Laïcité et féminisme

Un grand pas en faveur de l’égalité, le projet de loi sur la laïcité ? Ou, au contraire, un geste qui infantilise et discrimine les femmes ? Parmi toutes les oppositions qui se dressent actuellement au sujet du projet de loi 21 — anglophones c. francophones, Montréal c. les régions, jeunes c. aînés, immigrants c. vieilles souches —, ajoutons celle-ci : féministes c. féministes. Une polarisation où les grincements de dents sont souvent à leur paroxysme.

Je suis de celles (surprise !) qui voient d’un mauvais oeil le projet de loi. Bien sûr, toutes les religions discriminent les femmes, mais il est trompeur de présenter la laïcité comme un allié solide de la cause des femmes, comme l’affirme l’ex-présidente du Conseil du statut de la femme Christiane Pelchat. Ceux qui ont été au-devant de la séparation de l’Église et de l’État, les patriotes au Québec et le Parti radical en France, se sont au contraire opposés au vote des femmes, le premier grand maillon de la révolution féministe. Dans un cas comme dans l’autre, on ne faisait pas confiance aux femmes, dont on pensait qu’elles n’allaient pas voter du “bon côté”. C’est ce qui explique, d’ailleurs, pourquoi les Françaises ont obtenu le droit de vote plus tard encore (1944) que les Québécoises (1940). Le Sénat français, dominé non pas par des hommes en soutane mais par des hommes de gauche, redoutait le côté conservateur des femmes. Bref, on ne les considérait ni suffisamment éclairées ni suffisamment progressistes pour avoir voix au chapitre.

Ça ressemble drôlement à ce qui se passe aujourd’hui, non ? Les arguments féministes en faveur du projet de loi — servis tant par les hommes que par les femmes, le Québec n’ayant jamais été aussi féministe que depuis que l’on discute du voile — invoquent immanquablement le fait que les femmes voilées ne bénéficient pas d’un véritable libre arbitre, ou alors font le jeu de l’obscurantisme islamiste. Comme jadis, on considère que ces femmes nous ramènent en arrière plutôt que vers l’avant. On les assimile à un stéréotype existant, celui de la femme dépourvue de sens politique, du sens du monde moderne ou de la capacité de reconnaître ce qui est bon pour elles. On s’en tient au symbole, celui de la pauvre dévote, plutôt que de prendre en compte la réalité ici et maintenant, en regardant ce que ces femmes ont réellement dans la tête.

Sans nier que le voile islamique cadre mal avec une certaine modernité, il est loin de l’émancipation sexuelle telle qu’on l’a connue, et sans nier non plus que personne au Québec ne souhaite un retour du religieux, il faut cesser de transposer ce qui n’est pas transposable. Le voile imposé dans une théocratie islamiste où les femmes adultères sont condamnées à mort et le voile porté ici, dans un pays démocratique reconnu pour ses mesures progressistes, ne sont quand même pas équivalents. L’Algérie n’est pas le Québec. Et puis, quel pays conçoit ses lois en fonction de ce qui se passe ailleurs plutôt que sur son propre territoire ?

« Ce qui est inacceptable », dit la féministe musulmane française Rokhaya Diallo, « c’est la contrainte, et non le vêtement ». C’est le fait que les femmes dans les pays islamistes sont traitées comme des êtres inférieurs qui est proprement révoltant, et non le fait qu’une minorité d’entre elles ont choisi, en s’établissant ici, de marquer leur différence en portant un voile.

C’est le respect de la différence et du libre arbitre, après tout, qui démarque les démocraties des dictatures. C’est ce qui fait notre force. Or, comment justifier le fait que, sans dérive religieuse notoire, sans crise évidente, sans même un seul cas connu, disent les syndicats enseignants, de prosélytisme dans les écoles, nous nous apprêtons à notre tour à dicter à des femmes (en majorité) quoi porter ? Ce qui est le propre de la religion et des systèmes politiques qui s’en inspirent, rappelons-le.

Encore une fois, il est possible de voir le voile comme un marqueur d’inégalité entre les hommes et les femmes. Mais à ce titre, que dire des jupes ? Conçues, dit la sociologue Colette Guillaumin, pour « maintenir les femmes en état d’accessibilité sexuelle permanente ». Ou les talons hauts ? Essayez donc de courir en escarpins. Beaucoup des vêtements féminins, souvent conçus par des hommes, comportent un sous-texte : celui de maintenir les femmes dans un état de vulnérabilité. Si on laisse les femmes aujourd’hui se réapproprier à leur guise toutes ces parures, pourquoi pas les musulmanes portant le voile ?

Bien sûr, la connotation religieuse fait peur, alors que les petites tenues sexy ne font que plaisir. Mais encore faudrait-il que ces peurs soient justifiées. J’ai tenté de démontrer qu’elles ne l’étaient pas. Empêcher même une infime minorité de femmes de disposer de leur corps comme elles l’entendent — le b.a.-ba du féminisme contemporain — est non seulement une injustice à leur égard, mais affaiblit le concept même de liberté.

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207 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 10 avril 2019 00 h 20

    L’État s’apprête à dire à tous ses employés ce qui est acceptable de porter dans le cadre de leur fonctions pour assurer le visage neutre de l’État. Point à la ligne. Et seulement aux employés de l’État...

    Vous êtes de très mauvaise foi madame Pelletier. Mais ce n’est pas étonnant!.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 05 h 38

      1. Québec dit que c'est ça qui est ça, point.
      2. Madame Pelletier est de mauvaise foi, point.

      Merci. On peut commencer à discuter, maintenant.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 06 h 30

      Je dirais plutôt que Mme Pelletier dérive sans gouvernail.

      1. Concertant la proposition Neilson-Papineau en 1834 dans le cadre de la loi 1791, elle a trait à l’accès au droit de vote des femmes dû à propriété de biens fonciers. Sous le régime de 1791, il s’agit d’une condition pour voter de sorte que des centaines de femmes, surtout des veuves héritières, votent et des milliers ne peuvent pas voter.

      Qui plus est, celles qui votent lors que les votes sont à main levée appuient les opposants aux revendications des Patriotes dans un univers révolutionnaire dont les hommes sont au front, les femmes étant cantonnées hors du politique et des armes.

      En 1849, au Canada-Uni, une résolution identique fit disparaître le vote des femmes propriétaires de biens fonciers.

      2. Le PL21 n’avance pas que les femmes ne disposent pas du libre arbitre. Il cible le port de signes religieux (croix, kippa, turban, kirpan, barbes et voiles) en les prohibant sur les heures de travail des employé/e/s des institutions de l’État du Québec.

      Ces signes ne sont pas obligatoires dans ces religions. Chez les juifs, le port du la Kippa est une tradition et son port est occasionnel. Chez les musulmans, les voiles portées par les femmes et la barbe par les hommes ne sont pas obligatoires. Quant au turban, il est une coiffe dont le port a diverses significations. Pour le Kirpan, associé aux membres de l'ordre chevaleresque des sikhs, son port dépend des règles dans les pays où ils vivent. Chez les catholiques et chez les protestants, le port de signes religieux n'est pas une obligation.

