Le psychodrame du bâillon

On peut comprendre les libéraux, qui ont été traités de tous les noms lors du débat sur le projet de loi 62 sur la neutralité de l’État, de vouloir rendre la monnaie de sa pièce à la CAQ, même si l’ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette, fait toujours sourire quand il s’indigne qu’on bouscule les gens.

Les cris d’orfraie qu’ils ont poussés à l’idée que le gouvernement Legault puisse utiliser le bâillon pour clore le débat sur l’interdiction des signes religieux doivent cependant être mis en perspective. Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, a accusé le premier ministre de mépriser ceux qui ne pensent pas comme lui, mais le bâillon ne vise pas la société civile.

Il est vrai que les audiences publiques ne seront pas ouvertes à tous, contrairement à ce que le gouvernement Marois avait décidé lors du débat sur la charte de la laïcité, mais quelqu’un a-t-il envie de revivre le témoignage gênant de la famille Pineault-Caron, qui avait été traumatisée par son voyage au Maroc ? « Prier à quatre pattes à terre sur des p’tits tapis, c’est quoi c’t’affaire-là ? » Les Québécois veulent bien assumer leur laïcité, mais pas passer pour des épais.

Les libéraux n’ont d’ailleurs pas contesté le bien-fondé de s’en tenir à des « consultations particulières » qui leur laisseront tout le loisir de faire comparaître les experts ou les groupes qu’ils jugeront le plus pertinent d’entendre. Ils n’auront que l’embarras du choix.

 

Le recours au bâillon limiterait bel et bien la durée du débat entre parlementaires, mais qui peut encore douter de tout le mal que le PLQ pense du projet de loi ? On aurait beau l’éplucher pendant six mois, sa position ne changera pas plus que celle du gouvernement. Québec solidaire y est tout aussi opposé, mais Manon Massé a indiqué que ce ne sera pas une priorité pour son parti au cours des prochaines semaines. Quant au PQ, il ne demande pas mieux que de passer à autre chose.

L’étude d’un projet de loi peut être un exercice pédagogique très utile quand il porte sur un sujet avec lequel le commun des mortels est moins familier. Après douze ans de débat sur la laïcité, les Québécois ont cependant eu tout le temps de se faire une opinion. Il ne faut pas exagérer le danger pour la « cohésion sociale » évoqué par M. Legault, mais on voit mal l’utilité de prolonger un affrontement entre deux camps aussi solidement retranchés.

Certaines modalités du projet de loi 21 méritent certainement d’être revues. Lier les droits acquis à un lieu ou une fonction est une mesquinerie inutile. Retirer à une enseignante le droit de porter le voile parce qu’elle change d’école ou qu’elle est nommée directrice serait injustifiable.

Si quelques journées additionnelles étaient nécessaires pour apporter des modifications, le gouvernement serait malvenu de refuser, mais les députés libéraux seraient loin d’être emballés à la perspective de siéger durant les mois d’été, sachant que la population prêterait très peu d’attention à leurs travaux.

 

C’est le débat à l’extérieur de l’Assemblée nationale qui sera plus difficile et qui risque d’avoir le plus d’effet sur les esprits. Le « Quebec bashing » est une réalité avec laquelle la plupart des Québécois se sont résignés à composer, comme avec les maringouins, mais certains épisodes sont plus révélateurs du fossé qui les sépare du reste du pays. Le procès de la laïcité à la québécoise, qu’on ne manquera pas d’instruire au Canada anglais, même si l’approche de l’élection fédérale imposera une certaine retenue à la classe politique, pourrait en être un.

Il est regrettable que le gouvernement Charest n’ait pas donné suite au « consensus » du rapport Bouchard-Taylor et que le PQ ait voulu aller plus loin alors qu’il n’était pas en position de le faire, mais il est maintenant trop tard pour y revenir.

Gérard Bouchard a raison de dire qu’on ne devrait pas étendre l’interdiction du port de signes religieux aux enseignants, mais le gouvernement Legault est déterminé à le faire, et il a l’appui d’une majorité de francophones qui n’accepteront pas d’être traités d’islamophobes et de racistes.

