Affronter le réel

Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait pas de mots pour nommer le viol conjugal, le harcèlement sexuel ou la violence familiale. On y voyait des « chicanes » privées ou des techniques disciplinaires nécessaires au maintien de l’ordre. Il a fallu que des générations de femmes se lèvent et dénoncent le patriarcat pour que les lois et les moeurs commencent à changer. Des mobilisations semblables ont été nécessaires pour qu’on apprenne aussi à nommer l’homophobie, le génocide envers les peuples autochtones, ou même les changements climatiques.

Comme le disait l’écrivain James Baldwin : on ne peut pas changer tout ce qu’on affronte. Mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas. Le mouvement antiraciste québécois se bâtit autour de la même prémisse. Depuis des décennies, des groupes cherchent à mettre en lumière leurs réalités : criminalisation abusive, profilage racial, discrimination à l’emploi, exclusion de plusieurs milieux professionnels, décrochage scolaire, iniquités d’accès aux soins de santé et aux services sociaux. Un mot a été lancé pour nommer le phénomène : racisme systémique.

Il faut dire, transparence oblige, que je fais partie des personnes qui ont amorcé, en 2016, le mouvement pour que le gouvernement du Québec tienne une commission sur le racisme systémique. Le but : libérer la parole, pour que la réalité soit affrontée et puisse enfin commencer à changer. L’an dernier, Balarama Holness et le mouvement Montréal en action ont saisi la balle au bond et amassé plus de 20 000 signatures pour forcer l’Office de consultation publique de Montréal à tenir une telle démarche dans le cadre des compétences de la Ville. L’exercice doit être lancé le 15 mai, et les Montréalais seront invités à s’exprimer sous différentes formes d’ici à la fin de l’automne.

En quoi peut-on parler de racisme systémique à la Ville de Montréal ? M. Holness me parle d’écarts importants entre les arrondissements pour le financement des infrastructures et des programmes, du peu d’espaces verts dans les quartiers défavorisés, de déserts alimentaires. Il me relate les inquiétudes des intervenants pour les personnes racisées disproportionnellement évincées des logements sociaux, ou pour les personnes vulnérables laissées à elles-mêmes pendant les vagues de chaleur. Il évoque les tensions autour du zonage pour les lieux de culte, des communautés mal desservies par la STM, des citoyens harcelés, malmenés par la police, dans certains cas jusqu’au décès. Il dénonce l’homogénéité des directions de service, des conseils d’administration et des élus.

Tout mouvement qui cherche à braquer les projecteurs sur un phénomène gênant fait face à des résistances majeures. Celui-ci ne fait pas exception. Chargée de préparer un « document de consultation » pour guider les séances à venir, la Ville de Montréal a raté l’occasion de faire un portrait honnête des iniquités que subissent les personnes racisées dans ses champs de compétence. Le texte de 66 pages se lit plutôt comme un grand catalogue publicitaire des programmes en place.

Par exemple, sur la question du profilage racial et social, on ne cite aucune donnée qui mesure le problème. On vante les différents plans d’action du SPVM, sans mentionner quelque indicateur de leur succès, ou de leur inefficacité. Sur d’autres enjeux, on a choisi de ne fournir que les statistiques qui faisaient le mieux paraître la réalité. On fait une liste d’initiatives et de projets subventionnés, sans les évaluer.

Pourquoi ? À l’automne dernier, Serge Lamontagne, directeur général de la Ville, a affirmé dans une note à l’intention de la direction des services municipaux que la consultation « sera[it] un espace privilégié pour témoigner des efforts faits en termes d’inclusion et d’égalité ». Les fonctionnaires ont ainsi été invités à recenser leurs « meilleures pratiques » en vue de la rédaction du document de référence. Avec une méthodologie aussi incomplète, le résultat ne pouvait qu’être décevant.

La consultation a pourtant pour objectif de documenter le racisme et la discrimination systémiques, et non de louanger les « efforts » d’une administration. Encore heureux que l’Office de consultation publique soit chargé du processus, et qu’il ait aussi rendu publique la synthèse de sa démarche indépendante de préconsultation, qui laisse entrevoir un souci de vérité et d’écoute autrement plus équilibré. On ne peut qu’espérer qu’il n’y ait pas trop d’ingérence politique indue de la Ville — ou du SPVM, pour ne pas le nommer — dans le travail de l’Office, et que de telles tentatives seraient ouvertement dénoncées.

