La fin de la menace souverainiste

Ce serait certes une erreur historique que d’enterrer le mouvement souverainiste québécois avant qu’il soit mort. Mais cela ne semble pas empêcher le Canada anglais de regarder déjà l’élection du 1er octobre comme la première depuis plus de 40 ans qui ne doit pas l’inquiéter.

Il va sans dire que l’agonie récente du Parti québécois réjouit le reste du Canada, comme si un long cauchemar tirait à sa fin. Après avoir été « tenus en otages » pendant des décennies par la menace des indépendantistes québécois de faire éclater « leur » pays, les Canadiens anglais voient la campagne déclenchée cette semaine comme une libération.

Le Canada serait devenu un pays « normal » où une élection au Québec ne comporte aucune importance particulière pour tous ceux qui n’y résident pas. Le Québec serait rentré dans le rang, comme tout bon élève de la fédération. Les autres Canadiens peuvent ainsi attendre le résultat du 1er octobre en paix.

Depuis le référendum de 1995, le rapport de force du Québec envers le reste du Canada va en diminuant. Avant même que le PQ n’amorce son déclin au début des années 2000, le reste du Canada avait déjà mis aux oubliettes toute réforme de la Constitution canadienne allant dans le sens des revendications québécoises. Donc, la mort du PQ ne pourrait pas affaiblir davantage un rapport de force qui a été réduit à celui d’une province comme les autres depuis déjà plusieurs années.

C’est dans ce contexte que les électeurs québécois doivent jauger la promesse de la Coalition avenir Québec de relancer des discussions avec le gouvernement fédéral pour augmenter les pouvoirs du Québec.

     

« Soyons clairs : la voie des grandes manoeuvres constitutionnelles, en particulier celles requérant l’unanimité des provinces, n’est pas à privilégier », avait constaté la CAQ en 2015, dans son document d’orientation intitulé Un nouveau projet pour les nationalistes du Québec.

« Celles-ci ne doivent pas constituer le point de départ, mais au contraire le point d’arrivée d’un processus visant à renouveler le partenariat qui unit le Québec au reste du Canada. Le Québec doit plutôt adopter une approche souple, favorisant notamment des modifications constitutionnelles bilatérales avec le gouvernement fédéral et la négociation d’ententes administratives, dont certaines auront un caractère légal. »

Je parierais que le prochain gouvernement québécois, quelle que soit sa couleur, sera plus préoccupé de protéger les pouvoirs et les acquis dont jouit déjà le Québec au sein du Canada que d’en négocier davantage. Ce n’est certes pas un gouvernement fédéral mené par Justin Trudeau qui instaurera une déclaration de revenus unique, cédera de nouveaux pouvoirs au Québec en matière de culture et d’immigration, donnera au Québec le pouvoir de nommer des juges à la Cour suprême du Canada ou cédera des points d’impôt au gouvernement québécois, comme le réclame la CAQ.

Et même si le Parti conservateur d’Andrew Scheer réserve un accueil favorable à certaines revendications québécoises, il se heurterait inévitablement à la résistance des autres provinces et de l’administration fédérale s’il essayait de mettre ces changements en exécution. Le diable est toujours dans les détails.

La CAQ a pour objectif d’augmenter la richesse à un point tel que le Québec ne dépendra plus de la péréquation. C’est un beau défi, mais à court et à moyen terme, un gouvernement de la CAQ devra plutôt s’activer pour qu’Ottawa ne réduise pas les 11,7 milliards de dollars en péréquation que le Québec reçoit déjà, alors que la grogne dans l’Ouest canadien envers ce programme qui vise à redistribuer la richesse nationale va en augmentant.

     

Les libéraux de Philippe Couillard ont beau avoir engrangé des surplus, toute réduction des paiements de péréquation découlant d’un changement de sa formule actuelle (plutôt que d’une augmentation de la richesse québécoise) nuirait sensiblement aux finances publiques du Québec. Or, les surplus du gouvernement Couillard suscitent la colère de bien des Albertains, alors que leur province se noie dans des déficits à perte de vue, même si elle demeure encore bien trop riche pour recevoir de la péréquation. L’élection le printemps prochain du conservateur Jason Kenney à la barre du prochain gouvernement albertain déclencherait un conflit fédéral-provincial autour d’un nouveau partage des sommes consacrées par Ottawa à la péréquation.

Tout cela est bien loin de la campagne québécoise actuelle, où la CAQ a beau jeu de promettre de nouvelles ententes avec Ottawa pour augmenter les pouvoirs du Québec tout en s’engageant à ne jamais tenir un référendum sur l’indépendance. S’il remplissait une telle prouesse, M. Legault mériterait d’être élu premier ministre à vie. Dommage pour lui que le reste du Canada n’ait pas encore reçu le message. Il est trop occupé à fêter la fin de la menace souverainiste.

61 commentaires
  • Sylvain Rivest - Inscrit 25 août 2018 00 h 41

    Ils tiennent leur rêve pour une réalité.
    Et vous aussi m. Yakabuski.

