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L’obsession identitaire

François Legault fait de la laïcité une question de protection de l’identité nationale, au point de croire, dur comme fer, qu’il est nécessaire d’aller jusqu’à utiliser la disposition de dérogation, prévue dans la Constitution pour des cas d’exception autrement plus conséquents. Le problème, ce n’est pas tant la religion qu’il met dehors que l’obsession identitaire à laquelle il ouvre la porte.

Il n’y a pas 15 ans, jamais on n’aurait cru le Québec capable de se plonger à ce point dans les méandres d’un nationalisme de brocante, qui conduit à édifier un tel barrage contre les apparences, sans rien changer pour autant au fonctionnement réel de notre monde.

Les espaces sociaux nous affirment autant qu’ils nous définissent, paraît-il. On peut du coup se prendre à rêver de lieux stables, immobiles, intouchés, intouchables, immuables, enracinés, figés, homogènes, bref de lieux qui constitueraient une sorte de pierre d’assise, de socle sur lequel pourraient se fonder nos existences, de quelque chose qui, pour tout dire, serait à la fois un point de départ autant qu’un point d’arrivée.

Mais de tels lieux n’existent pas. Ils n’ont jamais existé autrement que dans l’espace de nos pensées. Le monde n’est jamais tout à fait rassurant dans la mesure où il ne nous est pas révélé une fois pour toutes. Tout craque, tout se brise, tout s’effondre, tout est sans cesse à revoir, y compris au chapitre de l’identité, n’en déplaise à des zélotes agités. Ce que nous sommes demeure une question mouvante qu’il ne faut pas avoir peur de continuer de se poser. Les gloseurs du repli identitaire, en laissant croire le contraire, ne rendent service à personne.

Comment peut-on penser édifier une identité nationale sur la base du simple principe de la séparation de l’Église et de l’État, tout en maintenant des exceptions pour les écoles dites privées (soutenues à bout de bras par l’État), en faisant de même avec les services de garde, en ne définissant guère ce qu’est un signe religieux, c’est-à-dire en légalisant, au fond, un système qui ne fait que porter atteinte aux droits de certains individus, au point de les empêcher de travailler ? En quoi une société se trouve-t-elle de la sorte plus avancée ?

Le principe de la laïcité était déjà affirmé. Il demandait sans doute des changements ponctuels, ce qui aurait pu se faire sans la glose du repli identitaire et sans l’usage d’un canon législatif.

Voilà que d’un principe on fait un leurre voué, à force de le sublimer, de soustraire à l’attention publique des inégalités autrement plus sérieuses. Tout ce gâchis s’apparente bel et bien, au bout du compte, à un détournement du regard face à des enjeux sociaux plus structurants.

Dans le champ du discours, au nom de cette cavalcade effrénée de la laïcité, les séparations sociales sont dissimulées, comme si les problèmes de société les plus importants étaient tout entiers contenus dans celui-ci. Pendant ce temps, comme on l’a vu encore ces derniers jours, des enfants défavorisés se font supprimer leurs repas du midi ; le nombre d’itinérants s’avère en forte croissance ; des familles parmi les plus pauvres se voient soustraire des allocations pour leur progéniture sous des prétextes fumeux.

Mais dans cette société, plus déchirée que jamais à force d’agiter cette question de la laïcité, on continue de plus belle, comme si de rien n’était, à parler de « vivre-ensemble », en s’illusionnant sur ce que cela veut dire. Cette idée du « vivre-ensemble » fait l’impasse sur des stratifications sociales pourtant de plus en plus claires. On fait comme si, au moment de les enfermer dans une même cage, on disait à un lion et à un lapin : « Mais entendez-vous, puisque après tout vous êtes tous les deux des animaux ! » Nous voici dans une société qui feint d’ignorer quel sort attend le lapin, parce que le seul fait de vivre, croit-on, devrait suffire à affirmer un principe d’égalité en pratique sans cesse bafoué. En somme, nous nous rendons aveugles sur la vie ici-bas au nom d’un principe envisagé de trop haut.

Les mesures favorables à la laïcité sont vouées, telles qu’elles sont du moins présentées, à continuer de soutenir cette illusion d’égalité dans un monde qui multiplie de plus belle les motifs de relégation aux marges de la vie sociale. Sous le mince vernis de pareilles mesures tout en surface, cette société souffre d’un dangereux durcissement de ses artères sociales.

