Les états d’âme de QS

Les bonnes nouvelles sont plutôt rares pour le PQ, qui ne sait manifestement pas si et comment il pourra assurer sa survie. Dans l’état où il se trouve présentement, il ne peut pas constituer une solution de remplacement sérieuse à la CAQ, qui monopolise le terrain nationaliste. Dans un premier temps, il doit au moins redevenir le premier choix des souverainistes. À cet égard, les états d’âme de Québec solidaire sur le port de signes religieux sont encourageants.

Le gouvernement Marois a cru à tort que la laïcité pourrait prendre le relais de la question linguistique comme moteur de la souveraineté. Il n’en demeure pas moins que la charte de la laïcité a provoqué le débat le plus intense que le Québec ait connu depuis l’adoption de la loi 101, il y a plus de quarante ans.

Il n’existe toujours pas de consensus sur l’étendue de l’interdiction qu’il convient d’imposer au port de signes religieux. Au départ, on voulait les bannir de toutes les administrations publiques, y compris les municipalités, les universités, les cégeps et les hôpitaux. L’irréalisme d’une telle ambition est vite apparu, mais la conviction que la laïcité de l’État doit s’incarner au moins en partie dans ses employés est restée.

La très grande majorité des Québécois estiment que les signes religieux devraient être interdits à tout le moins aux juges, aux policiers, aux gardiens de prison et aux procureurs de la Couronne, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor. Même dans le cas des enseignants, la question n’est plus tellement de savoir s’ils devraient être exemptés, mais plutôt s’ils devraient bénéficier d’une clause dite « grand-père » qui préserverait les droits acquis.

 
 

Compte tenu de sa clientèle anglophone et allophone, sans laquelle il aurait presque disparu le 1er octobre dernier, personne n’a dû être surpris de voir le PLQ réitérer son opposition à toute interdiction. Si l’électorat de QS est très majoritairement francophone, il ne faut cependant pas sous-estimer l’appui dont le parti bénéficie chez les non-francophones, dont certains militent très activement en faveur du libre-choix.

Consciente de l’évolution de la société québécoise, l’aile parlementaire de QS s’était ralliée aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, dans lesquelles Amir Khadir disait voir un « équilibre » acceptable. À l’époque, le caucus solidaire ne comptait cependant que deux députés, alors qu’ils sont maintenant dix. Au moins un d’entre eux, Vincent Marissal, a déclaré que l’interdiction le mettait « mal à l’aise », y compris dans le cas des agents de l’État qui détiennent un « pouvoir de coercition ».

La position de M. Marissal est peut-être en porte à faux avec l’opinion publique, mais il peut légitimement prétendre s’appuyer sur le programme officiel du parti, qui se lit ainsi : « C’est l’État qui est laïque, pas les individus. Québec solidaire accepte le port de signes religieux par les usagers et les usagères des services offerts par l’État. En ce qui concerne les agents et agentes de l’État, ces derniers peuvent en porter pourvu qu’ils ne servent pas d’instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve. Le port de signes religieux peut également être restreint s’ils entravent l’exercice de la fonction ou contreviennent à des normes de sécurité. »

 
 

« Il faut voir comment on interprète l’application de ce programme », a plaidé Manon Massé à l’issue de la journée de réflexion sur la journée que QS a tenue en fin de semaine dernière à Trois-Rivières. L’interprétation qu’en a faite l’aile parlementaire au cours des dernières avait cependant toutes les apparences d’une déformation. Lors du conseil national de mars prochain, « on ne va pas absolument rien changer à notre programme », mais plutôt l’« actualiser », a expliqué Mme Massé. Cela vous paraît clair ? À moi non plus.

Ce flou a été soigneusement entretenu au cours de la dernière campagne électorale. La plateforme de QS était totalement muette sur le sujet et ses porte-parole ne l’ont jamais abordé. Quand le gouvernement Legault déposera son projet de loi, il ne sera cependant plus possible de ménager la chèvre et le chou.

