L’esprit de finesse

Dans ses Pensées, qui n’ont rien perdu de leur fraîcheur, Blaise Pascal distinguait entre « l’esprit de géométrie », qu’on pourrait dire plus carré, et « l’esprit de finesse », plus intuitif, caractérisé par la souplesse de la pensée.

Lors du débat télévisé qui l’a opposé à Marine Le Pen durant la campagne présidentielle française du printemps 2017, Emmanuel Macron lui a lancé : « Vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse » !

Contrairement à leur impression de départ, les médias français ont pu constater que François Legault n’est pas un émule de la chef du Front national, mais on peut quand même dire que le nouveau premier ministre a plutôt un « esprit de géométrie ».

Lors de sa récente visite à Paris, le contraste avec M. Macron était saisissant, même si ce dernier a bien démontré qu’avoir un esprit fin et une grande aisance verbale ne met pas nécessairement à l’abri des gaffes.

Cela n’est pas une affaire de profession. Au départ, le président français était un banquier, et il y a des comptables qui ont beaucoup de finesse. Ce sont simplement deux structures intellectuelles différentes.

Pascal écrivait que l’idéal était d’avoir à la fois « l’esprit de finesse » et « l’esprit de géométrie », tout en constatant que les deux étaient très rarement réunis dans un même homme.

À choisir, le premier est certainement le plus utile à un politicien. Plusieurs apprécient M. Legault pour sa franchise et sa simplicité, à une époque où dominent la langue de bois et la rectitude politique, mais il a parfois une façon de présenter les choses qui traduit mal leur complexité et même sa propre pensée. Vouloir être près de la population n’autorise pas à simplifier la réalité jusqu’à la déformer.

 
 

Le débat sur la laïcité de l’État va dominer la session parlementaire qui s’ouvre à l’Assemblée nationale. Les dernières années ont démontré à quel point le sujet est propice aux dérapages, et les mêmes causes ont l’habitude de produire les mêmes effets.

Le gouvernement va tenter de limiter les risques en évitant de tenir de nouvelles audiences publiques. Durant le débat sur la charte de la laïcité, certains témoignages avaient contribué à l’envenimer plutôt qu’à l’éclairer. Il faudra encore beaucoup de doigté pour assurer un minimum de sérénité.

M. Legault a clairement manqué de nuance la semaine dernière, quand il a déclaré que l’islamophobie n’existe pas au Québec. Il a dû « préciser » sa pensée par la suite, mais les prochains mois constitueront un grand défi pour son esprit géométrique.

Il peut se compter chanceux que la CAQ soit encore en pleine lune de miel. Si l’opposition a aussi rapidement passé l’éponge, c’est qu’elle sait la population disposée à donner le bénéfice du doute au gouvernement. Quand il aura mécontenté suffisamment de gens, toutes les occasions seront bonnes pour transformer une tempête dans un verre d’eau en ouragan.

 
 

Le PLQ aurait également intérêt à jouer de finesse. Sans grande surprise, le caucus des députés a coupé court à sa réflexion sur le port de signes religieux après à peine 24 heures et réitéré son adhésion au libre-choix.

Il devrait pourtant avoir tiré des leçons du passé. La façon dont Philippe Couillard s’était drapé dans la défense des libertés individuelles a donné à de nombreux Québécois la fâcheuse impression que sa position reflétait moins la solidité de ses principes que son incompréhension, voire son mépris pour leur désir d’affirmation identitaire. On peut avoir l’esprit fin, et celui de l’ancien premier ministre l’était certainement, tout en manquant de sens politique.

La Charte des droits et libertés, à laquelle le PLQ voue un véritable culte, donne elle-même un exemple de « l’esprit de finesse » dans son article 1, qui affirme que certains droits peuvent être restreints « dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique ».

Il est très possible, sinon probable que les tribunaux jugeront déraisonnables les limitations qui seront imposées au port de signes religieux. Ils avaient dit la même chose de la règle de l’unilinguisme français dans l’affichage commercial.

Il n’y a cependant rien d’immoral à faire une autre appréciation, comme le gouvernement Bourassa l’a fait en 1988, quand il a utilisé la disposition de dérogation afin de préserver le visage français du Québec.

