Ce qui se passe au Québec comme ailleurs est grave

La province chinoise du Xinjiang abrite une minorité ethnique, les Ouïghours, suspectés à cause de leur foi musulmane de ne pas être de bons communistes et de poser une menace à l’unité nationale. Plus d’un million de personnes sont actuellement prisonnières de camps de concentration dans la région, et reléguées aux travaux forcés.

Officiellement, la Chine présente ses camps et programmes de rééducation comme un plan de lutte contre l’islam radical et le terrorisme. Ceux qui fuient le pays et avancent un autre discours depuis l’étranger voient leur famille restée derrière « disparaître ».

Les Ouïghours ne sont pas les seuls musulmans à lutter pour leur survie en tant que peuple. Les Rohingyas du Myanmar ont aussi fait l’objet d’un génocide — l’ONU a convenu d’appeler ça ainsi —, il y a un peu plus d’un an. Les Yéménites souffrent d’une guerre et d’une famine qui ont déjà tué plus de 85 000 enfants de moins de 5 ans. Et le peuple syrien est maintenant dispersé un peu partout dans le monde, en quête d’asile (plus de la moitié en exil ou déplacé).

Si la guerre et la violence d’État touchent toutes sortes de populations sur différents continents, une condition particulière semble s’attacher à certaines victimes : l’indésirabilité. De nos jours, celles qui sont musulmanes sont présentées comme dangereuses, menaçantes pour le tissu national du potentiel pays d’accueil, intégrables qu’au prix d’une rupture totale et absurde avec leurs identités. Il s’agirait en fait de fausses victimes, complices sournoises de leur sort, porteuses du bacille de la violence. À cause de leur foi.

Sans approuver les crimes du gouvernement chinois, nombreux sont ceux qui font écho au discours qui les sous-tend. Au mieux, on accepte les réfugiés au compte-gouttes en se congratulant pour son « ouverture ». Mais de plus en plus, les frontières se ferment. Et lorsque la haine envers une population, ou ne serait-ce que la méfiance, atteint des proportions internationales, un régime sanguinaire peut en faire ce qu’il veut à l’intérieur de ses frontières : elle est prise au piège. C’est ainsi que, dans Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt parle de l’indésirabilité mondiale des Juifs comme condition nécessaire de l’Holocauste.

Le Canada et ses alliés peuvent donc se faire complices de la haine qui sévit ailleurs en empêchant les victimes de fuir, par conviction idéologique ou simple calcul électoraliste. Le racisme et la xénophobie ne pourraient mener au même genre d’horreur ici même, se dit-on toutefois, puisque les droits de la personne sont garantis par les institutions nationales et protégés juridiquement des humeurs populaires. La réalité est plus complexe.

Notre histoire est ponctuée d’exceptions légalisées aux libertés fondamentales. Le génocide envers les peuples autochtones a notamment été permis par la Loi sur les Indiens — toujours en place —, créée pour exclure les Premières Nations de la définition légale de « personne ». De nombreuses politiques, toutes adoptées démocratiquement, ont longtemps rendu illégal l’enseignement du français en Ontario, au Manitoba et dans l’Ouest. La Loi sur les mesures de guerre a permis l’internement systématique des Canadiens d’origines japonaise, allemande et italienne durant la Deuxième Guerre mondiale, l’arrestation arbitraire de souverainistes lors de la crise d’Octobre, et l’incarcération des militants mohawks après la crise d’Oka.

Ce genre d’initiatives s’appuient souvent sur un racisme qui reste tacite. Quand, au début du XXe siècle, Wilfrid Laurier a décidé de bloquer l’immigration noire, il parlait d’incompatibilité avec les hivers canadiens. Lorsqu’on a voulu se protéger du « péril jaune », on a adopté une loi empêchant les navires de faire escale avant d’arriver au pays — un trajet rarement possible, sauf à partir d’Europe.

