Ce qu’on n’ose pas dire

Au lendemain de l’attentat terroriste de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, plusieurs tribuns de la droite identitaire ont qualifié d’appels à la censure les analyses qui établissent des liens pourtant évidents entre la toxicité du discours public et la montée de la violence d’extrême droite en Occident. Ces défenses de la liberté d’expression haineuse ont notamment un effet sur des chefs de formations politiques canadiennes, qui craignent de désavouer une partie de leur base s’ils dénoncent clairement l’islamophobie.

C’est le cas d’Andrew Scheer, qui, face au meurtre de 50 Néo-Zélandais, a d’abord exprimé des sympathies générales et condamné « ce genre de haine », sans aucune référence à l’identité particulière des victimes. Après que des critiques acerbes eurent fusé sur les médias sociaux, et même au sein de son caucus, il a finalement accepté de décrire la tuerie comme une attaque « lâche et odieuse contre la communauté musulmane ».

Anecdotique, cette première hésitation ? Bien sûr que non. M. Scheer sait très bien mesurer l’importance des mots, ceux qui sont dits et ceux qui sont tus. On comprend mieux son choix initial lorsqu’on sait que le chef du Parti conservateur a nommé Hamish Marshall comme proche conseiller et président de sa prochaine campagne électorale. Marshall est un ancien dirigeant de la plateforme d’extrême droite Rebel Media, une entreprise maintes fois comparée au Breitbart News de Steve Bannon aux États-Unis.

Rebel Media a perdu son mince vernis de respectabilité en 2017 lorsque sa journaliste Faith Goldy, bien connue pour sa défense d’un retour à une immigration exclusivement européenne pour le Canada, a offert une couverture sympathique du rassemblement de suprémacistes blancs qui a fait une morte et plusieurs blessés à Charlottesville, en Virginie. Depuis, les conservateurs dansent un tango inconfortable. Forcés de se distancier publiquement de la plateforme, ils savent néanmoins que ses abonnés font partie de leur base électorale.

Le même jeu a pu être observé le mois dernier lors de la mobilisation de United We Roll.

Le convoi de camionneurs traversait le Canada pour demander la construction de pipelines et, du même souffle, dénoncer le Pacte international pour les migrations sûres des Nations unies. La présence de plusieurs éléments d’extrême droite au sein du mouvement était bien connue, ce qui n’a pas empêché M. Scheer de prendre la parole lors de son rassemblement d’Ottawa, juste après… la même Faith Goldy. On s’est gardé d’appuyer officiellement le mouvement, mais pas au point de lui tourner complètement le dos.

Ces choix stratégiques prennent tout leur sens dans le contexte de la dissidence de Maxime Bernier et de la création de son Parti populaire. M. Bernier, qui a refusé d’émettre tout commentaire sur Christchurch, semble ouvertement s’inspirer de Donald Trump pour le style de plusieurs de ses déclarations incendiaires sur Twitter — majuscules comprises. Ce qui force M. Scheer à porter encore plus attention à son aile droite.

Le Parti conservateur uni de Jason Kenney, présentement en tête des élections provinciales albertaines, accueille aussi en son sein des tenants de ces mêmes idéologies. Il vient d’ailleurs d’être révélé que sa candidate pour Calgary-Mountain View s’inquiétait du « remplacement de la population blanche ». Doit-on s’étonner qu’un homme qui a mené sa dernière campagne fédérale en promettant la chasse aux « pratiques culturelles barbares » attire de tels énergumènes ?

À l’instar de Kenney, Doug Ford a appuyé le mouvement des gilets jaunes canadiens, qui, contrairement au mouvement français, a dès son origine été lié à des organisations d’extrême droite. Et il a d’ailleurs été vertement critiqué l’automne dernier pour avoir refusé de se dissocier de… Faith Goldy — oui, encore elle ! —, avec qui il avait été photographié alors qu’elle était candidate à la mairie de Toronto.

Ici, le Parti québécois a dû laisser partir des candidats lors de la dernière campagne pour leurs déclarations islamophobes sur les réseaux sociaux. Alors que La Meute exprimait son admiration pour la CAQ, François Legault avait dû s’en distancier, en affirmant que le groupe était « sur le bord du racisme ». L’un des leaders du groupe avait alors répliqué que Legault devait l’être tout autant, puisque La Meute s’était inspirée de la plateforme caquiste pour rédiger son propre manifeste.

