La part du rêve

Il est pathétique de voir les membres de la famille souverainiste se disputer l’héritage de René Lévesque avec une telle âpreté au moment où elle aurait eu le plus besoin d’unité. Manon Massé a beau être sur un nuage, elle ne s’est tout de même pas comparée à l’ancien premier ministre et n’a pas davantage prétendu qu’il approuverait le programme d’inspiration marxiste de Québec solidaire. M. Lévesque avait peut-être nationalisé l’électricité, mais il n’avait rien d’un radical.

Tout ce qu’elle a dit est que le PQ a jadis fait l’objet des mêmes accusations d’extrémisme dont QS est aujourd’hui la cible et il est vrai qu’associer QS au Parti communiste rappelle le lien qu’on avait tenté d’établir entre le PQ de l’époque et le FLQ.

Les péquistes peuvent légitimement être fiers du père fondateur de leur parti, mais ils n’ont pas à être insultés que d’autres s’en réclament. Mme Massé a parfaitement raison de dire que M. Lévesque n’appartient à personne. Autrement dit, qu’il appartient à tout le monde.

François Legault prétend qu’il est à l’origine de son propre engagement en politique, à l’âge de 15 ans. Même le premier ministre Couillard s’en réclame à l’occasion quand il veut dénoncer la prétendue intolérance du PQ.

Il est sans doute enrageant pour les anciens compagnons d’armes de M. Lévesque de voir QS s’employer à creuser la tombe du PQ après avoir refusé la main qu’il lui tendait, mais la lettre ouverte qu’ils ont signée pour clamer leur indignation semble aussi traduire leur dépit de voir un parti qui pratique « le mensonge et la manipulation » séduire la jeunesse québécoise, comme le PQ ne sait plus le faire. Entendre Jean Charest s’indigner à son tour était franchement divertissant.


 

L’émergence de QS comme force politique avec laquelle il faudra désormais composer aura été le fait marquant de la campagne qui s’achève. On verra lundi dans quelle mesure cela se concrétisera en matière de votes et de sièges, mais tout indique que QS réussira à sortir pour la première fois de l’île de Montréal, alors que le PQ pourrait en être presque exclu.

Cet engouement pour QS n’a rien à voir avec une quelconque volonté de renverser le capitalisme. Les Québécois savent très bien qu’ils n’amélioreront pas leur sort, que ce soit individuellement ou collectivement, en faisant fuir l’investissement. Si QS veut réellement aspirer au pouvoir, il lui faudra nécessairement se recentrer.

Il ne faut pas exagérer ce « désir de changement » qui tenaillerait les électeurs. S’ils décident de chasser les libéraux, comme le laissent croire les sondages, ils les remplaceront vraisemblablement par ce qui leur ressemble le plus.

Si notre engagement envers la social-démocratie a ses limites, la générosité des propositions de QS, que Manon Massé incarne à merveille, nous donne néanmoins bonne conscience sans que cela nous engage à quoi que ce soit. À défaut de vouloir réellement changer les choses, cela nous rassure aussi sur notre capacité de rêver, qui est aussi essentielle aux sociétés qu’aux individus.


 

Durant son séjour à l’Assemblée nationale, Françoise David avait impressionné par sa dignité dans un milieu qui en manque trop souvent, mais cette fille de bonne famille ne pouvait pas personnifier le peuple comme le fait la « p’tite fille de Windsor ».

Comme Gilles Duceppe, la grande majorité des Québécois, incluant bon nombre d’électeurs solidaires, imagine mal Mme Massé dans le rôle de première ministre, et pas seulement à cause de son langage. Selon le dernier sondage Léger-LCN, seulement 9 % estiment qu’elle serait la plus apte à diriger le gouvernement, mais 41 % lui font confiance.

L’ancien chef du Bloc ne souhaitait certainement pas lui rendre service avec ses remarques désobligeantes sur la qualité de son français, mais c’est l’effet qu’elles ont eu. Qu’on y voie une manifestation de mépris pour le « monde ordinaire » n’a dû surprendre personne.