Le gouvernement du Canada a l’habitude de s’excuser solennellement, quelques décennies plus tard, pour ses errances passées. Puis de recommencer. En 2015, Ottawa a adopté une loi antiterroriste (C-51), avec sa liste arbitraire d’interdiction de vol. Aujourd’hui, le projet de loi sur les signes religieux au Québec cible aussi des citoyens ordinaires, pour la plupart des femmes musulmanes.

Deux législations populaires qui, comme jadis, passent sous silence toute forme d’intolérance.

Soyons clairs. La loi déposée la semaine dernière à l’Assemblée nationale ne « clôt » aucun débat. L’histoire montre plutôt que lorsqu’on justifie un état d’exception et suspend les droits d’un groupe de citoyens, d’autres lois discriminatoires sont encore proposées par ceux qui veulent « aller plus loin ». Voyez la France depuis 2004. Ces lois s’inscrivent habituellement dans un contexte international qui s’envenime, d’autant plus que se ferment les frontières. Jusqu’à ce que le vent politique finisse par tourner. Trop tard. Une pléthore de textes et de discours applaudis en 2019 — incluant les défenses de « compromis raisonnables » — risquent de très mal vieillir. Pour le comprendre vraiment, il faut de la perspective.

Mais le Québec est une société tranquille. Concevoir que ce qui se passe ici puisse être d’une quelconque gravité équivaut, pour plusieurs, à enfreindre les appels au calme de Legault. L’engrenage dans lequel on met le doigt s’inscrit pourtant dans une dynamique internationale qui mine la démocratie, déshumanise, prend des populations en souricière et exacerbe la violence et les préjugés.

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177 commentaires
  • Ulysse Personne - Abonné 4 avril 2019 04 h 08

    ''L’engrenage dans lequel on met le doigt s’inscrit pourtant dans une dynamique internationale qui mine la démocratie, déshumanise, prend des populations en souricière et exacerbe la violence et les préjugés''

    ...Cette chronique d'Emilie Nicolasse termine en suggérant que la loi 21 est un engrenage menant vers l'oppression des musulmanes Vraiment le Devoir publie des inepties ! Pourtant le débat actuel aurait besoin de rationalité soit d'exposer que la neutralité de l'Etat pourrait être une chose souhaitable pour les religieux et non pas le prélude à l'oppression injuste et la tyrannie comme par exemple les camps de concentrations chinois. Bel effort de '' Québec Bashing'' !!

    • Cyril Dionne - Abonné 4 avril 2019 09 h 52

      Le pire, c'est que nous payons pour lire des inepties écrites pas des gens qui viennent du Canada anglais comme cette chère madame, « Broadbent Institute » oblige. Elle est encore « en maudit », elle qui est d’origine haïtienne, que les Québécois ont dit non à l’immigration illégale du chemin de Roxham où la plupart sont maintenant déportés dans leur pays d’origine. Alors, cracher sur les Québécois devient une passion.

      En passant, les illégaux ont opté pour le chemin Roxham parce qu’il était plus sécuritaire. Ailleurs, dans le merveilleux monde du ROC, les fermiers étaient prêts à tirer sur les illégaux qui entraient par infraction chez eux.

    • Pierre Fortin - Abonné 4 avril 2019 10 h 47

      Il faut aussi savoir que la campagne médiatique qui dénonce une répression massive des Ouïghours provient d'une organisation composée d’opposants au gouvernement chinois (le CHRD, basé à Washington) et financée par le gouvernement des États-Unis. Sans aller jusqu'à affirmer qu'il s'agit d'un coup de propagande, madame Nicolas aurait avantage à s'assurer de présenter une information équilibrée et vérifiée qui ne fasse pas que relayer un discours partisan.