M. Legault pensait-il à cette frange d’électeurs lorsqu’il a avancé — avant d’être forcé de se rétracter —, juste après le deuxième anniversaire de la tuerie de Sainte-Foy, qu’il n’y avait pas d’islamophobie au Québec ?

Il se passe quelque chose d’inquiétant au Canada. Il est de plus en plus difficile pour les formations politiques de droite de faire fi des sensibilités d’extrême droite dans les calculs politiques qui déterminent leurs programmes, stratégies, déclarations et silences.

En ce 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, il est important comme toujours de dénoncer le racisme sous toutes ses formes, ce qui comprend bien sûr l’islamophobie. Surtout, il semble urgent de mettre au jour ce qui pousse des leaders à ne pas le faire, ou à obtempérer le plus discrètement possible. Il y a là une menace importante à la santé de nos démocraties.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

51 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 21 mars 2019 01 h 05

    Merci de ces précisions

    Cela explique bien les réactions de ces politiciens.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 mars 2019 10 h 43

      Quelles précisions?

      Encore une fois, il ne faut pas réduire des idéologies politico-religieuses à des races et des ethnies. La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale parle justement d’un certain réflexe à proscrire envers l’ethnie, la race, la couleur d’une personne, pas ses amis imaginaires.

      Bon. La montée de la violence d’extrême droite en Occident est directement proportionnelle à la montée de la violence islamofasciste qui est bien implantée partout sur la planète. Désolé, mais l’extrémisme n’opère pas en vase clos et si un groupe du côté gauche du spectrum terroriste opère, il sera contrecarré par un autre à droite et à l’opposition de celui-ci.

      Bien oui, on parle de l’attentat terroriste de Christchurch tout en occultant celui d’Utrecht en Hollande de cette semaine. De toute façon, nous sommes tellement habitués aux actes terroristes islamistes que ceux-ci font partie de la vie de tous les jours. Pardieu, ils ont fait plus de 375 000 victimes en Syrie et causé le déplacement de millions de personnes avec leur Califat.

      En passant, personne n’a voté pour le Pacte international pour les migrations sûres des Nations unies, personne. Celui-ci nous été imposé sans que la population soit consultée au préalable. C’est bien beau toute cette migration qui est dans la plupart des cas, illégale, mais il y aussi un coût à associé à cela et sont les contribuables qui sont toujours tributaires pour payer.

      Juste pour dire que la CAQ a été élue avec une forte majorité et maintient un support populaire qui frise le 50%. Le peuple québécois a décidé et a voté pour M. Legault. La démocratie a parlé.

      Mais cette chronique, comme toutes celles auparavant de cette madame Nicholas, veut culpabiliser les Québécois en ce qui concerne l’immigration. À plusieurs reprises, elle se plaignait que l’immigration haïtienne était en baisse au Québec. Voilà la vraie raison de ses diatribes envers le Québec et le Canada.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 21 mars 2019 16 h 13

      M. Dionne. On vilipende les islamistes. Mais, comment çà a-t-il commencé ? Je parlerai du contemporain; il n'est pas nécessaire de remonter aux Croisades : Le sabre et le goupillon. En 2001, je crois, Bush père a bombardé l'Irak. Bush fils a envoyé l'armée (Armes de destructions massives). Saddam a fini dans des égoûts. Le chien ! Depuis ces opérations américaines, la région (Irak, Afganistan, Pakistan) est à feu et à sang.
      Puis, il y a eu le printemps arabe mis en branle par l'Europe. Khadafi était reçu en Europe et était l'ami de Sakozy. (Le Prince d'Arabie saoudite (MBS) est reçu de nos jours en grandes pompes en Europe). Les bombardements de la Lybie, et autres interventions en Afrique du nord, sous l'égide de Sarkozy, ont mis la région, oui, à feu et à sang. La Lybie était un rempart contre les migrations sub-sahariennes. Khadafi a été abattu sans égard. Le chien ! Je tiens l'ouest responsable des mouvements humains contemporains. Que viennent faire les Haïtiens dans cette affaire islamiste ? Le Québec a le droit de choisir ses immigrants. Ne dites-vous pas que l'immigration est un privilège ? Je ne suis pas d'accord. Cependant, M. Labeaume et M. Legault peuvent faire la cour la cour aux Français, du jamais vu au Québec.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 mars 2019 23 h 02