Avec l’anticapitalisme et l’opposition à la mondialisation, l’anti-élitisme est une des principales caractéristiques du populisme de gauche que QS pratique avec une remarquable efficacité, et Mme Massé est le prototype de la femme du peuple snobée par l’establishment politique.

En février 2017, la possibilité que Sainte-Marie–Saint-Jacques disparaisse dans un redécoupage de la carte électorale qui l’aurait annexée à Westmount avait provoqué une levée de boucliers bien au-delà des limites de sa circonscription et des rangs de QS.

La seule pensée que cette « communauté naturelle » des déshérités et des marginaux du Centre-Sud puisse être sacrifiée pour préserver l’intégrité des circonscriptions « bourgeoises » de Mont-Royal et d’Outremont avait transformé le débat en véritable lutte des classes. Son sauvetage in extremis avait fait de Mme Massé une véritable héroïne. Certes, elle a commis quelques erreurs durant la campagne. Au total, il faut cependant reconnaître que QS a bien fait de la choisir comme figure de proue.

56 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 29 septembre 2018 02 h 16

    Un comté et tout devient rose dans un Québec ficelé dans le rêve canadien

    Difficile de mieux vous comprendre. Vous admirez comme Radio-Canada la co-porte-parole de QS parce qu'elle a su assurer la survie d'une « communauté naturelle » de déshérités à Montréal contre un redécoupage que vous transformez en autant d'aspirations bourgeoises des comtés de Mont-Royal et d'Outremont.

    Obelix, qui a trempé dans la potion magique de Panoramix, n'aurait pas fait mieux contre les Romains et tous les riches envahisseurs bien nantis pour défendre la patrie d'Astérix avec son petit chien plus habile qu'un chat futé.

    En lisant votre texte, c'est ce conte qui m'est venu à l'esprit tellement il va comme un gant de velours à votre talent pour beurrer large, tellement que vous transformer en pédant M. Duceppe et ne dites mot dans votre texte de M. Lisée, l’ennemi no 1 du Canada, ce pays de vos rêves auquel vous ne faites pas allusion pour le protéger en vantant les prouesses de Mme Obelix devenue la « p-tite fille de Windsor » qui s’apprête à faire des gains hors de son patelin.

    Vraiment M. David « La Part du rêve » est plus la vôtre que celle de QS non que vous soyez du village d’Astérix mais parce que vous en faites votre trempoline pour sautiller en provincial à Montréal à côté du chef de la CAQ, l’homme qui en vend partout hors Montréal comme seul moyen de « beausir » le décor qui vous sied.

    • Richard Legault - Abonné 29 septembre 2018 08 h 33

      Quel beau ramassis de balivernes!
      Décrochez en peu du Parti Québécois... Un parti qui a su diluer son essence à force de vouloir séduire un électorat potentiel toujpurs plus à droite. Ce qu'il semble avoir réussi en partie. Mais au coût d'un projet de société de plus en plus flou et de moins en moins avant-gardiste, tel qu'il était à ses débuts, comme l'ont démontré les nombreuses réalisations progressistes de leur premier mandat. Un parti qui avait séduit les jeunes de l'époque (dont je faisais partie) et qui ne les avait pas déçus au cours de ce premier mandat.
      En ce qui concerne Gilles Duceppe et le Bloc Québécois, il y a longtemps qu'ils auraient dû disparaître pour concentrer leurs efforts ici au Québec.
      D'ailleurs, quelles sont les motivations derrière ces attaques d'abord contre Martine Ouellet et maintenant Manon Massé?
      Il apparaît de plus en plus clairement comme un "has been" frustré, incapable d'évoluer. Il serait grandement temps qu'il se taise et qu'il laisse la place à d'autres plus inspirées et plus inspirantes.
      Pour terminer, je soupçonne un certain mépris de votre part envers cette "communauté naturelle" de déshérités. J'espère me tromper...
      À bon entendeur...

    • Claude Bariteau - Abonné 29 septembre 2018 10 h 08

      Ramassis de balivernes ?