      Ainsi, la population ouïghoure, qui compte environ 10 millions de personnes, se verrait amputée d'un million d'habitants internés. En omettant les enfants, les femmes et les vieillards, cela signifie que la moitié de la population adulte masculine aurait fait l'objet d'arrestation. Or aucun témoignage ne mentionne une telle disparition massive à Urumqi ou à Kashgar ni ailleurs dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

      En matière de droits humains, croire sur parole le discours officiel d'un état est naïf, mais tomber dans l’excès inverse en adoptant aveuglément le discours de l'opposition n'est guère plus crédible, ni plus éthique malgré ses apparences humanitaires.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 avril 2019 15 h 17

      Ce commentaire s'adresse au Devoir: Je n'en peux plus !...On nous fait la morale ...on nous traite de racistes!...Le tout...par des blancs-becs, qui se font dicter quoi écrire...par des gens, qui ne sont pas aptes à conseiller quiconque.(surtout lorsqu'on est subventionné et par le privé et par les gouvernements.) . La laïcité, c'est un choix de société...et notre société a choisi ...lors d'une élection récente (oct 2018), de donner au gouvernement élu mandat, entre autres, de faire du Québec un État laïque. Voilà..!
      Ce gouvernement a eu le cran de faire ce pourquoi il a été élu...Laissons-lui le temps et les moyens .
      Le projet de loi 21 ce n'est pas ...un "bar ouvert".
      Et, à tous ceux qui, par prosélytisme religieux, n'en ont rien à faire.... de nos us et coutumes, de notre culture et de notre "savoir vivre québécois" ...et bien, je vous souhaite... bon vent !
      Assez, c'est assez... Ras le bol...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 avril 2019 06 h 59

      Il est assez préoccupant de voir les défenseurs d'une prétendue laïcité pousser leur zèle à réclamer que tout signe de désaccord avec leur conception du Vrai soit repoussé vers les marges. Leur souci de neutralité idéologique ne serait satisfait que si Le Devoir ne faisait place qu'aux Valeurs qu'ils prônent. Il faudra leur signaler que même le vénéré Christian Rioux cesserait probablement toute collaboration avec notre journal (qui est aussi celui de ceux qui ne pensent pas comme vous, quelque mépris que vous en ayez) s'il n'abritait en ses pages les points de vue les plus opposés. Le Devoir n'a pas à faire la pastorale de votre religion.

    • Jean Duchesneau - Abonné 5 avril 2019 07 h 44

      M. Maltais Desjardins,

      Quelle que soit la thèse défendue, pour être crédible, un texte argumentatif devrait respecter certaines règles de base notamment édictées par Chaïm Perelman dans « Le Traité de l'argumentation, la nouvelle rhétorique » . Qu’on soit d’accord ou pas avec Christian Rioux, celui-ci respecte ces règles avec rigueur ce qui n’est pas le cas de madame Nicolas qui tombe dans les pièges de l’exagération et de la pétition de principe. « Ce genre d’initiatives s’appuient souvent sur un racisme qui reste tacite. » L’auteure n’a amené aucun argument crédible (fondé sur quelles études) que ce projet de loi s’appuie sur un racisme tacite. À l’opposée Rioux apporte un contre exemple en se réfèrant à une étude crédible qui laisse entendre qu’une majorité de français musulmans supporte la loi française.

    • Jean-François Trottier - Abonné 5 avril 2019 08 h 45

      M. Maltais Desjardins, tout de même!

      Commencez je vous prie par regarder la belle unanimité qui existe chez les anglos au moment du vote. Combien de siège "anglos" ne sont pas Libéraux à Québec ?
      Ou bien regardez les débats à huis clos chez QS au sujet des signes religieux, pour conserver une belle image sans faille devant l'opinion publique.
      Pour le ti-trip de l'unanimité, regardez au bon endroit.

      Les attaques que reçoivent les gens en faveur d'une législation sur les symboles religieux ont justement cette qualité d'être si unanimes et si violentes qu'on ne peut que constater qu'on touche à des tabous, des non-dits, comme la parfaite connivence des religions et de l'État du Canada. On est loin en ta de la laïcité!