Faut-il rappeler que cette disposition fait partie intégrante de la Charte que le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau a fait enchâsser dans la Constitution en 1982 afin de satisfaire les exigences des provinces de l’Ouest et du Parlement britannique, qui tenaient à manifester ainsi la préséance des élus sur des juges nommés ?

Quant au PQ, il devrait avoir la sagesse de ne pas renchérir indûment sur le projet de loi du gouvernement. Cela lui permettrait de faire oublier un peu les excès de la charte de la laïcité.

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73 commentaires
  • Jacques Gagnon - Inscrit 5 février 2019 01 h 01

    Je ne dirai rien

    Je suis pris d'un malaise, mais je le fais tout de même, je participe à un débat sur la religion, sa place dans l'espace étatique publique, la laïcité. Je me demande pourquoi on entend encore parler de ça. Je trouve que l'on tourne en rond ici, avec toujours les mêmes sempiternelles questions, questions dont je ne comprends pas tant l'utilité, le retour sur investissement. Pourquoi donc parle-t-on de cela ? Nous avions cru avoir congédié nos religiosaures chez-nous, le pape étant devenu comme la reine pour les Anglais. L'ayant bien mérité pour nous avoir sauvé par la pédophilie, l'isolement et la maternité forcée, ils ne reviendront pas de l'extinction.

    Mais voilà que nous apparaissent des gens d'autres cultures, encore elles bien imprégnées de leurs préceptes religieux. Ils sont citoyens à part entière, et ils ont la cote des minorités aujourd'hui, il faut bien dire, et l'utilise. Il faut les respecter en tout et sous cet aspect religieux. Mais les religions sont toutes prosélytistes, alors on se méfie un peu tout de même. Quand on était seuls après notre grand ménage, nous n'avions pas besoin de laïcité. Maintenant, on doit être neutre, et dire que l'état ne doit pas adopter ou afficher une plutôt que l'autre. En effet l'état peut-il nous laisser un petit coin tranquille non taxable, la spiritulaité ? Pourquoi doit-on se déguiser pour être spirituel ? Quand vous représentez l'état, vous ne devez pas laisser voir que vous avez une préférence.

    Ici, nous sommes nombreux je crois à penser que la religion n'est pas synonyme d'émancipation, et c'est notre évolution. Elle est aussi respectable que ceux qui mettent leur salut dans le religieux.

    • Bernard Plante - Abonné 5 février 2019 09 h 39

      Merci M. Gagnon d'avoir pris la peine d'écrire. Ça en valait la peine!

      Effectivement, les Québécois constituent probablement le seul peuple de la planète à avoir mis sa propre religion à la porte. Lorsqu'on sait cela, on comprend qu'avant qu'une religion étrangère réussisse à nous imposer ses règles elle aura besoin de se lever de bonne heure.

      Le plus triste dans cette histoire est qu'au lieu de nous laisser être fiers de cette réalisation hors du commun, on tente de nous faire sentir coupables. Il est vrai qu'un peuple qui met sa religion dehors doit être effrayant pour des gens qui pensent nous garder sous contrôle dans un pays qui n'est pas le nôtre...

      Car le jour où on décidera de créer notre pays, ils savent qu'ils vont se faire élégamment mettre à la porte.

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 février 2019 10 h 42

      À monsieur Bernard Plante: Vous dites: «les Québécois constituent probablement le seul peuple de la planète à avoir mis sa propre religion à la porte» ce n'est pas vrai. Les pays scandinaves se sont débarrassés de la religion depuis longtemps. 77% des peuples scandinaves sont des athées. C'est la raison pour laquelle ce sont les pays les plus progressistes, les plus civilisés et les plus avancés au monde.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 5 février 2019 10 h 52

      Oui, merci de n'avoir «rien dit».

    • Jacques Gagnon - Inscrit 5 février 2019 12 h 37

      Un peu court et facile, elle est quand même bien envoyée, monsieur Marcoux, votre façon de ne pas participer. Je vous approuve. Mais ici quand je dis que je ne dirai rien, c'est la phrase que l'on dit quand on se fait arrêter, lors d'un interrogatoire. Elle ne suppose pas que l'on ne sait rien ou que l'on n'a rien à dire. Je veux juste faire prendre conscience que certains points de vue sont honnis. J'écoutais justement Pascale Navarro ce matin et elle laissait entendre que ceux qui ne veulent pas du voile sont étroits d'esprit et manquent d'ouverture. Pour elle, de le permettre est un signe d'accueil et d'ouverture. Elle s'arroge ces vertus exclusives à son point de vue. Tous ne sont pas dans la «Meute» et une grande majorité les réprouve. Mais pour d'autres le fait de signifier clairement que l'état est laïque est aussi un signe d'ouverture à ceux qui ne veulent pas de la religion qu'elle quelle soit. La nuance n'a plus sa place par les temps qui courent.

