La censure

Mathieu Bock-Côté est une petite institution au Québec. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, le chroniqueur, auteur et débatteur a réussi l’impensable au cours des 10 dernières années : il a dépoussiéré les figures de Lionel Groulx et de Maurice Duplessis, remis un certain patriotisme suranné à l’honneur, recentré le débat nationaliste (beaucoup) plus à droite, sans parler du fait qu’il a rehaussé la vigueur du débat public et donné le goût des phrases ampoulées. Il n’a pas réussi tout ça tout seul, évidemment, mais il en est certainement un des principaux architectes.

Tout en comprenant fort bien ce qu’on lui reproche, je déplore que la librairie Le Port de tête ait dû annuler l’événement où il devait parler. « Mettez-vous à ma place, me dit un des copropriétaires, qui, vu la controverse, préfère ne pas être nommé. On organise des débats, pas des foires d’empoigne. » Choquées par la venue du pourfendeur en chef de la gauche québécoise, certaines voix se sont élevées, menaçant de lui « réserver des surprises », dont des œufs, des tomates et des injures.

Une première pour la petite librairie du Plateau qui, bon an mal an, organise quelque 170 événements, et à qui l’incident laisse néanmoins un arrière-goût. Hormis dans les cas de crimes haineux, la censure est toujours une erreur. À plus forte raison à un moment où les fake news abondent et où les bâillons et les dispositions de dérogation sont à l’honneur. Sans parler de toute l’eau au moulin que cette annulation apporte à MBC lui-même, depuis longtemps obsédé par la rectitude politique de gauche.

De quelque allégeance politique qu’on soit, gauche ou droite, la tendance est souvent de serrer les rangs devant les outrecuidances et les bévues, de prétendre qu’il n’y a rien là. Voyez un peu ce que devient le Parti républicain, aujourd’hui vidé de tout sens moral à force d’accommoder les dérapages de Donald Trump. Il y a un coût à siffler dans le cimetière. Le coût est particulièrement élevé, à mon avis, pour la gauche qui s’est quand même battue pour la liberté de parole, la liberté tout court, et qui se dépatouille à l’heure actuelle avec l’espèce de purisme qui étreint le débat sur l’appropriation culturelle.

Si l’inclusion dont se targuent les mouvements de gauche est pour garder tout son sens, elle doit inclure la parole de ses adversaires. La tendance à faire taire ce qui nous indispose, bien que profondément humaine, n’est aucunement acceptable et mérite, chaque fois, d’être dénoncée. On espère que la poignée de militants qui voient M. Bock Côté dans leur soupe peaufinent leurs arguments, la prochaine fois, plutôt que leurs menaces.

Cela dit, remettons l’incident en perspective. On peut se demander, d’abord, pourquoi la police a cru bon d’avertir la librairie de ce qui se tramait à l’égard de MBC. Après tout, « il ne s’agissait pas de menaces de mort », de préciser un des dirigeants. Et la librairie était déjà au parfum. La police cible-t-elle aussi les endroits susceptibles d’être perturbés par des mouvements d’extrême droite ?

Je pose la question, car on sait que Facebook et Google, tout en ayant ignoré l’intrusion russe aux dernières élections américaines ainsi que la prolifération des discours haineux, ont décidé de se reprendre en ciblant des propos de gauche. Selon le World Socialist Web Site, « une campagne qui a débuté sous le prétexte de combattre l’ingérence russe et les fausses nouvelles vise de plus en plus ouvertement les opinions de gauche ». On peut donc se demander si la police n’est pas, elle aussi, en train de se tromper de cible.

La rectitude politique, maintenant. Non seulement elle n’est pas l’apanage uniquement de la gauche, mais elle est devenue une véritable obsession des mouvances de droite. Le politiquement correct est le miroir déformant par lequel ceux qui se sentent marginalisés par le « système » dépeignent tout ce qu’ils perçoivent comme élitiste : les universités, les gouvernements, les intellectuels de gauche. Aux États-Unis, Donald Trump a même imputé des fusillades ainsi que le groupe État islamique à la rectitude politique — ce qui empêche les gens, dit-il, d’utiliser « le gros bon sens et de se défendre comme ils devraient ».