      Admettez que les amalgames entre le Québec et la Chine sont bien plus que douteuses. Elle relèvent du racisme idiot.
      Le papier ci-présent frise la littérature haineuse.

      C'est contre ce racisme que les voix se lèvent ici, et il est choquant que vous y trouviez a redire.

      Je dois vous rappeler que :
      - les Québécois forment la seule minorité sur laquelle la première venue, ici Mme Nicolas, peut taper à loisir en étant assurée d'être considérée comme une grande patriote. Propos sont hors de proportion, positions acquises et jamais remises en question...
      - la communauté anglo-québécoise est la seule majorité qui ait réussi à se faire passer pour une minorité, elle qui pourtant contrôle le capital, les médias, et peut "appeler à l'aide" l'armée presque n'importe quand.

      Les faits sont là.

      Vous ne faites que ce que font les anglo-québécois depuis au moins un siècle : ils accusent les autres de leurs propres problèmes identitaires.

      Ne justifiez pas l'injustifiable. C'est bien le moins.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 avril 2019 11 h 02

      Monsieur Duchesneau, nous serions vous et moi très heureux que tout le monde se mette aux leçons de Perelman, bien que d'autres «traités» aient pris le relais depuis assez longtemps. Mais avouons que notre zèle critique est plus affûté à l'encontre des thèses avec lesquelles nous sommes en désaccord. Je ne vous mettrai pas au défi de faire l'inventaire des sophismes grossiers qu'on entend de toute part. Mais convenez que ce n'est pas vraiment leur manque de rigueur qu'on reproche ici à ces auteurs qui, curieux hasard, sont tous du même (mauvais) bord. Révérence gardée pour monsieur Rioux, son adresse argumentative ne le met pas toujours à l'abri du sophisme...

    • Jean Duchesneau - Abonné 5 avril 2019 13 h 34

      Monsieur Maltais Desjardins, je suis tout à fait d'accord avec vous que de part et d'autre, la rhétorique est souvent défaillante, truffée de sophisme et de mauvaise foi. Cela se voit abondammnent au niveau des commentaires mais, à mon avis, cela est pour le moins discutable lorsqu'il s'agit de chroniqueurs rémunérés. Sur quels critères juge-t-on maintenant la qualité de la rédaction au Devoir? L'émission radiophonique "Faut pas croire tout ce qu'on dit" animée par Michel Lacombe de samedi dernier discutait de laîcité en couvrant tous les angles possibles (juridique, sociologique, philosophique, historique, politique) avec des intervenants de très haute qualité qui ont exprimé leur point de vue d'une façon modérée, mais surtout bien fondé. Aucun des intervenants n'a tenu des propos aussi extrémiste que la présente chronique qui fait un amalgame entre la loi 21 et des crimes contre l'humanité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 avril 2019 16 h 47

      Monsieur Duchesneau, J'ai écouté la même émission que vous et je suis assez d'accord que le ton y était plus modéré que dans cet article. Je dis «assez» parce que je suis parfaitement conscient que ce jugement vient en bonne partie du fait que j'y ai plus entendu d'idées avec lesquelles j'étais en accord, ce qui me rend moins objectif.

      Je voudrais pourtant relever au passage, mais sans m'adresser spécialement à vous, qu'il faut soigneusement distinguer le point de vue éditorial du Devoir, qui est assez nettement pro-pl21, de l'accueil qu'il fait à une diversité de points de vue avec lesquels il n'est pas d'accord, comme celui de madame Pelletier cette semaine. Dans la mesure où il est loisible à tout le monde de nourrir sa conviction en se servant même de ce qui s'y oppose, Le Devoir fait oeuvre utile en les publiant. Je me réjouis quant à moi que le texte de cette dernière ait suscité des centaines de commentaires...

  • Marc Dufour - Abonné 4 avril 2019 05 h 05

    Que de nuance !

    Madame Nicolas accuse (encore) le Québec de manquer de perspective.

