Fermer la parenthèse

Lorsque l’ancien chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Thomas Mulcair a quitté la Chambre des communes en juin dernier, après avoir passé onze ans à siéger comme député d’Outremont, ses collègues au Parlement ont tous tenu à souligner ses grandes qualités.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a en particulier remercié M. Mulcair pour avoir pris une position « courageuse » en s’opposant à l’interdiction du port du niqab en 2015 alors que l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper l’avait banni lors des cérémonies de citoyenneté. Le débat qui a ainsi fait rage fut au centre de la dernière campagne fédérale.

« Ce n’était pas facile de déclarer qu’il n’incombe pas aux dirigeants fédéraux de dire aux femmes ce qu’elles peuvent et ne peuvent pas porter, a déclaré Mme May. Je tiens donc à remercier le député d’avoir adopté une position ferme dans le débat sur le niqab. »

Il faut dire que la « fermeté » de M. Mulcair dans ce dossier a fini par coûter cher à son parti au Québec. Après avoir tergiversé pendant plusieurs jours, M. Mulcair s’est rangé dans le camp des opposants à une telle interdiction, aux côtés de Mme May et du chef libéral, Justin Trudeau. C’est ainsi que s’était amorcée la descente du NPD au Québec. Quelques semaines plus tard, les trois quarts des 59 députés néodémocrates élus au Québec en 2011 ont perdu leur siège.

Même avant sa sortie sur le niqab, M. Mulcair avait déjà suscité la grogne chez bon nombre de militants néodémocrates en promettant des budgets fédéraux équilibrés, alors que M. Trudeau favorisait des déficits afin de susciter la croissance économique. Le comportement grincheux et agressif de M. Mulcair, qui en avait fait un excellent chef de l’opposition, lui a nui en campagne électorale. Son sourire semblait forcé, surtout en comparaison avec celui de M. Trudeau.

Donc, ceux qui prétendent que le NPD serait en meilleure posture aujourd’hui si M. Mulcair était resté à la barre ont la mémoire courte. Son successeur, Jagmeet Singh, connaît certes son lot de problèmes. Mais les 19,7 % du vote que le NPD avait recueilli en 2015, une baisse par rapport aux 31 % gagnés en 2011, témoignaient déjà du manque d’amour des électeurs canadiens envers M. Mulcair et du questionnement au sein même du parti autour de ses valeurs.

Il n’est donc pas certain que M. Mulcair aurait pu conserver son siège d’Outremont s’il avait décidé de se représenter lors de l’élection générale en octobre prochain. La donne a si fondamentalement changé que cette circonscription montréalaise — où tout avait commencé pour le NPD au Québec avec la victoire de M. Mulcair lors d’une élection complémentaire en 2007 — semble destinée à retomber aux mains des libéraux. Lors de l’élection complémentaire en 2007, les libéraux fédéraux subissaient encore la réprobation de l’électorat dans la foulée du scandale des commandites, et son nouveau chef, Stéphane Dion, demeurait hautement impopulaire au Québec. L’opposition du NPD à la prolongation de la mission de combat des troupes canadiennes en Afghanistan correspondait à la position de la majorité des Québécois.

Aujourd’hui, les libéraux ont un chef qui trône sur les sondages au Québec. Bien sûr, M. Trudeau appuie l’oléoduc Trans Mountain (son gouvernement en est même devenu propriétaire), mais ce dossier n’est pas au centre des préoccupations des électeurs d’Outremont, qui iront aux urnes dans une élection complémentaire le 25 février prochain pour choisir un successeur à M. Mulcair.

Ce dernier, alors qu’il était encore chef du NPD, avait vu sa majorité fondre en 2015. Et tout indique que Rachel Bendayan, qui reprend la bannière libérale pour l’élection complémentaire du 25 février, se dirige vers une victoire facile, cette fois-ci sur la néodémocrate Julia Sanchez.

La perte d’Outremont constituerait un dur coup pour le NPD. Mais ce serait une erreur pour les militants néodémocrates de jeter tout le blâme sur M. Singh. Sa désolante performance comme chef du parti est davantage un symptôme que la cause du manque d’élan du parti. Tiraillé entre ses ailes gauche radicale et centriste, le NPD se cherche. L’aile albertaine est en porte à faux avec les instances nationales dans le dossier des oléoducs. Plusieurs députés néodémocrates au Québec sont mal à l’aise avec la position du parti dans le dossier des signes religieux.

