L’immobilier se normalise

Le marché de l’immobilier résidentiel poursuit son atterrissage en douceur. Les données de janvier 2019 en témoignent. Les ventes de propriétés résidentielles ont été les plus faibles depuis 2015 pour un mois de janvier, avec un nombre de transactions diminuant de 4 % dans l’intervalle, selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Quant au prix moyen canadien, il se situait à 455 000 $, en baisse de 5,5 % sur un an.

En revanche, sur le système interagences, l’indice MLS du prix des logements a progressé d’un faible 0,8 %. Dans la région métropolitaine de Vancouver, l’indice des prix a diminué d’environ 4,5 % par rapport à l’année précédente. Il a cependant augmenté de 2,7 % dans le Grand Toronto, mais de 6,3 % dans la région métropolitaine de Montréal.

L’ACI a ajouté que l’offre et la demande étaient « équilibrées » pour plus de la moitié des grands marchés locaux. À l’échelle nationale, il aurait fallu 5,3 mois pour écouler toutes les maisons inscrites à la vente en janvier, ce qui est conforme à la moyenne à long terme, peut-on lire dans un texte de La Presse canadienne. Bref, le marché immobilier résidentiel se normalise.

En début d’année, ils étaient plusieurs parmi les analystes et les participants de ce marché à dénoncer les rigidités dans l’industrie et à souhaiter un assouplissement des règles hypothécaires imposées par les autorités de réglementation. Sur l’ensemble de 2018, les ventes résidentielles venaient de s’afficher les plus faibles depuis 2012. Une dirigeante du Bureau du surintendant des institutions financières a eu à défendre les changements appliqués. Dernière modification en date, les nouvelles règles hypothécaires introduites en janvier 2018 exigent que, même pour une mise de fonds d’au moins 20 % permettant de se soustraire à l’assurance hypothèque, les institutions fédérales doivent voir à ce que les acheteurs potentiels puissent démontrer leur capacité à acquitter leur hypothèque au taux admissible le plus élevé entre le taux hypothécaire contractuel majoré de deux points de pourcentage et le taux de référence de cinq ans publié par la Banque du Canada, fixé présentement à 5,34 %.

Simulation de crise et hausse des taux d’intérêt, l’indice d’accessibilité de la Banque Royale a atteint au troisième trimestre de 2018 son pire niveau depuis 1990. L’institution calculait alors que le revenu requis pour être admissible à la propriété a bondi de 66 % depuis le troisième trimestre de 2015, l’application du test de résistance comptant pour 40 % de l’augmentation.

Mais au-delà des grands marchés, la propriété demeurait accessible ailleurs. Et ils étaient plus nombreux à rechercher des logements plus abordables, notamment du côté des copropriétés. Se greffe à cet ajustement l’augmentation de la « qualité » de l’acheteur. En novembre dernier, CPA Canada reprenait les données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement soulignant que la proportion d’emprunteurs ayant une cote de crédit élevée est passée de 66 % en 2002 à 88 % en 2017. Dans l’intervalle, le nombre d’emprunteurs ayant une faible cote a chuté de 17 à 3 %.

Certes, le resserrement des règles a poussé depuis nombre d’emprunteurs vers des institutions financières non réglementées. Mais là encore, le nouvel encadrement pourrait être une source d’« affaires de meilleure qualité » pour ces prêteurs non traditionnels répondant aux demandes d’emprunteurs qui, autrement, auraient été acceptés par les grandes institutions, a déjà suggéré le cabinet de recherche immobilière JLR.

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