Vos finances: le Fonds dans les fonds d’investissement

Le Fonds de solidarité FTQ se lance dans l’offre directe de fonds d’investissement grand public, sans crédit d’impôt afférent. La cible première est l’actionnaire soumis à des contraintes de décaissement, mais l’offre s’étendra à l’ensemble du public investisseur recherchant un portefeuille à haute teneur en actif québécois.

Les actionnaires du Fonds de travailleurs sont appelés à voter sur le projet de création d’une nouvelle filiale, FlexiFonds de solidarité FTQ, qui jouera le rôle de courtier en épargne collective offrant trois fonds d’investissement. Ces « fonds mutuels » répondront à un profil de risque précis, mais auront pour particularité d’être composés à 70 % d’actif québécois, dont 30 % sous forme d’actions du Fonds de solidarité. Pour reprendre les données de l’institution, les rendements composés annuels des actions du Fonds, sans tenir compte des crédits d’impôt, sont de 5,8 % pour 1 an, 7,4 % pour 3 ans, 7,3 % pour 5 ans et 7 % pour 10 ans. L’on fait également ressortir que son cours offre une volatilité moindre que celle du marché boursier.

Pour voir le jour, ces « organismes de placement collectif » (OPC) doivent bénéficier d’une dispense. Une demande en ce sens a été déposée auprès de l’Autorité des marchés financiers, et autorisée. Une dispense « au caractère novateur », a qualifié l’Autorité, qui a lancé un processus de consultations terminé en mars dernier. « La dispense demandée réduira la portée des mesures d’atténuation, prévues par la réglementation, de certains risques propres aux OPC, notamment quant aux risques de concentration et aux risques liés aux placements dans d’autres fonds d’investissement », peut-on lire.

Dispense obtenue

En clair, il est notamment demandé de dispenser les nouveaux OPC de l’application réglementaire limitant à 10 % (de la valeur liquidative) un investissement dans les titres d’un seul émetteur, pour leur permettre d’abriter 30 % des actions du Fonds de solidarité. Ainsi, 18 réponses ont été soumises dans le cadre de cette consultation. L’appui favorable, unanime, comprenait notamment celui de Finance Montréal, du MEDAC, de l’IREC, de Fondaction et de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Cette dernière a tenu à souligner l’accroissement du capital disponible pour les investissements dans les entreprises québécoises.

Le Fonds de solidarité offre des actions A série REER ou non-REER, qui donnent droit à un crédit d’impôt de 30 % à l’achat. La formule retenue porte sur l’émission de nouvelles actions de catégorie C, représentant un miroir des actions A, sans crédit d’impôt afférent mais sans contrainte au rachat, admissibles à un REER et à un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR).

Ces actions C composeront 30 % des portefeuilles. Le FlexiFonds Prudent sera aussi composé de 15 % de titres cotés en Bourse, et de 55 % de titres à revenu fixe. Cette dernière répartition passe à 30 et 40 % respectivement pour l’Équilibré, à 45 et 25 % pour le FlexiFonds Croissance.

Le porte-parole du Fonds, Patrick McQuilken, explique que l’intention de départ visait à répondre à une problématique de décaissement. Et à offrir une option à l’actionnaire devant mettre un terme à son REER lorsqu’il atteint l’âge de 71 ans mais désirant demeurer au Fonds.

Quant aux frais de gestion des FlexiFonds, l’on vise 1,4 %, soit un taux similaire à celui affiché par le Fonds de solidarité, un taux inférieur à celui, moyen, de 2,1 % exigé dans l’industrie par les fonds équilibrés.

 
 

Le Fonds de solidarité avait annoncé en 2011 un partenariat avec SSQ Groupe financier consistant à créer Securifonds, proposant indirectement une continuité au REER sous la forme d’un fonds distinct se proposant en FERR géré par l’assureur, contenant des obligations et des actions avec une garantie du capital. Il est toutefois indiqué dans le prospectus du Fonds que depuis le 1er septembre 2017, il n’est plus possible de transférer les actions catégories A série REER à un FERR autogéré d’une autre institution financière. Selon les données de SSQ au 31 décembre 2018, l’actif sous gestion dépassait les 70 millions. Un investisseur ayant investi 1000 $ dans le Securifonds pendant 8 ans, et ayant opté pour la garantie du capital courante (75 % à l’échéance, 75 % décès), détient à la fin de 2018 1201,66 $. Ce montant correspond à un rendement moyen de 2,3 % par année. Ce rendement renferme un ratio de frais de gestion annuels variant entre 2,82 % et 3,27 % selon la garantie.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.