Il n’est pas question de se laisser influencer par les sondages, a lancé Mme Massé. À la bonne heure, mais le PQ ne demande qu’à pouvoir dire que QS est prêt à sacrifier l’identité québécoise à son credo multiculturaliste. Cela risque de faire très mauvais effet dans les régions où QS a réussi une étonnante percée le 1er octobre.

Chez les partisans d’une refondation du PQ qui permettrait de relancer le mouvement souverainiste sur de nouvelles bases, on ne se fait aucune illusion sur la possibilité d’une fusion avec QS. On préférerait d’ailleurs le vider de ses membres, comme René Lévesque l’avait fait jadis avec le RIN. Si QS veut se disputer les non-francophones avec le PLQ, grand bien lui fasse !

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100 commentaires
  • Maître Alain Rioux - Inscrit 12 février 2019 01 h 32

    Laïcité irréaliste et trop réalistes impôts!...

    Est-il irréaliste, l'enjeu de savoir si les contribuables devraient subventionner, par la contrainte des impôts et des taxes, la propagande religieuse, ou idéologique, affichée de ses employés, pendant leurs heures de travail, les fonctionnaires de l'État, de tout acabit, puisque financés à partir de son argent? Car, la laïcité, c'est la défense de la liberté d'opinion et de religion de tous, en général, au moyen de la neutralité de l'État. Sinon, la cité démocratique se retrouverait dans l'impasse de dire, à la fois et sous le même rapport: les citoyens sont libres, puisqu'ils votent, et ne sont pas libres, parce qu'ils paient... Belle logique que celle de celui qui refuse l'application radicale de la laïcité, parce que jugée "irréaliste"!

    • Claude Bariteau - Abonné 12 février 2019 09 h 48

      Au soir des élections de 2018, un horizon s'ouvrait aux promoteurs de l’indépendance. Le débat sur la laïcité y contribuera, mais différemment des vues de M. David et un peu sans votre perspective pour d'autres motifs.

      La CAQ veut conquérir une dignité perdue après 1995 après la marée du PLC qui fit en 2003 du PLQ son bras québécois. Devenu batailleur provincial aidé des bisbilles au PQ, ce parti, qui se bat sans armes égales, en sortira amoché.

      QS a aussi profité des bisbilles au PQ. Elles ont engendré des pirouettes sur l’indépendance et l'économie et une conception de la laïcité en signes religieux devenue son chant du cygne de l’ère post-Parizeau.

      Le dossier de la laïcité fit néanmoins ressortir les biais canadiens du PLQ et ceux de QS, un parti qu’il la conçoit comme les partis communistes poststaliniens ayant fait de l’opium religieux une arme pour affronter leurs adversaires économique.

      Ces deux partis font de la laïcité un principe et des signes religieux les rouages d’une lutte qui vise l‘éradication des États indépendants. Aussi, la création d’un pays hors de leurs paramètres ne peut qu’entraver leurs luttes respectives.

      Or, là se trouve l’horizon du PQ. Cet horizon nourrit les pays nordiques et les luttes pour des espaces de liberté, ce qui inclut celles de l’Écosse et de la Catalogne.

      Cet horizon est le seul qui mène à créer un pays. La CAQ refuse de prendre sa direction. Or, c,est le seul dans lequel le politique redevient le fer de lance d’un ordre économique différent de ceux promus par le PLQ-PLC et QS.

      Pour ces partis, l’affirmation d'un État est la cible et les signes religieux un moyen de l'atteindre. En attaquant la vivisibilité de l'État, le PLQ et QS se dévoileront alors qu'en ciblant les signes, la CAQ passe à côté de l'essentiel.

      Si le PQ précise ses vues, il sera écouté des gens venus au Québec se libérer de contraintes religieuses, diversifiera sa base et pourra mieux cibler l’indépendance.