    • Bernard Plante - Abonné 5 février 2019 14 h 10

      Merci Mme Alexan pour la précision. C'est pourquoi j'indiquais "probablement" car mon histoire des religions internationales n'étant pas très poussée j'ignorais que les scandinaves avaient fait de même. Voilà qui explique sûrement en partie leur succès social.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 5 février 2019 14 h 21

      M.Gagnon,
      Simplement, je vous remerciais de ne pas avoir rien dit.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 février 2019 15 h 21

      Il n'est pas si sûr que le Québec ait « mis sa propre religion à la porte ». Il s'est plutôt produit ici comme dans les autres sociétés catholiques une sorte d'implosion de l'institution comme entité politique et une redéfinition de ses rapports avec la société civile. Dans le monde de la santé et celui de l'éducation, loin que les religieux aient été chassés, ils ont participé à la transition de manière aussi active, harmonieuse et fructueuse que la baisse de leurs effectifs le permettait. Il ne faut jamais oublier par exemple la constitution de la commission Parent. Évidemment, beaucoup de personnes ont vécu cette transformation comme une grande libération, mais en réalité c'est bien plus de leurs propres inhibitions qu'elles se sont souvent libérées que de pouvoirs qui ont complètement cessé d'avoir quelque ascendant sur elles. Le grand bouleversement a été bien plus une histoire intime qu'autre chose. Je dis ça, je dis rien. On jase.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2019 15 h 45

      Au Québec, l'Église catholique s'est retirée d'elle-même des affaires de l'État - dans l'esprit de Vatican II. Elle a même participé avec enthousiasme à la sécularisation de l'État - et quand, en période transitoire, il restait des religieux et religieuses, c'est à la demande de l'Église que celles-ci et ceux-ci retiraient leurs signes les plus ostentatoires (retirer le voile ou le col romain, peut-être garder une discrète croix).

      Parmi les agents les plus actifs de la sécularisation plusieurs sont issus du mouvement "personnaliste" catholique - qui voulaient ainsi, entre autres, purifier l'Église de ses accointances avec le pouvoir pour la recentrer sur sa mission évangélique.

      Le "Parent" du fameux "rapport Parent" qui a conçu et recommandé la création des polyvalentes et des Cégeps (et aussi la gratuité scolaire à l'université...) était un évêque qui agissait avec l'aval de l'Église.

      Trop long pour tout raconter ici.

      Toute personne qui serait intéressée à regarder ceci plus profondément peut consulter cet ouvrage - pas trop long.

      Meunier, E.-Martin et Warren, Jean-Philippe (2002). Sortir de la Grande Noirceur : L'horizon personnaliste de la Révolution tranquille, Septentrion.

    • Bernard Plante - Abonné 5 février 2019 21 h 38

      MM. Maltais-Desjrdins et Labelle, nous avons mis notre religion à la porte par notre désaffection de l'institution. Il en sera de même du Canada.

    • Michel Lebel - Abonné 6 février 2019 17 h 13

      @Raymond Parent,

      Je vous signale que Mgr Parent, président de la Commission qui porte son nom, n'était pas un évêque et qu'il n'agissait pas avec l'aval des évêques.

      M.L.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 février 2019 19 h 22

      À ML. Le Parent du rapport Parent n'était pas évêque, c'est vrai - il était bel et bien prêtre et portait le titre de Monseigneur, titre qui m'a induit en erreur.