Les Québécois ont pris refuge au NPD au moment où les libéraux et le Bloc québécois ont cessé d’incarner la résistance aux conservateurs de Stephen Harper. Cette époque est révolue et le NPD n’est plus un prétendant au pouvoir. Les électeurs d’Outremont voteront en conséquence le mois prochain en mettant fin à la parenthèse qu’ils ont ouverte en 2007.


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19 commentaires
  • Denis Marseille - Inscrit 19 janvier 2019 08 h 41

    Misère...

    Tant que la gauche s'enfargera dans le marche-pied de l'identité religieuse, elle croulera sous ses prétentions d'être proche des gens. Outremont! Gauchiste à la cabane de millionaire! Quand parlerez-vous des pauvres, des ouvriers, des gens «ordinaires» comme vous aimez les nommez! Parce que vous, vous êtes extraordinaires, croyez-vous! Je vous souhaite de manger de la misère et un gros char en plus de ça!

    Vous êtes des colosses aux pieds d'argile car vous vous êtes coupés de votre base, de vos aspirations premières, pour vous préoccuper que de vos petites misère qui vous rend coupable à vos propres yeux... Un parti de syndiqués qui gagnent lus que lamoyenne des gens du privé qui, eux, ne sont pas syndiqués et `qui nous refusons la moindre augmentation de salaire pour ne pas que vous soyez pogné `payer plus cher pour le luxe dont vous vous gavez. Vous êtes des oies au foie gras qui se gavent des meilleurs vins tandis que nous, gens du peuple, nous nous contentons de piquettes et de bière commerciales pour oublier que ceux qui parlent en notre nom, nous regardent de haut en nous traitant de populistes...

    Jagmeet Singh, un Sikh, parti religieux qui fit du terrorisme son motto, devient aujourd'hui une figure de proue des libertés et des droits de ceux quin'aspirent qu'à nourrir et éduquer leurs enfants... Vos fantasmes de grandeur nous affament et en plus il faudrait vous dire merci! Over my dead body!

    « Lorsque tous les autres recours ont été épuisés,
    alors il est parfaitement juste de tirer l'épée. »
    (Guru Gobind Singh)

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 janvier 2019 12 h 00

      Le NDP-NPD ne doit pas être confondu avec le syndicalisme québécois

      Il faudrait bien distinguer entre le NDP-NPD et le mouvement syndical québécois. Le NDP-NPD est un parti politique fédéral soi-disant de gauche, mais qui n’est aucunement responsable du mouvement syndical québécois. Plusieurs membres du NDP-NPD sont des travailleurs syndiqués, mais plusieurs sont des entrepreneurs, des travailleurs autonomes, etc. Ce qui les réuni dans les NDP-NPD, c’est qu’ils donnent leur appui à un parti canadianiste soi-disant de gauche.

      Dans votre texte, nous voyons bien comment l’esprit antisyndical prêché dans les temps contemporains par Ronald Reagan et Margaret Thatcher a profondément marqué les nouvelles générations. Même si cette idéologie va à l’encontre de l’intérêt de tous les travailleurs salariés, elle continue à stigmatiser l’idée que les riches sont des travailleurs syndiqués. Pendant que les gérants d’entreprises ont des salaires plusieurs fois plus élevés que leurs travailleurs (même syndiqués), pendant que de nombreux travailleurs autonomes gagnent des honoraires plusieurs fois plus élevés que les travailleurs salariés (même syndiqués), l’on s’acharne à semer la confusion entre les travailleurs syndiqués et ces privilégiés qui gagnent plus que « la moyenne des gens du privé ». Pourtant on sait bien que les travailleurs syndiqués proviennent aussi bien du « privé » que du secteur public.

      Pendant que l’on continue de confondre les travailleurs syndiqués avec ces « oies au foie gras qui se gavent des meilleurs vins », l’on ne cesse de généraliser les pires préjugés relativement aux travailleurs que les syndicats ont réussi à sortir de conditions de travail misérables et qui sont loin d’être si "gras dur" qu’on le dit : infirmières, professeurs, préposés aux malades, travailleurs de manufacture, de chantiers divers, d’entreprises diverses, etc.