Malgré ses frustrations face aux préparatifs de la Ville, M. Holness reste optimiste. « Montréal, ce n’est pas quelques personnes à l’Hôtel de Ville qui nuisent au dialogue », me confie-t-il. « Le vrai visage de la métropole est formé de gens de bonne foi, dans l’administration, à l’Office et dans la population en général. » Certes. Mais la réalité du racisme systémique ne sera pas battue en brèche sans effort.

Il faudra que les Montréalais se mobilisent, participent et s’approprient les résultats de l’exercice. En s’engageant à y prendre part malgré ses inévitables défauts, les citoyens ont une occasion de contribuer à nommer les violences et les iniquités qui les affectent. Et c’est seulement en forçant les regards qu’on peut arriver — avec de l’endurance et de la patience — à transformer les injustices en priorités collectives.

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54 commentaires
  • Jacques Gagnon - Abonné 2 mai 2019 00 h 26

    Cela n'existe pas

    Il y a des racistes et du racisme, mais un système qui l'installe, le supporte et l'encourage ça n'existe pas. Le racisme est le fait de personnes. Un système policier n'existe pas s'il n'y a pas de policiers. Les policiers peuvent profiler et entretenir des comportements de groupes, comme l'intimidation entre eux. Cette manie de vouloir guérir des inventions de l'esprit comme l'appropriation culturelle et le racisme systémique nous éloigne des soins à donner aux individus. Si on refuse un loyer à une personne de couleur, ça n'est pas un système qui le fait madame Nicolas, c'est le ou la propriétaire. Tout ce que vous citez accable les pauvres sans égard à leur couleur. Vou n'avez aucun chiffre, aucune preuve à fournir qui viendrait étayer le contraire.

    Heureusement qu'il y a des gens qui, sur le terrain ne combattent pas des chimères, mais aident les pauvres et les ignorants racistes à s'en sortir. Que voulez-vous donc ? Une police de la race. Les priorités «collectives», en voilà un bel objectif qui nous garantira qu'il ne se passera rien. Les actions ne sont pas collectives, elles sont le fait d'individus.

    • Gaston Bourdages - Abonné 2 mai 2019 08 h 39

      Merci monsieur Gagnon pour votre propos fort éclairé et éclairant. Parler de système au lieu d'individus encourage la déresponsabilisation et invite certains des responsables à imputer la situation à la maladie de la « Stacause ». Vous connaissez ? « Stacause de...» sauf de moi-même.
      Comme la conscience fait partie du comportement des individus, c'est aussi à celle-ci que nous gagnerions à nous adresser.
      Une société composée d'individus mal dans leur peau, mal dans leur coeur, mal dans leur esprit, mal dans leur corps, mal dans leur âme est capable de tant de dérives. Les comportements racistes en font partie.
      Où est-ce que je me situe dans cette société d'individus ?
      Merci monsieur Gagnon de m'avoir invité à ce rendez-vous totalement inattendu et imprévu.
      Mes respects,
      Gaston Bourdages,
      Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

    • Jean Lacoursière - Abonné 2 mai 2019 08 h 43

      Même quand madame Nicolas a des chiffres, ils méritent la méfiance. Exemple :

      "Au Canada, une femme sur quatre a survécu à un viol. Au Québec, c’est une sur trois. "

      Source : https://www.youtube.com/watch?v=Ir-ltcfrH5Q

    • Céline Delorme - Abonnée 2 mai 2019 09 h 01

      Bien d'accord avec Monsieur Gagnon.
      Il y a des personnes racistes, au Québec comme partout, on doit le déplorer, mais il n'y a pas de racisme systémique.
      Madame Nicolas nous affirme que le Québec est un foyer de racisme SYSTÉMIQUE pcq "Monsieur Balarama Holness le dit."
      Qui est ce Monsieur? La seule personne qu'on trouve sous ce nom est un ancien joueur de football Montréalais des Alouettes...
      S'il a la moindre qualification, l'internet est muet à ce sujet.
      J'ai eu une fois, en 2010, à me mesurer au "racisme systémique" au Québec. J'avais obtenu un poste à la fonction publique du Québec, dans une profession "rare" où il n'y avait pas d'autre candidat. On m'a expliqué que, comme j'ai la peau blanche, je devais attendre 6 mois avant d'avoir le poste permanent car si une personne de minorité visible se présentait, cette personne serait prise à ma place, selon la loi du Québec.
      C'est là le racisme systémique qui sévit au Québec.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 mai 2019 17 h 27