      Je reprends les balivernes de M. David, qui qualifie de déshérités et de « communauté culturelle » les gens du comté qui ont élu Mme Massé. Je viens d'un milieu de déshérités au sens de M. David et c'est pourquoi je lui dis qu'il n'en fait pas partie et fait comme nombre de Canadiens du Québec un tremplin pour ses visées propres.

      Quant à mes adhérences péquistes, il y a belle lurette qu’elles ne sont plus de cet ordre. Depuis plus de 15 ans, je prône une revalorisation de l’indépendance en l’associant à tous habitants du Québec qui ont fait du territoire de la province leur patrie et une démarche électorale de type plébiscite advenant que le Canada refuse de signer une entente sur les suites d’un référendum gagné à plus de 50 %.

      Par ailleurs, à mes yeux, la création d’un pays implique un projet de pays qui est politique par définition. L’étant, il concerne le territoire, le système politique, l’aménagement du territoire et la protection de l’environnement, ce qui doit prévaloir sur l’économie et les axes d’échanges de biens, mais surtout sur les liens entre les citoyens et les citoyennes du pays du Québec.

      C’est dans un tel cadre que des projets de sociétés peuvent faire sens comme dans tous pays démocratiques. Sans ce préalable, ce sont des projets provinciaux de société qui prennent forme. L’erreur du PQ est là. L’alignement de QS aussi. Promouvoir des projets de société plutôt qu’un projet de pays ne peut qu’enfermer le peuple québécois dans le rêve.

      Je présume que vous le savez, mais, en vous lisant, j’ai des doutes car vous ne parlez pas du projet de pays autrement qu'en écho à un projet de société.

    • Nadia Alexan - Abonnée 29 septembre 2018 11 h 09

      Il faudrait se débarrasser de l'oligarchie qui nous gouverne pour les riches, au dépend de la majorité. Un système capitaliste, sauvage et débridé ne favorise pas la justice sociale. Quand 8 personnes détiennent le demi de la richesse mondiale, il faudrait se poser des questions. Ce système capitaliste qui fait quelques gagnants au dépend de la majorité n'est plus viable. Une société civilisée doit subvenir aux nécessités de ses membres les plus vulnérables et les plus démunis, avant de combler la cupidité des investisseurs.
      Il faudrait voter stratégiquement dans chaque compté pour le PQ ou QS, cette fois-si, en attendant l'alliance de ces deux partis progressistes d'ici les prochaines élections.

    • Pierre Robineault - Abonné 29 septembre 2018 11 h 29

      "La p'tite fille de Windsor" ?
      J'ajouterais qu'elle est récemment devenue la "Robine-des-Bois" de Montréal.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 septembre 2018 12 h 03

      Vous avez raison M. Bariteau. Ce n’est pas avec la mère Theresa des déshérités à Montréal, qui était contre un redécoupage électoral qui l’aurait fait disparaître, que nous allons évoluer comme nation dans une communion sociétale. QS ne fait que de s’accaparer des votes des jeunes aux études dans les sciences sociales, des bourgeois de la gauche caviar, des professeurs d’université qui œuvrent dans les tours d’ivoire aux frais des contribuables et des assistés sociaux du centre-ville de Montréal. Tout ce beau monde ne paie presqu’aucun impôt et Manon Massé ne fait que promettre la lune à ces gens, le tout qui sera évidemment financé par la classe moyenne. On risque de réaliser très bientôt qu’on est plus pauvre qu’on le pense.

      Notre émetteur d’opinion payé du Devoir, M. David, lui, il prêche à ceux qui ont un besoin inné de croire que d’être progressiste, il suffit de se comparer à René Lévesque et revendiquer qu’on en est le digne héritier. M. Lévesque n’avait que faire des extrémistes de gauche ou de droite et Pierre Bourgault l’a vite appris à ces dépends. Le communisme ou bien le marxisme de QS, il l’aurait répudié haut et fort comme il l’avait fait avec le FLQ. Mais M. David a besoin d’être contre le mouvement indépendantiste parce qu’il travaille à Radio-Pravda à temps partiel, mieux connu sous le nom de Radio-Canada, et que cette boîte est multiculturaliste et pas à près tout comme QS.

