Le RRQ bonifié s’en vient

À compter de janvier, le Régime des rentes du Québec aura une nouvelle composante. Au régime de base, mis en place en 1966, se greffera un régime supplémentaire. Petit rappel.

Ce système à deux régimes qui prendra forme le 1er janvier s’appuie sur l’objectif de faire passer le taux de remplacement du revenu obtenu du régime public de 25 % à 33,33 %. Dans sa deuxième phase, à partir de janvier 2024, la bonification s’attardera au maximum des gains admissibles (MGA), soit le salaire maximal sur lequel le travailleur cotise au régime, qui sera haussé de 7 % par année pour atteindre 14 % sur deux ans. Autrement dit, « ce plafond augmentera pendant deux ans, soit en 2024 et 2025, pour un total jusqu’à ce qu’il atteigne 114 % du maximum des gains admissibles », précise Retraite Québec. Présentement à 57 400 $, ce MGA atteindrait 65 436 $ en 2025.

Évidemment, cette bonification n’est pas gratuite. Elle s’accompagne d’une hausse des cotisations, qui sera graduelle et répartie sur sept ans, soit de 2019 à 2025. Le régime de base prévoit un taux de cotisation annuel de 10,8 %, réparti en parts égales entre l’employeur et l’employé, pour la portion du revenu de travail comprise entre l’exemption générale de 3500 $ et le MGA. En sus de cette cotisation de base, le taux de cotisation supplémentaire sera de 0,3 % en 2019, pour atteindre 2 % en 2023 sur la portion entre l’exemption générale et 57 400 $, puis de 8 % à compter de 2024 pour la portion entre le MGA et le nouveau plafond. Le tout étant également réparti entre l’employeur et l’employé.

« Le régime supplémentaire permettrait aussi d’augmenter les montants de la rente d’invalidité et de la rente de conjoint survivant », avait ajouté le ministère des Finances lors de sa présentation des nouveaux paramètres.

Dans un effort d’harmonisation avec le Régime de pension du Canada, « l’objectif de Québec est d’offrir aux prochaines générations une sécurité financière accrue à leur retraite et de préserver l’équité entre les générations », écrivait-on en novembre 2017. Ce régime supplémentaire sera géré par la Caisse de dépôt. « Les cotisations au nouveau régime supplémentaire et les prestations de celui-ci feraient l’objet d’une comptabilité distincte », soulignait le ministère.

La cotisation annuelle maximale de l’employé sera de 2911 $ pour le régime de base en 2019. À laquelle il faudra ajouter la cotisation maximale pour le régime supplémentaire de 81 $ en 2019, de 162 $ en 2020, de 270 $ en 2021, de 404 $ en 2022 et de 539 $ en 2023 et après.

À tout cela s’additionnera une cotisation maximale de l’employé de 160 $ en 2024, de 320 $ en 2025 et après.

Quant aux prestations, en dollars de 2018 la rente de retraite maximale actuelle du RRQ est de 13 610 $ pour une personne retraitée âgée de 65 ans qui avait un revenu de 65 000 $. « Grâce à la mise en place du régime supplémentaire, cette rente de retraite augmentera à 20 677 $ d’ici 40 ans. Cela représente une hausse de plus de 50 % », illustre Retraite Québec

Les prestations additionnelles seront évidemment établies en fonction du nombre d’années cotisées à compter de 2019. Le plein effet sera atteint dans environ 40 ans, précise Retraite Québec. Les jeunes travailleurs bénéficieront donc de l’augmentation la plus marquée de leur rente de retraite, celle des travailleurs plus âgés étant en fonction de leurs années de cotisations supplémentaires.

L’effet de la bonification du régime est également plus sensible pour les travailleurs à faible revenu, qui voient leur revenu de remplacement être déjà largement protégé par le régime public de retraite et qui sont soumis à un arbitrage entre une bonification de leur rente et le Supplément de revenu garanti versé par les fédéral. En revanche, l’impact de la hausse des cotisations sur les travailleurs à faible salaire devrait être atténué par l’Allocation canadienne pour les travailleurs. Ce crédit d’impôt remboursable « vise à compléter les gains des travailleurs à faible revenu et à améliorer les incitatifs au travail pour les Canadiens à faible revenu », lit-on dans la documentation.

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1 commentaire
  • Pierre Raymond - Abonné 15 décembre 2018 11 h 03

    En attendant...

    ...il faudrait peut-être " donné un grand coup " pour tous ceux et celles qui vivent avec les revenus de bases i.e. Régie des rentes, Sécurité de la vieillesse et Supplément du revenu garanti.

    Le coût de la vie, qui ne cesse d'augmenter, force beaucoup de prestataires à vivre dans des taudis (habitations dégradées + vermine en boni) et la distance de la banlieue abordable nécessiterait l'achat d'un véhicule alors quelle est la solution à court terme.

    Quand je dis « donner un grand coup » je parle de s'assurer sans délai (dès 2019) que tout-e retraité-e de 65 ans et plus reçoive au moins 2 000$ par mois et qu'on cesse de
    le-la pénaliser si par bonheur, il-elle peut encore faire des " jobbines " pour cesser de s'endetter en bouclant son budget mensuel à l'aide d'une carte de crédit.

    Et parlant d'endettement, comment se fait-il que les compagnies de carte de crédit puissent charger des taux d'intérêt annuel de 20% alors que les " petites économies dans notre compte de banque ne rapportent rarement plus de 3% ?

    Il y a plus urgent à régler que la construction d'un REM que personne n'a demandé et qui ne devrait pas faire partie de la " définition de tâche " du Président de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il est qui lui pour décider que Le Grand Montréal a besoin d'un REM ?