Oui à la laïcité. Mais si l’idée est d’affirmer l’égalité et la neutralité des individus au service de l’État, pourquoi s’en tenir à de frêles apparences, au point de contribuer à encore plus d’exclusions, tout en flattant de la sorte le populisme, en cajolant les pouvoirs de coercition, en endormant les revendications sociales ?

Le grand Tolstoï écrivait : « Je suis assis sur le dos de quelqu’un, je le fais suffoquer et je l’oblige à me porter ; pourtant, je m’assure moi-même et à d’autres que je suis désolé pour lui et que je désire soulager son sort par tous les moyens possibles — sauf de descendre de son dos. »

133 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 1 avril 2019 01 h 12

    Triste

    Le constat de Jean-François Nadeau est juste. Et c’est tellement triste.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 1 avril 2019 08 h 06

      Je ne suis pas d’accord. Le projet de loi 21, c’est, oui, une réponse imparfaite et timide à notre minorisation dans le cadre du multiculturalisme canadian. Si le PLQ avait mis ses culottes, au lendemain du rapport Bouchard Taylor(2008), ça ferait longtemps qu’on serait passé à autre chose. « L’obsession identitaire » n’a pas disparu en 1995! Les libéraux, qui avaient créé Bouchard Taylor, sur les accommodements, se sont écrasés: ils ont eu la frousse. C'est pour cela que j'appuie le projet de loi 21, même s'il est imparfait; notamment au sujet des écoles privées.

      Mais, il était temps de bouger et de sortir de cette peur entretenue par les multiculturalistes. QS vient de s'y joindre.

    • André Joyal - Inscrit 1 avril 2019 08 h 22

      Quelle surprise!!!! N'est-ce pas M. Laporte!

    • Huguette Larochelle - Abonnée 1 avril 2019 08 h 52

      J'adore votre dernier paragraphe sur Tolstoï.
      Je vais l'apprendre par coeur.
      Pierre Hupin

    • Cyril Dionne - Abonné 1 avril 2019 08 h 55

      Peut-être que pour vous le constat de Jean-François Nadeau est juste parce qu’il vous dit ce que vous voulez entendre. Ce qui est triste dans cette histoire, c’est essayer de convaincre les convaincus. Misère.

      Cela dit, ceci n’a rien à voir avec l’identité comme notre scribe du dimanche voudrait nous le laisser entendre. Personne n’a suggéré que le principe jeffersonien était la base pour édifier une identité nationale. Franchement, de tels raccourcis intellectuels me font vomir. Mais le principe de l’égalité homme-femme et des minorités sexuelles n’est pas présent dans les religions monothéistes. Celui de la liberté d’expression qui décompose les idéologies politico-religieuses est considéré comme un crime de lèse-religion par les fanatiques religieux non plus. Les idées qu’elles colportent peuvent être débattues, ridiculisées et soumises à un examen intense dans une démocratie. En fait la grande majorité des gens sont d'accord qu’on devrait étendre la laïcité des fonctionnaires de l'État aux CPE et aux écoles privées en plus de taxer les églises parce qu’elles aussi vendent un produit.

      Non, le principe de laïcité n’est pas affirmé légalement. En lisant la fameuse Charte des droits et libertés canadienne, son préambule commence par « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». Franchement, nous sommes bien en 2019.

      Les gens ne veulent pas voir cette communication non verbale que sont les signes ostentatoires dans la sphère publique lorsqu’ils reçoivent un service ou interagissent avec l’appareil étatique. En fait, l’émetteur de cette conversation non verbale fait du prosélytisme de façon volontaire parce que celui qui écoute n’a aucun choix.

      Et lorsqu’on commence à citer des écrivains morts, c’est que notre argument ne tient pas la route. Tolstoï serait de cet avis aujourd’hui lui qui affirmait que les religions dans leur véritable signification, détruisent l’État.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 1 avril 2019 09 h 44


      Je vais tenter d'être simple : la capacité de Nadeau d'être intelligent et poignant, de nous sembler universel (parfois), provient de l'héritage de la Révolution tranquille. Le souci spirituel de Nadeau pour la beauté, son mépris pour le mercantile et le commercial, son humanisme, son esthétisme qui n'est jamais loin de celui de VLB, sa fraternité qui nous rappelle Miron qu'il a tant aimé, c'est le produit d'un monde.

