Fonds d'investissement: Changement de capitaine, même cap

Lundi dernier, deux fonds communs de placement très en vue au Canada ont fait l'objet de changements importants. En effet, le gestionnaire Bill Kanko n'assume plus, entre autres, la responsabilité du fonds Trimark et du fonds Trimark croissance sélect. Au total, c'est une somme de près de 12 milliards qu'il gérait au nom de la firme AIM Trimark. Au Canada, AIM Trimark a sous sa responsabilité un actif de 40,4 milliards. Des chiffres imposants.

Un changement de gestionnaire, quel qu'il soit, nous amène toujours à réfléchir sur la pertinence de conserver ses placements à l'intérieur des fonds touchés. On sait que parmi les critères de sélection d'un fonds, la constance au niveau de la gestion constitue un facteur essentiel.

Bill Kanko avait le mandat de gérer, depuis mai 1999, le fonds Trimark et le fonds Trimark croissance sélect, deux fonds d'actions mondiales similaires. Il avait alors pris la relève de Robert Krembil, qui les gérait depuis leur création en 1981. On se souviendra que M. Krembil avait fait face à la critique à la fin des années 90, et ce, pour avoir évité les titres technos...

Les fonds d'actions d'appellation Trimark sont reconnus au Canada pour leur approche valeur. Une gestion prudente qui a permis au fil des années d'obtenir d'excellents rendements à long terme pour plusieurs de leurs produits.

Par exemple, le fonds Trimark croissance sélect, un fonds d'actions mondiales, obtient un rendement annualisé de 9,5 % sur 10 ans comparativement à 7,2 % pour le MSCI mondial (en dollars canadiens), un indice de référence pour les fonds mondiaux. Et, pour les années où Bill Kanko a été à la tête du fonds, les rendements ont été très satisfaisants, même durant la période difficile 2001-02. Pour ces deux années, le fonds a enregistré un gain de 3,6 % comparativement à une perte de 31,8 % pour le MSCI mondial ($CAN). L'intervention du gestionnaire a nettement fait la différence pour amenuiser les effets de la baisse du marché.

Bien sûr, ce n'est jamais rassurant pour l'investisseur de voir partir ainsi un gestionnaire de qualité. Rappelons-nous du départ en 2002 de Charles Brandes à la tête du fonds AGF valeur international et de la sortie d'actif qui s'en est suivi.

Mais dans le cas qui nous concerne, M. Kanko n'était pas le seul maître à bord. Son travail de gestionnaire pour le fonds Trimak croissance sélect se faisait en collaboration étroite avec trois cogestionnaires. C'est ainsi que Robert Jenkins, ancien cogestionnaire, sera chargé des différentes versions du fonds Trimak croissance sélect.

Robert Jenkins est reconnu pour son bon travail de gestionnaire au sein du fonds Trimark mondial équilibré et du fonds Trimark europlus, deux produits qui affichent des rendements de premier quartile.

Voyons un peu le fonctionnement du plus gros fonds touché par le changement: le fonds Trimark croissance sélect qui possède un actif de 5,9 milliards. Généralement, on trouve à l'intérieur du fonds entre 40 et 50 titres dont les cours boursiers sont jugés attrayants compte tenu des anticipations des bénéfices et du flux de trésorerie. Ce sont des titres souvent délaissés et peu en vue qui composent essentiellement le fonds. Comme pour toute bonne gestion d'approche valeur, les gestionnaires actuels estiment que le marché reconnaîtra à long terme la juste valeur des titres détenus.

Du point de vue géographique, la répartition du fonds est la suivante: 58,3 % aux États-Unis, 15,17 % au Royaume-Uni, le reste provenant de pays divers tels que le Japon, le Mexique, l'Irlande et le Canada.

Depuis le début de l'année, les rendements du fonds Trimark croissance sélect sont de l'ordre de 8,5 %, une bonne performance si l'on tient compte des rendements négatifs enregistrés sur les marchés internationaux durant cette période.

Il faut souligner que la gestion de tous les fonds d'appellation Trimark table d'abord et avant tout sur un travail de groupe. On ne mise pas sur un gestionnaire «vedette» en particulier, mais bien sur l'établissement d'une équipe de gestion solide.

Ce genre de transition m'inspire donc confiance pour l'avenir des fonds anciennement gérés par

M. Kanko, d'autant plus que la stratégie d'approche valeur héritée de Robert Krembil demeure intacte et que la qualité de l'équipe de gestion en place ne fait pas de doute.

questions@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.
1 commentaire
  • jacques langlois - Inscrit 10 mai 2004 21 h 21

    Investir les fonds publiques dans le lavage d argent

    Plusieurs investissements aux origines douteuses ne sont pas enquetes quand ils sont chapeautes par des octrois , subventions ou prets sans interets .La participation des gouvernements a ces mises de fonds leur donnent un statut particulier qui les rendent innenquêtables .

    Quelqu un de plus savant que moi c est-il deja pencher sur la question , si oui ,pouvez vous me donner les coordonnees .

    Merci de l attention et bonne journee .

    jacques langlois Montreal