Se recentrer pour l'emporter

Le Devoir s’est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne en cours. Aujourd’hui, l’ex-députée libérale Christiane Pelchat prend la parole. Propos recueillis par Améli Pineda.

Les leaders des partis entament leur dernière semaine de campagne. À quoi vous attendez-vous pour cette ultime ligne droite ?

Je m’attends à ce qu’ils se concentrent chacun sur leur message principal. Dans quatre jours, les électeurs vont aller voter, alors il faut leur donner les raisons pour lesquelles ils doivent les choisir. Ils doivent se dégager des attaques et plutôt résumer leurs intentions les plus fortes […] Si on prend l’hypothèse [qu’il y a encore des indécis], ces derniers jours de campagne peuvent être déterminants. Il faut donc donner envie aux gens d’aller voter le 1er octobre.

Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, s’est dit prêt à convoquer un référendum pour s’assurer de bloquer toute tentative de réforme du mode de scrutin. Qu’en pensez-vous ?

Si je me mets dans la peau d’un premier ministre et d’un chef de parti, c’est certain que pour une question aussi fondamentale que celle-là, ce n’est pas mauvais de consulter le peuple. Nous sommes en démocratie, alors [si M. Couillard est élu sous un gouvernement minoritaire] et qu’il veut les consulter, allons-y ! […] Ça fait partie de la démocratie, c’est le droit de tout gouvernement de consulter sa population, surtout sur un enjeu qui touche le mode de scrutin et la répartition des circonscriptions. Je comprends très bien qu’un chef qui n’est pas d’accord avec une telle réforme décide d’en appeler à la population.

Qu’est-ce qu’il faudra surveiller le jour du vote, le 1er octobre prochain ?

Mon espoir, c’est que les 47 % de candidatures féminines se traduiront par l’atteinte de la zone paritaire à la suite du vote. J’ai hâte de connaître le résultat quant au nombre de femmes qui feront leur entrée à l’Assemblée nationale. Je me réjouis encore de l’atteinte de ce nombre parce que chaque étape pour arriver à la parité est un gain extraordinaire. J’ai même vu que le Parti libéral du Québec organise un rassemblement de femmes et je trouve ça parlant. Je suis contente du travail que les partis ont fait, mais je suis quand même déçue de ne pas avoir entendu assez le mot « femme ». C’est comme si on avait peur de parler aux femmes et de mettre en avant des mesures qui vont les favoriser. Je vais donc surveiller de près le nombre d’élues !