Ce que Mathieu Bock-Côté appelle « la dictature des minorités haineuses » se trouve en fait davantage du côté de l’extrême droite. Il s’agit ici des nationalistes purs et durs, « ivres de vertu et tellement convaincus d’avoir le monopole de la vérité » qu’ils dictent, en terre promise, qui a droit de cité. Ces patriotes qui, partout en Occident, défendent l’honneur et la survie des vieilles souches ont, bien entendu, leurs propres règles et lignes de conduite. Ils sont ce que l’analyste américain Alex Nowrasteh appelle les « patriotiquement corrects », constamment à l’affût des invasions barbares et des voleurs de jobs.

« Ce qu’on voit aujourd’hui dans les campus est une forme de tyrannie couronnée de bonnes manières alors que la rectitude patriotique, elle, est tyrannique mais sans manières », dit-il.

Oui, la rectitude politique est un fléau. Mais elle est beaucoup plus répandue qu’on le croit.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

118 commentaires
  • Marc O. Rainville - Abonné 1 mai 2019 03 h 40

    Prophylaxie

    A mon avis, on ne peut parler de censure ici. MBC mérite tous les appels à l’entartrage qui sont voués à être dirigés vers lui. De même pour ses collègues chroniqueurs qui sévissent dans la feuille de choux d’une entreprise de « dépresse » bien connue. Ces plumitifs mercenaires assassinent la pensée depuis trop longtemps. J’en appelle à davantage de mesures prophylactiques civiques, comme le fameux recours à l’entartrage.

    • David Cormier - Abonné 1 mai 2019 08 h 51

      C'est un joli régime totalitaire auquel vous nous conviez. Ça donne froid dans le dos.

    • William Dufort - Abonné 1 mai 2019 08 h 57

      Alors, ceux qui ne pensent pas comme vous sont des assassins de la pensée et vous en appelez à leur entartrage.

      J'espère que vous ne connaissez pas le poids des mots que vous utilisez parce que, litérallement, vous en appelez à la violence pour taire ces assassins de la pensée, votre pensée, bien entendu. Si c'est là votre meilleur argument, vos venez de concéder la victoire à vos adversaires, sur un plateau d'argent. Cependant je soupçonne que vous en avez de meilleurs et je ne comprends pas pourquoi vous ne les exprimez pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 mai 2019 09 h 09

      Bon. Nos islamo-fascistes sont de retour. Bien oui, la liberté d'expression est toujours néfaste pour des régimes totalitaires. C'est ce que les nazis avaient compris durant le régime Hitlérien et on fait taire tous ceux qui s’opposaient à eux.

      Ceci dit, si vous n’aimez pas, vous n’écouter pas tout simplement. Pour la diffamation et l’incitation à la haine, les lois en vigueur sont très claires et précises dans ces cas dans le Code criminel canadien.

      Honte à cette ultra-gauche minoritaire qui veut faire taire le discours dont émane une opinion contraire à leur la leur qu’elle n’aime pas. M. Bock-Côté a autant le droit se faire entendre de façon pacifique que les cheikhs "Ali Sobeity" de ce monde qui peuvent s’asseoir avec des politiciens libéraux et de Québec solidaire en plus des nos illuminés des tours d’ivoire à la Charles Taylor. Doit-on rappeler que notre imam en question, qui a vu son passeport révoqué pour des raisons de sécurité nationale, est un fier défenseur des djihadistes du hezbollah iranien, un groupe terroriste.

      La gauche minoritaire est devenue fasciste. Évidemment, elle ne « pogne » plus avec le monde ordinaire et les travailleurs et donc elle doit frayer avec des extrémistes pour que son discours se fasse entendre, quitte à utiliser des moyens pas trop catholiques.

      Lorsque la liberté d’expression se tait, la dictature s’installe dans un monde Orwellien.