Si plusieurs perçoivent le débat sur l’utilisation de la disposition de dérogation comme une simple chicane entre juristes, il pourrait devenir une illustration éloquente du refus de laisser le Québec définir les règles du vivre-ensemble qui correspondent à ses valeurs.

Correction : Dans ma chronique de jeudi, j’ai écrit erronément que la Cour suprême avait acquitté Gabriel Nadeau-Dubois de l’accusation d’outrage au tribunal, en 2016, après qu’il eut été reconnu coupable à deux reprises. En réalité, un premier jugement de la Cour supérieure a été infirmé par la Cour d’appel, dont la Cour suprême a confirmé la décision. Toutes mes excuses.

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94 commentaires
  • Jacques Gagnon - Inscrit 6 avril 2019 00 h 38

    Gérard Bouchard erre

    Tout professeur émérite et chercheur remarquable qu'il soit, Gérard Bouchard n'a jamais enseigné au primaire ou au secondaire. Il devrait savoir que les enfants sont très vulnérables aux exemples qu'ils voient. Ils aiment leur professeur, ils aiment ce qu'ils voeint. Si on les expose à des modèles religieux quels qu'ils soient, on viole leur innocence et leurs capacités en développement. Il ne s'agit pas de coercition. Quand Il parle d'un coût social trop élevé, il en oublie. Quel est ce coût de l'influence reçue en bas âge ? Bien sûr que le coût est faible pour les juges, car il n'y en aura presque pas, et donc la loi inutile. Elle est utile justement pour les enseignants parce que ça comptera là. Personne ne demande de renier sa religion, on demande de se vêtir de façon neutre pendant l'école.

    • Paul Doyon - Abonné 6 avril 2019 12 h 00

      Soustraire les enseignant? Insoutenable!
      Je n’arrive pas à comprendre ceux qui s’objectent à ce que la loi s’applique aux enseignants des niveaux secondaires et inférieurs. Pour l’Etat, il s’agit de respecter chacun quelle que soit sa religion on son absence et de manifester clairement sa laïcité formelle. A mes yeux c’est la même chose pour l’enseignement, mais s’y ajoute d’éviter le prosélytisme implicite de tout symbole religieux auprès des jeunes. Qu’est-ce que le signe religieux ostentatoire porté, par définition, non pour soi-même, mais surtout pour les autres, sinon la proclamation que: « Je suis dans le vrai, la vérité et vous dans l’erreur, si vous n’êtes pas de la même confession, »
      Ça parait tellement évident; comment comprendre que ça échappe à Gérard Bouchard... et à Michel David; et si ça ne leur échappe pas, pourquoi alors l’accepter?
      Paul Doyon
      Montréal

    • Pierre Desautels - Abonné 6 avril 2019 13 h 21


      Au contraire, Gérard Bouchard, un souverainiste, a raison. Depuis des années, des femmes portant le hijab enseignent dans des classes où les enfants ont déjà vu d'autres femmes voilées dans les endroits publics, dans le métro, dans les parcs, et il n'y a pas lieu de s'en faire avec ça. Et pas une seule plainte de parents à ce sujet n'a été enregistrée à ce jour. De jeunes enseignantes voilées, déjà en poste, le seront pour plusieurs années, et la terre va continuer de tourner.

    • Christian Roy - Abonné 7 avril 2019 08 h 35

      J'ai déjà posé ces questions...

      Peut-être que M. Doyon ou M. Desautels pourront m'aider à y répondre: Jusqu'au tounant de l'an 2000, le système publique et privé au Québec était confessionnel. Quels sont donc les séquelles issus de ce fait ? Seriez-vous prêts à dire que tous les adultes d'aujourd'hui en sont victimes et que leur niveau de liberté de conscience et de religion est par conséquent extrêmement faible et abîmé. ?