      Un peu plus ici sur Alphonse-Marie Parent: https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse-Marie_Parent

      Quant à l'aval de l'Église, j'utilisais cette expression dans le sens large - de façon globale, l'Église a activement collaboré à la Révolution tranquille - le rôle de Mgr Parent en est un exemple. Mgr Parent était bien sûr autonome - il ne devait pas soumettre ses brouilons de rapport à une autorité ecclésiastique quelconque. Toutefois, l'Église n'a jamais protesté contre la teneur de son rapport, il n'a fait l'objet d'aucune discpline et elle a, de facon générale, encore une fois, activement participé à la Révolution tranquille.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 février 2019 19 h 35

      "(…) nous avons mis notre religion à la porte par notre désaffection de l'institution." BP. Sans doute - mais l'Église s'est retirée de son rôle directeur en santé et en éducation avant cette désaffection, et non pas en prévision de celle-ci, qui n'était pas si prévisible. C'est plutôt la volonté de respecter l'esprit de Vatican II qui a aussi donné des ailes au mouvement personnaliste à l'intérieur de celle-ci et qui a fait en sorte non seulement que l'Église n'a pas résisté à la Révolution tranquille, mais y a activement participé. Et beaucoup des acteurs laïcs de la Révolution tranquille, issus des Jeunesses catholiques, situaient leur action dans leur foi. Claude Ryan, PET, Gérard Pelletier en sont des exemples.

      Oserais-je même affirmer que l'idée de la préséance de la personne est au centre de la volonté de PET d'avoir introduit la Charte? À explorer, mais je m'éloigne du sujet.

  • Nadia Alexan - Abonnée 5 février 2019 01 h 40

    Selon l'islamologue, l'ancien Mufti de Marseille «Ces accusations d’islamophobie nuisent à la prise de parole»

    Vous avez tort, monsieur David. Monsieur Legault avait raison de déclarer que l’islamophobie n’existe pas au Québec. Le terme «islamophobie» est une invention de toute pièce pour museler toute critique de la religion. Voici ce que l'islamologue, l'ancien Mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, avait à dire à Hélène Buzetti dans ce même journal, le 1er décembre 2016: «Le penseur en a aussi contre le terme d’« islamophobie ». « Je ne suis pas à l’aise avec ce néologisme parce qu’on a le droit d’avoir peur d’une philosophie, d’une idéologie, d’un système intellectuel. » On peut donc être contre l’islamisme sans en vouloir aux musulmans, explique-t-il.»
    Ces accusations d’islamophobie nuisent à la prise de parole. « Je remarque que les non-musulmans ont peur de parler de l’islam parce qu’ils ne veulent pas froisser, gêner, blesser la foi ou la sensibilité religieuse des musulmans. Mais c’est une mauvaise vision des choses. » Il rappelle que « l’islam n’est pas la propriété des musulmans » : il est un fait de l’histoire, une religion offerte à l’humanité. « Donc libre à cette humanité entière de l’accepter, le refuser, de le critiquer. »
    Il faut arrêter de faire de l'aveuglement volontaire et d'avoir peur de la discussion et le débat. La liberté de parole est la raison d'être de la démocratie.

    • André Joyal - Inscrit 5 février 2019 09 h 39

      Mme Alexan, je suis d'accord avec les idées que vous défendez inlassablement (quitte à vous répétez). Cette fois-ci, vous êtes tellement pertinente que vous m'éviter d'intervenir avec mes propres arguments. Je n'ai rien à ajouter et me contenterai de lire les objections de nos «amis» de QS, lesquelles ne manquent pas de nous distraire à défaut de nous convaincre un tant soit peu.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 février 2019 10 h 25

      Mme Alexan n'est certainement pas islamophobe. Je le dis sans ironie. Elle ne se défendrait certainement pas d'être très critique à son endroit et de craindre les dérives qui pourraient résulter de l'expression de ses formes les plus radicales, qui lui paraissent plus délétères encore que les mouvances radicalistes des autres religions. Son inquiétude est peut-être justifiée et les mesures qu'elle suggère appropriées. Tout cela se discute et, dans la mesure où elle accepte encore la discussion plutôt que de monter la garde devant des positions en comptant les « j'aime », on ne peut parler d'islamophobie. Les « phobies » ne sont pas affaire d'opinions mais de disposition psycho-sociale qui font échec au discernement. L'islamophobie ne serait ainsi dirigée contre l'islam que de manière irrationnelle, ce que manifeste le peu de connaissance que les plus vindicatifs en ont souvent. L'islam ne serait que la cause occasionnelle. Cependant, quoi qu'il en soit des raisons intimes d'un Bissonnette, en l'occurrence, ce sont quand même des musulmans qui ont eu à en subir les effets. Pour autant que, si critiques qu'on puisse être - j'y insiste - à l'endroit de quelque aspect de l'islam ou de l'ensemble, nous aurions bien besoin que des personnes dont la capacité à réfléchir n'est pas compromise la mette au service d'un peu d'apaisement. Même ceux qui souhaitent comme ils en ont bien le droit que l'expression des signes religieux soit exclue de l'école ou des tribunaux devraient travailler à ce que le débat ne tourne pas à la foire d'empoigne et que la décision finale ne puisse être par personne interprétée comme le coup de force d'une majorité qui ne ferait peser que le poids du nombre.