      P.S. Qu'est-ce que Donald Trump à a faire et à voir avec les politiques du Québec? On semble mêlé et pas à peu près.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mai 2019 09 h 11

      Vous aimez entarter, estimant que c'est un médicament chasseur d'assassins à la plume devenus des mercenaires de la pensée.

      Je suppose que vous vous êtes un docteur spécialiste en maladie dégénérative.

      Aussi je vous demande en quoi l'entartage, qui est de l'ordre du ludique, serait la cure des cures pour nettoyer de vos écuries, comme celle de Josias, les feuilles de choux sur les crottins qui alimentent votre arsenal prophylactique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 mai 2019 09 h 18

      Les écuries de Josias n'ont rien à voir avec celles d'Augias, on dirait...

    • Marc O. Rainville - Abonné 1 mai 2019 09 h 31

      Je ne prétends d’aucune façon que l’attentat pâtissier soit une panacée pour nettoyer l’incurie, qu’elle tienne d’Augias, de Jonas ou de Monsieur Péladeau le Jeune. Il faut pourtant bien commencer quelque part. Et, non, je ne suis pas un spécialiste des maladies infectueuses. Mais je sais reconnaître un arbre gâteux à ses fruits pourris. Mathieu Boch-Côté, sa pourpre, ses pompes et ses oeuvres, mérite un assaisonnement de crème Chantilly.
      On souhaitera la même chose à ses despotes chroniqueurs, ou à défaut de la Gillette.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mai 2019 10 h 06

      M. M-D, on dirait quoi ?

      Josias fit brûler des écuries et des chevaux. Augias était un propriétaire de troupeaux dont Hercule nettoya ses écuries.

      Josias brûla des écuries où se passaient des choses qu'ils n'acceptaient pas alors qu'Hercule ne fit que le ménage. Le recours à Josias s'avérait plus approprié.

    • David Cormier - Abonné 1 mai 2019 10 h 31

      Comme Mathieu Bock-Côté l'explique très bien dans son dernier livre, c'est le propre de tout régime idéologique de se radicaliser lorsqu'il se sent menacé. On est en plein là-dedans en ce moment.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mai 2019 10 h 43

      M. Rainville. Il y a au moins quelque chose qui nous unit : notre désaccord sur les idées véhiculées par M. Boch-Côté.

      Cela dit, je préfère l'argumentation à l'entartage, parce que l'argumentation ramène au débat, l'entartage à un jeu qui a tout d'une façon de rendre hommage à l'entarté.

    • Louise Collette - Abonnée 1 mai 2019 13 h 12

      Monsieur Rainville.
      Ça donne froid dans le dos lire votre commentaire, ça me rappelle un certain dictateur en Allemangne il n'y a pas si longtemps, c'est très inquiétant de vous entendre.
      Si je vous suis bien, Monsieur Côté devrait se la fermer parce qu'il ne pense pas comme vous, c'est du joli ça, j'espère qu'il n'y en a pas trop comme vous au Québec, le cas échéant, ce serait inquiétant pour l'avenir.
      Je suis peut-être très naive mais jamais je n'aurais pensé ça.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2019 14 h 05

      "Lorsque la liberté d’expression se tait, la dictature s’installe dans un monde Orwellien." - Cyril Dionne

      - Avouez qu'il est assez savoureux d'entendre ça, de la part d'un acharné de l'interdiction de l'expression religieuse.

    • Serge Bouchard - Abonné 1 mai 2019 16 h 42

      Cher monsieur, afin de vous permettre de vous élever:

      https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/le-grand-retour-du-conservatisme

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2019 16 h 47

      "La liberté d'expression est toujours néfaste pour des régimes totalitaires." - Cyril Dionne

      C'est pourtant bien vous qui ne cessez de précher contre la liberté d'expression religieuse en soutenant les interdictions de PL-21 de la CAQ.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 1 mai 2019 19 h 47

      « C'est pourtant bien vous qui ne cessez de précher contre la liberté d'expression religieuse en soutenant les interdictions de PL-21 de la CAQ»

      On peut être absolument pour la liberté d'expression radicale et trouver normal une réserve chez les profs, qu'elle soit politique ou religieuse. Tout comme il est normal de penser que la liberté de conscience des élèves est prépondérante.