      Merci de votre attention.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 avril 2019 11 h 19

      @Paul Doyon,

      "A mes yeux c’est la même chose pour l’enseignement, mais s’y ajoute d’éviter le prosélytisme implicite de tout symbole religieux." - Paul Doyon

      Un soi-disant "prosélytisme implicite" est une contradiction à sa face même :

      Prosélytisme : "Zèle ardent pour recruter des adeptes, pour tenter d’imposer ses idées." - Larousse

      D'ailleurs, le prosélytisme est déjà formellement interdit dans les écoles au Québec.* Alors que la loi 21 maintient le financement public des écoles confessionnelles et les exemptions de taxes et d'impôts aux organismes religieux.

      La laïcité caquistes est une laïcité de linge et de pacotilles qui s'en prend au individus et ne propose pas une véritable laïcité de l'État, qui plus est, devrait être le premier à donner l'exemple avant de de l'exiger des individus.

      Tout ce qu'on retient d'un projet de loi aussi futile, c'est une démagogie conçue pour satisfaire une hargne anti-immigration propagé par les partis politiques à des fins électoralistes.

      En fait nous ne sommes pas devant un projet de loi global visant à établir un État laïque, mais devant une loi sur les signes religieux qui vise à satisfaire les pulsions xénophobes préalablement exacerbées par les partis politiques en quête d'un os à gruger pour maintenir leurs ouailles dans leur chapelle depuis la baisse d'intérêt et la lassitude du Québec pour la cause de l'indépendance.

      * Référence :

      "La laïcité et malaise identitaire québécois : Entrevue avec François Charbonneau " - Faut pas croire tout ce qu'on dit

      François Charbonneau, professeur à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa, spécialiste des identités politiques au Canada.

      https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/faut-pas-croire-tout-ce-qu-on-dit/episodes/430573/audio-fil-du-samedi-30-mars-2019/6

      .

    • Pierre Desautels - Abonné 7 avril 2019 11 h 35


      @Christian Roy

      En fait, le système public était confessionnel jusqu'en 2007 et il y avait de la pastorale catholique jusqu'en 2005. Non, je ne crois pas que ces adultes en sont victimes, mais quand même, il y avait là une question de principe, quand Pauline Marois a réussi, à travers un amendement constitutionnel, à déconfessionnaliser les écoles publiques.

      Des cours de religion dans les classes, c'est du prosélytisme, ce qui n'est pas le cas des enseignantes portant le hijab, ou une croix autour du cou, si elles ne font qu'enseigner leur matière. Le cours ECR, qui a remplacé les cours de religion est lui-aussi sujet de débat, car une vitrine pour les religions, sans que l'athéisme ne soit abordé, ce n'est pas vraiment pertinent. Ce cours devrait être remplacé par un cours de citoyenneté.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 7 avril 2019 13 h 33

      Les séquelles sont immenses et nombreuses, et la moindre n'est pas cette avalanche de témoignages de pédophilie. Bien sûr que tous ne sont pas des pédophiles, tous ne sont pas des extrémistes qu'ils soient djihadistes, sikhs ou hassidiques, mais cela ouvre la porte de la malveillance et on s'y infiltre. L'école ne doit pas être le théâtre des religions. Par ailleurs, on n'en meurt pas mais cela nous effecte toute notre vie. Mais vous avez raison la malveillance n'a pas besoin de la religion, mais elle s'en sert volontiers.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 avril 2019 14 h 09

      Leila Lesbet était une enseignante en Algérie. Ici, elle est éducatrice spécialisée.Musulmane et pour le projet de loi 21. Elle a écrit une lettre au DEVOIR: «Le voile, c'est notre étoile jaune», dit-elle en faisant référence au tragique symbole utilisé par les nazis pour identifier les juifs. «Je ne peux pas soutenir une oppression, une atteinte à la dignité humaine.»
      https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/543829/le-voile-est-un-moyen-de-controle-du-corps-de-la-femme

      A voir l'échange à 24/60, vendredi dernier, le 5 avril, r avec Julius Grey: SUPERBE! https://ici.radio-canada.ca/tele/24-60/site

    • Christian Roy - Abonné 7 avril 2019 14 h 48

      @ M. Desautel et M. Gagnon,

      Merci d'avoir répondu à mes questions. J'y vois un signe d'ouverture et d'espoir,