      Mme Delorme,

      On est tous persuadé qu’un ancien joueur de football anglophone des Alouettes de la LCF dont la seule mission est de cogner sur les autres, peut parler de victimisation et de racisme parce qu’il est noir. Mais, n’est-ce pas vrai que la plupart des joueurs de football sont noirs? Mais, n’est-ce pas vrai que 70% des joueurs de football de la NFL sont noirs alors que la population noire ne représente que 14% des Américains? En parlant de racisme systémique, n’est-ce pas la cerise sur le sundae? Ah ! c’est vrai, ce Balarama Holness n’était pas assez bon pour jouer là-bas. Quel bande de racistes ces Américains.

  • Marie Nobert - Abonnée 2 mai 2019 01 h 28

    Madame Nicolas! Vous n'aimez pas Montréal, la «plusse (sic) pire ville?! Quittez-la!

    Je reprends sarcastiquement les maux des mots d'un «auto-collant» sur une porte d'un appartement du Bâtiment I-Un (Parc du Belvédère - Montepellier, France). Il n'y a pas de «racisme systémique», ni de «profilage racial» à Montréal. Pas plus de discrimination... Bref. Pisser (jecter) de l'encre et on continue à vriller «ad nauseam». Comme l'écrivait le commentateur Coulombe: «Le Devoir est un papier-cul s'il persiste dans ce sens. Madame ! Ravisez vous !» (Pierre Coulombe - Inscrite (sic) 1 mai 2019 04 h 43) - https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/553302/la-censure Misère!

    JHS Baril

    Ps. On fait quoi avec les cons?

    • Louise Collette - Abonnée 2 mai 2019 08 h 47

      En effet, Montréal ne fait pas votre affaire, il y a d'autres villes plus civilisées au Québec.... ;-)
      À parler sans cesse de racisme systémique ou de supposé racisme systémique vous l'attisez. C'est tès provocateur cet article.
      À Montréal il n'y a pas de racisme systémique, il y a, comment partout ailleurs, des individus qui sont racistes.
      Parler de racisme systémique c'est gros et ça risque bien d'aviver les haines, les tensions.
      J'en ai plus qu'assez, en tant que Montréalaise, de me faire insulter par la bande, ras- le bol et <<tannée>>!!
      Il semblerait que nous ne fassions jamais rien qui soit correct, c'est la critique tout le temps.
      Tu viens de Montréal ah ben là, tu devrais t'excuser d'exister.
      Grande grande fatigue.

    • Jean Lacoursière - Abonné 2 mai 2019 08 h 47

      Oh ! si vous saviez, madame Nicolas aime encore moins Québec que Montréal. Je la cite :

      "Je n’ai pas été surprise par l’attentat à la mosquée du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ)."

      "Être une femme noire et grandir à Québec, surtout quand votre peau est noir pâle, chose qui vous fait passer pour une musulmane même si vous ne l’êtes pas, implique de vous faire harceler quand vous travaillez dans le public."

      "Contrairement à la vie à Montréal ou à Toronto, vivre à Québec et être noire implique de vivre de l’isolement social."

      Source : https://www.youtube.com/watch?v=Ir-ltcfrH5Q

    • Sylvie Demers - Abonnée 2 mai 2019 19 h 31

      ... « on fait quoi avec des cons ? »
      Des CONserves...!

      S.Demers

  • Gilles Tremblay - Inscrit 2 mai 2019 05 h 26

    Votre mayonnaise sauce féministe ne monte pas parce que votre réalité ne correspond pas à la vérité du Québec.

    Le matin où vous allez comprendre, madame Nicolas, que la lutte que vous livrez est avant tout un combat contre des personnes qui victimisent d’autres personnes, ce matin-là, on vous prendra au sérieux. Je vous souligne que la commission sur le racisme systémique, qui a viré en queue de poisson, a été amorcée grâce à votre présence, selon vos dires, ainsi qu’à un personnage qui s’est avéré être un trouble-fête. Je vous mentionne que la personne responsable de la commission était justement une femme au fort penchant patriarcal qui, selon votre chronique, est une maladie dévolue aux hommes qui sont coupables de tous vos malheurs féministes depuis des lustres. Vos soi-disant lumières ne font qu’aveugler et embrouiller la population depuis des générations avec des «fake news» à la Trump. Probablement que vous êtes de la couvée contaminée des années 80 avec sa flopée des 300,000 femmes imaginaires battues du Québec.