      Sa poésie sociale (je me souviens d'une sympathie sincère à son endroit pour une chute à vélo) me rappelle Godin.

      Bref, pour qu'une communauté politique produise un minimum de culture, ce dont le cahier Livre du Devoir ( dont Nadeau était responsable, je crois), nous parle, nous avons besoin d'un minimum d'unité.

      Cette unité est compromise par :
      -la postmodernité (tendance sociale lourde)
      -le multiculturalisme (une idéologie politique)
      -le néolibéralisme (une prison économique)
      -le nationalisme canadiAn (le Conseil privé et ses secrets, avec Octobre)
      -la tutelle du numérique
      -la perte de littératie
      -une immigration, mal choisie, trop forte pour notre capacité d'intégration

      On n'a qu'à voir l'intérêt suscité par Passe-Partout pour comprendre l'ampleur de la « perte » de sens et de repères.
      Pour maintenir, dans le corps social, un minimum d'unité pour faire un maigre front contre les forces contre lesquelles Nadeau nous met en garde le reste du temps, ça prend un minimum de décorum.

      C'est d'ailleurs un sujet pour Nadeau, je l'imagine très bien nous faire la critique de notre monde qui aurait perdu ce sens du décorum (ex. je l'entends déjà s'insurger parce que dans des funérailles il aurait vu des têtes courbées sur des écrans au lieu qu'elles soient concentrées sur la cérémonie).

      La nouvelle loi est juste ça, un minimum de décorum pour que les immigrants qui nous rejoignent comprennent où nous en sommes et quelles sont nos attentes. Pour un peu d'unité.

      Mais on a tellement attendu, que ça a pris des proportions

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 09 h 53

      Monsieur Dionne cite à nouveau le préambule de la charte... Il pourrait aussi rappeler le libellé de l'article 2a. Surtout cet article, d'ailleurs, parce qu'il perpétue une dissymétrie de droits entre croyants religieux et autres tenants de diverses conceptions de la vie bonne fondées sur des principes non religieux.

      Cependant, ni la solennelle proclamation du préambule ni cet article n'ont d'incidence sur le degré d'indépendance de l'État à l'égard des cultes. La seule mesure du degré de «laïcité» qui doit nous préoccuper tient au pouvoir politique qui serait reconnu à une organisation du fait d'être fondé sur un corps de croyance religieuse auquel on donnerait de ce fait préséance sur les autres instances de délibération et de décision. Au Canada et au Québec, depuis très longtemps, c'est zéro

      Ce qui se cache derrière cette prétendue laïcisation, c'est le déclassement politique de tout discours qui ne s'inscrirait pas d'emblée dans un moule identitaire qui pousse la différence à la marge. Cela n'a rien à voir avec la religion. Les identitards ne s'y trompent pas eux-mêmes, d'ailleurs : ils respectent profondément toutes les religions... pourvu qu'elles se comprennent elles-mêmes dans les limites des stipulations du discours dominant à la sauce vivre-ensemble...

    • Pierre Desautels - Abonné 1 avril 2019 10 h 29

      Oui, tellement triste de lire : "qui conduit à édifier un tel barrage contre les apparences, sans rien changer pour autant au fonctionnement réel de notre monde." Voilà. La laïcité d'apparence, la laïcité superficielle, c'est ça l'important pour les zélotes de la laïcité. Et nous étions sûrs d'être une société laïque quand les religieux ont laissé tomber les vêtements ostentatoires, mais nous avons gardé précieusement l'enseignement de notre très sainte mère l'Église dans nos écoles publiques jusqu'en 2007. Ce qu'on ne voit pas, ça ne fait pas mal. Sauvons les apparences, mais pour le reste, gardons notre catho-laïcité.

      Quant à l'identité nationale et au nationalisme de brocante, comme l'auteur écrit, ils sont basés sur des arguments de peur. Les fédéralistes ont utilisé des arguments de peur lors des deux référendums et presque à chaque élection provinciale. Et ça a marché. Bou! Et beaucoup vont se cacher, même des leaders dits souverainistes.