      Sans les syndicats, les travailleurs québécois seraient encore des porteurs d’eau et des scieurs de bois. Je

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 janvier 2019 12 h 02

      Le NDP-NPD ne doit pas être confondu avec le syndicalisme québécois (suite)

      Sans les syndicats, les travailleurs québécois seraient encore des porteurs d’eau et des scieurs de bois. Je trouve cela absurde que l’on continue à confondre les travailleurs syndiqués à qui l'on a réussi à redonner une certaine dignité et les supposés "gras dur" du NDP-NPD. Ce parti politique canadianiste et centralisateur n’a jamais eu d’assises très profondes au Québec. Mis à part l’épisode Jack Layton qui avait réussi à faire croire aux froussards de « Tout le monde en parle » que la bonne entente avec le reste du Canada serait facile à obtenir grâce à la bonne volonté de part et d’autre.

      Si le NDP-NPD apparaît comme un parti de privilégiés, le confondre avec l’ensemble des travailleurs syndiqués relève la malheureuse confusion politique.

      Bernard Dupuis, 19/01/2019

    • Denis Marseille - Inscrit 19 janvier 2019 12 h 05

      Le NPD est majoritairement financé et soutenu par les centrales syndicales et les union agricoles... A part les gouvernements où voyez-vous des syndiqués qui ne pedentpas leurs jobs? Parlez-en donc aux ouvriers de l'aluminerie en lock-out! Que fait le syndicat... il regarde le plafond en demandant au gouvernement d'intervenir! Eux, ils se tournent les pouces... Demandez donc aux mécaniciens de garage ce qu'ils pensent du comité paritaire de l'automobile... Allez y en autobus car il se peut que vous reveniez à la maison les quatres pneux à terre.

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 janvier 2019 14 h 48

      Malveilllant si l'on réussit, malveillant si l'on échoue! Comment s'en sortir?

      En somme, je suppose que vous voulez dire que la confusion entre le syndicalisme et le NDP-NPD n’en est pas une. Mais, qu’en savez-vous? Mais d’où venez-vous? Ici au Québec la grande majorité des syndicats ont dans leurs statuts de ne financer aucun parti politique plus qu’un autre. Voulez-vous parler des syndicats du Canada anglais?

      La seule constante dans vos textes est la démonisation des syndicats. S’ils réussissent à défendre leurs membres, ils sont en faute de réussir. S’ils ne réussissent pas à défendre leurs membres devant des employeurs voyous, là ils sont encore en faute d’échouer. Coupables si l'on réussit, coupables si l'on échoue.

      Ci-dessus, vous parlez de la différence entre les syndiqués et les non- syndiqués. Mais dans votre réponse, vous parlez de la distinction entre les syndiqués du secteur public et les syndiqués du secteur privé. Ci-dessus, vous faites une distinction entre les travailleurs syndiqués que vous qualifiez de « oies au foie gras » et les « gens du peuple ». Je suppose que les gens du peuple « buveurs de bière » ne sont pas syndiqués. Toutefois, dans votre réponse, vous glissez vers une autre distinction relative aux travailleurs du secteur public qui ne seraient jamais congédiés (qu’en savez-vous?) et les travailleurs syndiqués du secteur privé qui seraient très mal défendus par leurs syndicats qui regardent le plafond.

      Comment faites-vous pour vous accommoder de telles contradictions? Pouvez-vous éviter les excès de l’antisyndicalisme à la Thatcher-Reagan? Au moins, certains partis politiques comme le PQ, QS, le NDP-NPD et même les libéraux en sont sortis.

    • Denis Marseille - Inscrit 19 janvier 2019 15 h 10

      Qu'on fait les syndicat lorsque le gouvernement a imposé les clauses orphelins? Vous avez fermé votre gueule pour garder vos privilèges... Vous me direz que Québec Solidaire n'est pas soutenu par les syndicats? Le PQ a perdu leurs soutien et aujourd'hui, le PQ n'est plus l'ombre de lui-même. L'erreur du PQ fut de s'associer aux centrales syndicales. Vous pensez que je suis contre le syndicalisme? Non. Je dis que vos privilèges se font sur le dos de plus pauvres que vous. C'est différent. La donne a changé et l'entreprise privée ne peut plus concurrencer les salaires que le gouvernement donne à ses employés. Pensez à la SAAQ. Vous demandez aux pauvres de payer pour que vous puissiez avoir un niveau de vie convenable pendant que les non-syndiqués se tue à l'ouvrage. Je ne suis pas un boomer, moi. Je suis un X et je me souviens parfaitement de vos arguments pour que les jeunes n'aient pas vos privilèges. Solidaires... seulement quand ça fait votre affaire!