      3. Cela dit, si ces ports découlent d’un libre choix vestimentaire sans être associé à une religion, ce que vous associez à une liberté vestimentaire, ils ne peuvent l’être en vertu des libertés fondamentales dans les Chartes parce qu’il est un choix vestimentaire.

      Or, le PL21, en prohibant le port de signes religieux, ne peut les permettre au nom d’une liberté absolue.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 06 h 43

      Que les signes soient éprouvés comme obligatoires par le croyant ne leur confère aucun caractère contraignant, au plan légal. S'ils sont permis, ce ne sera pas selon ce critère, mais selon qu'ils procèdent d'une nécessité intérieure dont la dignité mérite d'être reconnue. L'exemple de cela : la pudeur. Le contre-exemple : la coquetterie. Comment on les distingue ? Il faut présumer sans l'accorder comme une «liberté absolue» que cette nécessité procède d'une croyance sincère et non d'une obligation extérieure ou d'un caprice insoucieux d'autrui. Il n'y a pas de ruban à mesurer pour cette fin, comme pour la mesure de l'engagement matrimonial, par exemple.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 avril 2019 07 h 59

      Merci M. Bariteau de préciser tout ça.

      Quant à moi, j'ai le goût de laisser les femmes vous répondre parce qu'il semble que ce soit à elle que vous vous adressez d'abord.

      J'ajoute cependant que votre vision multiculturaliste obcessionnelle, que vous semblez partager avec certains élus du Greater Montreal, ne tient absolument pas compte du contenu du projet de loi, mais constitue une envolée copie conforme de vos valeurs canadiennes-anglaises, celles que vous exprimez d'une semaine à l'autre dans votre chronique.

      On finit par souhaiter que vous changiez de disque.

    • Jeanne M. Rodrigue - Inscrite 10 avril 2019 08 h 37

      M. Théberge.
      Madame Pelletier de mauvaise foi? Francine Pelletier est au contraire, et fâcheusement, de bonne foi et pratique ce que l’on appelle le paralogisme (un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux, où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper). Une tradition journalistique, depuis le dernier referendum, surtout chez les radio-canadiens.

      FPelletier est convaincue au contraire de détenir la vérité et pour ce faire avance sa rhétorique avec moult liens comme pour asseoir «son» principe d’autorité en accumulant dans ses chroniques, soit des arguments d’autorité, soit des arguments de pouvoir sous formes de liens web. Inutile d’ajouter que lorsqu’on use et abuse de tels principes, c’est qu’on se sent en état de faiblesse.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 avril 2019 08 h 53

      Mme Pelletier cite des faits historiques pour argumenter sa position indéfendable. Amalgamant Patriotes et le Parti radical en France, elle conjugue tout au même temps. Pardieu, si on cite des faits historiques, il faut regarder avec les yeux de l’époque. Il n’y a pas si longtemps, l’esclavage était une norme partout dans le monde.

      Ceci dit, il est indécent d’affirmer que les contraintes vestimentaires en Occident viennent du libre arbitre. Elles ont pour origine une volonté patriarcale d’empêcher l’émancipation des femmes en société à moins de considérer des mouvements comme le wahhabisme et le salafisme comme progressistes. Et qui sont derrières cette réformation prise dans une faille spatio-temporelle? L'Arabie saoudite, les Frères musulmans et les djihadistes de tous crins. Qu’a fait l’EI lors de son aventure du Califat? Imposer des mesures vestimentaires drastiques aux femmes si ce n’était pas de devenir des esclaves sexuelles.

      Défendre l’indéfendable dans ce cas ici n’est pas une cause noble. En 2019, égalité et liberté ne sont pas concepts creux; ils témoignent d’une volonté démocratique pour un vivre-ensemble dans une communion sociétale. Désolé, ce n’est pas en récupérant des concepts byzantins que nous allons devenir progressistes comme société. Dans les mosquées, la ségrégation des femmes des hommes est toujours de mise puisqu’elles sont considérées comme inférieures aux yeux de plusieurs dans cette idéologie politico-religieuse, même au Québec. Les contraintes vestimentaires ne font qu’affirmer l’emprise patriarcale des hommes sur les femmes.

      Quand j’entends des idioties comme le port du voile dans les écoles n’est pas du prosélytisme, comme enseignant, je dis tout haut que ces gens là n’ont jamais mis les pieds dans une salle de classe comme pédagogue. Les enfants préconisent leur sens visuel pour apprendre. Celles qui portent un voile, ont déjà franchi le seuil de l’impartialité dans une société laïque et c’est du prosélytisme.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 09 h 03

      La croyance sincère serait, pour vous, un motif pur exprimer leur liberté religieuse.

      Alors, comment évaluer cette croyance sincère ?

      Par une déclaration solonnelle acceptée parce qu'elle postule une nécessité intérieure associée à une dignité méritoire postulée.

      Sous cet angle, tout acte, comportement, geste et cetera, s'il est posé par des croyants sincères qui vont au-delà des règles de leur religion quant au port de signes religieux serait justifié lorsque la sincérité des croyants définit leur dignité et permet une discrimination positive à leur égard.

      S'il ne s'agit pas d'une définition de la liberté absolue des croyants, j'imagine quevous avez une autre façon de la qualifier.

      P.S. Votre position ressemble à celle d'un confesseur qui demande au confessé s'il a agit avec sincérité, au quel cas il recevra sa bénédiction.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 09 h 36

      Ce serait motif non pour « l'accorder » mais pour la reconnaître comme un corollaire de cette croyance. Mais permission ou reconnaissance, elle n'est pas absolue au point où si elle impliquait un droit au meurtre ou à l'esclavage, notre droit devrait s'incliner devant. Ce n'est pas moi qui dit cela, mais notre droit et nos chartes. « L'angle » que vous présentez n'est donc pas le mien.

      Curieux que vous évoquiez les confesseurs. Ce n'est pas moi qui m'arroge de distribuer l'absolution aux femmes repentantes pourvu qu'elles aient le ferme propos de laisser les signes de leur déchéance morale au garde-robe. Comme vous l'avez peut-être vu dans un autre fil (je me copie-colle, pour une fois), à mon avis « la cour suprême ne prétend pas du tout juger positivement que telle croyance est sincère ou pas. Elle dit seulement que doit exister à l'égard de ces croyances la même présomption de sincérité que pour toute autre, avec ce que cela suppose de contrainte morale intime et de droit de vouloir concilier celle-ci avec les exigences de la vie en société. Ill n'y a pas lieu de présumer que les croyants moins que d'autres considèrent en même temps ce droit comme un devoir. »

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 11 h 10

      M. Marcoux, est-ce que vos trois derniers paragraphes s'adressent vraiment à moi ou à Mme Pelletier ?

      Je vous dirai que je ne suis pas, mais vraiment pas, un répétiteur du disque que fait jouer Mme Pelletier dans les pages du Devoir.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 11 h 22

      M. Maltais-Desjardins, je vous signale que ce ne sont pas les chartes et les droits qui prennent cet angle, que je ne vous attribue pas mais que je décode de vos propos, mais bien, ce que vous reconnaissez, les juges de la Cour suprême qui y recourrent pour justifier leurs positions et faire oeuvre de jurisprudence alors qu'ils n'ont de mandat que celui de faire respecter la charte et de suggérer des modifications au législateur lorsqu'ils notent des imprécisions.