      Et revoilà ces arguments de peur qui reviennent sous prétexte d'une fausse laïcité, notre nationalisme étant dans un tel état de faiblesse que les grenouilles de bénitier de la laïcité s'en prennent à des citoyennes minoritaires, la plupart francophones et éduquées, mais bon. Nos gloseurs du repli identitaire, nos nationâleux, comme les appelait Michel Chartand, trouvent toujours quelqu'un à haïr.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 1 avril 2019 11 h 26

      Votre commentaire est plutôt dense ce matin Monsieur Maltais-Desjardins, mon problème est le suivant : « Ce qui se cache derrière cette prétendue laïcisation, c'est le déclassement politique de tout discours qui ne s'inscrirait pas d'emblée dans un moule identitaire qui pousse la différence à la marge ».

      J'habite Outremont (la partie basse, évidemment). Je vous invite à venir voir nos ruelles. Elles sont ignobles. Ça empire à tous les mois.
      La cause est simple, une partie de la communauté avec laquelle je partage l'espace est ségrégué, ultra-religieux et très à l'aise avec les lois actuelles. Par très à l'aise, je veux dire qu'ils vivent avec deux régimes : les codes municipaux et les obligations religieuses. Je ne vis qu'avec le premier régime et je constate que pour eux, c'est trop d'obligations. Les contraintes de la vie religieuse sont telles, qu'il ne reste plus de temps pour une gestion normale de la salubrité. On comprend qu'à 8 enfants par famille, avec des obligation très strictes, ça doit être impossible. C'est important que la cabane à l'automne soit prête à temps, c'est la course, donc on dépasse les heures permises pour les travaux, et après, on n'a pas le temps de nettoyer le chantier.

      Par exemple, en ce qui a très à un bain rituel sur Bernard, ce qui était au départ probablement un permis pour l'équivalent d'un spa est devenu un permis pour une synagogue, alors qu'on venait de faire un référendum (gagnant) pour limiter le zonage. Pas de problème avec nos lois, voyez-vous.

      Patrick Lagacé, hier je pense, écrivait que ce qui choque, c'est quand Trudeau, pour montrer son ouverture, visite une mosquée, envoie ses futures minitres à l'étage, les voile et les fait entrer par une autre porte. Avec la visite d'un grand rabin à Parc Ext, les Hassidim ont aménagé énorme chapiteau, sur Parc et il y avait, publiquement, visible pour tous, deux entrées, pour ségréguer les sexes et la même ségrégation dans l'enceinte. Tout ça est légal...

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2019 11 h 30

      La religion est identitaire par définition. La laïcité n'a rien à voir avec l'identité. C'est un principe qui proclame l'indépendance du politique du religieux comme de l'indépendance du politique d'un ordre supérieur qu'il soit monarchiste, dictatorial ou autres.

      Le problème avec le projet de loi 21 est qu'il ne cible pas ce qui, au Canada et au Québec par dérive, rend la laïcité un principe théorique en accordant la suprématie des droits individuels associés à l'expression de signes religieux, ce qui rend des plus aléatoire l'affirmation de ce principe chez les employé/e/s salarié/e/s de l'ensemble des citoyens et des citoyennes et non des salarié/e/s des institutions religieuses auxquelles ils s'identifient.

      Cela dit, il est inapproprié d'opposer l'affirmation de la laïcité dans un État de droit chez les employé/e/s de l'État du Québec à l'existence de disparités, de zones de pauvreté et des inégalités en hausse précisément parce que les États démocratiques sont pris d'assaut dans le but de créer un univers internationnal sous le contrôle d'un néo-capitalisme promoteur des libertés individuelles pour déconstruire les politiques sociales qui se sont irradiées à l'époque des « Trente glorieuses » avant d'être charcutées après la Chute du mur de Berlin ».

      Vu sous cet angle, qui rejoint les propos de Mme Alexan, votre citation de Tolstoï n'est pas pertinente. Il aurait été adéquat de signaler « que quelqu'un est assis sur mon dos et me fait suffoquer en m'obligeant à le porter ; pourtant je veux, comme d'autres qui le portent, m'en départir pour vivre sans ce poids, ce qui implique que le chasse de mon dos.»