    • Bernard Dupuis - Abonné 20 janvier 2019 10 h 43

      Vos informations semblent approximatives

      Si je changeais d’idées et que je devenais d’accord avec vous, il faudrait que j’adhère à l’idéologie du néolibéralisme à la mode Reagan-Thatcher ce qui me rendrait inhumain et plein de ressentiments à l’endroit des travailleurs qui peuvent prendre leurs affaires en main.
      Une des premières manifestations de l’idéologie Reagan-Thatcher fut l’apparition de l’âgisme. Pour diviser les travailleurs entre eux, il suffisait de développer le ressentiment pour les générations qui nous ont précédées. On voit clairement dans votre conclusion l’expression de ce ressentiment en tant que vous êtes un « X ». Pourtant, il existe de nombreux « boomers » qui ne sont pas des travailleurs syndiqués et il y a de nombreux « X » qui sont des travailleurs syndiqués du secteur public.

      Vous appuyez vos exemples sur de nombreuses fausses informations. Prenons le cas des clauses « orphelins ». Vous semblez ignorer que ces clauses furent imposées par différents gouvernements avec l’appui de l’opinion publique. Même le gouvernement Lévesque, mais aussi les gouvernements Bourassa, Bouchard et Charest ont imposé ces clauses à l’occasion de l'imposition de lois matraques prévoyant des milliers de dollars d’amandes pour les syndiqués et des mois sinon des années d’emprisonnement pour les représentants syndicaux qui se permettraient de ne pas respecter la « loi spéciale ». Même les jeunes syndiqués n’étaient pas assez masochistes pour sacrifier leurs représentants syndicaux en leur demandant de faire de la prison.

      Une autre information fausse que vous trimballer concerne le rapport entre les syndicats et le PQ. Il est vrai qu’en 1974 René Lévesque avait affirmé que le PQ avait un préjugé favorable aux travailleurs. Toutefois neuf ans plus tard, le gouvernement Lévesque imposait des lois spéciales qui réduisaient de 20% les salaires des travailleurs (professeurs, infirmières, professionnels) et augmentait leur tâche de travail de 20% aussi. De plus, d

    • Bernard Dupuis - Abonné 20 janvier 2019 10 h 47

      Vos informations semblent approximatives (suite)

      De plus, de nombreux jeunes travailleurs n’ayant pas encore obtenu leur permanence furent mis à pied. C’est à partir de ce moment que les travailleurs du secteur public ont cessé d’appuyer le PQ. Est-ce le PQ qui a fait l’erreur d’appuyer les centrales syndicales ou n’est-ce pas plutôt l’inverse? Votre erreur à vous c’est de prendre l’effet pour la cause.

      La grande admiration que vous portez à l’entreprise privée vous amène à croire faussement que seuls les travailleurs de cette sphère travaillent dur. Cela va à l’encontre de la vérité de tout le travail fait par les trois cent mille employés de la sphère publique, professeurs, infirmières et fonctionnaires des différents ministères, transport, environnement, finances, etc. Vous semblez confondre la SAQ avec la SAAQ. Justement, la SAQ cherche toujours des employés prêts à travailler à vie sur appel et à temps partiel. Il n’existe pratiquement pas de postes à temps plein à la SAQ. De plus, vous semblez oublier que ceux qui sont au salaire minimum ne paient pas d’impôts.

      On voit bien que vous êtes sous l’emprise de l’idéologie néolibérale à la mode Reagan-Thatcher. On voit bien que cette distinction entre « vieux et jeunes » a pour but de diviser la société et de paver la voie à la généralisation du salaire minimum.

    • Denis Marseille - Inscrit 20 janvier 2019 10 h 58

      Monsieur Dupuis,

      A l'époque Reagan-Thatcher, j'avais dix ans peut-être douze... A quatorze, j'étais punk. Votre argument ne tient pas. J'écoutais the Exploited lorsque mon père a tout perdu même sa vie en se suicidant à cause, comme vous le dites, de la montée des taux d'intérêt et des viséees Yuppies des anciens hippies! Vous rejetez encore sur les X, vos propres manquements. Rhétorique, rhétorique, rhétorique, est-ce tout ce que vous savez faire?

    • Denis Marseille - Inscrit 20 janvier 2019 11 h 06

      Et oui, je pensais à la SAAQ qui imposent de la paperasse à ne plus finir mais vu que vous en parlez, La SAQ et les postes aussi sont à mettre dans le même panier. Les salariés minimum paient des impôts aussi. Vous confondez avec le BS. Les impôts sont basés sur le revenu familial et les gens au salaire minimum travaille de 70 à 80 heures par semaines pour arriver... Comme je disais, vous dites ce qui fait votre affaire. Que ce soit vrai ou pas... Nadeau-Dubois a fait un stage à la CSN avant de devenir député solidaire et vous dites que les syndicats ne s'incrustent pas? Vous devez être un permanent pour parler ainsi...