  • Jean-Yves Bigras - Abonné 12 février 2019 03 h 38

    The Price is Right

    Tous se rappelleront le fameux “Closest to the price without going over”, M. David nous fait sa version identitaire de l’affaire, “Jusqu’où peut-on jouer la carte de la xénophobie sans aller trop loin”. Sans aucun état d'âme il s’agit de calculer les coûts/bénéfices d’interdire les signes religieux à plus ou moins de québécois dépendant de la popularité que notre parti pourrait en retirer.
    Un drôle de jeu vous l’admettrez, surprenant qu’il soit si populaire, surtout chez un peuple qui se plait à dire qu’il est un des plus ouvert au monde.
    M. David persiste et signe, s’il continue à ce train là il ira pourra bientôt aller rejoindre M. Robitaille au Journal de Montréal.

    • Claude Richard - Abonné 12 février 2019 10 h 16

      Continuez à mous traiter de xénophobes, mon cher Bigras. Si cela soulage votre âme d'hyperculpabilisé, pourquoi pas? Mais cela me rappelle la publicité du lapin d'Énergizer: il bat sans relâche du tambour sans que la pile s'épuise. Mais lui, ce n'est qu'un jouet mécanique!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 10 h 19

      En effet, prétendant s'en tenir à une analyse fondée sur l'appréciation que peuvent faire les partis de l'impact de leurs positions sur leurs partisans ou sur la perspective d'en rallier de nouveaux, monsieur David suggère assez insidieusement que ce seraient de tels calculs seuls qui guideraient les partis. Le paradoxe, c'est que si c'était vraiment le cas, le PLQ, loin de s'échiner à soigner son électorat traditionnel qui lui est lié de façon indéfectibe se serait empressé de suivre la vague de l'opinion. Par ailleurs, il me semble hasardeux de prétendre que les nouveaux appuis en région de QS pourraient être compromis s'il ne se rallie pas, compte tenu que ce sont sensiblement les mêmes qui ont cassé les reins du BLOQ en 2011. Quoi qu'il en soit, compte tenu que des élections ne sont pas en vue et que les dispositions de la loi seront soit contestées devant les tribunaux, soit placées sous la protection de l'article 33, aucun parti ne devrait s'astreindre à se tenir à un calcul d'oportunité. Le mérite d'une position ne se mesure pas qu'à l'appui qu'elle obtient. Les souverainistes des années soixante-dix devraient s'en souvenir et accorder aux idées qu'ils ne partagent pas le respect qu'ils réclamaient pour leur idéal.

    • Carmen Labelle - Abonnée 12 février 2019 10 h 56

      M.Maltais Desjardins, vous affirmez que «Les souverainistes des années soixante-dix devraient s'en souvenir et accorder aux idées qu'ils ne partagent pas le respect qu'ils réclamaient pour leur idéal» Vous pourriez réclamer cela d'abord de votre parti Qs. Or ce qui s'est brassé samedi lors de la journée de réflexion sur la laïcité ressemblait fort à un baîllon imposé au 33% de membres ( et sympathisants) qui veulent étendre l'intrediction de signes religieux à plus de catégories d'employés d'État que ce que recommendait Bouchard-Taylor. Aucun panéliste pour les représenter( Qs a donné comme excuse que Guy Rocher, (qu'on avait pris soin d'inviter tardivement)a décliné l'invitation) et refusé que quiconque du collectif laïcité expose ce point de vue. De plus, des membres de plusieurs associations de circonscriptions se sont plaint sur les réseaux sociaux qu'on les a empêchés d'exposer leur point de vue ( en invoquant l'irrecevabilité de leur «option, l'option C», ou en tentant de le faire, et dans un cas, assez agessivement. voilà pour le préchi-précha de Qs chez qui les bottines ne suivent pas les babines, loin de là.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 février 2019 11 h 04

      Non, M. Maltais Desjardins. Le calcul de la part du PLQ est évident.

      Le PLQ a déjà perdu un petite partie de ses appuis dans les communautés anglophone et allophone. C'est arrivé en 1976, et depuis le PLQ a compris. Plus jamais!
      SI ce n'avait été de cet appui, le PLQ était balayé de la carte il y a peu, tout simplement. Vous pouvez être sûr qu'il le cultivera maintenant encore plus, sachant qu'il ne peut aller plus bas dans ces conditions.