    Réveillez-vous madame! Les premiers qui ont posé des gestes concrets pour se débarrasser du nazisme et de sa haine de l’autre ce ne sont pas les alliés, mais les Allemands. Les premiers qui ont mis en avant plan l’importance et le rôle de la femme dans la société ce sont des hommes sortis de leurs cavernes. En lisant votre chronique, je constate que vous êtes probablement ce genre de personnage qui a perverti le vrai féminisme, dont la véritable source est européenne, en une idéologie nord-américaine agressive envers les hommes et qui espère faire en sorte que le Québec puisse parvenir à avaler, une fois de plus, vos fantasmes délirants et hystériques sur un invraisemblable racisme et homophobie de la part des Franco-québécois, adepte du complot à l’égard de la gent féminine, enraciné dans la misogynie.

    • Denis Blondin - Abonné 2 mai 2019 09 h 55

      Monsieur Tremblay

      Vous faites un long commentaire sur une chronique qui concerne le racisme, mais vous ne parlez que du féminisme. Les « fantasmes délirants et hystériques » dont vous parlez sont-ils ceux de madame Nicolas ou les vôtres?

      Peut-être devriez-vous discuter un peu avec votre psycho-thérapeute pour tenter de découvrir si vous détestez cette personne parce qu'elle est racisée ou parce qu'elle est une femme.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 2 mai 2019 13 h 08

      @M. Tremblay

      Même sous les textes du Devoir, il est souvent navrant de constater à quel point la politesse et l'esprit critique (ou la logique) font cruellement défaut. Toutefois, votre intervention déborde clairement la simple irritation réactionnaire pour verser dans la violence. Votre commentaire n'aurait pas dû être publié et vous devriez aller chercher de l'aide.

      D'affirmer que Mme. Nicolas est "probablement ce genre de personnage qui a perverti le vrai féminisme, dont la véritable source est européenne, en une idéologie nord-américaine agressive envers les hommeset qui espère faire en sorte que le Québec puisse parvenir à avaler, une fois de plus, (ses) fantasmes délirants et hystériques sur un invraisemblable racisme et homophobie de la part des Franco-québécois, adepte du complot à l’égard de la gent féminine, enraciné dans la misogynie" n'est pas seulement bête et méchant : c'est dangereux.

      Votre attitude relève d'une catégorie de la censure, celle qui se manifeste par un homme criant qu'elle a tort à une femme pour la faire taire. À aucun moment on ne perçoit que vous avez compris (ni que vous avez même lu) le texte, vous haïssez la femme plus que ses propos. C'est ignoble.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 2 mai 2019 17 h 53

      Monsieur Tremblay démonise le féminisme de 3e vague, appelé « intersectionnel », si je ne m'abuse.
      Camille Paglia, Germaine Greer ou encore Cassie Jaye (réalisatrice de «Red Pill» à propos du mouvement de défense des hommes) ne disent pas le contraire. Il n'y a rien de bien choquant ce commentaire, je crois avoir bien compris le texte de Madame Nicholas, je m'oppose, c'est tout et je comprends très bien pourquoi Gilles Tremblay renvoie l'épithète «systémique» au féminisme.

      Il faut vraiment avoir une couenne en soie pour être affecté et Camille Paglia, si elle était choquée, lui rentrerait dedans à coup de talon conceptuel et d'uppercut rhétorique, mais le «personnage» décrit par G. Tremblay existe, j'en ai rencontré une flopée qui me faisaient la leçon sur « MTL territoire non cédée » et qui ne comprenaient même pas que les traités étaient des instruments de dépossession, qui me faisaient des leçons sur le racisme, en arrivant de Paris ou de NY, à propos de l'homme, blanc, hétéro, mais qui ne connaissaient même pas les Patriotes ou le Règlement 17, qui n'avaient pas lu Vallières (ou encore qu'une version interprétée à McGill, par un prof anglo; une italienne m'a tenu tout un discours là-dessus, avant d'apprendre à la fin du souper que je connaissais l'oeuvre et je l'ai instruite à l'effet que ça avait été écrit en prison, au milieu des cris de la Manhattan House of Detention for men).