      Or, ce n'est pas ce qu'ils font, contrairement aux juges de la Cour suprême des États-Unis qui n'interprêtent les lois, encore moins en Filande où il est clair que les problèmes d'application d'une charte sont traités par les parlementaires et non par des juges non élus précisément pour éviter un gouvernement des juges dans des affaires qui relèvent du pouvoir politique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 11 h 46

      Il semble bien que ce ne soit pas non plus « l'angle » adopté par la cour suprême, comme en témoigne ceci :

      « Être tenu par les croyances religieuses de quelqu’un d’autre de se conduire d’une manière qui va à l’encontre de son identité sexuelle est dégradant et irrespectueux. »

      Référence : Law Society of British Columbia c. Trinity Western University, 2018 CSC 32, [2018] 2 R.C.S. 293

      La croyance sincère ne confère donc pas un droit absolu mais ne se voit reconnaître d'autre dignité que celle de justifier un accommodement mutuel entre conceptions morales divergeantes.

    • Céline Delorme - Inscrite 10 avril 2019 11 h 59

      Bien dit, M Théberge.
      En tant que femme, j'ajouterai mon propos aux verbalisations des hommes en ligne à l'heure actuelle.
      Abonnée du Devoir depuis plus de trente ans, je suis bien désolée de voir qu'il faut aller au Journal de Montréal pour avoir une information éclairée, rigoureuse, et respectueuse des parties en cause: Voir les articles récents de Madame Fatima Houda Pépin qui préfère informer et éclairer plutôt qu'envenimer le débat en disant des injures de "racistes" à tout vent.
      Heureusement que Le Devoir permet encore des lettres et idées, comme celles récentes de Madame Geadah et de Madame Lesbet qui sont très informatives aussi. Les chroniqueuses du Devoir, Mme Pelletier et l'autre chroniqueuse accusatrice enveniment le débat plutôt que d'informer les lecteurs.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 avril 2019 12 h 21

      «  Le PL21 n’avance pas que les femmes ne disposent pas du libre arbitre. Il cible le port de signes religieux (croix, kippa, turban, kirpan, barbes et voiles) en les prohibant sur les heures de travail des employé/e/s des institutions de l’État du Québec.«  Claude Bariteau

      En fait, vous reforcer le post originel de Gilles Théberge qui dit que le gouvernement va légiférer pour imposer une tenue vestimentaire aux employé.es des institutions étatiques québécoises. Par contre, vous précisez que c’est plutôt des tenues spécifiques qui sont visées et qui doivent être prohibées. Ce que vous ne dites pas, ce sont les conséquences qui elles touchent des citoyens et citoyennes qui sont nos égaux devant l’ÉTAT de droit. Cette conséquence est que des catégories de citoyens et citoyennes À COMPÉTENCE ÉGALE ou même plus qualifié que son égal, ne pourra même pas postuler à certaine catégorie d’emploie dans la fonction publique en raison de ses croyances.

      On enrobe le discours du mot « laïcité » et « neutralité » de l’État et on justifie que le législateur du Québec A la légitimité de le faire. C’est ce qu’on dit, et sans doutes que la CAQ va légiférer. Mais est-ce que les mots « laïcité » et le pouvoir de légiférer effaceront le fait que les citoyennes et citoyens qui portent certains signes manifestes de leurs croyances, malgré leurs compétences, NE POURRONT PAS être admis dans certains emplois ou postes de la fonction publique. Cette mesure de discrimination, qu’elle soit légalisée ou pas, touche des catégorie de personnes et constitue une injustice, même si on l’habille du mot vertueux de « laïcité ».

      L’argument facile est de dire. « Triche en posant ta candidature et en entrevue, cache ce qui pourrait révéler que tu n’est pas agnostique ». Est-ce à cela que se réduit le projet de loi 21: une laïcité qui se résume au « paraïtre » sans croyances religieuses!

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 14 h 13

      M. Roy, je présume que vous savez que les religions en cause n'obligent pas le port de signes religieux, qui n'est pas une tenue spécifique.

      La prohibition de ces ports sur les heures de travail n'affecte en rien les croyances, qui sont un droit reconnu, mais des accessoires découlant de traditions et qui ne sont pas obligatoires dans les religions que j'ai signalées plus haut.

      Alors pourquoi ne vous vous demandez pas pourquoi des personnes les estiment inhérentes à leur croyance alors que leurs « chefs » religieux ne le font pas et entendent être positivement discriminées sur cette base pour l'obtention d'un poste dans une institution relevant de l'État alors que les parlementaires entendent y affirmer la neutralité de leurs employé/ées en conformité avec le principe de la laïcité ?

      Moi si. Il est temps que leurs « chefs » le rappellent plutôt que de demeurer muets, ce qui contribuerait à faciliter l'accès des personnes associant leurs croyances à des signes religieux d'avoir accès aux postes ciblés.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 14 h 38

      Il n'y aucune obligation religieuse qui soit si contraignante qu'elle puisse avoir primauté sur le droit et vous le savez. C'est un faux critère. C'est le sentiment intime de devoir exprimer sa croyance de telle ou telle matière qui est seul en cause.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 15 h 58

      M. Maltais-Desjardins, si je vous suis, ce critère de sentiment intime fut établi par les juges et ces derniers se lavent les mains pour sa reconnaissance mais en font un critère que vous estimez corallaire, comme les juges, à la neutralité exigée par un État de la part de ses employé/e/s afin d'affirmer la laïcité de l'État.

      Au total, il y a équivalence faite entre les signes religieux, plutôt que les croyances religieuses, et la laïcité dans un État qui choisit que ses employé/e/s n'expriment pas par des signes leur croyance religieuse.

      Plus je vous lis, plus je me rends compte que vous défendez l'approche actuelle de M. Taylor, qui le fait au nom de sa liberté religieuse et sa liberté de conscience, ce qui en fait un promoteur de la Charte canadienne et du Canada.

      Je n'ai pas de problème avec ça.

      J'en ai lorsque vous discréditez un gouvernement et des parlementaires, avec des mandats clairs sur ce point -je n'inclus pas QS qui a changé son approche sans que les parlementaires élus ne disent un mot-, qui entendent réaliser leur mandat en respectant le principe d'une majorité d'appuis venant de la population, non par sondage, mais par addition des appuis exprimés à deux partis qui donnent au total 54 %.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 avril 2019 16 h 03

      @ Monsieur Bariteau.
      Le point en litige ne repose pas sur le pouvoir ou pas des « chefs » des institutions religieuses d’obliger le port des signes religieux chez les fidèles dans le cadre de la vie civile. En fait, le pouvoir religieux ne peut faire loi puisque le cadre de vie au Québec relève du pouvoir civil et de l’Étar de droit.