      Vous semblez vous fier aux sondages tels que publiés, Sachez que depuis longtemps les sondages et recherches d'opinion des partis, et surtout du plus riche, sont bien plus sérieuses. Elles se basent sur le profil individuel de chacun selon les réseaux, selon les achats avec carte de crédi,t et autres méthodes toutes proches de l'AI. Le parti conservateur a été le premier à utiliser les méthodes des pointeurs américains, dont la seule (petite) inconnue est qui ira voter. D'où les machines à sortir le vote.

      Quant au reste, sachant les efforts démesurés de QS pour suivre les recommandations des king makers lors de la dernière année... C'est le dernier parti qui pourrait se prétendre exempt d'opportunisme : c'est le pire.

      S'il ne fait aucun choix comme on peut s'y attendre, ce sera parce qu'il compte faire encore du millage sur le flou total qu'il cultive en matière de culture.

      À part la haine des riches et une prétention approfondie auprès des pauvres, je ne vois pas où QS pourrait bien prendre position. À quoi ça lui servirait s'il ne l'a jamais fait?
      À chacun son petit opportunisme quoi.

    • Serge Lamarche - Abonné 12 février 2019 14 h 54

      Je trouve cette analyse de m. Bigras assez appropriée. C'est un jeu facile et qui est populaire auprès des masses embrumées.

    • Christian Roy - Abonné 12 février 2019 16 h 28

      Retour dans un passé pas si lointain (notez la date):

      « Le gouvernement péquiste estime avoir en main un sujet payant pour demander une majorité lors de la prochaine campagne électorale. Le Parti libéral (PLQ) ne veut rien savoir d'une charte de la laïcité, jugée trop stricte, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) veut coller davantage à la laïcité ouverte du rapport Bouchard-Taylor. »
      - Article de Paul Journet de la Presse du 21 mai 2013 Les «accommodements religieux» préoccupent encore les Québécois

      Quel avantage une fois au pouvoir la CAQ trouve-t-elle à inclure les enseignants parmi les agents de l'État en position d'autorité alors que ce ne fut pas une proposition retnu par la commission B-T ? Enlevez cet irritant et je suis sûr que le projet de loi passerait comme une balle.

      Legault et son groupe cherchent-ils l'affrontement à tout prix ?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 17 h 16

      Madame Labelle, je ne suis pas plus membre de QS aujourd'hui que je ne l'étais du PLQ dans le passé, malgré ce qu'on se plait à répéter. Je n'étais donc pas à la journée de réflexion de samedi. Comme je n'ai pas suivi la chose de près, je ne suis donc pas en mesure de vous répondre sur les faits que vous avancez. Je vais y regarder de plus près. Merci.

  • Michel Lebel - Abonné 12 février 2019 03 h 49

    Une question de principe

    La question du port des signes religieux relève de la liberté religieuse, une des libertés fondamentales en démocratie. Cette question ne doit donc pas être traitée ou découpée comme du saucisson en tranches plus ou moins nombreuses: le port interdit à l'un, permis à l'autre, selon les conclusions pragmatiques de la ''bible'' pour certains qu'est le rapport Bouchard-Taylor ou les données de sondage sur l'opinion apparente d'une majorité silencieuse. Le port des signes religieux est une question de principe et elle doit être traitée ainsi; elle ne doit pas s'échouer dans les méandres et les compromis de la petite politique. Sur le fond, la position actuelle (programme officiel) de QS me semble juste: ce parti politique ne devrait donc pas revenir sur celle-ci.

    M.L.

