Avantages REER

Le Régime enregistré d’épargne-retraite a 62 ans. Condamné à une cohabitation fiscale dans un environnement de rareté de l’épargne, le véhicule n’en reste pas moins pertinent.

D’abord la mécanique. La cotisation au REER donne droit à une déduction fiscale. Pour l’année 2018, la limite pour cotiser est le 1er mars prochain. Le plafond est de 18 % du revenu gagné en 2017, limité à 26 230 $. Pour 2019, le plafond est de 26 500 $. Si la contribution au cours d’une année est inférieure au maximum permis, la différence peut être reportée indéfiniment et utilisée ultérieurement en sus du maximum annuel accordé. Pour les particuliers qui adhèrent à un régime d’un employeur (RPA) ou à un régime de participation différée aux bénéfices (RPDB), le plafond est amputé du facteur d’équivalence. Tout dépassement de ces plafonds, au-delà d’un coussin de 2000 $ (à vie), est soumis à une pénalité de 1 % par mois.

On peut retirer des sommes du REER à tout moment. Le montant retiré sera alors inclus dans le revenu annuel et imposé comme un revenu ordinaire. Ainsi, même si elle est permise en tout temps, la sortie des fonds du régime se fait généralement lors d’une année sabbatique, dans le cadre d’un régime d’accession à la propriété (RAP), d’un régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) ou, généralement, à la retraite. Et elle est obligatoire après le 31 décembre de l’année civile au cours de laquelle le titulaire atteint l’âge de 71 ans.

Puis, les grands avantages. Pour Lucie Gervais, directrice principale, Planification fiscale et successorale chez IG Gestion de Patrimoine, la force du REER vient d’abord de son étiquette d’abri fiscal, le revenu généré s’accumulant à l’abri de l’impôt. Cela dit, étant donné que la cotisation vient réduire le revenu net en phase d’accumulation, mais l’accroître lors du décaissement, la décision de contribuer à un REER sera influencée par le taux marginal d’imposition réel. Un taux projeté plus faible lors du décaissement sera à l’avantage du REER.

Autrement dit, « en plus du taux marginal selon les paliers d’imposition, on tient compte des prestations gouvernementales que je vais recevoir par rapport à celle que je devrai rembourser ». La spécialiste d’IG pense, ici, à l’allocation famille au Québec, à l’allocation canadienne pour enfants à Ottawa ou encore au crédit pour TPS/TVH, calculés en fonction du revenu net. Lors du décaissement, le revenu net sert de base de calcul pour le supplément de revenu garanti et pour le seuil de récupération de la Sécurité de vieillesse, qui s’enclenche à partir d’un revenu de 75 910 $ pour l’année 2018.

Autre avantage potentiel : la cotisation au REER du conjoint. Cette facette est perçue comme étant une mesure de fractionnement du revenu à la retraite. En résumé, deux revenus de 20 000 $ sont moins imposables qu’un revenu de 40 000 $. Ainsi, si le conjoint a un taux marginal de 25 % à la retraite, contre 45 % pour le cotisant, tous deux disposeront de 20 ¢ de plus sur chaque dollar de revenu provenant du REER du conjoint. Sans oublier qu’un cotisant âgé de 71 ans ou plus, et disposant d’un solde de déductions inutilisées, peut également vouloir cotiser au REER de son conjoint si ce dernier a moins de 71 ans.

Enfin, puisqu’il est permis de retirer en franchise d’impôt des sommes de son REER dans le cadre d’un régime d’accession à la propriété (RAP) ou d’un régime d’encouragement à l’éducation permanente, « le REER prendra la forme, ici, d’une épargne forcée. Il n’y a pas d’incitatif à rembourser lorsque ces sommes viennent d’un CELI [compte d’épargne libre d’impôt] », souligne Lucie Gervais.

Dans la foulée, et puisque la pertinence de contribuer à son REER repose fortement sur l’écart de taux d’imposition entre le moment où l’on cotise et celui où l’on décaisse, faut-il déconseiller à un nouvel arrivant sur le marché du travail de cotiser à son REER trop tôt en début de carrière ? « Non, aucunement, répond Lucie Gervais. D’une part, dès la cotisation, les sommes s’accumulent à l’abri de l’impôt. D’autre part, il est possible de cotiser sans déduire, donc de reporter la déduction de la cotisation REER. Attention, toutefois, au facteur temps qui joue également. En effet, compte tenu du taux de rendement sur le retour d’impôt, il vaut mieux recevoir aujourd’hui 280 $ venant d’une cotisation de 1000 $ déduite à un taux d’imposition de 28 % que 380 $ dans dix ans venant d’une cotisation de 1000 $ déduite à un taux d’imposition de 38 %. »

Un facteur temps qui vient renforcer la fameuse maxime accolée au REER : cotiser tôt, dans l’année et dans la vie.
 

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.


 
2 commentaires
  • Marguerite Paradis - Inscrite 27 janvier 2019 13 h 50

    PUB POUR LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES

    Monsieur Bérubé, depuis plusieurs années, à ce moment-ci de l'année, vous nous parlez du REER... J'ai l'impression que vous travailler pour une quelconque institution financière.
    Pourtant vous savez que le REER n'est pas une pratique aussi noble que cela, il faudrait être plus précis et, par ricochet, plus critique.
    Merci

  • Serge Pelletier - Abonné 27 janvier 2019 19 h 23

    Ouais...

    Étrangement, cet article ne comporte mise een garde. Toujours le meileur des mondes que les REER...mais à condition d'être un haut salarié, ou un employé travaillant dans une organisation possédant comme avantage un fonds de retraite à prestations déterminées - style GV et ses créatures. Les autres ba!