      Même plus, rien n’oblige une personne croyante, citoyenne au Québec, à porter un signe de sa croyance. Et quiconque s’érige en maître de la vie d’une personne l’obligeant à subir des mutilations ou à porter des signes « non voulus », cette personne est en droit de dénoncer cette personne et de recevoir la protection contre un abus de pouvoir.

      Bref, même si pour une personne agnostique et laïciste cela apparait répréhensible, il faut admettre qu’il y a dans la diversité de la population une diversité de croyances et parmi les croyants religieux, une autre diversité au niveau de l’importance accordée au port ou au non port des symboles liés à leurs croyances. Certes, pour la « majorité » des croyants l’ancrage de leur foi ne réside pas dans le port d’un signe. Cependant, pourquoi ne pas admettre l’évidence, tout indique que pour d’autres ce n’est pas le cas et qu’ils ou elles ne veulent pas s’en séparer même s’il n’y a aucune loi ni aucun chef qui les y obligent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 16 h 18

      Je ne discrédite pas le gouvernement. Je dis seulement que cet enjeu ne peut pas, ne doit pas être réglée de la manière dont on s'apprête à le faire en prenant simplement appui sur le fait que 54% des 66% des électeurs ont choisi un parti dont c'était un des éléments de programme et en supposant que tout ce beau monde y adhérait... quelle que soit l'étendue alors bien moins grande des restrictions vestimentaires envisagées. Ce genre d'argument nous a été suffisamment servi à l'encontre du précédent gouvernement pour qu'on n'ait pas trop de scrupule à l'évoquer, même s'il n'est pas déterminant. Ce qui l'est, en revanche, c'est que le gouvernement ne peut fonder une modification de principe dans l'économie des droits des personnes sur la seule foi des préférences, ce qui doit être selon ce que l'on veut. Les deux ne sont pas en opposition, mais le premier ne découle pas du second. Car oui, une majorité peut se tromper. Elle le peut d'autant plus sûrement qu'elle cherche à évacuer avec impatience et souvent un mépris sans gêne tout examen critique en taxant par exemple ceux qui s'y livrent d'être de mèche avec les intégristes, les fédéralistes, les relativistes, alouette ou en saupoudrant des arguments d'autorité pour que le citoyen ordinaire qui aurait le mauvais goût de ne pas suivre la parade prenne gentiment son trou. Comptez juste les ad hominem grossiers qu'on déverse à l'endroit de Francine Pelletier. Devrait-on lui donner tort sur toute la ligne, il y a matière à s'inquiéter qu'on le fasse avec aussi peu de dignité, excusez pardon.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 16 h 24

      M. Maltais-Desjardins, ce « sentiment intime » est le tremplin des juges pour faire jurisprudence, ce que je décode être aussi leur tremplin pour établir des règles qui reviennent aux élus..

      Aussi m'apparaîtra-t-il un tremplin qui octroie aux juges un immense pouvoir au Canada. C'est différent aux États-Unis et en Finlande où les parlementaires, à la manière des parlementaires britanniques, doivent légiférer lorsque l'application des lois posent problème.

      Je sais que je me répète, mais j'imagine que vous n'avez pas saisi la portée de ce que j'ai avancé plus haut.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 16 h 24

      M. Maltais-Desjardins, ce « sentiment intime » est le tremplin des juges pour faire jurisprudence, ce que je décode être aussi leur tremplin pour établir des règles qui reviennent aux élus..

      Aussi m'apparaîtra-t-il un tremplin qui octroie aux juges un immense pouvoir au Canada. C'est différent aux États-Unis et en Finlande où les parlementaires, à la manière des parlementaires britanniques, doivent légiférer lorsque l'application des lois posent problème.

      Je sais que je me répète, mais j'imagine que vous n'avez pas saisi la portée de ce que j'ai avancé plus haut.

    • Donald Bordeleau - Abonné 10 avril 2019 16 h 34

      Pour la philosophe Catherine Kintzler , en Amérique, on ne comprend pas toujours qu’il importe aussi parfois de protéger l’individu de sa « communauté ». Elle cite l’exemple des Italiens qui se réfugiaient en France au milieu du siècle dernier. Ils fuyaient Mussolini, mais aussi le poids de leur paroisse, des traditions et d’une certaine assignation. « Ce fut particulièrement libérateur pour les femmes, dit-elle, qui sont souvent assignées à certaines fonctions, à certaines tâches. Ce n’est pas sans raison que les filles aiment l’école. »

      Une enquête IFOP nous apprenait récemment que 87 % des Français étaient en accord avec la loi de 1905 dite de séparation de l’Église et de l’État. C’est en vertu de cette loi que les fonctionnaires n’ont pas le droit de porter des signes religieux. Et 71 % des Français estiment que cette loi ne doit pas être modifiée, ce qui inclut même 68 % des catholiques et 66 % des musulmans ! La loi de 2004 qui interdit aux élèves de porter des signes religieux recueille aussi l’appui de 83 % des Français, dont 85 % des catholiques et près de la moitié des musulmans (41 %). Ce consensus n’empêche pas 74 % des Français de penser que la laïcité est menacée en France. ( Christian Rioux)

      https://www.ledevoir.com/societe/551130/l-ecole-au-coeur-de-la-laicite

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 16 h 40

      Tout au contraire, monsieur Bariteau, je saisis très bien la portée de ce que vous dites. Si nous croyons qu'il appartient au législateur de faire les lois et de les interpréter, c'est que nous lui reconnaissons la capacité de le faire en ayant le droit en vue et non les seuls intérêts partisans. Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans la brouillonne précipitation où s'est jeté la Caq, il n'a pas montré un souci très fort à cet égard.

      Je n'aurai peut-être pas encore compris, mais je m'y fais.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 avril 2019 17 h 25

      M. Bariteau,
      Mes propos qui suivent mon remerciement à votre endroit sont pour Madame la chroniqueuse. Au début de la journée ça me paraissait évident mais maintenant... vous avez raison de me l'indiquer.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 avril 2019 21 h 06

      "On peut commencer à discuter, maintenant." - RMD

      En fait, pour être franc, il n'y a plus grand-chose à discuter puisque tout a déjà été dit sur tous les tons et dans toutes les déclinaisons possibles et imaginables. Les propos de Madame Pelletier sentent le réchauffé.

      Si vous avez vous-même à nous faire part d'arguments jusqu'ici inédits, faites les nous connaître, je vous en prie.