      Ce qui est dangereux c'est d'ignorer les travers d'une idéologie radicale décomplexée qui se croit tellement supérieure et qui croit tellement défendre les victimes dépossédées qu'il est légitime de menacer des librairies parce que des individus (hommes, blancs, hétéros) s'exprimeraient tellement qu'ils priveraient d'espace les autres. L'idéologie dénoncée par Monsieur Tremblay existe, elle a des partisans organisés, comme le groupe de Slav Resistance et elle est bien installée dans des institutions (des musées, des organismes de financement, des universités).

    • Gilles Tremblay - Inscrit 2 mai 2019 19 h 49

      Messieurs Blondin et Lamy-Théberge, sachez que Le Devoir sait très bien filtrer les commentaires dangereux, violents et ignobles de la part de ses abonnés. Lorsque les journalistes s’affichent par leurs écrits, ils assument les commentaires qui suivront, qu’ils soient gratifiants ou vexants. Il en va de même pour les abonnés. Cela s’appelle la liberté d’expression qui sert à lutter contre la censure que vous pratiquez allègrement. Ceci étant dit, en ce qui a trait à vos commentaires me concernant on devine facilement par quel bout ils sont sortis. Pour la politesse et l'esprit critique, vous n’avez pas de leçon à donner. Pendant que j’irai chez ma thérapeute, il serait logique que vous en profitiez pour aller vous soulager là où l’hygiène le recommande, ne serait-ce que pour un minimum de respect pour les abonnés du Devoir.

    • Denis Blondin - Abonné 3 mai 2019 10 h 19

      Monsieur Gil

      Vous avez tout à fait raison d'invoquer l'élégant concept d'intersectionnalité dans cette situation. Il me semble par contre que vous errez sur la conclusion que vous en tirez, à savoir que cela justifierait les errance de monsieur Tremblay au lieu de les sanctionner doublement.

      Quant à monsieur Tremblay, je suis prêt à avouer que ma suggestion de consulter un psycho-thérapeute n'était pas spécilement gentille, mais elle n'avait sûrement la vulgarité de la réponse de ce monsieur, qui se garde bien de nous expliquer sa charge anti-féministe à propos d'un texte qui porte sur le racisme. Simple question d'intersectionnalité, je présume?

  • Gaston Bourdages - Abonné 2 mai 2019 05 h 52

    Votre titre, à lui seul, madame Nicolas...

    ...invite au courage, à la transparence et au plan d'une certaine morale ou moralité, à l'humilité. Oui, avoir l'humilité d'affronter ce qui me dérange, aller à la rencontre de ce que je ne veux pas voir, ce que je souhaite conserver « sous le tapis ». Avoir l'humilité courageuse de me regarder dans le miroir et admettre en évitant surtout de me donner des raisons pour ne pas faire. Vous savez ce genre d'esquive dont nous êtres humains sommes capables.
    La dingité humaine et l'admission, la reconnaissance de son existence dans tout être humain fait partie de la réflexion à laquelle vous nous invitez.
    « Affronter ( aussi ) le réel » dans une perspective de droits et de devoirs. Droits et devoirs qui jouent dans les deux sens autant à la verticale qu'à l'horizontale.
    Puisse cette recherche de justice être couronnée des succès qu'elle mérite. J'insiste sur « qu'elle mérite »
    Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

  • Jean Lacoursière - Abonné 2 mai 2019 06 h 38

    Les trois maladies sociales, selon Charles Rojzman


    - La dépression [manque de confiance en soi, absence de projet, sentiment de vide intérieur, addictions, autodestruction] ;

    - La sociopathie [égoisme social, narcissisme, indifférence aux autres, tant pis pour eux, je suis ma route, ma carrière, délinquance des riches (corruption), criminalité (des pauvres)] ;

    - La victimisation [ce qui m'arrive n'est pas de ma faute, je ne suis pas responsable, c'est la faute des autres, ceux d'en haut ou d'en bas ou d'à côté].

    Toutes ces maladies sociales conduisent à beaucoup de violence dans les rapports entres les gens.

    • Jean Lacoursière - Abonné 2 mai 2019 09 h 03

      J'ai oublié de donner la source de l'explication par Rojzman :

      https://www.youtube.com/watch?v=1IUfQ7o8TnI