Contestation du projet de loi sur la laïcité: une dérive inquiétante

À voir la tournure que prend le débat sur laïcité, on peut comprendre le gouvernement Legault de vouloir le clore le plus rapidement possible, mais on ne peut pas dire qu’il contribue beaucoup à sa sérénité. Après un parcours sans fautes, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a bien mal choisi son moment pour se mettre les pieds dans les plats en laissant entendre que la police se chargerait de faire respecter l’interdiction du port de signes religieux.

C’était presque une invitation à l’illégalité. Même dans leurs rêves les plus fous, les opposants au projet de loi 21 n’auraient pas osé imaginer des bulletins de nouvelles diffusant aux quatre coins du monde les images d’une enseignante voilée que des policiers escorteraient vers la sortie d’une école. Pourquoi pas menottes aux poings, tant qu’à y être ?

Sa collègue de la Justice, Sonia LeBel, et le premier ministre lui-même se sont empressés de corriger le tir, mais la partie sera peut-être plus difficile qu’ils le croyaient. Même si sa majorité parlementaire permettra au gouvernement de faire adopter son projet de loi avant l’ajournement de la mi-juin, quitte à utiliser le bâillon, et de le mettre à l’abri des contestations judiciaires en utilisant la disposition de dérogation, il lui faudra manifestement composer avec une guérilla extraparlementaire qui pourrait être très dommageable pour son image dans les mois qui vont suivre.

Sachant qu’elles ont l’appui unanime du Canada anglais, il est très possible que les deux commissions scolaires de l’île de Montréal et les municipalités anglophones de la banlieue refusent de faire appliquer la loi, sans parler des démarches auprès de l’ONU que Me Julius Grey menace d’entreprendre.


 

S’il peut être agaçant de voir les opposants à l’interdiction des signes religieux prétendre à une certaine supériorité morale, comme le faisait Philippe Couillard, ils n’en sont pas moins convaincus qu’il y a là une violation des droits fondamentaux et ils ont le droit de le crier haut et fort.

Cela traduit moins un mépris des valeurs québécoises qu’une adhésion à celles du reste du Canada et il faudrait bien mal connaître la nature de ce pays pour s’en étonner. La question est de savoir si cela justifie le recours à la désobéissance civile, même si elle a indéniablement permis de grandes avancées démocratiques dans l’histoire.

Dans son célèbre essai intitulé La désobéissance civile, publié en 1849, Henry David Thoreau, qui avait lui-même été jeté en prison pour avoir refusé de payer l’impôt américain en guise de protestation contre l’esclavage, écrivait : « Je dois faire en sorte de ne pas prêter la main à faire le mal que je condamne. »

La formule est belle, mais elle ne légitime pas tout. Les comparaisons avec Gandhi ou Martin Luther King ont leurs limites. Tout comme la frustration n’est pas nécessairement synonyme d’injustice. En 2012, le coloré maire d’Huntingdon, Stéphane Gendron, avait décidé que l’obligation de correspondre uniquement en français avec ses administrés, comme l’édictait la loi 101, constituait une « politique raciste et discriminatoire » qui justifiait d’y contrevenir. Il avait heureusement eu la bonne idée de prendre sa retraite peu de temps après.


 

Après une saga judiciaire qui avait duré plus de quatre ans, la Cour suprême avait finalement acquitté Gabriel Nadeau-Dubois de l’accusation d’outrage au tribunal, dont deux jugements antérieurs l’avaient reconnu coupable pour avoir encouragé les étudiants à défier une injonction leur interdisant de bloquer l’accès aux salles de cours durant le Printemps érable de 2012.

Le jour de son assermentation comme député de Gouin, le 6 juin 2017, il a cependant justifié le recours occasionnel à la désobéissance civile. « Dans l’histoire des démocraties, il y a eu de nombreux moments où la désobéissance civile pacifique a été utilisée pour contrer des décisions qui étaient injustes. Pour moi, c’est le genre de situation qui s’évalue au cas par cas », a-t-il déclaré.