      Je rappelle que Monsieur Dionne est (ou était?) prof. Il ne propose pas de lancer des tomates dans les mosquées pour autant, que je sache. Alors pourquoi l'entartage serait correct? Sérieusement Monsieur Montmarquette, je déteste que l'on s'acharne sur vous, ça mine le débat, mais vous n'aidez parfois pas votre cause.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 1 mai 2019 19 h 57

      Je peux comprendre, à la rigueur, l'entartage des puissants, plein d'hubris. par des plus faibles, des victimes. Par exemple, un comité pour le logement social qui verrait des HLM détruits par un promotteur, s'en prendre à ce dernier et au politicien corrompu, en désespoir de cause, parce que notre cause justement est invisible, je ne cautionne pas, mais je le comprends; je pensais ainsi à 18 ans et j'étais persuadé d'avoir raison et je voyais tellement de justice là-dedans que je peux difficilement condamner.

      Mais s'en prendre à un intellectuel... non. MBC n'est pas du côté des puissants et du pouvoir, Quebecor n'est pas Gesca, n'est pas Radio-Cadena, n'est pas Bell. Et même le pouvoir provincial n'est pas «le pouvoir», c'est un bouclier.

      Cette gauche m'énerve de plus en plus moi aussi. Je suis pourtant du bord des travailleurs et de Onfray, je crois à la pensée libertaire. Qu'on rédige un pamphlet contre MBC, OK. Moi-même je pensais qu'il était réac, jusqu'à ce que je me mette à le lire. Quand dans une manif, en 2012, je l'ai vu sur une terrasse, j'ai crié, «Bock-Côté avec nous» et mon groupe a repris le slogan. Il a éclaté d'un rire franc.

      Qu'on entarte BHL parce qu'il est responsable d'un carnage en Libye, OK. Mais vraiment j'ai un déplaisir à voir que l'on puisse s'en prendre à un penseur.

  • Pierre Coulombe - Inscrite 1 mai 2019 04 h 43

    Texte contradictoire

    Bon texte sur la perversité de la rectitude politique... mais qui manque la rampe complètement en critiquant Donald Trump. Quelle contradiction ! L'actuel Président des USA est le paragon sans comparaison du justicier qui broie la rectitude politique. POLITICIEN au franc-parler... qui livre la marchandise... et qui se dresse devant cette cohorte de pervers qui tente de nous régir. Le Devoir est un papier-cul s'il persiste dans ce sens. Madame ! Ravisez vous !

    • François Poitras - Abonné 1 mai 2019 08 h 41

      La promotion de l’entartage ou autres « mesures prophylactiques civiques » n’a d’autre objectif que de faire taire, le réel « assassinat de la pensée ».

    • William Dufort - Abonné 1 mai 2019 09 h 05

      Donald Trump comme paragon du justicier, et politicien au franc-parler?

      Vraiment?

      Ce n'est pas à Mme Pelletier de se raviser à ce propos. M. trump a peut-être des qualités, mais l'intégrité et le respect de la vérité nen font pas partie. Il y a tellement de bonnes raisons de lutter contre la rectitude politique que je ne comprends pas pourquoi vous avez choisi, à l'évidence, la plus mauvaise.

    • Joane Hurens - Abonné 1 mai 2019 12 h 10

      Trump qui livre la marchandise? À qui et pour qui? Le 1%.

      Il semble qu’on n’échappera pas aux élucubrations trumpiennes dans les semaines à venir. Il faut bien nourrir la « bête » conservatrice pour la bataille électorale en vue.

      Mme Pelletier défend la liberté d’expression de ses adversaires et on trouve le moyen de tirer sur la messagère. De plus en plus consternant de lire certains commentaires et les appuis qu’ils reçoivent. Presqu’aussi consternant que de voir 42% de la population américaine qui soutient Trump.

    • Paul Doyon - Abonné 1 mai 2019 12 h 12

      Très amusant de voir associer « Trump »et « franc parler »

  • André Chevalier - Abonné 1 mai 2019 05 h 06

    Encore la dichotomie gauche-droite!