    • Léonce Naud - Abonné 12 février 2019 09 h 44

      Cher M. Lebel : comme toujours, votre génie m'inspire ! Je fonde à l'instant un nouveau Culte dans mon paisible village. Mes fervents (ils sont mieux de l'être...!) ont l'obligation sous peine de divers sévices de porter en tout temps le très Patrimonial, très Unique et Très Saint Symbole de notre nouvelle religion, un tomahawk prêt à servir, oeuvre d'un habile artisan local. Selon vous, le port de signes religieux est un droit fondamental en démocratie, c'est une question de principes. Or, vous me savez très à cheval sur les principes. Déjà, les villages des alentours se soumettent et je ne doute pas qu'il en sera de même quand un Corps expéditionnaire de mes fidèles arrivera à Entrelacs pour y imposer la Vraie Religion.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 février 2019 10 h 03

      M. Lebel, vous avez une vision supra-étatique de la laïcité fondée sur des droits et une justice au-dessus des États. Elle vous amène à déconsidérer ceux qui luttent politiquement pour ne pas être seulement les pantins du néolibéralisme et du « néocommunisme » qui les voient des emmerdeurs sur la scène internationale, car ils prônent un contrôle politique pour stopper la détérioration de la planète qu'aliment les puissances économiques derrière ces vues.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 12 février 2019 10 h 49

      @M.L. Le chat sort du sac... À tergiverser autant, il vous faut maintenant montrer vos vraies couleurs.
      Et, vous venez de nous l'avouer: «...la position de QS me semble (sic) juste.»
      Le ..."me semble"...est-ce celui des méandres et des compromis de la petite politique ?
      Bon vent sur le radeau de ...La Méduse.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 11 h 11

      Aussitôt qu'on s'interroge sur les limites à l'intérieur desquelles le politique devrait consentir lui-même à se poser en état d'équilibre avec le droit, on est aussitôt suspecté de vouloir l'asservir, voire le nier carrément. Des fois, c'est à Staline, des fois aux élites mondialisées,
      des fois au Canada colonial que le recours aux chartes est réputé servir de justification illégitime.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 février 2019 11 h 33

      M. Lebel, vous exprimez parfaitement ce pourquoi il est uirgent de poser une différence nette entre foi et religion.

      D'autre part, je vous demande de vous interroger un minimum sur les pays où la religion et la loi sont totalement imbriquées.

      Non, je ne parle pas de l'Iran. Regardez la Grande-Bretagne. L'Église Anglicane, vous connaissez ?
      Ce coup de génie de Henri VIII lui a permis d'assoir un totalitarisme-sans-en-avoir-l'air, en contrôlant les gestes par la politique et l'intention par la religion.

      C'est sur cette base qu'a toujours fonctionné le Canada et qu'a été écrite la charte de Trudeau que le Québec n'a jamais signée, même sous Charest et Couillard.

      Ça fait bien l'affaire des anglos de s'adosser sur des religions qui les ont justifiés dans leurs massacres et leur acculturation des autochtones, par exemple, mais je m'en voudrais de ne pas vous rappeler le rôle de la Sainte Église envers les francophones. Il aime bien la Sainte Église aussi, le ROC.
      Pour ceux qui en veulent les religions ont été un outil de guerre. Pour ceux qui ont subit ledit outil, je dirais que ça dépend de leur niveau de colonisation mentale.

      Tout monothéisme est hégémonique, aucune exception possible. Quand on soumet l'univers entier (!) à UNE Seule raison, évidemment le reste est contingent y compris le service à l'État. Sauf si le Roi représente Dieu???
      Je vous rappelle que la Sainte Inquisition est une institution encore très vivante au sein de l'Église catholique. Moins apparente mais présente. Allô la barbarie! Au passage, la position officielle de l'Église sur la torture est... inexistante.

      Ce n'est pas une marque de démocratie que d'accepter des signes de déni de l'autorité de l'État dans l'exercice de fonctions payées par l'État.
      J'ai n'accepterai certainement pas une organisation hégémonique et non-élective au sein de l'appareil de la démocratie.

    • André Joyal - Inscrit 12 février 2019 13 h 20

      Monsieur Naud : votre réponse à notre partisan du PLQ et du PLC d'Entrelacs m'a fait sourire. J'imagine bien vos fidèles y exercer leur prosélytisme comme je le vois sur la rue Jean-Talon (oui, loin d'Entrelacs) de la part de fidèles d'une autre religion.