    • Bernard Dupuis - Abonné 20 janvier 2019 17 h 57

      Monsieur Marseille,

      Qu’est-ce que l’idéologie Reagan-Thatcher?

      L’idéologie néolibérale selon le mode Reagan-Thatcher a pris son envol au début des années quatre-vingt. Cette idéologie prônait le désengagement de l’État, le congédiement des employés qui faisaient des revendications pour de meilleures conditions de travail (les controleurs aériens américains), l’abolition des syndicats et des services sociaux. Cette idéologie a influencé inconsciemment toute une génération. Elle est moins répandue aujourd’hui au Québec, mais les Mario Dumont, Éric Duhaime et Martin Coiteux en sont encore les plus illustres survivants. Toutefois, un « vieux » du nom de Lucien Bouchard pourrait très bien faire partie de ce groupe « sélect » antisyndical et défenseurs d’un capitalisme plus ou moins civilisé.

      Heureusement, la génération « y » et les « milléniaux » semblent en avoir fini avec cette idéologie et son ressentiment âgiste envers leurs parents et leurs grands-parents. Ils savent se prendre en main et s’occupent de leurs affaires même si les obstacles ne manquent pas.

      Au final pour être d’accord avec vous, il faudrait que j’adopte les idées de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher, chose que je suis incapable de faire.

    • Denis Marseille - Inscrit 20 janvier 2019 18 h 28

      Les plus grands possesseurs d'actions de multinationales et de banques sont les fonds de pensions syndicaux tels TEACHERS en Ontario... Gardez-les vos fonds de pensions. Anyway, je suis pauvre et malade. Malgré mon état, je m'occupe quand même de plus mal pris que moi et je suis avec eux de corps et d'esprit. Je me préoccupe de la maltraitance des ainés, des gens atteint de maladie mentale, des jeunes qui en arrachent. J'ai vécu dans la rue une bonne partie de ma vie et ce sont des gens comme vous qui m'ont toujours regardé de haut. Québec Solidaire est né, comme vous dites de la scission Lucide-Solidaire lorsque Lucien Bouchard voulut amincir la fonction publique afin de redonner un élan au Québec. Depuis ce temps, ce fameux modèle Québécois est tellement performant que nous sommes maintenant les plus pauvres de la fédération canadienne. Vous êtes incapable de le faire car cela vous demanderait d'accepter des baisses de revenus de pension...

      Les Y, les milléniaux sont vos propres enfants, pas ceux de ma génération, mais ils sont confrontés eux aussi à votre appétit gargantuesque a tout gobé et à l'engranger dans vos RÉER. Les gens du privé n'ont pas ce luxe de se payer une retraite dorée... Encore là, vous ne pensez qu'à vous. Je le répète, je ne suis pas anti-syndical, je trouve que la fonction publique est trop importante au Québec sans compter le nombre d'élus exorbitants que nous devons entretenir aussi... Comme j'ai dit au début, je vous souhaite de manger de la misère car elle vous fera comprendre le vrai sens de la pauvreté. Je clos la discussion car vous accrochez trop sur Reagan Thatcher... Ça fait 36 ans que 1982 est passé et vous l'avez encore sur le coeur... Je n'ai pas ce temps à vous accorder. Allez compter vos sous, des fois que vous jugiez ne pas en avoir encore assez.

  • Robert Bernier - Abonné 19 janvier 2019 10 h 05

    Erreur stratégique?

    Vous écrivez: "M. Mulcair avait déjà suscité la grogne chez bon nombre de militants néodémocrates en promettant des budgets fédéraux équilibrés, alors que M. Trudeau favorisait des déficits afin de susciter la croissance économique."

    Or, la question qu'il aurait fallu se poser était la suivante. Que serait-il arrivé si le NPD (et je ne parle pas de Mulcair mais du NPD, quel qu'eût été son chef), que serait-il donc arrivé si le NPD avait promis des déficits, même "tiny tiny" comme le disait Trudeau? Tout le monde aurait immédiatement rappelé le déficit laissé en Ontario par Bob Rae et la campagne électorale aurait été immédiatement terminée pour le NPD. Le résultat eût probablement été, d'ailleurs, que Trudeau ne se serait pas engagé à faire des déficits, s'étant déjà débarassé du NPD. Promettre des déficits est une chose que le NPD ne pouvait pas faire. Point. Mais le PLC peut tout faire, quitte à en faire payer les conséquences à la population canadienne par la suite.