    • Jacques de Guise - Abonné 5 février 2019 10 h 38

      À M. RMD,
      Dire ce qui suit : "et que la décision finale ne puisse être par personne interprétée comme le coup de force d'une majorité qui ne ferait peser que le poids du nombre", m'amène à vous dire qu'il est temps d'aller prendre vos médicaments.....

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 février 2019 13 h 13

      Comme c'est édifiant, monsieur de Guise. Franchement.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2019 13 h 39

      Ici vous faites votre part RMD dans ce débat souvent trop âpre pour faire baisser le ton en le baissant vous-mêmes. Petit mot pour vous mentionner que j'ai remarqué la chose.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 5 février 2019 18 h 39

      Mme Alexan, vous remettez bien les pendules à l'heure sur l'ambigüité de l'islamophobie. Les mots ont un sens.

      Quand on parle d’islamophobie, il faudrait bien distinguer les idées et les personnes.

      On ne doit pas associer la peur ou la haine envers certaines idéologies avec la peur ou la haine des personnes qui professent ces idéologies.

      On peut haïr des idées, mais on n’a pas le droit de haïr des personnes et de s’attaquer à eux physiquement ou en paroles.

      On a le droit et je dirais même le devoir de critiquer des idéologies et les religions qui prônent la préséance de soi-disant lois religieuses sur les lois de l’État.

      On a raison à bon droit d’avoir peur et même de haïr des doctrines qui ne respectent pas l’égalité homme-femme, qui exigent la ségrégation des sexes, qui préconisent de tuer les mécréants, de stigmatiser les homosexuels.

      La haine ( mîsos en grec) est différente de la peur (phóbos en grec). Ainsi, on dit misogyne (qui n’aime pas les femmes) , on dit claustrophobe (qui a peur d’être enfermé).

      Si les mots ont un sens, le terme islamophobe signifie « qui a peur de l’Islam » et non pas « qui a de la haine pour l’Islam »

      Ne pas confondre misislamie (haine de l’islam) et islamophobie (peur de l’islam).

      Et le racisme là-dedans ? L'islamophobie, soit la peur de l’Islam, ce n'est pas du racisme, car la religion n’est pas un gène hérité à la naissance, mais plutôt le résultat d’un lavage de cerveau, et de l’embrigadement des adultes pour mieux les contrôler. On ne peut donc pas être accusé de raciste si on critique une religion.

      L'islamophobie n’est pas dirigée contre des personnes, mais contre une idéologie, l’Islam, qui est plus un système politique et social (charia, marquage par le voile et la barbe, nourriture halal, non-mixité des sexes, refus de la laïcité, tentative d'implantation de la charia, ...) qu'une religion. C'est cela qui fait peur à beaucoup de gens, et non pas le fait que les musulmans prient Allah.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 février 2019 23 h 02

