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Une remontée qui porte à espérer

Le Devoir s’est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne. Aujourd’hui, l’ex-député péquiste et élue municipale Elsie Lefebvre prend la parole. Propos recueillis par Améli Pineda.

Qu’est-ce qui a le plus retenu votre attention durant la dernière semaine de campagne ?

La remontée récente dans les sondages du Parti québécois de Jean-François Lisée, qui confirme qu’il mène une campagne incroyable à tous égards […] M. Lisée a été brillant et dominant dans les deux débats, tant en français qu’en anglais. Il s’est démarqué sur les contenus, ce qui rend sa campagne solide et crédible. Ce qui a fragilisé le PQ dans les dernières années, à savoir des appuis qui partent tant sur sa gauche avec QS que sur sa droite à la CAQ, pourrait bien être la clé qui lui permettra de faire des gains immenses en cette fin de campagne. Plus du tiers des électeurs de la CAQ et de QS ont le PQ comme deuxième choix. On verra la suite au face à face de jeudi à TVA.

Est-ce que l’élan du PQ est freiné par Québec solidaire, qui attire une partie de l’électorat péquiste ?

Oui, mais je crois qu’il ne serait pas impossible, avec la remontée du PQ dans les sondages, de voir les résultats de QS diminuer. Manon Massé mène une campagne correcte, mais avec un cadre financier de 13 milliards et 20 milliards en promesses, il faut être rêveur pour croire que son plan tient la route. Un électeur sur deux qui se prononce pour Québec solidaire est enclin à changer d’avis sur son intention de vote. Des quatre partis, c’est chez QS que la volatilité est la plus grande et de loin. Historiquement, QS performe plus fort dans les sondages que dans l’urne. Au-delà d’un vote stratégique favorable au PQ, les Jean-Martin Aussant, Véronique Hivon, Paul St-Pierre Plamondon, Catherine Fournier sont autant de candidats qui incarnent le renouveau et des valeurs de gauche fortes.

À mi-campagne, quel est l’enjeu « oublié » qui doit être abordé par les chefs avant la fin de la campagne ?

J’aimerais que l’on continue à aborder la question de l’environnement. Le PQ et QS ont dévoilé des propositions fortes, mais je trouve ça décevant que, à treize jours du scrutin, les deux partis qui mènent dans les sondages n’ont pas de position forte en matière d’environnement. En 2018, il m’apparaît fondamental de parler de développement durable, de changements climatiques et d’électrification des transports. J’ai vraiment l’impression que la CAQ est déconnectée de cet enjeu-là. Sa récente annonce pour rouvrir le parc national du Mont-Tremblant aux motoneiges ainsi que les propos d’un candidat qui dit ne pas croire aux changements climatiques en sont des exemples frappants.

17 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 19 septembre 2018 04 h 29

    Remontée

    ou plafonnement... car la vraie remontée est celle du miroitement des lendemains roses qu'agitent les solidaires. Si le PQ sauve quelques meubles ce sera beau et grâce à la contre performance de Legault - au lieu de 5 ou 6 députés, on peut espérer 12 à 15 - ce qui est tout de même un important rétrécissement.

    • Gilles Théberge - Abonné 19 septembre 2018 13 h 20

      Non je ne suis pas d'accord avec vous.
      D'abord le vote de QS est volatile. Très volatile. En partie jeune, et les jeunes ne votent pas.
      Ensuite beaucoup de Caquistes déchantenet présentement et songent à retourner au PQ.
      Enfin l'opinion recueillie dans les porte à porte laissent à penser que « mononcle » Legault a émoussé son avance.
      Rien n'est joué encore...

  • Denis Carrier - Abonné 19 septembre 2018 08 h 47

    Environnement

    Je suis tout à fait d’accord avec madame Lefebvre, l’environnement devrait être le thème central de cette campagne. Pour la troisième fois elle porte sur la santé et l’éducation. Et le réchauffé n’attire personne. Quand nous n’avions pas de ministère de la santé ou de l’éducation, alors il était de mise de faire une campagne sur ces sujets. Nous en somme à autres choses. L’environnement est d’actualité et en particulier l’électrification des transports. Le Parti Québécois l’a compris et je souhaite qu’il mettra encore plus d’emphase sur ce sujet en fin de campagne.

    • David Huggins Daines - Abonné 19 septembre 2018 10 h 31

      Je ne suis pas souverainiste et encore moins péquiste, mais le déclin de ce grand parti m'inquiète beaucoup, parce que c'est le seul qui s'est montré capable de gagner en région et en banlieue tout en prenant les enjeux environnementaux au sérieux. Maheureusement je ne peux voir l'échec d'une alliance PQ-QS que le dernier clou dans le cerceuil.

      Les motoneiges au parc Mont-Tremblant sont emblématiques de ce problème, car Bertrand sera fort probablement une circonscription donnée à la CAQ à cause de la division du vote (http://qc125.com/circ/circ-bertrand.htm). Au moins les électeurs solidaires de Val-David peuvent continuer de jouir de leur tranquilité, les ayant bannis de leur territoire municipal... Tant pis pour nous autres et pour le climat.