    • Léonce Naud - Abonné 12 février 2019 14 h 02

      M. Desjardins : Les Chartes, tout comme les Dieux, sont œuvres humaines, donc mortelles. À l’instar des Dieux, elles naissent, vivent et meurent. Entre leur naissance et leur mort, les dévots se précipitent. Rien n'est durable sous le soleil, sauf la bêtise.

    • Serge Lamarche - Abonné 12 février 2019 14 h 58

      M. Lebel frappe dans le mille. Interdire les signes religieux est un absurde emmerdement. Aussi absurde que de les obliger. C'est la religion anti-religieuse.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 16 h 35

      Monsieur Naud, je suppose que ceux qui ont à coeur la pérennité des chartes (et non ce caractère éternel et sacré dont vous nous taxez de les couvrir) contribuent davantage à la bêtise que le genre de propos que vous tenez ici ?

    • Pierre Brosseau - Abonné 12 février 2019 16 h 51

      Sur le plan de la religion, l'État devrait être neutre et ses représentants tout autant, donc ne devraient afficher quelque signe religieux que ce soit. La religion est une affaire privée. Ceux qui en font affichage dans une fonction publique sont des prosélytes. Les femmes musulmanes portant le voile en sont, quoiqu'elles en disent ou préetendent. Leur foulard n'est pas un simple bout de tissu. Il est un drapeau religieux. L'État peut s'opposer au prosélytisme surtout quand ses représentants sont en poste d'autorité.

    • Léonce Naud - Abonné 12 février 2019 20 h 23

      M. Desjardins : « Ce qu’une génération, un parlement même, avait regardé comme un dépôt sacré, inviolable, la génération suivante en fera des gorges chaudes; le parlement suivant l’anéantira d’un trait de plume ». Abbé Henri-Raymond Casgrain (1831-1904)

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 22 h 21

      Monsieur Naud, reste à savoir s'il n'en concevait pas quelque regret...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 février 2019 22 h 28

      « la position officielle de l'Église sur la torture est... inexistante. »

      Faux. Articles 2297 et 2298 du Catéchisme.

  • Denis Paquette - Abonné 12 février 2019 06 h 10

    la respobabilité serait alors, de ne pas se mette volontairement en contradiction

    il faut que l'état soit le premier choix lors des activitées officielles, il ne serait pas normal que l'état encourage des postures anarchistes , dans ce cadre le libre choix m'apparait difficile et demande beaucoup de sagesse pour ne pas faire en sorte que la liberté et les responsabilités ne s'opposent , voila ma position ne pas volontairement se mette en état de contradictions

    • Christian Roy - Abonné 12 février 2019 16 h 39

      D'autres aspects sont en jeu M. Paquette,

      « Le danger d'une interdiction des signes religieux de tout espace plus ou moins étatique, après des années d'acceptation, c'est évidemment le message d'exclusion que rien ne justifie. » Il y a danger, disait Bouchard-Taylor, de «retourner contre l'ensemble des religions le sentiment d'hostilité hérité du passé catholique».- Yves Boisvert, La Presse (27 août 2013)

      Les commissaires voyaient clair dans l'âme québécoise. Tout ce qui s'écrit présentement en faveur de l'abolition d'un droit fondamental comme celui de pouvoir s'identifier comme croyant au sein d'une école tourne autour de ce qui est écrit là. L'intolérance mène à l'exclusion. C'est inacceptable dans une société qui se dit civilisée. Il est impérieux que le gouvernement Legault fasse ses devoirs et se donne la peine de lire le rapport B-T plutôt que les chroniques d'humeur du JDM.

      Tout ce qu'il faut, c'est d'un peu d'altitude de la part de nos gouvernants.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 février 2019 09 h 30

      M, Roy, vous ne connaissez rien aux religions. Est-ce volontaire ?

      Les monothéismes (dois-je les énumérer?), sont TOUS intolérants par essence. Parfois, au gré de l'histoire et des circonstances, ils font le dos rond en attendant de pouvoir reprendre leur lutte pour le pouvoir, mais il n'y a aucune exception : c'est écrit dans leur canon!