      Pour ma part, j'estime que la liberté d'un individu, censé représenter l'État, de se grimer comme il veut s'arrête là où la neutralité de l'État commence. Un individu qui, volontairement, prend prétexte de son corps ou de son habillement pour exhiber les goûts, les idéologies et les croyances personnelles qui l'habitent ne mérite pas de représenter l'État. La liberté absolue n'existe que dans la solitude. Pour vivre ensemble au sein d'une société, les compromis constituent un mal nécessaire. Il convient de les envisager avec pragmatisme plutôt que de tout condamner aveuglément au nom de pricipes absolus, en particulier d'une sacro-sainte liberté trônant sur un inoxydable piédestal.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 22 h 39

      Quand vous parlez de « liberté de se grimer », ce que je crois entendre (détrompez-moi au besoin), c'est que la revendication de porter un signe serait frivole. Ce qu'elle peut être en effet. Ce qu'elle est forcément, entend-on. Comme ce décret ne s'embarrasse pas de justifications rationnelles, il n'y a rien qu'on puisse espérer y opposer rationnellement. Se faire tatouer le CH dans le front ou porter une croix dans le cou, c'est du pareil au même.
      Ou bien au contraire cela manifeste forcément un degré d'adhésion à un système de croyance incompatible avec les exigences de la fonction et auquel on donnera préséance sur celle-ci. Encore une fois, il n'y a rien à opposer à cette certitude a priori et généralisée. On ne nous en demande d'ailleurs pas tant, pour dire le moins.
      Ou bien encore on dira que le port du signe est la preuve qu'une contrainte extérieure est effectivement à l'oeuvre ou que les femmes l'ont introjectée. On ne pourra faire valoir avec succès ni que le droit de ce pays a dans l'égalité homme/femme un de ses piliers et qu'il offre aux femmes le moyen de se prémunir de cette contrainte ou que la revendication de signe peut très bien découler d'un choix libre et éclairé, tout cela a déjà été entendu mille fois et on juge largement suffisant d'opposer là aussi un lourd démenti.
      Mais plus typiquement encore, on fait comme si cette revendication était absolue (vous employez le mot) et qu'elle n'était assortie d'aucune volonté de compromis, une conclusion qu'on tire rapidement du fait que ces personnes ne soient pas disposées à faire ceux que nous désirons. Je ne dis pas « ceux qui nous paraissent raisonnables » parce que cela évoque aussitôt le spectre des accommodements du même nom, lesquels sont par ici taxés de procéder d'une judiciarisation au cas par cas destinée à saper le privilège législatif au profit de l'individualisme multicuturaliste anglosaxon dont les principes seraient absolus...
      Qui cadenasse le débat, ici ? ni Pelletier ni Beaudoin

    • Jean-Charles Morin - Abonné 11 avril 2019 10 h 27

      "Comme ce décret ne s'embarrasse pas de justifications rationnelles, il n'y a rien qu'on puisse espérer y opposer rationnellement. " - RMD

      En qualifiant de "décret" un projet de loi qui sera débattu en chambre, il me semble ici que vous caricaturez. Pour le reste, je vous donne raison: ce type de débat n'est pas d'entrée de jeu rationnel mais repose, de part et d'autre, exclusivement sur des perceptions et sur des conceptions antinomiques de l'État. Le chef libéral erre complètement en exigeant des "études scientifiques" pour étayer les propos.

      "Ou bien encore on dira que le port du signe est la preuve qu'une contrainte extérieure est effectivement à l'oeuvre ou que les femmes l'ont introjectée... ou que la revendication de signe peut très bien découler d'un choix libre et éclairé..." - RMD

      Il est bien difficile, voire impossible, de juger à partir de l'intention réelle sous-jacente à un acte. Que ce dernier soit pris en toute liberté ou imposé de force, là n'est pas le débat. Juger de l'intention est à mon avis une erreur: je crois qu'il faut juger plutôt à partir du résultat de cet acte qui est d'introduire insidieusement une saveur religieuse dans un espace voulu comme neutre et laïque.

      "Qui cadenasse le débat, ici ? Ni Pelletier ni Beaudoin." - RMD

      Comme je l'ai dit dans ma précédente intervention, ce débat devient oiseux à force de répétitions et il serait grand temps de le clore une fois pour toutes pour passer à des problèmes plus substantiels, ce que le projet de loi 21, aussi imparfait puisse-t-il paraître à certains, s'apprête à faire.

      Par "Pelletier", je suppose que vous parlez de notre chroniqueuse préférée; mais qui donc est ce "Beaudouin" qui n'est pas référé ailleurs dans votre texte?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 avril 2019 16 h 04

      Décret parce que la question est soustraite au test des deux chartes, qu'elle fera l'objet de consultations particulières seulement et que la loi sera adoptée sous baillon.

      On le constate de plus en plus clairement : ce débat n'est pas rationnel. Mais le gouvernement avait la responsabilité de faire en sorte qu'il le devienne. Je ne sais pas si des études scientifiques sont disponibles, mais je ne crois pas que soit une errer de chercher de la connaissance.

      Vous dites qu'on ne peut y voir clair dans les intentions, seulement dans les résultats des actes. Or on ne peut les qualifier d'actes qu'en les rapportant à de telles intentions, il me semble. Autrement, on pourrait parler au mieux d'effet, par exemple en matière de prosélytisme, la perception qu'il y en a là où les signes sont présents pouvant résulter de facteurs plus ou moins indépendants de la conduite en question, par exemple parce qu'existerait un engouement pour cette croyance ou... plus vraisemblablement dans ce cas-ci, une aversion à son endroit. Tous ces facteurs (et d'autres) devant être considérés, il convient de les prendre séparément, par méthode. Ainsi, une honnête intention de respecter la neutralité religieuse pourra (devra) être présumée sans que cela soit un argument décisif pour permettre le port de signe. Tout cela doit être examiné avec plus de rigueur que par l'inflation des opinions qui s'entrechoquent. Je crois qu'on peut faire cela, qui ne l'a pas été après Bouchard Taylor.

      Contrairement à bien des gens par ici, dont l'urgence de conclure se comprend aisément vu qu'ils y trouvent leur compte, je ne crois pas du tout qu'il y ait urgence de conclure. Ce n'est pas que j'aime les débats qui s'éternisent mais, justement, parce que je crains qu'à vouloir le conclure par un coup de force, on ne fasse qu'aggraver le malaise.

      Je voulais parler de Louise Beaudoin, qui a écrit ici un excellent billet où elle défend PL21.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 11 avril 2019 18 h 58

      "Or on ne peut les qualifier d'actes qu'en les rapportant à de telles intentions, il me semble." - RMD

      Merci pour votre réponse et vos précisions. Pour moi, la différence entre les intentions et les actes qu'elles déclenchent est que ces derniers deviennent des faits dûment constatés, alors que les intentions qui les sous-tendent (et qui peuvent varier d'un individu à l'autre) ne sont au mieux que des suppositions de la part d'observateurs extérieurs. Il faut tenir compte aussi du fait que les motivations invoquées par les auteurs des actes constatés ne sont pas nécessairement les vraies.