      M. Noël, bien que je suis d’accord avec vous que Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et Bashar al-Assad étaient et sont des remparts contre l’extrémisme islamiste, vous oubliez un détail plus qu’important. C’est depuis la fin du XXe siècle que nos fous d’Allah s’en prennent à l’Occident. En France, le 9 août 1982, il y a eu un attentat à la rue des Rosiers à Paris. Résultat, 6 morts et 22 blessés. Et les exemples sont nombreux bien avant 2001 et vous n’avez qu’aller lire le lien wikipédia que j’ai mis dans un commentaire au bas de la page de cette chronique. Alors, nos islamofascistes n’ont pas eu besoin des Américains pour semer la mort et la terreur partout sur la planète. Vous vous en rappelez, Oussama ben Laden et sa bande de joyeux lurons d’Al-Qaïda durant la guerre des moudjahidines en Afghanistan étaient des grands amis des Américains.

      Ceci dit, non l’immigration n’est pas un droit, mais bien un privilège accordé qui peut-être révoqué en tout temps. Sinon, les frontières n’existent plus et le système des avantages sociaux au Québec non plus. Posez-vous la question suivante : est-ce que vous pouvez aller en Suisse légalement ou illégalement et devenir un citoyen juste parce que vous le demandez? Évidemment que non. Au Japon, il n’y en n’a pas d’immigration et personne ne les traitent de racistes. Et je ne suis pas M. Labeaume et M. Legault en ce qui concerne les Français.

      Enfin, cette madame utilise l’argument du racisme parce qu’elle voudrait qu’on accepte tous les Haïtiens qui viennent au Québec illégalement parce qu’elle se plaignait dans l’autre chronique que l’immigration haïtienne était en baisse au Québec. Misère.

  • Nadia Alexan - Abonnée 21 mars 2019 01 h 39

    La vraie menace pour les démocraties provient du musèlement de la liberté d'expression.

    Je ne connais ni la journaliste Faith Goldy ni Rebel Media, et je ne suis pas d'accord non plus avec les déclarations de racisme provenant de la droite ou de l'extrême droite, comme Maxime Bernier. Et je ne suis pas non plus contre l'immigration.
    Par contre, je suis inquiète par le musèlement de la liberté de parole par peur des accusations de racisme et de xénophobie. Je trouve que la vraie menace importante à la santé de nos démocraties est la peur des gens de s'exprimer. Cette peur qui empêche le dialogue est à la source du «populisme» qui est en train de surgir par tout dans le monde. On devrait avoir le droit de critiquer une religion sans se faire accusé de racisme et d'intolérance.
    Selon l'auteur célèbre, Salman Rushdie, les démocraties sont trop laxistes? Le romancier se désole qu'après les terribles attentats qui ont frappé la rédaction de Charlie Hebdo, le gouvernement français a mal réagi. «Au lieu de répondre aux attaques contre la liberté d'expression, des voix se sont élevées pour crier au «blasphème» et proposer des compromis avec le terrorisme. Il n'y a pas de blasphème dans une démocratie», affirme-t-il.
    Un peu partout dans le monde, la religion s'infiltre dans la politique. Pour l'écrivain, les choses sont évidentes. Les islamistes veulent le pouvoir politique. Ils pensent que la société parfaite a existé au VIIe siècle.
    Il ne comprend pas davantage l'obstination des chefs d'État à ne pas prononcer le mot «islam» quand il réagit à des attentats commis en son nom. L'auteur interprète ce silence comme une prudence pour ne pas heurter les musulmans.
    Enfin, pour Salman Rushdie, Daech représente une forme de l'islam, que la plupart des musulmans rejettent, mais qui existe et se développe. Or l'écrivain britannique se demande comment combattre un cancer si on ne reconnaît pas qu'il est dans son corps?

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 21 mars 2019 09 h 08

      @Mme. Alexan

      Vous vivez dans votre bulle, informez-vous un peu avant de répéter vos diatribes laïcardes inopportunes.

