souvent ainsi fait