      Je maintiens qu'il est improductif de pousser plus avant la discussion sur les signes religieux: même Charles Taylor en perd ses repères et s'enfonce dans l'argutie à force de vouloir fendre les cheveux en quatre. Ici l'adage "le mieux est l'ennemi du bien" s'applique parfaitement. Le fait de vouloir tracer une ligne claire après douze ans d'atermoiements n'aggravera pas le problème, mais fort vraisemblablement a de bonnes chances de le résoudre une fois pour toutes. On se souviendra du psychodrame entourant l'adoption de la loi 101 en 1977: l'ouragan cyclonique annoncé n'est jamais venu et on en est resté au "show de boucane". Il en sera fort vraisemblablement de même avec la loi 21. Le noeud gordien doit être tranché: vouloir peaufiner jusqu'à plus soif comme vous semblez le suggérer va éterniser le débat, ne satisfera pas davantage ceux qui verront toujours Dieu de leur côté et ne fera rien pour calmer les esprits déjà échauffés, bien au contraire. Qui vivra verra...

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 avril 2019 00 h 39

    « L’État s’apprête à dicter à des femmes quoi porter.» (Francine Pelletier)


    Non, c'est l'Islam qui dicte aux femmes «quoi porter».

    Oui, ce sont les États islamiques qui dictent aux femmes «quoi porter».

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 05 h 44

      Ni « l'islam » ni personne n'a le droit de dicter aux femmes « quoi porter ». Les seules contraintes vestimentaires qu'on peut légitimement leur imposer n'ont rien à voir ni avec le sexe ni avec la religion ni surtout avec les suspicions dont elles seraient grevées préventivement en tant que femmes et que croyantes.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 avril 2019 07 h 14

      https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/543829/le-voile-est-un-moyen-de-controle-du-corps-de-la-femme

      «Le voile, c'est notre étoile jaune», dit-elle en faisant référence au tragique symbole utilisé par les nazis pour identifier les juifs. «Je ne peux pas soutenir une oppression, une atteinte à la dignité humaine.»-Leila Lesbet musulmane non islamiste-

      A voir, son échange calme et solide avec Julis Grey: émission 24/60 RDI 5 avril dernier-

    • Gilles Roy - Abonné 10 avril 2019 07 h 40

      @ Lacoste + Maltais Desjardins : On résume : les mêmes mecs se trouvent à défendre les mêmes arguments que d'habitude, avec la même prose et le même empressement que d'habitude (avec le même manque de méthode que d'habitude dans le cas de M. Lacoste). Une tribune de plus pour dire la même chose, on dira. Pourtant, avec un titre comme «Laîcité et féminisme», ç'aurait été pertinent de laisser d'autres paroles (féminines) s'exprimer, non? En court : Attendez vous surtout pas à ce que l'on vous applaudisse et resserve du café....

    • Cyril Dionne - Abonné 10 avril 2019 08 h 18

      « Si vous voulez demander quelque objet à ses femmes, demandez-le à travers un voile. » sourate 33
      « Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines, de ne montrer leurs atours qu’à leur époux…Dis leur encore de ne pas frapper le sol de leurs pieds pour ne pas montrer leurs atours cachés. » sourates 24, 31

      Les contraintes vestimentaires pour les femmes viennent du wahhabisme et du salafisme, des inventions sunnites lors de leur réforme de l’islam. Dans leur grande Réformation, ils ont dicté un retour en arrière où les valeurs conservatrices primaient. L'Arabie saoudite et les Frères musulmans en font partie. La mouvance djihadiste en fait aussi partie. Les sunnites forment 80% de tous les musulmans. On n’est pas sorti du bois, Adil Charkaoui oblige.

    • André Joyal - Inscrit 10 avril 2019 09 h 03

      M.Lacoste : voir mon commentaire plus bas si le modérateur l'aura accepté. Je donne un témoignage d'UNE collègue algérienne qui s'y connait sûrement plus que les RMD de notre petit monde.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 09 h 08

      C'est ce que fait le PL21 en ciblant des objets portés qui ne concernent pas le sexe, ni les exigences religieuses, mais des exigences associées à l'affirmation de la laïcité chez les employ/e/s dans les institutions relevant de l'État du Québec.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 avril 2019 09 h 30

      @Pierre Grandchamp
      L’étoile jaune était IMPOSÉE aux nazis pour discriminer les allemands de croyance ou nés de parents de croyance juive et ainsi justifier l’holocauste. L’étoile jaune était donc un marqueur de discrimination sociale, un symbole pour EXCLURE et même exterminer des concitoyens afin d’affirmer la supériorité d’une supposée RACE! En fait, celle des seigneurs de la guerre qui ont tenté de dominer l’Europe au cours de la guerre 39-45. Notons qu’en dehors de ce contexte, l’étoile jaune devient insignifiante.

      Oui, là où il est IMPOSÉ aux femmes de le porter, le voile devient un MARQUEUR social de l’oppression des femmes. Par contre, la comparaison avec le nazisme s’arrête là. Les théocrates islamistes, en obligeant les femmes à porter le voile ne visent pas leur exclusion sociale et moins encore leur extermination. Non, dans un tel contexte, on vise plutôt D’INTÉGRER les femmes au fonctionnement social sous le mode de la soumission aux dictats des hommes.

      Que conclure. Notre cadre de vie sociale et politique n’a rien d’une théocratie qui imposerait une tenue vestimentaire aux femmes afin de marquer un rang de subalterne. De plus, depuis la révolution tranquille et avec la Charte québécoise des droits fondamentaux, TOUS ET TOUTES québécois et québécoises nous sommes égaux. Les signes que nous affichons, les vêtements que nous portons sont marqueurs de notre LIBRE CHOIX.

    • Jean-François Trottier - Abonné 10 avril 2019 09 h 34

      M. Maltais Desjardins,

      Cessez de jouer la carte de la mode!

      Vous insultez les vrais croyants qui y voient un symbole d'engagement implquant toute leur vie jusqu'à leur existence en tant qu'entités immortelles.
      Y a des limites à rire du monde en en faisant des trucs banals.

      Ces signes ne sont pas insignifiants. Ils signifient, merci à M. de La Palisse.
      Il signifient exactement comme des drapeaux qui représentent des idéologies, et totalitaires en plus.

      Personne ne parle de liberté d'expression au sujet de drapeaux dans des institutions.
      Les personnes vraiment religieuses reconnaissent la signification de ces signes, sinon elles les enlèveraient sans problème.

      Ce sont ces personnes qui affirment la primauté de leur dieu sur un État qui refuse de se déclarer soumis à une puissance divine. Par leurs signes.

      Ou bien, vous vous rangez dans le clan de Justin pour qui chaque jour est Halloween... Il ne se rend même pas compte qu'il insulte tout le monde, le pauvre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 09 h 44

      Monsieur Roy, il serait bien facile de vous rétorquer qu'en matière de redites et de manque de rigueur, les torts ne sont pas tous du bord de ceux qui ne pensent pas comme nous. Je préfère essayer de convaincre. Ce ne sera manifestement pas vous, puisque vous vous contentez d'un bel ad hominem. Je n'en fais pas une affaire. J'ai tout ce qu'il faut, question café.

      P.S. : l'espace n'étant pas compté par les modérateurs, nos nombreuses interventions n'en privent personne.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 10 h 03

      Monsieur Bariteau, je suppose que vous voyez la difficulté qu'il y a soutenir dans la même phrase que l'interdiction n'est pas liée à la religion... mais à la laïcité !?