      Précisions à M. Desautels concernant la déconfessionnalisation du système scolaire québécois: la date à retenir est juillet 2001. Deuxième précision concernant la soit-disante absence de l'athéisme dans le cours d'ECR: l'athéisme est abordé et il vient confronter l'ethnocentrisme naturel des jeunes croyants. Il est impossible dans la société séculière et pluraliste d'aujourd'hui de passer à côté du sujet. La démarche du cours cherche à établir des liens dans les différents environnement social et culturel. Ainsi, les enfants et les adolescents qui ont grandit dans un milieu agnostique ou athée pourront partager à la classe leur point de vue en toute liberté. Le cadre pédagogique permet à tous de considérer une diversité de façon de penser, d'être et d'agir en tout respect des élèves eux-mêmes. Les thèmes abordés comprennent les grandes traditions religieuses reconnues, la spiritualité amérindienne et les représentations séculières. Les grandes questions existentielles sont couvertes en phase avec le développement psychospirituel des élèves dans un esprit de dialogue.

      Il ne s'agit nullement d'un cours de catéchèse / religion qui vise à endoctriner les élèves comme le clament encore certains influenceurs bien connus. Il s'agit plutôt d'un enseignement qui relève principalement des sciences sociales des religions. La démarche "scientifique" qui est proposée aux élèves leur appartient en propre. Le cours ECR est l'un des piliers du développement de la liberté de conscience et de religion. Une carte cachée !

      Beaucoup d'approximations circulent au sujet du cours ECR. Si je peux reprocher une choses aux gouvernement des dernières années, c'est d'avoir laissé courir des faussetés et d'avoir ultimement abandonné le cours à lui-même. Je pense au ministère.

      On ne peut qu'être reconnaissant envers les enseignants qui l'ont tenu, depuis lors, "à bout de b

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 7 avril 2019 15 h 47

      À mon avis, Gérard Bouchard n'a pas raison en ce qui concerne les enseignants et, par le fait même, vous non plus puisque vous semblez l'appuyer.

      Mais je vous donne raison de dire que : «de laisser le Québec définir les règles du vivre-ensemble qui correspondent à ses valeurs..»

  • Jacques Gagnon - Inscrit 6 avril 2019 00 h 38

    Gérard Bouchard erre

    Tout professeur émérite et chercheur remarquable qu'il soit, Gérard Bouchard n'a jamais enseigné au primaire ou au secondaire. Il devrait savoir que les enfants sont très vulnérables aux exemples qu'ils voient. Ils aiment leur professeur, ils aiment ce qu'ils voeint. Si on les expose à des modèles religieux quels qu'ils soient, on viole leur innocence et leurs capacités en développement. Il ne s'agit pas de coercition. Quand Il parle d'un coût social trop élevé, il en oublie. Quel est ce coût de l'influence reçue en bas âge ? Bien sûr que le coût est faible pour les juges, car il n'y en aura presque pas, et donc la loi inutile. Elle est utile justement pour les enseignants parce que ça comptera là. Personne ne demande de renier sa religion, on demande de se vêtir de façon neutre pendant l'école.

  • Nadia Alexan - Abonnée 6 avril 2019 00 h 57

    Derrière le voile islamiste se cache une idéologie salafiste barbare qui veut s'imposer comme modèle de vie.

    Ce que les anglophones ne comprennent pas c'est que les signes religieux expriment un intégrisme totalitaire malsain qui veut s'imposer sur les esprits libres occidentaux.
    Je viens de visionner un documentaire les «Salafistes» sur l'Islam radical. Réalisé par le producteur François Margolin et le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem, le film donne la parole à des responsables politiques d’Al-Qaida au Maghreb islamique et à des autorités religieuses salafistes difficiles d’accès, mêlant ces témoignages à des vidéos de propagande djihadiste insoutenables. Il ne s’agit pas d’un petit groupe de terroristes, mais d’une école de pensée. Une idéologie meurtrière.
    Le film laisse la parole aux théoriciens du djihad islamiste que les auteurs ont rencontrés en Mauritanie, au Mali, en Tunisie ou encore en Irak depuis 2012. Il montre l’application de la « charia » au quotidien : les femmes rabrouées par la police islamique dans le nord du Mali car leur voile n’est pas parfaitement ajusté, l’amputation de la main d’un voleur, l’exécution publique d’un berger touareg, la lapidation pour adultère, la peine de mort pour blasphème, les homosexuels lancer à leur mort du 10e étage, la musique, la danse et l'amusement sont interdites, et un règne de terreur perdure.