    Et les membres du NPD qui n'ont pas compris cette évidence et ont en retour accusé Mulcair de porter à lui seul la responsabilité de la défaite ont commis une immense erreur d'appréciation, qui fait que le NPD n'a probablement plus aucun avenir, en tout cas pas d'avenir immédiat.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 janvier 2019 18 h 07

      Excellent rappel. Il faut cesser de percevoir: gauche = déficit et droite = budget équilibré.

      La question est plutôt: quelles sont les sources de revenus et à quoi sont consacrées les dépenses.

      Il existe des réponses de gauche avec et sans déficit et des réponses de droite avec et sans déficit. La proposition du NPD était véritablement de gauche - sans déficit.

      Ce sont les simplifications abusives qui ont semé la confusion. Genre: le PLC a dépassé le NPD sur sa gauche parce qu'il proposait des déficits et que le NPD proposait un budget équilibré.

      Et l'impression "gauche mène nécessairement à un déficit" doit être brisée - ça a été une tentative, mais ça voulait dire de ramer à contre-courant.

      Et comme vous le dites, le NPD est soupconné de vouloir créer des déficits, et on ressort le vieil exemple l'Ontario de Bob Rae. Et même dans ce dernier cas, on oublie que l'on faisait face à des taux d'intérêt très élevés qui rendaient compliquées la tâche de tout gouvernement.

  • Lawrence Desrosiers - Abonné 19 janvier 2019 10 h 27

    le handicap de Singh au Québec

    Soyons franc!
    M Singn est un homme structuré et intelligent qui possède un diplôme en biologie et un second en droit. Il a acquis une expérience parlementaire au parlement de l'Ontario. Il parle un français très compréhensible (plus que May et Scheer), ce qui est fondamental au Québec.
    Malheureusement, il porte autour de sa chevelure un handicap important pour beaucoup de québecois qui sont réfractaire aux signes religieux. Les québecois de gauche ou de centre gauche ne sont pas tous des adeptes du multiculturalisme

    • Denis Marseille - Inscrit 19 janvier 2019 11 h 29

      Le sikhisme n'est pas exempt de tare. C'est une religion très ethnocentriste. Chose qui n'a peut-être pas été «pensé» par un parti qui se voulait la voix des gens du peuple. De tous les gens, du temps de Ed Broadbent. Aujourd'hui, le NPD s'est entiché d'un joyau de la couronne pour attirer le vote ethnique... Avant la social démocratie se tenait loin de la religion car comme le disait Marx, c'est l'opium du peuple. Aujourd'hui, elle n'a que ça en bouche la protection des signes religieux. On peut faire faillite, on peut crever de faim, nos enfants ne seront pas soigné mais nous pourrons porter de la guenille sur la tête. Youppi!

  • René Plouffe - Inscrit 19 janvier 2019 11 h 32

    Patenthèses: Lesquelles ?

    J'espère que ''l'épée'' de monsieur Guru Gobind Singh est plus démocratique que prévue. Parce que l'épée ne tue qu'une personne à la fois, tandis que les idées peuvent détruire tout un peuple en même temps.
    Un homme qui élève un enfant, il élève une personne, une femme qui élève un enfant, élève un peuple. Le dernier mot que dit le soldat à la guerre avant de mourir c'est ''Maman''.

  • François Beaulne - Abonné 19 janvier 2019 12 h 11

    Et le Bloc dans touça?

    Je note, monsieur, que dans vos récentes chroniques sur la conjoncture électorale des prochaines élections fédérales vous faites systématiquement omission du rôle du Bloc Québécois dans cette élection. Est-ce un oubli volontaire ou un signe de mécompréhension profonde de la réalité politique québécoise. Vous oubliez un peu vite que le Parti Conservateur avait presqu'été rayé de la carte il y a quelques années sour la direction de la première femme Première ministre du Canada, Kim Campbell. N'avaient survécu que deux députés: Jean Charest et une députée du Nouveau-Brunswick maintenant décédée. On connaît la suite: retour aux affaires des Conservateurs pendant une décennie sous Harper. si vous ne voulez pas perdre votre crédibilité vous devriez songer à réintroduire le BQ dans votre équation politique des prochianes élections fédérales. Sinon, ça pourrait vous jouer un tour!