    • Claude Létourneau - Abonné 10 avril 2019 10 h 04

      La loi ne dicte pas quoi porter, elle dicte quoi NE PAS porter... même dans un milieu de travail où il n'existe aucune restriction vestimentaire, on ne peut pas tout porter sur la seule raison de l'existence des chartes.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 avril 2019 11 h 32

      M. Maltais-Desjardins, je n'ai aucune difficulté parce que ma phrase ne parle pas de la religion mais des exigences religieuses propres aux religions, ce que j'ai indiqué plus haut qu'elles n'existent pas en regard du port de signes religieux.

      Je vous sais habile avec les déconstructions pour construire vos propos. C'est pour ça que je décode les efforts que vous faites pour nourrir vos arguments. Si je vous réponds, c'est uniquement pour éveiller le même réflexe chez vos lecteurs.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 11 h 48

      Votre syntaxe est un peu confuse, dans le premier paragraphe. Pourriez reformuler?

    • Yves Laframboise - Abonné 10 avril 2019 13 h 16

      Je lis madame Pelletier ce matin et je constate que son ton a baissé. C’est à son avantage… et le nôtre. Par contre, l’argumentaire misérabiliste n’a pas changé.

      Madame Pelletier affirme entre autres que l’Algérie n’est pas le Québec. C’est là que nous sommes en désaccord, et que sa vision du contexte international de l’islamisation des sociétés occidentales manque de clairvoyance. Au contraire, je crois que le Québec, à bien des égards, est en train de ressembler à l’Algérie, dans le sens où le même combat opposant les partisans du Front islamique du salut (FIF) aux démocrates de ce pays a commencé à se transposer chez nous. N’oublions pas qu’au travers de l’immigration en provenance du Maghreb dans les années 1990, plusieurs intégristes ont fait partie de cette cohorte de gens aux opinions diverses.

      Un examen minutieux du langage et des paroles des participants à la manifestation de dimanche dernier à Montréal montre à l’évidence que le fruit québécois est contaminé par le vers de l’intégrisme islamique. En ont fait foi les incantations auprès d’Allah, un discours à caractère xénophobe à l’endroit des Québécois, le voile quai généralisé, une revendication implicite de l’emprise du religieux sur le pouvoir public, l’absence de femmes dans la prise de parole, et ainsi de suite.

      Ne vous en déplaise, madame Pelletier, le Québec vient d’accéder dans un monde nouveau, où il faut être capable de déceler ce qui peut contaminer des valeurs durement acquises. Le combat est devenu international, l’ennemi étant lui-même de même nature. Et, bien sûr, dans ce combat, nous ne pouvons compter ni sur le PLQ, qui s’est vendu à rabais au West Island, ni sur QS, lui-même acteur de propagation du vers dans la pomme.

    • Donald Bordeleau - Abonné 10 avril 2019 16 h 35

      Pourtant une militante de QS originaire d’Égypte signalait qu’elle ne serait pas à l’aise de se faire arrêter par une policière portant un voile. Parce qu’il représente des valeurs contre lesquelles « je me suis battue toute ma vie ».

  • Jacques Lapointe - Abonné 10 avril 2019 01 h 25

    Le hijab

    On s’est débarrasser de ces signes religieux dans les années 70, et l’islâm voudrait nous ramener quelque chose de très semblable. L'on sait que le problème ce ne sont pas les femmes, mais bien les hommes qui veulent cela, pour garder les femmes inférieures. Vous courez après les trubles.

    • Louise Collette - Abonnée 10 avril 2019 09 h 06

      Exactement mon avis et je dis j'aime.. puisque que le système semble plutôt déglingué.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 avril 2019 11 h 51

      A lite la chronique de Mme Houda Pépin, une musulmane. " La laïcité cette ennemie des islamistes
      https://www.journaldemontreal.com/2019/04/10/la-laicite-cette-ennemie-des-islamistes

      A la chroniqueuse. Comment peut-on se dire islamiste et approuver le port du voile en position d'autorité?

      En été, je n'en reviens pas de voir des familles musulmanes prés des cours d'eau: le père et les garçons en shorts ou en constume de baiin, la mère et ses filles habillées des pieds à la tête avec le voile.Misère de misère!

    • André Joyal - Inscrit 10 avril 2019 13 h 19

      M.Lapointe : Alors qu'il faisait 30C, place Jacques-Cartier, j'en ai fait la remarque à un petit groupe dont les hommes, comme moi, étaient en bermudas. Ils m'ont répondu à la place des femmes qui étaient vraisemblablement condamnées au silence Selon eux, tout était bien avec elles. Elles n'avaient pas à se plaindre de la chaleur. Oui, Misère!

  • Nadia Alexan - Abonnée 10 avril 2019 01 h 45

    Honte à vous, madame Pelletier, une féministe qui appui la misogynie.

    Ce que vous ne voulez pas comprendre, madame Pelletier, c'est que le mouvement de l'islam politique international, qui oeuvre dans tous les pays occidentaux, veut s'imposer et se propager par le biais de ce voile. Derrière ce voile se cache une idéologie barbare de l'intégrisme salafiste qui veut rendre les femmes invisibles et inégales aux hommes. Ce voile cache une philosophie extrémiste qui prône des pratiques barbares telles que l'excision, la coupe des mains pour les voleurs, la peine de mort pour les homosexuels, la peine de mort pour le blasphème, la polygamie, l'interdiction de la musique, la danse et j'en passe. En appuyant ce voile, vous légitimiez l'obscurantisme qui infériorise les femmes.

    • Louise Collette - Abonnée 10 avril 2019 09 h 11

      J'aime
      Tout à fait et je n'oublierai pas ce que j'ai lu il y a quelques années dans un <<débat>> sur internet : <<Nous allons islamiser le monde ce n'est qu'une question de temps, cela se fera lentement mais sûrement>> J'en ai eu froid dans le dos, c'est une chose qu'on oublie pas.
      Il n'y a pas si longtemps en Ontario il a été question de la charia...certains ont la mémoire courte, ils ont la méméore qu'ils veulent bien avoir...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 avril 2019 09 h 45

      Il faudrait inclure dans PL21 un droit à l'anathème avec pour sanction une interdiction de prise de parole. Franchement...