    Dans un texte où elle tente de faire un lien entre le projet de loi 21 sur la laïcité et le génocide du Myanmar.

    Ça ne s'invente pas.

    Qu'est-ce qui se passe avec mon Devoir ?

    • Céline Delorme - Abonnée 4 avril 2019 09 h 14

      Bien d'accord avec M Dufour:
      Selon Madame Nicolas, le Québec est un pays horrible, que tous devraient fuir. Je pense que je vais émiger au Brunei: Voir le Grand titre en page B-7: Citation: " La peine de mort pour l'homosexualité et l'adultère au Brunei." Quel soulagement, ce serait de vivre dans un pays aussi paisible et accueillant, comparé au Québec!

    • André Joyal - Inscrit 4 avril 2019 11 h 15

      Mme Nicolas : Oui, nous avons tous mal à notre Devoir. Est-ce lui ou nous qui vieillissons mal?

    • Eric Ricard - Abonné 4 avril 2019 12 h 38

      Heureusement, les abonnés replacent les choses en perspective. Bravo aux commentaires combien réfléchis et CHOU ! aux chroniques pernicieuses, manipulatrices, culpabilisantes, moralisatrices et étouffantes.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 avril 2019 12 h 42

      A ajouter dans le panier ci-dessous:

      "Jamais une loi québécoise n'a suscité autant de passions! Depuis des mois, les médias anglophones la décrivent comme un concentré d'apocalypse. Le Maclean's présente le premier ministre René Lévesque comme un «fanatique vêtu d'un tuxedo de location». Le «père» de la loi, Camille Laurin, est fréquemment comparé au chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels. Le Montreal Star menace de créer une 11e province avec l'ouest de la ville de Mont-réal. "- Journal Le Soleil-En 1977. Re: Loi 101

    • Jeanne M. Rodrigue - Inscrite 4 avril 2019 13 h 23

      C’est quand même extraordinaire que d’insister sur quelques dérives du Québec au 19e siècle, quand le Canada regorge de dérives raciales et religieuses au XXe siècle!

      Quelques exemples pour vous renseigner Madame Nicolas: Loi Thornton de 1916 interdisait de parler français dans les écoles franco manitobaines; 1923, interdiction pour des motifs basés sur la race et l’origine ethnique d’immigrants chinois, ses restrictions ne furent définitivement levées qu’en 1967; «numerus clausus» à l’encontre des juifs en 1939 à l’université Mc Gill; à bord du Saint-Louis, 900 juifs furent contraints de retourner en Europe après le refus du Canada de les accueillir, le tiers d’entre eux furent exterminés durant l’holocauste... et j’en passe sûrement!

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 avril 2019 13 h 43

      "Nous avons tous mal à notre Devoir.." - André Joyal

      Alors, allez lire les articles Michel David, de Robert Dutrisac et de Christian Rioux..

      Vous allez vous taper sur les cuisses de plaisir.

      Qu'est-ce que vous voudriez ?

      Un journal qui à pensée unique et à discours monolithique?

      Il est joli votre idéal journalistique..

      Ne présenter qu'un côté de la médaille...

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 avril 2019 18 h 53

      "Est-ce lui (Le Devoir) ou nous qui vieillissons mal?" Moi, je ne reconnais plus Le Devoir, je me sens trahi.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 5 avril 2019 06 h 56

      "Qu'est-ce qui se passe avec Le Devoir?" Je me pose aussi la question . J'ai parfois l'impression que le journal fait office de "punching-ball ".

    • Louise Melançon - Abonnée 5 avril 2019 09 h 11

      En effet... ce ne sont pas les opinions différentes qui fait problème, mais le type d'argumentation utilisée pour appuyer ces opinions ...Quand même!... le Devoir devrait promouvoir plus de rigueur, et d'exigence!

    • Jean-François Trottier - Abonné 5 avril 2019 13 h 40

      @ Montmarquette

      Je vous conseille de lire The Gazette. Vous savez, le seul journal lu hors du Québec ?