      M. Bariteau, vous avez tout dit et bien dit. Tout ce que nos marxistes proposent, c’est la nationalisation des avoirs et des biens et au diable l’innovation, le travail acharné, le talent, la compétence puisque tous vont recevoir le même salaire dans un enfer marxiste-léniniste aux accents de goulag vénézuélien ou cubain pour ceux qui n’adhèrent pas. Ils veulent refaire la décoration intérieure de la chaloupe au lieu de voir plus grand. Mais cela rime avec l'indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l'indépendance. Colonisé un jour, colonisé pour toujours.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 septembre 2018 17 h 29

      @ Cyril Dionne,

      "Ce n’est pas avec la mère Theresa des déshérités à Montréal, qui était contre un re-découpage électoral qui l’aurait fait disparaître, que nous allons évoluer comme nation.." ...Tout ce beau monde (des profs d'université) ne paie presqu’aucun impôt" - Cyril Dionne

      J'ai rarement lu un tel chaplets de stupidités, et qui plus est, aussi flagrantes.

      1) Si Manon Massé n'avait pas lutté pour le maintien de Sainte-Marie-Saint-Jacques, la nouvelle circonscription en route serait devenue un nouveau château-fort libéral.

      2) Les professeurs d'université gagnent entre 58,000$ et 144,000$ par année* et paient donc largement part d'impôts.

      Christian Montmarquette

      * Source : Syndicat des professeurs et professeures de l'Université du Québec à Montréal / 2018

      .

    • Cyril Dionne - Abonné 29 septembre 2018 20 h 08

      @ M. Montmarquette

      « Les professeurs d'université gagnent entre 58,000$ et 144,000$ par année* et paient donc largement part d'impôts. »

      L’argent provient des contribuables M. Montmarquette. Sans eux, il n’y a pas de tours d’ivoire et une multitude de profs des sciences sociales et de philosophie. Et les argents que les gens gagnent proviennent surtout d’emplois des PME qu’ils gagnent à la sueur de leur front. Donc, ce ne sont pas ces gens-là qui votent pour vous et ne voient d’un bon œil un parti marxiste de Montréal qui veut maintenant piger dans leur CELI, le fond des générations tout en augmentant leurs impôt. Ils savent très bien que c’est eux qui paieraient pour toutes les extravagances gauchistes farfelues.

    • Nadia Alexan - Abonnée 29 septembre 2018 20 h 30

      À monsieur Claude Bariteau: Vous dites: «Promouvoir des projets de société plutôt qu’un projet de pays ne peut qu’enfermer le peuple québécois dans le rêve.» En attendant l'indépendance, monsieur Bariteau, il faut vivre, entre-temps.
      Il y'a des gens qui vivent dans la pauvreté, maintenant, des enfants qui passent leurs journées dans les écoles avec moisissures, maintenant, des aînés qui sont maltraités dans les SHSLD, maintenant, des travailleurs avec des salaires minables qui ont recours aux banques alimentaires veulent un dépannage, maintenant, et le saccage de la nature sans égard aux changements climatiques se passe, maintenant. Tous ces gens ont besoin d'un répit maintenant. Ils ne peuvent pas attendre que le rêve se réalise. Entre temps, on a besoin d'un bon gouvernement, avec un bon projet de société.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 septembre 2018 23 h 18

      Cyril Dionne,

      "Un parti marxiste de Montréal qui veut maintenant piger dans leur CELI," -

      Vous dites n'importe quoi.

      Juste pour le CELI, QS ne veut PIGER dans les CELI existant.

      Il en propose un autre pour INVITER les gens à y contribuer.

      Et ce n'est pas parce certains travaillent pour l'État qu'ils ne payent pas leur juste part d'impôt.

      Question de QS, le dernier Léger lui donne plus d'appuis en région qu'à Montréal, soit 15% à Montréal et 18% des intentions vote en région.

      - CQFD

      Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 30 septembre 2018 14 h 32

      Mme Alexan, vous dites la même chose autrement. Je n'ai pas dit qu'il faille attendre que le rêve se réalise, mais seulement qu'entre-temps mettre de l'avant dans la province de Québec des projets de société demeure une approche provinciale.