De toute évidence, l’interdiction des signes religieux constitue un cas où elle serait légitime aux yeux de Québec solidaire. Mardi, le député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, a déclaré à l’Assemblée nationale : « La désobéissance civile, ce n’est pas un crime. C’est une tactique qui existe pour contester un projet de loi ou pas. Je ne dis pas que c’est la meilleure stratégie à utiliser. Les gens qui veulent la contester utiliseront cette stratégie s’ils le veulent. »

Il y a là une dérive inquiétante. Au conseil général de la fin de semaine dernière, les militants de QS ont eu l’occasion de dire tout le mal qu’ils pensaient du projet de loi 21. Les députés solidaires peuvent utiliser tous les moyens parlementaires à leur disposition pour tenter de le bloquer ou de le modifier. Ils ne sont cependant pas à l’Assemblée nationale pour jouer à la révolution. Contrevenir au code vestimentaire est une chose, contester l’État de droit en est une autre.

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93 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 4 avril 2019 01 h 10

    La libération des femmes du carcan patriarcal mérite l'éloge du gouvernement, pas la désobéissance civile

    C'est malheureux que les bien pensants montent aux barricades parce qu'ils ne comprennent pas les objectifs de la loi sur la laïcité. Le port «des chiffons», symboles de l'intégrisme politique, n’a rien à faire avec la pratique de la religion et ne justifie pas la désobéissance civile.
    Le recours aux Nations Unies pour se plaindre contre la loi sur la laïcité est ridicule, puisque les NU ont perdu toute crédibilité quand ils ont élu l'Arabie saoudite à la Commission des droits des femmes! C’est comme nommer un pyromane chef des pompiers!
    Peut-être, une meilleure explication des raisons morales derrière cette loi pourra éclairer les esprits et calmer les nerfs. Les anglophones ne connaissent pas, ou ne comprennent pas les objectifs de cette loi.

    • Victor R. Aubry - Abonné 4 avril 2019 10 h 48

      Madame Alexan, vous confondez le Comité des droits de l’homme de l’ONU avec son Conseil des droits de l’homme. Le Comité des droits de l’homme est un organe composé d’experts indépendants qui surveille la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques par les États parties. L’Arabie Saoudite n’y est pas impliquée. Ses membres proviennent des États suivants : « Albania, Canada, Chile, Egypt, France, Germany, Greece, Israel, Japan, Latvia, Mauritania, Portugal, Slovenia, South Africa, Tunisia, Uganda. Ce Pacte et le premier Protocole permettent au Comité des droits de l’homme d’examiner des plaintes individuelles émanant de particuliers qui se disent victimes d’une violation des droits reconnus dans le Pacte».
      Le Conseil des droits de l'homme est différent. Il est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité politique de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme autour du globe. L’Arabie saoudite en fait partie mais n’ayez crainte, elle ne jugera pas l’éventuelle plainte qui sera menée par Julius Grey.
      Quant à la chronique de Michel David, on ne peut que s’étonner que la ministre de la Sécurité publique, en charge de la police depuis octobre dernier, ne connaisse encore absolument rien du rôle de la police. Celle-ci ne s’occupe que des affaires criminelles et pénales. Misère !

    • Victor R. Aubry - Abonné 4 avril 2019 13 h 15

      La Commission de la condition de la femme des Nations Unies a un rôle similaire au Conseil des droits de l'homme. Elle est composée de 45 États. L'Arabie saoudite n'en fait heureusement pas partie. (Dans mon commentaire, ce paragraphe a été omis).
      Voir: http://www.unwomen.org/-/media/headquarters/attach

    • Gilles Gagné - Abonné 4 avril 2019 14 h 07

      M.Aubry vous écrivez ''Celle-ci ne s’occupe que des affaires criminelles et pénales'' alors que fait-elle sur les lignes de piquetage? une misère que vous préférez taire peut-être. Alors...Misère! vraiment...

    • Victor R. Aubry - Abonné 4 avril 2019 16 h 42

      M. Gagné, alors que fait-elle sur les lignes de piquetage? de la surveillance en prévention d'infractions pénales, comme les patrouilles. Si trop difficile à comprendre, quelqu'un pourrait-il l'expliquer à la ministre ?