    • Christian Montmarquette - Abonné 6 avril 2019 13 h 03

      @Nadia Alexan,

      "Derrière le voile islamiste se cache une idéologie salafiste barbare" - Nadia Alexan

      Derrière des comparaisons aussi grossières que boiteuses, entre ce qui se passe en Arabie saoudite et ce qui se passe au Québec, il se cache le résultat, non pas de nous protéger des extrémistes, mais de propager des préjugés envers des femmes qui ne nous font de mal, qui plus est, en les ostracisant et les marginalisant encore davantage qu'elles ne le sont déjà.

    • Claude Gélinas - Abonné 6 avril 2019 20 h 52

      Monsieur Montmarquette et si dans 10 ans suite à l'arrivée d'un demi-millions d'immigrants dont un grand nombre sont de religion musulmane le problème devenait ingérable, le principe de précaution n'exige-t-il pas, vu les débordements constatés dans certains pays dont la Belgique, que le Québec agisse maintenant.

      Les accueillies ne devrait-elles pas comme contribution au Vivre ensemble accepter ce changement et ce d'autant plus que sauf erreur, le voile ne constitue pas une obligation religieuse.

    • Gilberte Raby - Abonnée 6 avril 2019 21 h 35

      @christian Monmarquette,
      jJustement, ces femmes se marginalisent avec le voile.
      La seule façon d'aider ces femmes ostracisées, comme vous dites, serait de les aider à retrouver leur liberté. Certainement pas en leur recommendant d'obéir aveuglement. Ce n'est pas l'égalité des sexes.
      Éducatrice en intégration sociale et retraitée, je n'ai jamais eu besoin de porter de signe religieux. Pourquoi faudrait-il commencer à en porter en 2020?

    • Nadia Alexan - Abonnée 6 avril 2019 23 h 33

      Malheureusement, monsieur Monmarquette, vous ne comprenez rien. Je parle ici de «l'idéologie salafiste» derrière l'imposition du voile qui n'est pas une obligation religieuse, mais une exigence de l'islam politique et des frères musulmans djihadistes. J'espère que l'on a le droit de critiquer une idéologie barbare encore, ou allons nous interdire la liberté d'expression aussi?

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 avril 2019 09 h 31

      @Claude Gélinas,

      "Si dans 10 ans suite à l'arrivée d'un demi-millions d'immigrants dont un grand nombre sont de religion musulmane le problème devenait ingérable.." - Claude Gélinas

      La fonction de la laïcité n'est pas de lutter contre le barbarisme.

      C'est d'assurer la séparation et la neutralité de l'institution étatique face aux religions.

      D'ailleurs, même si un tel barbarisme existait au Québec, l'interdiction des signes religieux pour une poignée de fonctionnaires spécifiques n'y changerait rien. Il faut une loi ou un organisme spécifiquement chargé de lutter contre les intégrismes. Ce qui ne me poserait aucun problème bien évidemment.

    • Nadia Alexan - Abonnée 7 avril 2019 11 h 12

      Comme l'uniforme du KKK et la croix gammée nazi sont des signes qui expriment le racisme et l'intolérance, le voile symbolise aussi le fascisme de l'islam politique et l'idéologie fasciste salafiste, qui n'a pas sa place dans la fonction publique.

    • Christian Roy - Abonné 7 avril 2019 15 h 03

      Intéressante remarque M. Montmarquette.

      Effectivement, certains participants à ce forum accordent des vertus erronées au projet de loi # 21.

      Excellent but que de lutter contre l'intégrisme... alors que le projet de loi #21 n'est pas le meilleur des moyens. Je trouve qu'il est même trompeur à cet égard. Le gouvernement doit être plus intelligent. Est-ce trop demander ?