      Rebel Media, et autres de même engeance, utilisent le prétexte de la liberté d'expression pour inonder ce qu'il y a de plus ignorant dans notre société de théories du complot (où se mêlent les banquiers juifs, le financement occulte des caravanes de migrants, la volonté de faire disparaître l'homme blanc, l'illusion des changements climatiques, les grandes sociétés qui nous contrôlent, Georges Orwell pour les pauvres, etc.) relevant de l'astrologie paysanne.

      C'est ainsi qu'une frange non négligeable de la population croit que la terre est plate, que les migrants sont commandés pour remplacer les blancs de l'Occident (!), qu'une clique de 15 personnes prend toutes les décisions derrière tous les événements qu'on vit (attentats, guerres, catastrophes naturelles). C'est une manipulation répondant à un besoin de sens. Et une foule manipulée est capable des pires atrocités.

      Cette apologie de la haine est une menace à la vie démocratique, puisqu'elle s'oppose à ses fondements : égalité, débat éclairé, recherche du consensus, respect de l'opposition.

      Les gens n'ont pas peur de s'exprimer, comme on le constate quotidiennement avec ces mouvances. Sortez un peu de l'Islam pour voir qui porte le capuchon blanc.

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 mars 2019 13 h 31

      À monsieur Alexis Lamy-Théberge: Je n'ai jamais appuyé les sites webs de l'extrême droite ni fait «l'apologie de la haine» dont vous parlez». Par contre, il ne faut pas mettre la tête dans le sable en banalisant les atrocités commissent par l'islam politique, que la bien-pensance passe souvent sous silence. L'Islam politique et l'extrême droite sont deux idéologies fascistes, deux côtés de la même médaille.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 21 mars 2019 14 h 31

      @Mme. Alexan

      Vous affirmez que "la vraie menace importante à la santé de nos démocraties est la peur des gens de s'exprimer". Je conteste cette assertion. Il n'y a qu'à lire les relativismes sous cette chronique pour s'en convaincre : la liberté d'expression existe et est respectée, même par les plus ignorants, jusqu'à jouer sur les mots utilisés par Madame (on semble ignorer que le racisme moderne n'est plus biologique mais culturel).

      Je suis d'accord avec vous pour s'opposer à l'islamisme (bien que je ne suis pas en accord avec votre façon de faire), mais l'urgence n'est pas la même, du moins pour notre territoire (on peut parler du Pakistan dans un autre article...) : le Président du pays voisin est xénophobe, comme plusieurs autres du globe ; le leader du Parti d'opposition au Canada flirte avec les suprémacistes blancs (même chose en Alberta) ; notre propre Premier ministre semble ignorer les discriminations systémiques qui sévissent ; le principal journal de la province vomit quotidiennement ses simplifications violentes sur l'immigration musulmane. Nul de ces coquins n'est censuré : Rebel Media, Andrew Sheer ou Lise Ravary peuvent se prononcer sans souci des faits sur une foule de sujets contribuant à une vision simpliste et étriquée de la présence immigrante au Québec. Et ce déversement contribue à faire croître la haine et la violence.

      C'est ça, la principale menace au vivre-ensemble au Québec.

    • Pierre Desautels - Abonné 21 mars 2019 15 h 53


      @Alexis Lamy-Théberge

      Vous avez bien résumé ce qui se passe avec la droite et l'extrême droite chez nous, et les médias qui les nourrissent. En Amérique du Nord, ce sont eux qui représentent le plus grand danger.

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 mars 2019 17 h 03

      À monsieur Alexis Lamy-Théberge: Vous semblez ignorer la haine qui provienne des sites web islamistes qui ne cessent de promouvoir l'animosité et la révulsion contre les infidèles et les valeurs occidentales. Deux poids deux mesures?

    • Cyril Dionne - Abonné 21 mars 2019 17 h 37

      Il nous reste à résumer l'extrême gauche et les islamofascistes. Désolé, les islamofascistes sont le pire danger de l'humanité avec 375 000 morts seulement en Syrie avec leur fameux Califat.