      S'agissant d'une telle approche, je partage avec vous que ces projets doivent chercher le plus possible à prioriser l'environnement, la qualité des services en éducation et en santé de même que la lutte à la pauvreté. Le PLQ et la CAQ ne pensent pas ainsi. Le PQ et QS, oui, avec des approches différentes, le PQ en retenant le cadre financier mis de l'avant, QS en proposant de le modifier profondément sans égard aux incidences qui en découleront.

      Cela étant, mon point est surtout de faire allusion à une réflexion absente de ce que constitue un projet de pays. Un tel projet est beaucoup plus qu’un contrôle de tous les impôts, de la votation des lois et la signature d’ententes avec des pays. C’est un projet qui annonce un nouveau système politique dont les grands axes sont identifiés (système présidentiel et règles d’adoption des lois avec support des citoyens et des citoyennes, liens privilégiés entre les citoyens et les citoyennes fondés politiquement par les règles du « vivre ensemble ») après un débat pour les préciser.

      Je ne pense pas que nous soyons en des milles de distance sur ces vues. Merci de m’avoir permis de préciser les miennes.

  • Jean-Charles Vincent - Abonné 29 septembre 2018 03 h 54

    En effet

    Vous avez raison M. Bariteau! Il semble que les poncifs ''populaires'' de Mme Obelix comme vous dites, utilisés jusqu'à plus soif, ont tellement séduit M. David qu'il en perd tout sens critique. Et il semble qu'il n'est pas le seul à vouloir ''rêver'' .

    • Gilbert Turp - Abonné 29 septembre 2018 14 h 56

      Il me semble pourtant - à moins que je lise mal - que monsieur David dit que, au-delà du rêve, voter QS n'engage à rien et ne changera rien lundi prochain. Il va même jusqu'à dire que c'est surtout un vote de bonne conscience individuelle. C'est assez critique, ça, me semble.

  • Gilles Bonin - Abonné 29 septembre 2018 03 h 58

    Le rêve

    et la sainteté de Manon du Pogo magique et mirifique... sans responsabilité. Ça devient tout simplement un cauchemar.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 29 septembre 2018 04 h 37

    Tourner la page

    Depuis 46 ans, j'ai été impliqué, aussi longtemps que j'ai été membre du PQ, dans ce que l'on nomme maintenant l'économie sociale et solidaire, j'y ai côtoyé de plus en plus de gens avec lesquels j'avais des affinités de valeurs et d'engagements bien plus fortes qu'avec ces apparatchiks péquistes plus préoccupés par leur carrière que par la poursuite du bien commun. C'est pourquoi qu'à partir de 2012 j'ai ajouté la carte de QS à celle du PQ. Oui, comme d'autres concernant la convergence, j'ai été déçu du résultat de mai 2017 lors du congrès de QS auquel j'ai participé comme délégué, mais j'y ai aussi retrouvé des militants sincères avec lesquels j'ai œuvré sur d'autres fronts: environnement, droit au logement, entrepreneuriat collectif, défense des "communs". Or j'ai surtout constaté, renforcé par cette campagne électorale, que ce parti incarne bien plus les espoirs de la nouvelle génération de jeunes engagés que ne peut le prétendre le PQ. L'avenir appartient à ceux-ci et non pas aux vieux nostalgiques d'une époque révolue. J'entends désormais travaillé avec eux et non pas contre eux pour sauvegarder ce qui peut l'être encore des crises qui s'annoncent, et tant mieux si cela peut prendre la forme d'une nouvelle fusion politique de gens voulant changer de récit comme l'a si bien écrit Cyril Dion dans son "Petit manuel de résistance contemporaine" ou comme le professe Yves-Marie Abraham.

    • Ginette Rouleau-Boyer - Abonnée 29 septembre 2018 10 h 44

      Je suis entièrement d'accord avec vous. En tant qu'ancienne militante du PQ mais ne faisant pas partie des nostalgiques ''du bon vieux temps'' je crois qu'effectivement l'avenir appartient à ceux et celles qui, comme nous à l'époque, souhaitent une plus grande équité. Madame Massé fait sursauter et même rager certains par son authenticité. C'est peut-être ça qui dérange les purs et durs.