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 11 h 53

      Monsieur Gill, votre commentaire pourrait donner à penser que s'agissant de déclassement et surtout de marginalité, ce sont souvent les «communautés» elles-mêmes qui en sont responsables. Le sont-elles toutes, le sont-elles seules? La réponse n'est pas simple. Ce que je crains, c'est que le projet de loi ne vienne renforcer encore ce clivage.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 1 avril 2019 13 h 11

      Je vous donne raison, Monsieur Maltais Desjardins, ces « communautés » (vous savez ce que je pense de l'accommodement des communautés) ne sont pas responsables, c'est la complaisance des autorités, depuis plusieurs années qui fait en sorte que le climat et finalement la salubrité même sont minés. Récemment c'était la question des autobus « scolaires» . Vous ne serez certainement pas étonné de savoir que j'ai formulé une plainte parce qu'une manoeuvre dangereuse (un stationnement perpendiculaire pour insérer des autobus dans la cour d'école, alors que la manoeuvre se fait dans une artère étroite et très fréquentée) nuisait à la circulation et compromettait à mon avis la sécurité des piétons.

      Après un examen par le comité de la circulation, on m'a envoyé une réponse polie rappelant qu'il n'y avait pas de problème et que ledit comité avait pris la décision que tout était beau. J'ai évidemment demandé un détail des documents relatifs à cette analyse que j'attends encore. Il est pour moi évident que ce comité, où siège une conseillère de Projet MTL, très prompte à traiter d'intolérant quiconque questionne ces étranges autobus, a pris une décision séance tenante. L'examen du PV de la réunion montre qu'aucun document n'accompagne la conversation liée au point soulevé par ma plainte.

      Si à l'échelle du Québec, ce que j'appelle franchement des conflits communautaires sont marginaux, pour ceux qui les vivent, ça n'est pas marginal, c'est la vie courante. La norme, à Outremont, du moins dans une série de rues résidentielles, c'est au contraire la ghettoïsation et « l'hassidimisation ». Ça n'est pas agréable et nous avons, nous qui ne sommes pas hassidim, les mêmes droits qu'un citoyen de Saint-Jean ou Jonquière.

      Le « reste du Québec », ne tolèrerait pas longtemps les entraves à la paix, à la circulation et des ruelles aussi insalubres.
      Or, comment a été traité Pierre Lacerte pour s'être opposé au laxisme des autorités? De raciste et d’antisémite.

    • Jean Bélanger - Abonné 2 avril 2019 03 h 25

      L’identité québécoise n’est pas l’identité canadienne.
      Elle refusé de signer la constitution canadienne imposée par le gouvernement fédéral.
      Elle est la cible constante de l’humiliation et des condamnations répétées des beaucoup de chroniqueurs anglophones dont Patriquin, dans The Guardian le 31 mars, qui s’en est fait une marque de commerce.
      Elle est surtout d’expression française et a voté la loi 101 malgré l’opposition du ROC.
      Elle a rejeté la domination opprimante de l’église catholique dans les écoles, les hôpitaux, la vie civile et les lois.
      Au Canada, elle a affirmé la première le droit à l’avortement en innocentant le docteur Morgentaler contre les lois canadiennes malgré l’opposition des opposants religieux.
      Au Canada, elle a affirmé la première le droit à mourir dans la dignité encore malgré l’opposition des opposants religieux.
      Elle a créé les garderies publiques. Elle offre le système d’éducation universitaire parmi les moins coûteux au Canada et en Amérique.
      Elle est la seule à offrir un régime public d'assurance-médicaments.
      Elle refuse le contrôle des lois et de la vie sociale par quelque religion que ce soit.
      Quand on vient me dire que l’identité et la société québécoise sont oppressives, je ne peux que rire des gens qui disent de telles énormités.
      Ce débat est un conflit entre l’actuelle identité laïque québécoise et diverses autres identités, religieuses (catholique, juive, musulmane, etc.), linguistiques et ethniques.
      Je n’ai pas honte de l’identité québécoise et j’en suis fier.

  • Nadia Alexan - Abonnée 1 avril 2019 01 h 36

    La laïcité exprime les valeurs universelles des Lumières, et n'a rien à faire avec les valeurs identitaires.