      Mais que dire de pas de côté de médaille pantoutte, quand on discute de signes religieux à huis clos ?
      Quelle signe de courage extraordinaire!
      Non, je ne cesserai pas d'en parler. Faudrait que le Parti s'excuse d'abord. Oui oui, je parle du Parti qui a Toujours Raison mềme quand il a tort.

      Aucun autre parti n'agirait ainsi sur un sujet d'intérêt public. Seul celui des prétentieux qui donnent des leçons de démocratie à tous le fait.

      ------------------------------------------------------------
      Maintenant parlons sérieusement :

      L'association qur fait Mme Nicolas entre le Québec et la Chine est carrément raciste, surtout en tenant compte qu'elle va dans le sens de l'unanimité complète de la majorité WASP du Québec. (je vous attends avec une brique pis un fanal sur la notion de majorité).

      M. Montmarquette, membre fondateur de QS et représentant officiel de QS dans ces pages jusqu'à preuve du contraire, vous endossez des propos racistes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 avril 2019 17 h 36

      "Mais que dire de pas de côté de médaille pantoutte, quand on discute de signes religieux à huis clos?" - Jean-François Trottier

      Vous êtes complètement déconnecté.

      Tout le débat sur la laïcté été fait devant des journalistes et même diffusé à la télé.

    • Jean-François Trottier - Abonné 5 avril 2019 21 h 13

      @Mointmarquette

      Le plus drôle est que, je lis et relis, je vois bien que vous saviez parfaitement de quoi je parlais et vous avez dévié votre réponse sciemment, en espérant que "ça pogne".

      Votre mépris arrogant pour les gens n'a aucune borne. Comment pouvez-vous croire que les gens vont embarquer, misère!

      Couillard lui, il pensait qu'on allait oublier au bout de 4 ans, pas quelques mois... Vous êtes vraiment pire que tout!

  • Daniel Ouellette - Abonné 4 avril 2019 05 h 18

    Devant tant de partie pris....

    La donne liée à l'immigration est utilisée actuellement comme pierre angulaire à une débat qui demande de la nuisance. Alors le martelage de ''bienpensance'' qui se jumelle à la culpabilité et les hauts cris de la discrimination sont des manipulations de l'opinion publique à des fins idéologiques et politique.
    Dans un marché ouvert comme celui des médias... penser, écrire et agir comme à l'époque des années 70 et 90 est suicidaire. La majorité des lecteurs de ce journal ont besoin d'être autant sinon plus respecter dans leur intérêt collectif qu'individuel.
    Je songe sérieusement à me désabonner ... je ne serai pas seul. Il faut choisir ses combats et le Devoir fait un choix de militance qui va à l'encontre de la forte majorité de ses lecteurs... alors libre à vous de continuer votre matraquage militant.

    • wisner Joselyn - Abonné 4 avril 2019 15 h 01

      Une fois sur deux je ne suis pas d'accord avec ce que Michel David propose dans sa chronique, Christian Rioux c'est presque tout le temps. Pourtant, il ne me viendrait pas à l'idée de vouloir me désabonner. Le Devoir correspond à l'idée que je me fais d'un "bon journal", c'est-à-dire des opinions diverses, confrontantes, argumentées. Un journal ne peut et ne doit être un "produit de consommation" comme les autres, il n'a pas "à séduire" son auditoire. Il doit plutôt l'éclairer, l'aider à mieux cerner les contours d'une problématique. A partir de là, le lecteur se fait sa propre tête. En ce qui me concerne, la Chronique d'Émilie Nicolas m'a fourni une perspective qui me permette d'aller plus loin dans ma réflexion. Et à ceux, qui ont évoqué ses origines ethniques, vous n'avez fait que confirmer ses dires.

    • Jean Duchesneau - Abonné 4 avril 2019 15 h 46

      Le signal « go » au désabonnement auDevoir serait le départ de Christian Rioux!