  • Jean-Yves Bigras - Abonné 4 avril 2019 03 h 26

    Mépris des valeurs québécoises

    Contrevenir au code vestimentaire est une chose, contester l’Etat de droit en est une autre.
    Tout est dit...de ce projet GRANDIOSE, HISTORIQUE et de la FIERTÉ ENFIN RETROUVÉE du peuple québécois.
    Une chance quand même que le ridicule ne tue pas.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 4 avril 2019 14 h 12

      Pour lire sur les droits individuels et les droits collectifs au Québec à l'aune du Projet de loi 21, voir https://lautgauche.com/2019/04/le-projet-de-loi-21-les-droits-individuels-et-les-droits-collectifs/

    • wisner Joselyn - Abonné 4 avril 2019 16 h 05

      Je ne dois pas bien comprendre ce projet de loi sur la laïcité. J'ai cru, que le projet de loi ne faisait qu'interdire que des employés de l'état en position d'autorité ainsi que les enseignants des écoles publiques puisse porter des signes réligieux quand ils dispensent des services au nom du gouvernement du Québec et stipulait qu'on ne pouvait recevoir de services du gouvernement qu'à visage découvert. Or, quand certains parlent de "valeur", là je suis perdu. Le gouvernement lui-même sur le site du ministère de l'immigration affirme que le Québec est laïque (Les pouvoirs politiques et réligieux sont séparés dixit le gouvernement) donc il ne peut s'agir de cette valeur commune. Liberté, Démocratie, primauté du droit, Égalité homme-femme, primauté du français, tout ça existe déjà ici. On voit difficilement ce qu'apporte ce projet de loi en terme de valeur. En fait, ce projet représente plus une consécration 'franco-française' de la laïcité (par opposition à la conception anglo-saxonne) qu'un exercice d'affirmation d'une nouvelle valeur québécoise. A mon avis, ça peut s'argumenter (dans l'arène politique) sur la base de l'héritage culturel de la majorité, mais de grâce, arrêtez de faire dire n'importe quoi à ce projet de loi...à moins que je n'aie rien compris du tout au projet de loi.

  • Michel Lebel - Abonné 4 avril 2019 03 h 41

    Un grand manque de profondeur


    Par ses interventions dans le débat actuel sur la laïcité et les signes religieux, le gouvernement caquiste, y inclus en particulier le premier ministre, témoigne d'un sidérant manque de profondeur. Tout est superficiel et le gouvernement répète les mêmes lignes à satiété. C'est tout à fait affligeant. Ainsi vogue le Québec politique en ce printemps 2019. Triste.

    Michel Lebel

    • Cyril Dionne - Abonné 4 avril 2019 09 h 42

      Oui, tout est superficiel M. Lebel, comme pour la position de nos extrémistes religieux et de gauche.

      Le gouvernement Legault sortira encore plus fort lorsqu’il aura fini de composer avec cette guérilla extraparlementaire illégitime aux yeux de la population québécoise. Les Québécois ont parlé le 1er octobre dernier et la laïcité est leur projet de société. Point à la ligne pour les amis imaginaires dans les sphères publiques et étatiques. C’est pour cela que 9 personnes sur 10 disent qu’on doit clore le débat et passer à un autre appel.

      Invoquer l’ONU me fait rire aux larmes. L’ONU n’existe pas. C’est une organisation existentielle. Me Julius Grey peut y aller et je doute très fort que les Nations unies vont envoyer des troupes, militaires ou bureaucratiques, pour remettre sur le droit chemin mondialiste et multiculturaliste, le gouvernement québécois. L’image serait surnaturelle de voir des casques bleus québécois venir imposer l’idéologie de nations étrangères sur un gouvernement démocratique et dûment élu.

      Parce que vous crier haut et fort, cela ne fait pas de votre position, une qui se dit légitime. Les enfants font de même. Il faudrait mettre en question la valeur même de leurs valeurs.

      SVP, ne pas comparer nos extrémistes religieux et gauchistes à Thoreau, Gandhi et Martin Luther King; vous déshonorer leur mémoire. Ils me font penser plutôt aux dictateurs de gauche comme Staline, Mao, Hitler et aux dictateurs théocratiques qui appellent une fatwa lorsque quelqu’un n’affectionne pas particulièrement leur position extrémiste.