    • Jean-Marc Simard - Abonné 10 avril 2019 09 h 52

      Merci de le dire, Madame Alexan...Le plus surprenant est de se rendre compte que de nombreux journalistes, dont Madame Pelletier, s'entêtent à nier le fait que l'Islam n'est pas une religion, mais une idéologie politique qui se sert du penchant humain en la croyance divine, pour imposer des valeurs qui n'ont rien d'humanisantes...Pensent-ils vraiment ces sois-disant bien pensant que la Charia est une loi qui va aider à humaniser davantage les humains et contribuer à leurs faire mieux contrôler leurs instincts animaux...Au contraire, cette loi excite davantage les bas instincts animaux chez l'humain...Prendre la défense de l'Islam au nom de je ne sais quelles attitudes qui favorisent l'accueil de l'autre, la tolérance, le mieux vivre ensemble est un leurre manipulé par un Islam politiquement envahissant...L'Islam n'est pas une religion, mais une façon de vivre où la soumission de l'autre est encouragé, une culture de dénigrement des valeurs occidentales, une tactique anti-démocratique pour imposer la sois-disant dictature d'Allah, une dérive autoritaire pour glorifier, non pas Dieu, mais les califats et les sultans...Curieusement quand un attentat survient contre les Musulmans, tous les médias en parlent et en pleurent...Mais quand un attentat réalisé par des terroristes islamistes contre des communautés chrétiennes, personne n'en parle ni n'en pleure... Y-a-t-il deux catégories d'attantés ? Si on laisse faire le monde musulman dans leur projet d'islamiser le monde, c'est l'ensemble des valeurs humanistes et c'est l'évolution vers de nouvelles valeurs favorisant le plus-être qui seront en péril...Car le système politique de l'Islam est un système figé dans le temps qui n'évolue plus...C'est un système fermé sur lui-même qui sclérose toute possibilités d'amélioration du genre humain...C'est un système de pensée autoritaire qui ne se remet jamais en question...Tout le contraire des valeurs chrétiennes de liberté, d'égalité et de fraternité...

    • Christiane Gervais - Inscrite 10 avril 2019 10 h 40

      Porter le voile de la honte d'être une femme, d'un sexe inférieur, tant culturel que religieux, cette stigmatisation quotidienne qui est le lot des femmes, imposée par les hommes puisqu'ils n'y sont pas soumis, et laisser les bien-pensants occidentaux en faire un vêtement de libération, fallait le faire.

      Mais plus encore, détourner la laïcité de l'État et en faire un enjeu du féminisme, voilà qui dépasse l'entendement. Décidément, les tactiques de détournement de la vérité, lors d'un référendum ou d'un loi de la laïcité, empruntent les mêmes avenues mensongères.

    • Réal Boivin - Abonné 10 avril 2019 10 h 55

      Francine Pelletier doit se référer à d'autre époques pour justifier son obsession de protection des signes religieux. Elle ne sais même pas qu'il faut toujours mettre les choses dans leur contexte. Mais maintenant que les femmes occcidentales ont acquis les même droits que les hommes, elle doit ruser de rhétorique pour défendre son point de vue. Les manifestantes, contre le projet de loi 21 en fin de semaine, étaient des intégristes dirigées apr Adil Charkaoui, un salafiste notoire. Nous ne sommes pas en Algérie mais l'Algérie veut s'implanter ici. Si le voile la fait vibrer tant que ça, qu'elle commence par en pourter un.

    • Donald Bordeleau - Abonné 10 avril 2019 16 h 49

      Les bien pensants continuent à nier encore les atrocités commissent par les intégristes. C'est toujours la faute de quelqu'un d'autre ou se passe ailleurs. Je ne peux répandre ici qu'avec les paroles de Fatima Houda-Pepin à ceux qui font de l'aveuglement volontaire:
      «C’est ainsi que, dans l’indifférence totale du gouvernement et à la faveur d’un multiculturalisme rampant, ces leaders autoproclamés vont introduire au cœur des cités anglaises leur patriarcat, leur système de valeurs, leur code d’«honneur», leur voile intégral, leur ségrégation sexuelle, leurs tribunaux islamiques et leur système de justice basé sur la charia. Même la première ministre, Theresa May, doit se voiler quand elle se rend dans leurs locaux.»

      http://www.journaldemontreal.com/2017/03/27/londre

    • Jean-Henry Noël - Abonné 11 avril 2019 17 h 01

      Vous confondez tous laïcité et croyances. L'état québécois est on ne peut plus laïc. Quant aux croyances de ses employés, elles n'ont pas aucune importance sauf si elles sautent aux yeux. Du moins, c'est votre position. Ostensibles ! C'est une condamnation. De plus, un gouvernement digne ne gouverne pas pour plaire à leur majorité. Il gouverne pour diriger la voie qui peut être autre. Il faut une élite pour diriger la masse. Sans élite, point de salut.

  • Jean Duchesneau - Abonné 10 avril 2019 01 h 54

    Féminisme et port du voile dans l’espace public!

    Voilà le débat auquel vous faites référence en France en nous renvoyant à l’article de la féministe musulmane Rokhaya Diallo qui s’appuie sur l’opinion de la non moins féministe sociologue française Colette Guillaumin. Toutefois, vous omettez de dire qu’en France, justement au nom de la laïcité, qu’il est interdit à tous les employés de l’État français de porter des signes religieux. Par ailleurs, personne en France n’en fait tout un plat comme vous le faites. Dans l’article de la revue Slate auquel vous faites vous-même référence Mme Diallo précise: « Rappelons le, le principe de laïcité n’interdit en rien le port de signes religieux y compris dans l’espace public. Au contraire la laïcité protège la liberté de conscience. Seuls l’État et ses représentants doivent se montrer neutres. ».

    Seuls l’État et ses représentants doivent se montrer neutres. Le PL21 n’interdit en rien le port de signes religieux dans l’espace public faut-il le rappeler. Le PL21 est beaucoup moins restrictif qu’en France alors que seuls l’État et certains de ses représentants doivent se montrer neutres.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 avril 2019 10 h 54

      « Seuls l’État et ses représentants doivent se montrer neutres. ».
      Il y a beaucoup dans cette petite phrase... Sortons là du contexte de la République française et situons-nous au Québec.
      1- L’État ici est celui déterminé par la Constitution Canadienne. Le centre du pouvoir est à Ottawa et il s’exerce sur l’ensemble d’un territoire divisé en province. Mal gré, bon gré le Québec est toujours une province dépendante du pouvoir central d’Ottawa.
      2- Le Québec gère une partie des pouvoirs étatiques au sein d’institutions de la fonction publique... Et au sein de ces institutions se trouvent « des cadres », eux-mêmes redevables d’instances administratives supérieures. Quant au reste du personnel, ce sont des employées qui exécutent des tâches.
      De sorte que concrètement, dans toute cette strcture hiérarchisée de « gestion » et d’exécutant: Qui et Où sont les « représentants » de l’État.? Comprenons ici, s’ils ou elles représentent une INSTANCE, ce serait une instance administrative de la fonction publique.
      3- Dans tout cet ensemble, qu’est-ce que le « Ministère de l’Éducation » et le Conseil Supérieur de l’Éducation représente? N’est-ce pas ici qu’on trouvera les fonctionnaires responsables de dicter et de reviser les programmes et les politiques en éducation. NOTONS que leur POUVOIR s’étend sur TOUT l’enseignement de la maternelle au cegep... publique et privée, confessionnel ou non confessionnel.
      4- Quant aux enseignants et enseignantes, on les retrouve au bout de la ligne dans des écoles publiques et les écoles privées... Leurs tâches sont pédagogiques et d’aucune façon ces éducateurs n’ont à « représenter » l’État. Leurs contraintes sont liées au programme et à la description de tâches définies au contrat de travail. Quant à l’employeur, représentant de l’État ou d’une administration privée, son devoir est de respecter la loi et les droits de ses employé.es.