  • Normande Ginchereau - Abonnée 19 septembre 2018 09 h 45

    L'évidence à rappeler

    La porte-parole de QS ne peut pas être premier ministre. Avec quelle équipe formerait-elle un gouvernement supposé? Aura-t-elle eu le temps d'apprendre que le FRANÇAIS est la langue officielle du Québec? Allez dire qu'avec la CAQ, Qs est l'autre parti qui évoque le changement ... mot vide désespérant à entendre. De plus, il faudra s'assurer que Robin des Bois sera arrivé à Québec pour supporter les belles promesses à faire rêver.
    Il faut réfléchir sérieusement: Qui peut être un chef digne et responsable? Qui a une équipe pouvant représenter toutes les régions de la province? Qui connait les dossiers d'un gouvernement qui représentera tous les Québécois?
    Beaucoup de matières à réflexion ...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 19 septembre 2018 11 h 29

      De toute façon l'objectif premier de cette élection est de se libérer des libéraux que nous avons vu
      magouiller depuis 15 ans contre bien commun.Ca suffit.

  • Claude Gélinas - Abonné 19 septembre 2018 09 h 52

    Le PQ devrait poursuivre sa progression vers une lutte à trois.

    Cette remontée, il est à espérer, devrait se poursuivre à la suite du débat de jeudi. Car, le chef du CAQ devrait poursuivre sa performance alors que la chef de la CAQ emmêler dans sa proposition sur ses tests répétés de valeur a perdu toute crédiblité sur le sérieux de sa proposition. Des tests répétés à l'infini jusqu'au passage avec succès.

    Et ce cadre financier dont le PQ est le seul parti à avoir respecté les recommandations de la vérificatrice généale. Du sérieux !

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 19 septembre 2018 12 h 00

      Je prédis un gouvernement minoritaire, où le PQ aura la première ou la seconde place.

    • Christian Montmarquette - Abonné 19 septembre 2018 15 h 19

      À Claude Gélinas,

      "Ce cadre financier dont le PQ est le seul parti à avoir respecté les recommandations de la vérificatrice générale."- Claude Gélinas

      C'est faux.

      Québec solidaire aussi a respecté les chiffres de la vérificatrice générale.

      La différence avec le PQ, c'est que QS a le courage d'aller chercher l'argent là où il se trouve et en créant de nouvelles sociétés d'État comme Pharma-Québec et une banque d'État. Ce que le PQ a qualifié "d'extrémiste".

      Et il n'est justement pas sérieux ni réaliste que le PQ essaye de nous faire croire qu'il pourrait avoir un État fort et améliorer les services, sans augmenter fortement le budget de l'État.

      Christian Montmarquette

  • Christian Montmarquette - Abonné 19 septembre 2018 11 h 16

    L'irréalisme de Québec solidaire

    C'est quand même incroyable de voir les péquistes brandir sans cesse l'irréalisme de Québec solidaire d'un côté, en lui piquant un paquet de ses propositions de l'autre.

    Ici comme ailleurs, ce n'est pas la cohérence qui étouffent les péquistes.

    Quant au 13 milliards de son cadre financier..

    Plutôt que de nous lancer des chiffres par la tête comme un épouvantail à moineaux..

    Expliquez-nous donc en quoi ce 13 milliards de revenus supplémentaires "en 4 ans" est si irréaliste?

    Quand on sait que le Québec accorde plus de subventions à l'entreprise privée que l'ensemble des provinces canadiennes réunies, soit, plus de 6 milliards par année! ..d'argent public donné en cadeaux aux banques, aux multinationales et à l'entreprise privée?

    Pour ce qui est question du 20 milliards additionnels...

    Elsie Lefebvre se mêle entre le budget d'opération et les dépenses d'investissements, alors que ces derniers sont rentables et s'autofinancent à moyen terme.

    Autrement dit,

    C'est comme si Mme Lefebvre mettait sa commande d'épicerie dans le même budget que son hypothèque.

    Aussi risible que non crédible.

    Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 19 septembre 2018 14 h 37

      L'irréalisme du PQ....

      J'ajouterai à mon commentaire précédent..

      Qu'il est pas mal plus irréaliste de croire que le PQ pourrait changer vraiment les choses sans augmenter et fortement le budget opérationnel du Québec. Ce qui est à toutes fins pratiques aussi irréaliste que la CAQ qui tente de nous faire croire qu'on peut baisser les impôts en améliorant les services publics.

      Christian Montmarquette

    • Pierre Michaud - Inscrit 20 septembre 2018 01 h 53

      Si Élsie Lefèvre mettait autant l’accent sur les 15 années de pouvoir libéral au lieu de vomir son fiel sur un tiers parti comme QS et de déblatérer son programme en le citant d’irrealisme quand ce même budget est appuyer par la vérificatrice générale . Le PQ n’as surtout pas de leçons à donner à QS en matière environnementale car son bilan passé est désastreux laissant copinages et magouilles se faire au détriment des populations locales .