      Pour le Parti multiculturaliste-socialiste des islamo-gauchistes québécois et canadien, Québec solidaire pour les intimes, ils ont fait preuve d’une grande lâcheté. En aucun temps, ils ont mis leur politique vis-à-vis la laïcité sur la table durant les élections. Si c’était à refaire, plusieurs opteraient de voter pour un parti qui reflètent leurs valeurs et leurs aspirations, pas pour un parti d’hypocrites.

    • Claude Bariteau - Abonné 4 avril 2019 10 h 08

      À vous lire, je découvre ce qui vous rendrait heureux, mais qui est ce qui m'attriste profondément : vivre au Québec après le coup d'État de Trudeau en 1982 pour parachever les vues britanniques parce, à soupeser la France et la Grande-Bretagne, il a choisi de faire son lit au Canada à la façon des Britanniques.

    • Jean-François Trottier - Abonné 4 avril 2019 10 h 09

      M. Lebel,

      le manque de proifondeur est une valeur fort bien partagée.

      Je déteste les argument de Legault. Mais il en existe d'autres qui rendent cette loi essentielle selon moi.

      Jugez-vous des "mérites" du multiculturalisme sue les déguisements de Justin dans un bel esprit puéril et démagogique?

      Que dites-vous dui PLC qui prétend, comme un lapin sorti de son chapeau, que le Canada est un pays laïc ?
      Avec la prière de début de session aux Communues ?
      L'union indéfectible entre la Couronne et la religion Anglicane, symbolisée et incarnée par son chef, la Reine? (Le Canada écrit bien "chef" et non "cheffe")?
      Voyons! Le Canada n'a rien de laïc.
      Des "mauvaises raisons", il y a une tonne chez les tenants du port des symboles libre.

      Faudra arrêter de souligner les mauvaises raisons du clan adverse si vous voulez être pris au sérieux dans ce débat. Sinon, on va sortir un petit vidéo sur Trudeau, ses bévues, son oeuvre, dans le but direct de planter "son" multiculturalisme et "son" pays post-national.

      Vous pourriez :
      - Prouver que les religions ne sont pas totalitaires.
      - Prouver que les religions reconnaissent les pays selon le droit international et non selon le droit divin.
      - Prouver qu'en cas de contradiction entre une loi religieuse claire celle d'un pays, le fidèle choisira toujours celle du pays tout en restant dans le cadre de sa religion.
      - Démontrer que la Charte n'a pas été créée expressément pour placer les Québécois en situation de "minorité comme les autres", malgré les centaines de paroles de P E Trudeau en ce sens.
      - De là, démontrer que la Charte , qui s'applique au Québec par la force sur décision d'un tribunal, a aussi un droit moral sur ce territoire.

      Tout un programme.
      Ça devrait vous tenir occupé un siècle ou deux, comme quoi ce qui se conçoit mal s'exprime laborieusement et les mots suivront difficilement.

      Ou bien continuer vos attaques sous la ceinture et vous attendre à une volée de bois vert.

    • Michel Lebel - Abonné 4 avril 2019 10 h 47

      @ Claude Bariteau,

      Je trouve que ce projet de loi 21 est mauvais parce qu' il est divisif et viole les droits et libertés. Je suis triste pour la société québécoise et son avenir. Quant à moi personnellement, je suis généralement heureux! Je trouve ma joie profonde ailleurs que dans la politique. Comment puis-je être malheureux quand je suis en route pour Pâques?

      M.L.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 avril 2019 12 h 11

      "Le Parti multiculturaliste-socialiste des islamo-gauchistes québécois et canadien, Québec solidaire pour les intimes.." - Cyril Dionne

      Le terrorisme intellectuel des anrgy-péquistes n'a fait que reconduire leur parti à la pire défaite de leur histoire.

      Si j'étais vous, je changerais de disque, votre PQ n'est plus qu'à la 3e opposition.

    • Michel Lebel - Abonné 4 avril 2019 13 h 40

      @ Jean-François Trottier,

      Soyez sérieux, M.Trottier! Je n'ai jamais fait d'attaque sous la ceinture. Ce n'est pas mon genre. Je crois toujours que ce projet de loi sur la laïcité est mauvais et que M.Legault n'agit pas ici à la hauteur de sa fonction de premier ministre. Le sujet le dépasse manifestement. C'est tout.