      Une religion est une assemblée de gens qui remettent leur capacité de décision à d'autres personnes. Sinon, ben, ils ne font pas partie de ladite religion.
      Un monothéisme dit que l'Univers en entier et jusqu'au dernier cheveu sur votre tête, dépend de la décision d'une seule Entité.
      Les religions seraient parfaitement inutiles si elles n'étaient pas le bras temporel de la volonté divine. Tout pouvoir de ce monde leur est bon pour mener les âmes à la rédemption, c'est l'essence-même de leur existence.
      Je l'ai dit à plusieurs reprises, les monothéismes considèrent la souffrance comme une voie vers la purification et/ou la sanctification, et la mort comme le plus important moment de la vie. Je ne crois pas qu'un seul monothéisme ait déclaré officiellement qu'il désavoue la torture. En tout cas pour le catholicisme c'est un fait.
      Rappelez-vous seulement les tractations qui ont mené à la réduction du Vatican à ce qu'il est aujourd'hui, ou informez-vous. Les religions sont des groupement qui cherchent le pouvoir physique.

      Hors de (écrivez la religion de votre choix) point de salut.

      Les religions sont toutes intolérantes. Je ne parle pas du tout des personnes comme vous le voyez... en tout cas j'espère que vous le voyez!
      La dernière manifestation "forte" du catholicisme au Québec a eu lieu il y a 40 ans, pour "Les fées ont soif". Pourquoi ?
      Pour une statue! Un symbole. Un signe. Deux fois rien ? Euh...

      Les symboles sont bien plus importants que ce que vous essayez de le faire croire afin de passer pour une personne généreuse. Vous vous rangez parmi les plus intolérants pour montrer votre "tolérance"?

      Pas fort.

    • Christian Roy - Abonné 13 février 2019 17 h 59

      Au sujet du fait religieux, M. Trottier, j'ai l'impression que l'un de nous voit la Terre comme étant plate et l'autre la voit comme étant ronde. Nous avons tous les deux une perspective différente qui comporte sa part de vérité.
      J'ai pour mon dire que la religion se devra d'être continuellement remise en question, que ses abus devront être sanctionnés et que les croyants du monde entier devront développer leur liberté de conscience au sein de l'organisation dans laquelle ils évoluent.
      L'école québécoise reste à mon avis le meilleur lieu où un tel cheminement peut se faire à condition bien sür que les jeunes aient des exemples inspirant sous les yeux et surtout des équipes d'éducateurs qui seront accueillant de la dimension religieuse plutôt que résolument allergiques.
      Le Québec est devenu pluraliste au cours des dernières années. Ses codes ont changé. Sur le terrain des vaches les jeunes sont ouverts, curieux, tolérants et beaucoup moins susceptibles d'être embrigadés que dans un passé que vous avez peut-être vécu. Ces qualités ne se développent pas toute seule. L'école est une des clés maîtresses de leur éducation.
      Je réponds ici à la conclusion de votre commentaire:
      1- Il est du devoir de l'école de leur permettre de décoder les symboles et de les placer dans leur contexte. C'est une des bases à maïtriser pour vivre dans le monde actuel et dans celui de demain.
      2- Je ne me considère pas plus généreux que vous.
      3- Tolérer la présence de gens différents autour de soi est un tout premier pas vers l'apprentissage du dialogue. Il faudra y ajouter les efforts requis pour être à l'écoute de l'autre en suspendant momentanément son jugement afin de pouvoir se comprendre... Ces choses s'apprennent, se développent et éventuellement se maïtrisent. C'est un exercice à toujours à recommencer qui demande un investissement. Le programme de toute une vie !
      Plus les jeunes seront initiés tôt à ces aptitudes plus ce sera facile pour eux.

      Bien à vous.

  • Denis Paquette - Abonné 12 février 2019 06 h 15

    et oui l'anarchie et l'ordre seront toujours opposés quoique l'on fasse

    pour moi les positions anarchistes sont toujours une erreur car ils sont toujours déstructurants