      Je pourrais énumérer toutes les attaques terroristes des islamistes mais ils ne nous allouent pas assez de place dans ce commentaire. Le lien ci-dessous fait la liste de tous les attaques islamistes depuis 1980 à aujourd’hui.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27attaques_terroristes_islamistes

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 21 mars 2019 21 h 24

      Monsieur Lamy-Théberge, le directeur de Rebel, Ezra Levant, est juif et traque précisément les attaques antisémites. C'est documenté.
      Je vous cite :

      « Rebel Media, et autres de même engeance, utilisent le prétexte de la liberté d'expression pour inonder ce qu'il y a de plus ignorant dans notre société de théories du complot (où se mêlent les banquiers juifs, le financement occulte des caravanes de migrants, la volonté de faire disparaître l'homme blanc, l'illusion des changements climatiques, les grandes sociétés qui nous contrôlent, Georges Orwell pour les pauvres, etc.) relevant de l'astrologie paysanne. »

      Avant de signifier aux autres qu'ils sont ignorants, peut-être que pèter sa propre bulle serait pertinent?
      Rebel a pu documenter la caravane, parce que eux, sont allés sur place... J'étais très content qu'ils le fassent et pouvoir entendre des sources primaires : des gens qui en faisaient partie.

      Je trouve Rebel grossier, caricatural, mais au fond, pas vraiment plus que mon milieu de gauche dont je ne vois plus l'idéologie. Quand on dit de s'abreuver à plusieurs sources, ça veut aussi dire les sources que l'on aime pas. Une fois qu'on se débarasse de l'opinion, on se rend compte que sur le terrain, ils ont beau être tendancieux, ils rapportent ce qui est là. On peut pas en dire autant de Radio-Cadenas...

      Je ne trouve pas la terre plate pour autant. L'esprit irrévérencieux d'internet a un sloga (c'est de l'humour) pour parler des «normaux» qui s'affolent à propos d'internet et qui ne savent même pas décoder un «meme» : Normies, Get Out!

      Un excellent livre, recommandé par Zizek a d'ailleurs été écrit sur le sujet : Kill all the Normies ( c'est vraiment le titre et c'est ironique)
      de Angela Nagle.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 22 mars 2019 08 h 17

      @M. Gill

      Restons sérieux. Quel est l'essentiel de votre propos? Rebel Media fait dans la caricature, mais c'est pareil à gauche?

      Bon, revenons au sujet : Mme. se plaint des méchants Islamistes qui font taire toute critique, alors que je constate qu'une bonne part de nos médias ne carburent qu'à la désinformation, avec en tête la critique de tout ce qui se rapporte de près ou de le loin à l'Islam.

      Donc, à quoi répondez-vous? Je connais Rebel Media suffisamment pour savoir qu'ils ne font pas dans l'information mais dans le divertissement. De considérer des sans terre marchant en quête d'une nouvelle vie comme des envahisseurs (invasion est le terme choisi par David Menzies) est plus que caricatural : c'est un appel à la violence pour défendre la patrie, ce n'est pas une enquête journalistique.

      Même chose s'il s'agit de tisser des liens entre le Maire de Londres et la mouvance terroriste islamiste. Nous ne sommes pas dans la compréhension d'un phénomène mais dans la fertilisation de la peur. C'est bien de s'abreuver à plusieurs sources, mais il vaut mieux éviter les égouts. La situation est similaire, mais peut-être moins assumée, chez de nombreux chroniqueurs de Québécor. C'est à ce ratelier que se nourrissent nos louveteaux patriotiqués, ce n'est pas la triangulation des informations pour un meilleur contrôle Qualité, c'est l'angoisse constante devant le Complon mondial des élites. Tous n'ont pas votre formidable esprit critique. Je crains, et je constate, que ça entraîne des conséquences violentes dans notre société, pas seulement des "mèmes" joyeux et irrévérencieux.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 mars 2019 00 h 03

      A la liste des attaques islamistes donnée par Cyril Dionne il ne faudrait pas oublier les exactions du GIA en Algérie des années 90 ou même les civils étaient des cibles par village entier, souvent maison par maison et a l'arme blanche.

      Le Monde diplomatique, qui n'est pas vraiment une publication de droite, a fait un retour en arrière sur les lieux en 2017. Et cela glace toujours autant le sang, toujours une incroyable rigidité religieuse même de la part de survivant de ces massacres !

      http://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/DAUM/5777

      Wiki sur le Groupe islamique armé
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_islamique_arm&

      Tout en gardant a l'esprit que les dernières victimes de la Nouvelle-Zélande ont probablement rien a voir les islamistes.