      M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 4 avril 2019 20 h 20

      M. L:ebel,

      je suis sérieux et vous avez à plusieuirs reprises tenté de faire croire à de la xénophobie dans ce projet de loi.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 4 avril 2019 04 h 48

    Mépris, mais calmons-nous !

    QS solidaire se plait dans l'éternisation des débats. Leur position de repli ne satisferait personne. En effet, la désincarnation de l'état est typique de leurs positions. L'état ce sont des individus, du pouvoir exécutif, qui le représentent. Cela permet à madame Massé de dire que tout est «gratisse», parce que c'est cette entité désincarnée qui paie. Si le gouvernement de monsieur Legault fait des faux pas, eux ne sont pas encore conscients de la gravité de leur position. Il ne faut pas contribuer à l'excitation. On voit très bien encore une fois cette fracture avec les anglos de Montréal, qui n'ont jamais appartenu à d'autres que le Canada. Il ne s'agit même pas ici d'endosser les idées de la CAQ, mais de l'impossibilité de regarder sereinement ce que veut l'autre, cette majorité que l'on dédaigne, qui malgré tout est toujours demeurée pacifique et accueillante.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 avril 2019 10 h 17

      "Leur position de repli ne satisferait personne." - Jacques Gagnon

      Une affirmation gratuite; gratuite et caricaturale que de dire que "Pour QS tout est «gratisse»" - Gérard D. Laflaque. Alors que QS proposait une augmentation de 12,9 milliards du budget du Québec pour financer son programme.

      Et pour le démontrer, voici une liste de dirigeants et d'organisations qui s'opposent au projet de loi sur la laïcité:

      1 ) La CSN a pour sa part décidé en décembre 2018 de s’opposer à toute législation interdisant le port des signes religieux.

      2 ) La FNEEQ (Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec) va dans le même sens et dénonce le projet de loi du gouvernement de François Legault.

      3 ) Selon l’Association des juristes progressistes, le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, qui, selon les membres de l’AJP, va non seulement contribuer à marginaliser davantage certains groupes qui le sont déjà, mais également poser de sérieuses barrières à l’accès à la justice.


      4 ) Pour le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Malette ce projet de loi laïcité est en train de devenir «une chasse aux hijabs».

      5 ) La Commission des droits de la personne indique que « La neutralité religieuse de l’État s’applique d’abord aux institutions, et non pas aux individus »

      6 ) Pour Amnistie internationale Montréal « Il est de la responsabilité du gouvernement de lutter contre les discriminations systémiques envers les groupes minoritaires et d’assurer que le Québec reste une société inclusive basée sur le respect des droits humains »



      7 ) Alain Fortier, président de l’Association des commissions scolaires du Québec (FCSQ) « L’application de cette règle ouvre la voie à d’éventuels conflits de travail. »


      8 ) Et comme tout le monde de le sait, la mairesse de Montréal, Valérie Plante. 



      9) La Fédération autonome de l'Enseignement : "Le projet de loi sur la laïcité : un recul historique pour les droits fondame

    • Jean-François Trottier - Abonné 4 avril 2019 12 h 28

      @Montmarquette

      1) Votre budget est de la pure bouleshite qui pose que tout ira au mieux quand QS sera au pouvoir, comme Couillard et son fameux "effet Libéral".
      Dire des conneries, c'est pas fort. Les prendre pour une vértité absolue, c'est du charlatanisme.

      Marois a renoncé à imposer autant qu'elle le voulait en 2014 sous la menace de sorties massives de capital dans les secondes qui suivraient les dispositions. Les banquiers lui ont dit avoir le "doigt sur le piton".
      Évidemment vous en avez profité très salement pour lui envoyer du "néolibéral" à tour de bras. Mensonge et haine sont les devises de QS.
      Vous proposez de faire payer encore plus vos "maudits riches" et vous prétendez que cette fois ça marchera?
      La définition de la folie, vous connaissez ?
      À moins de fermer les frontières de force! Le mur de Trump autour du Québec, ioupi.
      Malhonnêteté crasse.

      2) Les syndicats représentent leurs membres. QS en fait autant. La vision qu'a QS du Québec se limite aux préjugés de ses quelques milliers de membres, on s'en souviendra.