    • Jean Lacoursière - Abonné 4 avril 2019 16 h 17

      Pour Joselyn Wisner : sur la laicité, nous avons d'un côté les journalistes-analystes C. Rioux et M. David, et de l'autre les chroniqueurs J.-F. Nadeau (historien-journaliste-chroniqueur-biographe), A. Lanctôt (étudiante-féministe-essayiste), F. Pelletier (commentatrice-documentariste) et E. Nicolas ("Je suis devenu une activiste à 19 ans. Je me suis impliquée politiquement pour changer la conversation sur la diversité, l’inclusion et le sexisme, cela au Québec, mais plus largement maintenant au Canada.")

      S'il est odieux de critiquer madame Nicolas en invoquant son ascendance ethnique, peut-être aussi devrait-on porter davantage attention aux discours qui nous divisent. Extrait d'une conférence de madame Nicolas (en anglais) :

      https://www.youtube.com/watch?v=Ir-ltcfrH5Q

      "Nous (les noirs) devons bâtir nos communautés, nos écoles, nos espaces de guérison. Nous devons comprendre que les solutions contre l’impact du racisme systémique sur notre santé ne viendront pas uniquement de la médecine traditionnelle. D’autres solutions seraient de diversifier le personnel hospitalier, d’enseigner l’histoire et la manière dont la société fonctionne dans nos facultés de médecine, collecter des données et les ventiler d’une manière qui reconnait l’intersectionnalité."

  • Yvon Montoya - Inscrit 4 avril 2019 05 h 56

    Voilà un texte précieux et rare dans les parages. En effet nous ne sommes pas “ seuls”... merci car la lucidité dans ces temps de noirceurs sont des étincelles d’espoir et d’ humanité.

    • Anne Villeneuve - Abonnée 4 avril 2019 09 h 33

      Vous êtes libres de ne pas nous comprendre et de dramatiser la proposition qui nous est faite. Mais
      je crois que vous êtes assez intelligent pour comprendre qu'il ne s'agit en rien d'enlever à quiconque
      la liberté de religion. Mais il est vrai que le Québec n'est pas encore un pays donc il semble qu'on ne
      pourra jamais nous prendre au sérieux dans ces conditions.

    • Ulysse Personne - Abonné 4 avril 2019 09 h 40

      Rare et précieux? Etrange mais il me semble que l'obscurantisme est plutôt maintenu par cette façon de dévaluer la laïcité pour l'associer de façon perverse à la tyrannie et aux génocides. Je m'étonne que Madame Nicolas n'ait pas comparé la loi 21 au National Socialisme , Hitler ou autres métaphores habituelles de la religion canadienne du multiculturalisme.

    • Claude Bariteau - Abonné 4 avril 2019 09 h 53

      Je suis surpris que vous qualifiez de lucidité un texte moralisateur totalement dépourvu de fondements historiques et d'une lecteure approfondie de l'histoire du monde.

    • Pierre Desautels - Abonné 4 avril 2019 15 h 12


      Bien dit, Monsieur Montoya. Madame Nicolas est très bien documentée sur ce qui se passe sur la planète. Mais il semble qu'il soit interdit au Québec de parler de nos propres démons, même lorsqu'on est indépendantiste. Le "politically correct" voudrait nous empêcher de parler de cette haine des musulmans qui sévit, ici comme ailleurs. Certains ont l'épiderme trop sensible et pensent que d'aborder ce sujet, c'est dénigrer les Québécois. Mauvaise excuse.

      Les messages de haine des musulmans, messages qui polluent les réseaux sociaux et les médias traditionnels, c'est ce qu'on disait des Juifs à une certaine époque, et même dans les pages du Devoir. Il est de bon ton chez une certaine droite identitaire de diaboliser les musulmans, et en particulier les femmes musulmanes. Il semble que l'histoire se répète.

    • Jean Duchesneau - Abonné 4 avril 2019 15 h 49

      Pas sûr que, par ses amalgames abusifs passerait la nétiquette s’il s’agissait d’un commentaire.