    • Gilles Théberge - Abonné 29 septembre 2018 11 h 44

      Ah oui monsieur Cotnoir ? Comme ça vous avez souscrit aux accusation, ostensibles de racisme envers le PQ...? Ce qui a été la raison principale du rejet de la convergence?

      Vous savez que la conjugaison de QS et du PQ serait victorieuse aujourd’hui ?

      Mais bien entendu, le pouvoir, qu’est-ce que ça donne ? Il ne faut pas trop l’approcher. Quand on a des promesses irréalisables...

      Hé...!

  • Yolande Chagnon - Inscrite 29 septembre 2018 04 h 59

    DES PAROLES DE VÉRITÉ, UN MESSAGE D'ESPOIR

    Ce n'est pas ainsi que je qualifie le commentaire de monsieur David ce matin.

    C'est le titre d'un éditorial de Jean-Marc Léger au lendemain du célèbre «VIVE LE QUÉBEC LIBRE» du général De Gaulle sur le balcon de l'Hôtel de ville de Montréal le 24 juillet 1967.

    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/503997/des-paroles-de-verite-un-message-d-espoir

    C'était le Rubicon que venait de franchir Jean-Marc Léger en appuyant les forces du changement du Québec qui allaient s'unir dans les mois et les semaines qui allaient suivre pour la quête de l'indépendance nationale.

    Jean-Marc Léger, même jour, même page du Devoir, contredisait le directeur du même quotidien de la rue Saint-Sacrement, Claude Ryan, qui dénonçait la prise de position du Général.

    À ma connaissance, ce fut la seule fois où le directeur du Devoir et le rédacteur-en-chef avaient des positions diamétralement opposées sur une question cruciale.

    Claude Ryan fit rapidement comprendre à Jean-Marc Léger que le directeur du Devoir a les pleins pouvoirs, y compris celui de virer son rédac.

    Le commentaire de Michel David ce matin s'inscrit dans la lignée de Jean-Marc Léger; une analyse réaliste de la situation, raisonnée certes, mais avec une touche de passion.

    Oui, le Québec morose d'aujourd,hui (et il l'est depuis le 30 octobre 1995) a besoin d'autre choses que de colonnes de chiffres ou de forage à Anticosti ou encore d'un hypothétique autre référendum (gagnant, sans doute !) dans un tout aussi aléatoire deuxième mandat.

    Nous avons besoin de rêve au quotidien , ce qui est disparu du radar des autres partis.

    Je le dis bien franchement, mais lorsque Françoise David a annoncé sa retraite, j'ai cru que s'en était terminé pour QS; je m'étais lourdement trompée.

    C'est aux jours sombres où nous doutons le plus que des hommes et des femmes dont on espérait peu voire rien ont relevé le défi.

    Manon Massé a remporté cette campagne électorale: elle saura, avec une petite équipe, apporter de l

    • Claude Bariteau - Abonné 29 septembre 2018 10 h 38

      Mme Massé n'a rien du Général de Gaule.

      Si elle rêve et fait rêver, ce n'est pas d'un pays et ce qu'il implique : un territoire, un système politique différent de l'actuel de type monarchiste constitutionnel, un aménagement et un environnement valorisé par des choix économiques et, surtout, des liens entre les citoyens et les citoyennes renforcés par la vie politique dans un démocratie où le débat et un vote majoritaire de députés appuyés par une majorité des électeurs et des électrices, sont à la base des décisions.

      Elle fait rêver une jeunesse en quête d'idéaux. Ce n'est pas ce que voit M. David. En Mme Massé, il voit plutôt ses propres rêves enfin redevenus possibles dans le Canada, l'ennemi à ses yeux ayant été un PQ qui a tassé temporairement l'indépendance et couper le souffle aux vues du Devoir de promouvoir le français et la culture dans le Canada.

      Comme il a la trouille dès que le mot indépendance apparaît, il fait l'éloge de Mme Massé parce qu,il sait que l'indépendance qu'elle prône n'est pas celle d'un pays.