    Si on cessait d'utiliser ces concepts à outrance, ça me permettrait de comprendre quelque chose à ces propos!

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2019 08 h 48

      @André Chevalier,

      "Encore la dichotomie gauche-droite." - André Chevalier

      - Sur quelle planète vivez-vous?

      Ça fait 50 ans qu'on transforme le Québec en de véritables ignorants politiques en centrant tout le discours sur la dichotomie "fédéralisme-souverainisme", avec le résultat désastreux d'un virage à droite qui aura permis la destruction de nos services publics, notamment en santé et en éducation, et un filet social où les plus pauvres doivent tenter de survivre avec une misérable prestation de 640$ par mois, et où même les travailleurs et les travailleuses au bas de l'échelles sont contraints d'aller aux banques alimentaires pour parvenir à boucler leurs fins de mois.

      Avec près d'un million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté au Québec, ne pensez-vous pas qu'il serait plus que temps de passer à autre chose pour ne pas dire "aux vrais affaires", et que le Québec apprenne à marcher et à mâcher de la gomme en même temps?

  • Ulysse Personne - Abonné 1 mai 2019 05 h 16

    La rectitude politique

    Je vous site Madame Pelletier: '' Mathieu Bock-Côté est une petite institution au Québec. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, le chroniqueur, auteur et débatteur a réussi l’impensable au cours des 10 dernières années : il a dépoussiéré les figures de Lionel Groulx et de Maurice Duplessis, remis un certain patriotisme suranné à l’honneur, recentré le débat nationaliste (beaucoup) plus à droite, '' - ''(Beaucoup)''plus à droite est une manière assez malhonnête d'induire que Monsieur Bock-Côté est finalement pas très éloigné à vos yeux de l'extrême droite bref que l'essentiel de son discours indépendantiste est frappé d'anathème selon votre ligne directrice qui est bien sûr totalement neutre, donc de gauche, mais pas au point de menacer de lancer réellement des tomates, comme ces rectificateurs politiques d'extrême gauche qui en définitive ne sont que des nationalistes plus ou moins canadiens mais certainement abonnés à la religion canadienne du multiculturalisme bilingue. Vous décrivez un conflit entre deux peuples dont un est démonisé et nous savons lequel.

    • David Cormier - Abonné 1 mai 2019 09 h 00

      C'est justement ce que dit Bock-Côté dans son dernier livre, L'Empire du politiquement correct. Les personnes dites de gauche ou "progressistes" portent en elles une vertu qu'il est impossible de contredire, puisque eux prônent la voie du "progrès". Les personnes dites de droite peuvent être tolérées par les idéologues de cette "gauche", pourvu seulement qu'elles ne s'opposent pour l'essentiel à aucune des grandes idées de l'idéologie progressiste. Dès que les personnes de "droite" sortent légèrement du chemin tracé par les progressistes et remettent en question certaines idées préconçues sur l'utopie diversitaire et les grandes théories sociétales de la gauche progressiste, on les taxera d'extrême droite (ou on laissera finement sous-entendre qu'elles appartiennent à cette mouvance) et on les relèguera aux marges du débat, quitte à recourir aux menaces et à la censure comme dans le cas justement de Bock-Côté.

  • Gilles Tremblay - Inscrit 1 mai 2019 06 h 45

    Plus courbe qu’une droite, plus à droite que la gauche.

    Que l’on soit de la gauche ou de la droite ou du centre ou du centre gauche ou du centre droit, une chose demeure, une droite sera toujours en fin de compte une courbe. Voilà pourquoi les politiciens finissent par être, un jour ou l’autre, plus flexibles qu’ils ne le prétendent. Pour certains, à trop courber, qu’ils se mettent à tourner en rond et à n’aller nulle part. Le chien court après sa queue. Lorsque l’on regarde dans les extrémités de la politique, la première chose que l’on constate est l’extrême violence des extrémistes de la droite et de la gauche qui en somme se rejoignent dans leurs rectitudes existentielles soi-disant inflexibles et incompatibles dans leurs visions du monde.