    • Jeanne M. Rodrigue - Inscrite 5 avril 2019 08 h 42

      M. Bariteau

      Surprise également par le ton ex cathedra de Mme Nicolas, étudiante à l’université de Toronto et aujourd’hui chroniqueuse au Devoir, co-fondatrice et directrice du mouvement Québec inclusif, organisme voué à la défense des «racisés» systémiques du Québec.

      Selon Émile Parizeau, chef du PCQ, Émilie Nicolas faisait également partie de ceux qui, en 2016, ont été parmi tous les premiers à réclamer la mise en place par les libéraux d'une «Commission d'enquête sur le racisme systémique» au Québec; également cosignataire de cet appel, il y avait Will Prosper, et Haroum Bouazzi, que l'on a par la suite tout autant vu dénoncer le spectacle SLAV. Tous deux étroitement associés à Québec solidaire.

      Émilie Nicolas faisait aussi partie de ceux qui ont dénoncé la loi 62, sur la nécessité que les services publics se donnent et soient également reçus à visage découvert. Elle le fit, non pas, parce que cette loi n'allait pas assez loin, mais bien plutôt parce que cela allait trop loin à ses yeux.

      Voir http://www.pcq.qc.ca/Dossiers/Autres/Archives/page

    • Jeanne M. Rodrigue - Inscrite 5 avril 2019 08 h 56

      Erratum. André Parizeau (et non Émile) est chef du Parti Communiste du Québec

  • Yvon Pesant - Abonné 4 avril 2019 06 h 01

    Entre foi et intégrisme

    Ce n’est pas tant la foi musulmane qui énerve comme l’observation des luttes continuelles et très sauvages que se livrent ses propres détenteurs d’allégeance chiite ou sunnite.

    Comme l’observation, également, du développement de l’intégrisme islamiste et de son application forcée sur ces bases à ses propres croyants en Asie centrale avec les Talibans et en Asie du Sud-Est avec Abou Sayaf, en Afrique avec Boko Aram, au Moyen-Orient avec Daesh et où encore avec quels autres groupes aux mœurs barbares.

    Comme l’observation, par surcroît, des actes terroristes commis à répétition partout à travers le monde par des membres de tels groupes extrémistes qui font des dizaines quand ce n’est pas des centaines d’innocentes victimes à chaque fois et toujours au nom d’Allah.

    C’est de cela que la grande majorité des gens d’autres religions ou non religieux ne veut pas chez soi. La pratique sereine et discrète de sa foi, quelle qu’elle soit, ne dérange personne nulle part.

    • Brian Monast - Abonné 4 avril 2019 21 h 11

      « La pratique sereine et discrète de sa foi, quelle qu’elle soit, ne dérange personne nulle part. »

      Discrète ? Pourquoi discrète ? On ne veut pas que des personnes à qui un pouvoir est confié utilisent leur position pour avantager leur idéologies religieuses. On ne demande à personne d’aller se cacher. Du moins, je l’espère.

      L’idée, peut-être inhérente à vos paroles — je n’oserais pas dire —, suivant laquelle la religion est quelque chose qui se pratique « en privée » et, même, en solitude, est une idée assez commune dans le contexte de ce débat. Elle repose sur une grave incompréhension.

      L’Église (la majuscule distingue l’institution de la bâtisse) ne se veut-elle pas le rassemblement des âmes dans l’esprit ? Tout ce qui est public ne relève par pour autant de l’État — pourquoi encore la majuscule ?

      Hare Krishna chantant dans nos rues, Témoins de Jehovah témoignant à nos portes, missionnaires chrétiens allant vers l’Afrique, sinon venant de l’Afrique vers nous, tous tendent la main à leur prochain dans un espace public qu’ils ont pleinement de droit d’occuper, comme tout autre individu, qu’il soit tranquille ou un peu plus tapageur.