    Je suis désolée, monsieur Nadeau, que vous balayiez l'importance de la laïcité par le revers de la main. Oui, les inégalités et la pauvreté sont importantes, mais on ne peut pas vivre dans une société avec l'ingérence de l'intégrisme dans les affaires de la Cité.
    Oui, je suis d'accord avec vous, qu'il fallait étendre la laïcité des fonctionnaires de l'État aux CPE et aux écoles privées. Mais au moins, cette loi est un commencement.
    L'intégrisme religieux et aussi nocif que le racisme de la droite, ce sont deux côtes de la même médaille. Il fallait enraciner la laïcité dans une loi, comme envisagé par les Pères de la Révolution tranquille.
    Les signes religieux ne sont pas anodins. Ils expriment un prosélytisme religieux qui n'a pas sa place dans la fonction publique, censée être neutre.
    De plus, il n'y a rien de discriminatoire dans la loi sur la laïcité. Selon Daniel Bail: «La liberté de religion, selon la déclaration universelle, c’est la liberté d’adhérer à une confession, d’en pratiquer le culte et de transmettre la croyance. Aucune religion n’exige le port de signes ou de vêtements particuliers. Ceux et celles qui en portent disent le faire par choix. Si c’est un choix, ce n’est pas une obligation.»

    • Ghisline Larose - Inscrite 1 avril 2019 08 h 13

      Identitaire?

      Je suis toujours renversée quand nos médias, nos journalistes accusent certains québécois d'être *identitaires* ... eh oui et pourquoi donc? Eh bien je comprends mal comment ces mêmes journalistes et médias ne voient pas l'affichage religieux comme étant identitaire surtout que l'on entend très souvent:" Mon voile c'est mon identité, ma religion c'est mon identité" Pourquoi ne jamais questionner cette sorte d'identitaire d'abord????

      Les croyances ne sont -elles pas individuelles et pourquoi tenir à les afficher comme identitaires?

      Votre collègue Christian Rioux a écrit un très bon article , vous devriez le lire---

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 1 avril 2019 02 h 20

    Qu'on en finisse!

    Tel est le voeux courageux de la C.A.Q.Il nous faut comprendre,entre les lignes, que le nationalisme,des
    encore chaudes braises animant François Legault lui permettent de voir politiquement plus loin que son
    nez,ce promontoire,ce cap...
    Il s'agit donc,en la matière,de se prémunir d'une noble vigilance afin qu'à long-terme notre cohésion iden-
    titaire ne soit effritée par de légendaires hégémonies religieuses...par définition proclamée!
    Ne lâchons donc pas la patate,si chaude soit-elle!

    • André Joyal - Inscrit 1 avril 2019 08 h 28

      M. Guillotte: Oui, qu'on en finisse! J'en ai marre de toujours devoir reprendre les mêmes arguments. Comme si une loi sur la laïcité conduit à occulter les problèmes de la pauvreté. Pour contrer ces derniers, en retour de l'adoption de cette loi telle que présentée, j'offre au gouvernement une augmentation de mes impôts de 10%. Et qu'on en finisse!!!
      Ainsi ,JF Nadeau se fera peut-être plus intéressant comme il l'a déjà été.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 avril 2019 09 h 19

      Oui, c’est le vœu de la CAQ, mais c'est aussi le souhait de la grande majorité des gens (82%) de reléguer les superstitions que sont les religions dans la sphère privée. L’acharnement religieux est peut-être thérapeutique pour des gens comme ceux de Québec solidaire, mais pour les gens ordinaires, ils sont déjà passés à un autre appel.

      Voilà ce que disait Christian Montmarquette, membre fondateur de Québec solidaire au sujet de gens comme vous et moi dans « La CAQ et sa conception immaculée de l’éducation » du Devoir (29 mars 2019).

      « La majorité (53%) des Québécois sont des analphabètes fonctionnels incapables de comprendre un texte simple avec un minimum de mots. De ce nombre, 20% ne savent ni lire ni écrire. Et vous allez nous faire croire qu'ils sont en mesure de prendre une décision juste et éclairée sur un droit fondamental et constitutionnel avec toutes ses implications sociales, politiques et juridiques? »