  • Jocelyn Roy - Abonné 21 mars 2019 04 h 41

    Nous aurons droit aux mêmes correctifs...

    Mme Nicolas... vous avez osé utiliser le terme "islamophobie". Attendons voir, vous recevrez probablement de nombreuses réactions qui vous rappeleront que le terme est innaproprié, détournant ainsi le sens de votre propos pour le transformer (encore une fois) en débat rhétorique. Merci toutefois de nous rappeler que cette droite est de plus en plus décomplexée.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 21 mars 2019 10 h 55

      « Ces défenses de la liberté d’expression haineuse ont notamment un effet sur des chefs de formations politiques canadiennes, qui craignent de désavouer une partie de leur base s’ils dénoncent clairement l’islamophobie. »

      Ok : Qu'est-ce que la « liberté d'expression haineuse »? Qui fait de la rhétorique ici?

      Si l'on est en désaccord avec le concept d'islamophobie et son instrumentalisation, on n’est pas pour la dénoncer. Les réformistes musulmans sont les premiers à ne pas aimer ce terme qui est utilisé contre eux. Voici un extrait d'une entrevue de Karim Akouche, par Christian Rioux : « Quelle ne fut pas la surprise de Karim Akouche de se voir taxé au Québec d’« islamophobe ». En Algérie, dit-il, « on ne m’avait jamais dit ça ! Ce qui me dérange chez les élites occidentales, c’est qu’elles ont le complexe du colonisateur et essaient d’expliquer le djihadisme par ses seules causes sociales. »

      Je ne suis pas de « droite », mais je suis effectivement de plus en plus décomplexé. Stephen Harper trouve irresponsable notre gestion des réfugiés au Canada. Je pense la même chose que lui. Il pense que l'augmentation de la dette est monstrueuse, moi aussi.

      Est-ce que ça fait de moi quelqu'un « de droite » si je constate en même temps qu'Harper qu'il pleut?
      Elle prête des intentions à plein de gens au lieu de faire une analyse solide, puisque justement nous doutons de son point de vue. Son texte ne fait que parler aux convaincus.

      Des actions politiques absolument normales sont désormais vues comme criminelles et racistes (respecter nos frontières, limiter l'immigration). La SRC a traité Lauren Southern de «militante d'extrême droite», même Jordan Peterson y a goûté.

      Non seulement on nous dit de nous la fermer, mais on veut nous mettre des mots dans la bouche; ce faisant; ce qui devait être une étiquette grave, « raciste », « extrême droite », est devenu banal...

    • Pierre Desautels - Abonné 21 mars 2019 11 h 28


      Le terme est inapproprié? Pourtant, il est utilisé, même par la droite, en France. Et le remplacer par quel mot? Le Petit Robert introduit le mot, dans son édition 2006, en le définissant comme :

      « une forme particulière de haine dirigée contre l'islam et les musulmans qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins »

      Le Grand Robert, dans son édition 2015, écourte la définition qui s'accorde dorénavant avec celle du dictionnaire Larousse, pour lequel l'islamophobie renvoie à l'« hostilité envers l'islam, les musulmans ».

      Bien sûr, les militants de la droite et de l'extrême droite n'aiment pas ce mot, mais il est là pour rester, ne perdez pas votre temps. Il s'agit ici d'une autre forme de "politically correct" de cette droite identitaire, pour fermer toute discussion.

  • Réal Boivin - Abonné 21 mars 2019 06 h 11

    En français, les mots sont importants.

    Le 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. L'islam est une religion pas une race. Il faudrait tout d'abord savoir de quoi vous parlez Mme Nicolas.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 21 mars 2019 08 h 13

      Vous amenez une distinction fonfamentale: " L'islam est une religion pas une race"

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 21 mars 2019 09 h 12

      @M. Boivin

      Où étiez-vous ces dernières décennies?

      Il est pourtant clairement dit (mais il faut écouter, de bonne foi) que le racisme est une discrimination envers un groupe du fait de certaines de ses caractéristiques, qu'il caricature et essentialise. Les races n'existent pas, pourtant on parle toujours de racisme, vous avez remarqué?