      Monsieur Saint-Arnaud, vous faites clairement ressortir tout ce qu'il y a d'affectif dans l'islamophobie. Cela n'est pas un défaut, dans la mesure surtout où on s'efforce de montrer comment cette disposition est liée à des facteurs objectifs que vous évoquez à nouveau après tant d'autres. Mais il peut arriver que ce qui semble fonder une crainte justifiée soit plutôt une construction fantasmatique dans laquelle des éléments du réel sont réarrangés en un récit doté d'une forte charge émotive où ils sont tantôt grossis, tantôt décontextualisés, voire carrément inventés. Une manifestation de cela : la forte propension à monter aux barricades dès qu'un regard extérieur remet en question l'un où l'autre de ces éléments ou semble en relativiser si peu que ce soit l'importance objective. Le problème avec la phobie qui nous occupe, c'est moins qu'elle dirait tant de choses fausses au sujet de « l'islam » que le fait que le discernement y est obnubilié au point que ce n'est plus de l'islam qu'on discute. Cela ne va pas forcément jusqu'à poser délibérément des gestes hostiles ou haineux, mais les effets peuvent être tout aussi désastreux. Tout ce que j'en dis, monsieur, c'est qu'autant je trouve dangereuse cette disposition affective, autant je suis parfaitement d'accord avec le fait de soumettre cette conception du monde à un examen critique aussi rigoureux que n'importe quelle autre. Malheureusement, on peut déjà anticiper que nous aurons bien du mal, moi le premier, à nous tenir aux exigences d'un tel examen. Je crains déjà, finissant ceci, que d'autres impatiences me valent d'autres injures...

  • Raynald Rouette - Abonné 5 février 2019 04 h 33

    Cohérence attendue


    Voilà ce que le gouvernement de la CAQ doit livrer...

    Il a été élu pour faire ce que les libéraux non pas fait délibérément et le PQ incapable par maladresse.

    Il ne faut pas reproduire ce qui ne fonctionne pas en Europe c’est-à-dire le multiculturalisme mur à mur. Les pays comme l’Angletrre, la France ou encore la Belgique ont des problèmes de gouvernance avec des communautés islamistes qui fonctionnent en parallèle.

    Nous voilà pris depuis les tous débuts de la crise des accommodements religieux dans un climat social de plus en plus délétère. Il est grand temps d’y mettre fin. Il n’y a pas de place au Québec pour deux gouvernements parallèles, l’un démocratique et l’autre théocratique. Ne commettons pas les mêmes erreurs qu’en Europe...

    • Jacques de Guise - Abonné 5 février 2019 10 h 23

      Très bien dit. Voilà qui résume précisément la situation. Surtout quand vous dites qu'il est grand temps d'y mettre fin!!!!

      J'espère du plus profond de mon coeur que la CAQ va livrer ce qu'elle a promis!!!! et qu'on en finisse!!

      Vous avez raison M. Legault, il n'y a pas d'islamophobie au Québec. Lâchez pas!!!

    • Jacques de Guise - Abonné 5 février 2019 10 h 23

      Très bien dit. Voilà qui résume précisément la situation. Surtout quand vous dites qu'il est grand temps d'y mettre fin!!!!

      J'espère du plus profond de mon coeur que la CAQ va livrer ce qu'elle a promis!!!! et qu'on en finisse!!

      Vous avez raison M. Legault, il n'y a pas d'islamophobie au Québec. Lâchez pas!!!

  • Jean-Yves Bigras - Abonné 5 février 2019 06 h 06

    L’identité québécoise

    Quelle est donc cette identité québécoise qui exigerait pour survivre le sacrifice de quelques femmes francophones et instruites, des universitaires qui enseignent à nos enfants. L'intolérance serait donc devenu une valeur québécoise qu’il faut chérir et défendre
    “Tous pour un et Tous contre quelques unes” Voilà notre devise et si ça fait du bien à notre identité fragile...pourquoi s’en priver

    • Micheline Gagnon - Inscrite 5 février 2019 10 h 08

      Parlant d'identité québécoise, tous auraient intérêt à faire des recherches pour savoir d'où viennent les racines de cette prétendue identité de souche. Les racines de mes ancêtres sont en Normandie et en Écosse, peut-être autochtones sans en avoir trouvé la preuve à date. Je partage les gènes de plusieurs personnalités connues dont Trudeau et Lévesque ainsi que d'un officier du régiment de Wolfe. En résumé mes ancêtres sont venus ici pour «coloniser» un pays qui n'était pas désert à ce que je sache. Ici, nous sommes presque tous des immigrants.

      De plus, ce premier ministre dit qu'au Québec il n'y a pas d'islamophobie mais... comment expliquer que presque tous les commentaires concernent le voile des femmes musulmanes lorsqu'on nomme un signe religieux alors que c'est silence radio ou presque sur la kippa et sur le turban? Et le crucifix de l'Assemblée nationale, les signes religieux qui ne sont pas ostentatoires (généralement chrétiens)? La prière dans les hôtes de villes? Et que dire des sectes chrétiennes qui ont mis Trump au pouvoir? On parle ici ce laïcité, vraiment? Vraiment?