      Que pouvez-vous rajouter à cela? Bien oui, ceux qui n’ont pas été induits de l’onction du Parti national-socialiste des islamo-gauchistes Québécois doivent prendre leur place parce qu’eux ont la vérité. Ceux qui nous inondent de leur message tonitruant d’appropriation culturelle, de « safe space », de racisme systémique, de discrimination positive et de rectitude politique à tous les jours, voudraient nous imposer leurs politiques comme un certain petit barbu des années trente. S’ils avaient une once de courage, ils nous auraient livré leur position sur la laïcité bien avant les élections.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 11 h 00

      Sur celle-là, Christian Montmarquette s'est planté, d'aplomb. Vous devriez pourtant lui être reconnaissant de reprendre cette légende urbaine à son compte, vu que vous y croyez vous-même... au lieu de vous lancer dans des outrances verbales dont on se demande où elles s'arrêteront. Quand on est rendu à taxer de nazisme... Vaut mieux être alphanabête que lire ça. :)

    • Cyril Dionne - Abonné 1 avril 2019 13 h 43

      Cher inscrit (Richard Maltais Desjardins),

      Ce sont toujours ceux qui prolifèrent les mensonges qui veulent que les autres se taisent. Pour eux, déconstruire l'équation religieuse équivaut à un blasphème qui doit être puni. Ils écrivent tous avec une clarté clair-obscur en dissimulant un agenda caché et si quelqu'un regarde en-dessous de la pierre d'où ils sont sortis, on criera au crime. Ce sont des petites minorités extrémistes qui voudraient imposer leur vision du monde. Les djihadistes avec leur Califat l’ont fait tout en assassinant plus de 150 000 personnes en seulement quelques mois. C’est le génocide le plus récent. Et pourtant, ils crieront au racisme parce que certains adeptes de cette même superstition créationniste veulent imposer leurs symboles religieux sur la place publique.

      Et non cher inscrit, vous ne me ferez pas taire. Au moins, vous avez compris ce que « Parti national-socialiste des islamo-gauchistes Québécois sous-entend ;-) . Enfin, il y a peut-être une lueur d’espoir dans votre cas. La déradicalisation est possible. Vous ne faites pas partie de cette « majorité (53%) des Québécois qui sont des analphabètes fonctionnels incapables de comprendre un texte simple avec un minimum de mots. De ce nombre, 20% ne savent ni lire ni écrire selon Christian Montmarquette, membre fondateur du parti d’on vous savez le nom.

      En passant, quelles sont les qualifications éducationnelles et professionnelles de M. Montmarquette, notre sbire attitré du Parti national-socialiste des islamo-gauchistes Québécois, Caramel mou oblige? On aimerait bien le savoir…

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 avril 2019 14 h 44

      @Cyril Dionne,

      "Ceux qui n’ont pas été induits de l’onction du Parti national-socialiste des islamo-gauchistes Québécois doivent prendre leur place parce qu’eux ont la vérité" - Cyril Dionne

      Vous vous tirez dans le pied.

      Ce sont les nazis de l'extrême droite fasciste dirigée par Adolf Hitler qui ont stigmatisé le 2% de Juifs, pour ensuite se faire élire en se présentant comme de prétendus sauveurs de la nation, pas la gauche.

      "Le «national-socialisme» se veut opposé au «socialisme international», c'est-à-dire, des mouvements socialistes internationalistes d'inspiration marxiste ou non, tels que l'Internationale socialiste ou l'Internationale communiste dont la vocation universaliste était à l'opposé du nationalisme pangermaniste hitlérien."

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 avril 2019 15 h 14

      @Richard Maltais Desjardins,


      Sur celle-là, Christian Montmarquette s'est planté, d'aplomb. - Richard Maltais Desjardins

      Planté d'aplomb ? Pas si sûr..

      Et je considère pas mal plus crédible une étude de l'OCDE qu'un sondage PQ-Léger:

      "Le Québec toujours aux prises avec des problèmes d'alphabétisation"- Radio-Canada 7 septembre 2018

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1122453/alphabetisation-litteratie-carte-quebec-canada-ocde

      .