      Est-ce à dire que le ministre Jolin-Barrette a plus de pain sur la planche qu'il ne pourra jamais en avaler d'ici le mois de juin s'il désire que les Québécois comprennent la juste portée de son projet de loi ? Oui. Qui embrasse trop dit-on...

  • Léonce Naud - Abonné 6 avril 2019 03 h 25

    Enseignants : c'est Victor Hugo qui a raison

    « Les deux premiers fonctionnaires de l’État, c’est la nourrice et le maître d’école. » Victor Hugo, Les Misérables.

    • Paul Doyon - Abonné 6 avril 2019 12 h 06

      Bravo

    • Jean Jacques Roy - Abonné 6 avril 2019 12 h 55

      Monsieur Naud.
      Si on sort contexte cette citation de Victor Hugo pour appuyer un argument, on pourrait conduire à des conclusions forts embarrasantes par rapport à la pseudo laïcité caquiste.

      Par exemple. Dans cette citation de V. Hugo, on peut conclure que « la nourrice » est une fonctionnaire de l’institution matrice « La Famille ». Dans cette institution étatique patriarcale, l’autorité parentale est « totalitaire » et « coercitive » et non seulement « éducatif ». Ce qui était vraie au 19e siècle demeure vérité aujourd’hui, mais atténuée par les Chartes des droits qui ont reconnu des droits aux enfants contre la maltraitance et leur droit à l’éducation.

      Que faudrait-il penser, si sous le principe caquiste de la laïcité d’interdire les « signes religieux » aux fonctionnaires des institutions étatiques en position d’autorité d’INTERDIRE AUX PARENTS DANS L’EXERCICE DE LEUR FONTION DE PORTER DES SIGNES DE LEURS CROYANCES RELIGIEUSES?

      Et si on continue dans la logique de l’absurde et la paranoïa, faudrait-il débattre pour savoir si l’institution familiale relève du pouvoir fédéral ou du pouvoir provincial? Ou encore, qu’est-ce qui prévaut: le droit individuel de l’enfant ou le droit collectif de la famille, ou si le droit collectif de la nation prévaut sur l’autorité parentale avant les droits définits dans les Chartes...

      Attention donc aux citations hors contextes...

    • Léonce Naud - Abonné 6 avril 2019 21 h 23

      M. Roy : « Le sens à donner à « nourrice » selon Hugo, et qui est toujours d’actualité, est « femme qui garde et élève chez elle des jeunes enfants » et plus spécifiquement tout ce qui « nourrit l’esprit. »
      Parce qu’ils sont, toujours selon Victor Hugo, le point de départ..., qui est « l’éducation, c’est l’enseignement gratuit et obligatoire, c’est la lumière. Prendre les enfants et en faire des hommes, prendre les hommes et en faire des citoyens; des citoyens intelligents, honnêtes, utiles, heureux. Le progrès intellectuel d’abord, le progrès moral d’abord; le progrès matériel ensuite. Les deux premiers progrès amènent d’eux-mêmes et irrésistiblement le dernier. » (PL Rodgers)

  • Clermont Domingue - Abonné 6 avril 2019 04 h 53

    Afficher sa foi...

    Lessentiel pour le croyant c'est sa foi et la pratique qui en découle.En bonne philosophie, il me semble que l'affichage a valeur d'accident. Si une table est verte, ce n'est pas la couleur qui a de l'importance, mais bien la table et ce à quoi elle sert.

    L'intérêt dans la clause grand-père de la CAQ, c'est qu'elle permet à l'accident de disparaître avec le temps. Il n'y a pas de quoi en faire un plat!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 6 avril 2019 10 h 43

      Vous pouvez penser que la dans la vraie foi, l'affichage n'a que valeur d'accident. Mais nul n'est forcé de se rendre à cette stipulation, quelle que soit la « bonne » philosophie qui y prétendrait. Celle que j'ai pratiquée depuis quarante ans n'a pas cette prétention plutôt dogmatique. Par ailleurs, à supposer que ce ne soit pas un accident, justement, il y aurait quelque chose d'assez odieux à attendre simplement qu'il disparaisse... en donnant une petite chiquenaude apparemment si innocente.