      L'islamophobie essentialise les Musulmans en leur prêtant certaines caractéristiques fondamentales, non plus biologiques mais culturelles. C'est pourquoi il s'agit d'un racisme.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 21 mars 2019 13 h 09

      En effet l'utilisation du terme «islamophobie» encourage la confusion qui règne dans la population. On ne demande pas aux gens de quelle religion ils sont quand on les croise. Les gens vont voir un arabe, et ils se diront à tort qu'il est musulman forcément, mais il y a des chrétiens arabes. Quand on attaque une mosquée on s'attend à y trouver des arabes, les tueurs se fichent du reste. Ce qui caractérise le monde arabe c'est leur langue et leur culture riche et ancienne. On ne jouera pas sur les mots, le racisme consiste à démoniser ceux qui en sont pas comme nous, dans notre «gang». N'importe qui se sent menacé dans certains coins de l'Alabama encore aujourd'hui. Les tueurs extrémistes ont de la haine pour les arabes, et pour ceux qui les aiment et les défendent.

    • Christiane Gervais - Inscrite 21 mars 2019 15 h 44

      Mme Nicolas comme les autres sait très bien qu'une religion n'est pas une race, mais comme on détourne la religion musulmane à des fins politiques on détourne le sens des mots, et l'horreur du racisme, à des fins politico-religieuses. Procédé courant chez une « certaine » gauche.

  • Alain Gaudreault - Abonné 21 mars 2019 07 h 18

    Les antifas

    L'organisation d'extrème gauche des antifas me semble beaucoup dangereuse que des supposés groupes d'extrème droite qui me semble plus que marginale.Bien sur il ne vous passeras l"idée de les dénoncer vus que ce sont des gens de gauche.Je crois que tout les extrémistes de quelque soit leur tendances politique sont a dénoncer sans retenues et les islamistes aussi qui sont aussi des extrémistes!

    • David Cormier - Abonné 21 mars 2019 07 h 51

      D'ailleurs la phrase suivante tirée de sa chronique, s'appliquerait très bien à Mme Nicholas et à ses excités solidaires pour décrire leur propre attitude face aux antifas et autres groupuscules d'extrême gauche violents :

      "On s’est gardé d’appuyer officiellement le mouvement, mais pas au point de lui tourner complètement le dos."

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 21 mars 2019 08 h 41

      Un bon dialogue exige l'utilisation des meilleurs termes possibles. Dans Le Robert 2009, l'extrémisme est une «attitude» (p. 993), l'attirude de l'extrémiste. Quand à l'extrémiste,il n'est pas nécessairement violent et irrespectueux d'autrui. Exemple: Jésus de Nazareth était un extrémiste et une bonne partie de sa doctrine l'est encore aujourd'ahui par exemple l'idée de tendre la joue gauche à la personnei venant de nous frapper au niveau de la joue droite.

    • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 21 mars 2019 11 h 18

      Après un massacre terroriste islamophobe de grande ampleur en Nouvelle-Zélande, après que cette folie ait touché notre Capitale Nationale, que notre voisin du sud a mis à sa tête un gars qui trouve qu'"il y a des gens très" du côté du Klu Klux Klan, il y véritablement efferant de lire sous cette chronique autant de banalisation de cette extrême droite, et de relativisme du genre "ouin mais y'a aussi des extrêmes à gauche hein!"....

      Elle vous semble dangereuse, cette mouvance antifasciste qui ne tolère pas de rassemblements de la Meute dans les rues de Montréal? Mais de quoi avez-vous peur, et que défendez-vous? Si vous n'êtes ni d'un côté, ni de l'autre, où êtes-vous?

    • Jacques Patenaude - Abonné 21 mars 2019 16 h 58

      @Alexis Lamy-Théberge
      mme Nicolas a largement raison dans son propos sur l’extrême droite et l’ambiguïté de la droite. Cependant il serait utile qu'elle utilise sa chronique pour nous présenter aussi son point de vue sur les liens entre la gauche ultra radicale et la nouvelle gauche ne serait-ce que pour mieux situer son point de vue.

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 mars 2019 17 h 13

      Je suis d'accord avec vous, Monsieur Alexis Lamy-Théberge, qu'il faille fermer les sites web qui font la promotion de la haine contre les musulmans ou les immigrants. Mais il faudrait fermer, en même temps, les sites web des islamistes salafistes qui font la promotion de la haine contre les infidèles et les valeurs occidentales et qui essayent de recruter et radicaliser les jeunes au djihad international contre les mécréants.