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 22 h 14

      Monsieur Dionne, je ne comprends pas pourquoi je suis désigné comme «inscrit» alors que je suis toujours abonné. Dommage, cette simple allusion était l'objection la plus déterminante que vous ayez jamais faite à mes propos.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 22 h 26

      Monsieur Montmarquette, ce verdict n'émane pas de l'OCDE mais d'une interprétation abusive de la fondation québécois pour l'alphabétisation qui a été répétée si souvent qu'on a fini par croire qu'elle en émanait. On peut lire à ce sujet un texte de Pierre Fortin

      https://lactualite.com/lactualite-affaires/2017/07/11/53-danalphabetes-fonctionnels-voyons-voir/

      ou encore les excellentes analyses de Mario Jodoin, dont

      https://jeanneemard.wordpress.com/2012/10/31/analphabetisme-fonctionnel/

  • René Bourgouin - Inscrit 1 avril 2019 03 h 37

    Le propos étant...?

    J'ai beau relire ce texte, je ne vois pas où l'auteur veut en venir exactement.

    Visiblement la place qu'occupe ce débat agace l'auteur et voudrait qu'on s'occupe des «vraies priorités» mais on n'arrive pas à savoir ce qu'il pense que le gouvernement aurait dû faire concrètement dans le dossier laïcité. Ne pas s'en mêler? Aller moins loin? Plus loin? Une autre approche? Laquelle?

    Si l'auteur ne veut pas dire ce qu'il pense vraiment, pourquoi il chronique là-dessus?

    Mais citer le «grand Tolstoï» ça fait chic...

    • Jacques Lamarche - Inscrit 1 avril 2019 09 h 10

      Je partage, d'emblée, votre malaise! Que diable veut nous faire croire celui qui, d'ordinaire, est si clair! Que la laîcité ne règlera aucune injustice sociale! Ce n'est pas le but visé. Mon malaise tient davantage au lien que veut établir M. Nadeau entre la laÏcité et l'identité, et pour laquelle il affiche un net mépris! Comme si elle était une tare dont il fallait avoir honte!

      Dommage que sa mauvaise humeur ait à ce point perturbé son jugement, troublé sa pensée! Cela peut arriver aux meilleurs!

    • Paul-Marie Bernard - Abonné 1 avril 2019 10 h 41

      Dans ce texte de monsieur Nadeau, la virtuosité littéraire est inversement proportionnelle à la rigueur des propos!
      Paul-Marie Bernard

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 1 avril 2019 16 h 13

      M. Bourgouin, je n'ai lu l'article qu'une fois. Ce que j'en tire, essentiellement, c'est que l'auteur propose de s'attaquer à la pauvreté. Tout l'occident a un problème de pauvreté qui perdure. La lutte contre la pauvreté est certainement beaucoup plus noble que la fixation sur l'identité (identité qui n'est pas en péril). Et j'approuve.

  • Gilles Tremblay - Inscrit 1 avril 2019 04 h 24

    Comme le ROC, vous n'avez définitivement rien compris à l'avènement.

    <<Comment peut-on penser édifier une identité nationale sur la base du simple principe de la séparation de l’Église et de l’État>>
    Ce qui est mis en avant plan avec cette séparation entre l'église et l'état, Monsieur Nadeau, ce n'est pas une question d'identité nationale, mais une question d'évolution sociale, axée sur l'humain ouvert à l'autre, pour en finir avec ce concept archaïque de Dieu tout puissant et autres psychoses religieuses, axé sur des arrivistes refermés sur leur nombril, qui, de tout temps, sont sources de conflits et de guerres, aujourd'hui plus que jamais. Peut-être n’êtes-vous pas au courant, par les temps qui courent, de ce qui se passe au Vatican et en Palestine avec la non-séparation du pouvoir entre le religieux et l'état.

    • Serge Lamarche - Abonné 1 avril 2019 14 h 08

      Le religieux et l'état étaient séparés pour un temps dans des pays du moyen orient. Le religieux a tout simplement grandi et a avalé l'état tout rond. En Israel, l'état est par définition religieux depuis le départ.

    • Gilles Tremblay - Inscrit 1 avril 2019 22 h 46

      Un état religieux devenu sectaire et armé jusqu'aux dents dénoncé par l’ONU pour ses violations des droits de l’homme en Palestine. Et que dire du Vatican, un autre état religieux combien de fois en guerre par le passé, farci à présent par la honte du silence des sévices sexuels de leurs émules à crucifix sur les enfants de la planète et des tortures qu'ils font subir aux bonnes soeurs devenues leurs esclaves? C’est exactement cela la religion, c’est exactement ce que le Québec rejette et décroche de son mur parlementaire et laïque.