      3) La Commission des Droits de la personne se base sur le libéralisme, une idéologie inventée sous Victoria, Impératrice et chef de l'Église Anglicane sous une forme pas du tout symbolique, pour servir les intérêts de son Empire tout aussi libéral, dont le premier paradis fiscal, le Canada. Le libéralisme donne toute liberté aux plus puissants comme vous le savez quand ça fait votre affaire.
      Vous démontrez chaque jour votre attachement à l'Empire Britannique, au Canada et à son racisme envers les Québécois, le principal lien moral qui unit le ROC avec l'assurance-santé.
      Vous avez le droit, bien sur, de prouver que vos "vérités" font appel à la géométrie quantique, i.e. se trouvent à deux endroits différents en même temps.
      Pour la philosophie sociale, vous êtes néolibéral.

      Vos citations et assertions ont décidément un style très proche des soviétiques. Un hasard ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 avril 2019 10 h 42

      "Votre budget est de la pure bouleshite qui pose que tout ira au mieux quand QS sera au pouvoir," - Jean-François Trottier

      Non seulement j'ai déjà donné les arguments pour démontrer qu'il est possible d'aller chercher de nouveaux revenus pour l'État, notammemt, par la création de nouvelles sociétés dont une et non la moindre, la création d'une banque nationale d'État. Mais aussi par l'augmentation des redevances sur l'eau (or bleue) et les ressource naturelles et l'ajout de nouveaux paliers d'impôts,

      Mais de toute manière, votre objection pourtant répondue plusieurs fois, passe complèment à côté du sujet.

      QS n'affirme EN RIEN que tout est gratis.

      Et la preuve, c'est qu'il propose d'augmenter les revenus de l'État pour financer son programme.

    • gaston bergeron - Abonné 5 avril 2019 19 h 07

      Des organisations contre, mais le peuple québécois majoritairement pour.

  • Jean Duchesneau - Abonné 4 avril 2019 05 h 19

    La révolution de moins en moins tranquille?

    La liberté religieuse est un des solides mythes fondateurs de l’Amérique profonde colonisée par des immigrants, la plupart venant d’Europe, dont bon nombre fuyait les persécutions religieuses. Ce mythe fondateur est inscrit en lettre de feu dans l’inconscient collectif anglo américain et pourquoi pas dans celui anglo canadien; quelle est d’ailleurs la différence? La révolution tranquille franco-québécoise de son côté est, au fil des ans, devenue un mythe fondateur du Québec moderne, reléguant le religieux dans l’espace public. À cet effet, « notre » révolution rejoint celle de nos cousins européens qui, suite à la révolution française, arrachait le pouvoir aux élus de Dieu pour le donner au peuple. Vu sous cet angle, on se demande par quelle entourloupette idéologique la soi-disant « gauche », en rupture avec le prolétariat, sous couvert d’ouverture et de liberté individuelle, supporte implicitement une brèche importante dans la cloison séparant l’État du religieux, jouant ainsi les idiots utiles de l’idéoliogie multiculturaliste anglo-américano-canadien et d’autre part celui de l’islamisme très actif à l’échelle internationale. Ah oui, le fondement idéologique (d’un vide abyssal) est que « la « majorité » a toujours tort et la « minorité » est toujours à défendre. Ainsi, la stratégie politique se résume à cumuler l’adhésion d’une majorité de minorités afin d’accéder au pouvoir. Quelle belle démocratie « de chicanes » en perspective?

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 avril 2019 10 h 04

      @Jean Duchesneau ,

      "Ainsi, la stratégie politique se résume à cumuler l’adhésion d’une majorité de minorités afin d’accéder au pouvoir" - Jean Duchesneau

      C'est une analyse grossière en plus d'être fausse.

      Ce n'est pas parce qu'on défend les droits des minorités qu'on ne s'aligne pas aussi sur des positions majoritaires.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 avril 2019 17 h 30

      Bon. Tout le monde est dans l'erreur sauf vous évidemment. Pourriez-vous nous faire part des vos nombreuses qualifications éducationnelles en tant que chercheur? Ensuite, pourriez-vous nous faire part des vos nombreuses qualifications professionnelles? On attend encore.