    • Claude Richard - Abonné 5 février 2019 10 h 24

      Toujours aussi réfractaire à son identité québécoise ce monsieur Bigras sous couvert d'"ouverture". Se pourrait-il que son ouverture aux autres l'empêche de s'ouvrir à sa propre nation? Les Québécois ont-ils le droit d'être pour une société laîque et de le traduire en gestes politiques sans se faire taxer d'intolérants?

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 février 2019 10 h 33

      À monsieur Jean-Yves Bigras: Pensez-vous que le port de signes religieux n'a rien à faire avec l'identité? Le voile que ces femmes que vous dites «instruites et universitaires» brandissent est le porte-étendard, par excellence, de l'identité islamiste. Ces femmes veulent qu'elles soient reconnues, non pas pour leur savoir, leur personnalité, ou d'autres caractéristiques, mais elles veulent surtout brandir leur identité religieuse.
      Ce sont ces femmes qui s'accrochent à leur identité religieuse et non pas les Québécois qui ont délaissé la carte identitaire pour les valeurs universelles de la laïcité.

    • Daniel Ouellette - Inscrit 5 février 2019 10 h 44

      M. Bigras, votre victimisation et vos accusations sont patents des personnes qui s'illuminent pour une liberté de religion extérieure qui est en fait sont des revendications ''politiques et sociaux’’.

      En 2019, nous avons trop d'informations concernant les dérapages liés à l'islamisation politique en Europe, vous ne pouvez plus asséner ce genre d'accusation infantiles digne des anathèmes religieux du pire catholicisme que nous avons connue.

      Le désir des peuples de survivre et de préserver leur culture dont celle des Québécois est tout simplement sain, il relève du fondement même des humains de protéger les racines de la culture qui ont fait ce qu'ils sont et de leur permettent de se renouveler. Quant aux migrants qui sont souhaitent reproduire leur terre d'origine en d’autres lieux, c'est à eux de comprendre le vrai sens de l'immigration, celui de l'intégration.

    • André Joyal - Inscrit 5 février 2019 17 h 28

      Mme Gagnon : À ce jour (et non à date : to date) vous ne savez pas si vous avez du sang amérindien. Moi, je le sais, car mon arrière grand-mère était abénaquise (d'Odanac). Par ailleurs, je ne suis pas descendant d'un immigrant, car mon ancêtre, venu de Bergerac en 1654, pour s'établir à Trois-Rivières n'a fait que changer de région. Il avait toujours le même roi et devait respecter les mêmes lois que ceux qui viviaient en Hexagone.

      Pour ce qui est de votre topo, croyez-moi, sur ce Forum, mis à part peut-être (?) un lecteur d'Entrelacs, nous sommes tous (ou presque) pour le retrait du crucifix en lui trouvant une place où il sera respecté.Pas question de le jeter à la poubelle, seulement le déplacer.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 5 février 2019 18 h 43

      L’insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre comme dans leur pays d’origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité.

      Nous avons pleinement le droit d'être et de demeurer ce que nous sommes. Les Québécois ont le droit de conserver leur identité francophone et de culture chrétienne. Ils ont le droit d’être différents des autres peuples, ni meilleurs ni pires, comme tous les autres pays ou nations qui ont des langues et des cultures qui leur sont propres.

    • Christian Roy - Abonné 5 février 2019 20 h 44

      Il faudra. bien un jour écrire sur les "36 cordes sensibles du laïcisme québécois"

      Je me lance...

      Corde 1 : facteur identitaire du pur laine
      Corde 2: non reconnaissance des apports positifs de l'Église catholique dans l'histoire
      Corde 3: rempart contre l'islamiste galopant
      Corde 4: conversion à l'athéïsme comme facteur d'émancipation sociale

      Ect. Etc.

  • Denis Paquette - Abonné 5 février 2019 06 h 19

    de se projeter dans l'histoire d'une facon intelligente et pondéré

    je crois qu'avoir un peu des deux me semble l'idéal et que ca permet de se projeter dans l'histoire d'une facon intelligente et pondérée, surtout de neutraliser les ambitieux et les impatients et de respecter le grand rytme la vie , de toutes les facons n'a-t-elle pas le dernier mot