    • Jean Duchesneau - Abonné 25 août 2018 20 h 25

      M. Rivest,

      J’ai lu et relu la chronique de M. Yakabuski et à mon avis, votre commentaire ne lui sied point. Il décrit parfaitement les enjeux relatifs au rapport de force du Québec envers le ROC. Il démontre l’irréalisme de la CAQ en cette matière,
      .

  • Patrick Boulanger - Abonné 25 août 2018 01 h 41

    La fin de la menace souverainiste?

    J'ignore si le chroniqueur pense ce qu'il écrit, mais la menace souverainiste est loi de la fin quoi qu'il advienne le premier octobre prochain. Le PQ ne représente pas à lui seul le mouvement indépendantiste et même si cette formation s'effondre dans quelques semaines, d'autres acteurs ou d'autres structures vont prendrent le relais causé par le « vide » laissé par le PQ. Différents scénarios sont envisageables : fusions des partis indépendantistes; création d'une autre formation souverainiste; QS absorbe le PQ; etc. Les indépendantistes sont encore beaucoup trop nombreux au Québec - pour combien de temps encore?- pour que cette menace disparaisse à court et moyen terme, je dirais.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 août 2018 11 h 01

      L'indépendance ne passera pas par les groupuscules de partis d'extrême gauche comme QS. Les gens ne se reconnaissent pas dans un régime marxiste-léniniste aux accents de Cuba ou bien du Venezuela. Peut-être que le vice inné du système capitaliste est le partage inéquitable des biens et ressources, mais pour le socialisme prôné par QS, c’est le partage équitable de la pauvreté.

      C’est avec la CAQ, un parti nationaliste, que le Parti québécois fusionnera peut-être dans un futur proche. Les amateurs gauchistes, on laisse cela de côté. Bien oui, l’anglais est devenu une langue officielle au Québec selon nos kamarades de QS. Et attention, le Parti québécois risque de poser plusieurs surprises avec son organisation et ses 73 000 membres le 1er octobre.

      Ceci étant dit, l’indépendance sera toujours au menu québécois tant et aussi longtemps qu’on parlera la langue de Gilles Vigneault. Nous sommes dans un cycle présentement et la ferveur souverainiste recommencera à jaillir lorsque les modalités du Canada étoufferont l’économie québécoise avec la fin de l’ALÉNA. C’est toujours l’économie qui prime partout et les Québécois ne sont pas différents.

      Alors pour notre cher M. Yakabuski, il doit se sentir plus à l’aise à écrire des chroniques pour le Globe and Mail. Il ne comprend vraiment pas la psychologie québécoise. Mais c'est toujours comique de le lire...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 août 2018 12 h 08

      Je commente volontairement sous votre intervention, en matière de salutation.

      Je suis d'ailleurs totalement d'accord avec vous. Le PQ, ce n'est qu'un véhicule. Sans méchanceté, toutes les places y sont prises par le club d'un âge d'or nostalgique d'un voyage au long cours révolu. Il ne va plus nulle part en tant que parti souverainiste depuis 95 et n'entrevoit pas de «grandes manoeuvres» avant 2022, comme si le temps et les grand-messes allaient faire autre chose que d'ennuyer par leur répétition sempiternelle ceux qui ne seraient pas déjà gagnés à la cause... sans compter qu'ils s'enferment de plus en plus, tristement, dans un entre-soi de souches suspicieuses pour leurs épluchettes.

      Cela dit, une conséquence prévisible, c'est que les québécois ne considéreront pas à leur juste mérite les propositions de gouvernement un peu plus à gauche auxquelles ils auraient été autrement favorables et qu'ils iront plutôt se stationner au PLQ que chez QS. Idéalement, parce que la CAQ.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 août 2018 09 h 12

      M. Maltais Desjardins,

      Vous comparez le PQ a un club de l'âge d'or nostalgique. Vrai ou faux, je ne veux pas en discuter.
      Toutefois depuis cette comparaison je vais... évoquer l'histoire.

      Les gens qui ont fait la révolution tranquille, les amis de GND, Lévesque, Parizeau, qui discutaient dans les bars et salons de projets de société, ont pris les rênes politiques dans les années '60.
      Puis est arrivé un grand nombre de jeunes issus du carcan religieux qui voulaient en changer vite, tout de suite. Le Baby-boom.

      Les "vieux" avaient compris l'urgence de l'indépendance, les "jeunes" pensaient écologie et refonte de l'économie, les deux se sont rejoints dans le modèle indépendantiste et social-démocrate du PQ.

      Le PQ, c'est deux générations. Celle d'avant-guerre et celle d'après.

      Le discours tournait autour de projets de société, pas le temps de condamner ou attaquer.

      Sauf...
      - La bande à Trudeau tenait un discours incendiaire, drastique. Y avait "maudit séparatisse" et même "crypto-séparatisse", imaginez!
      - L'extrême-gauche condamnait tout globalement et sans nuance pour s'assurer d'être seule à avoir raison. Comme toujours. Comme maintenant.

      Aujourd'hui la "maladie d'âge" du PQ se reflète comme un miroir sur QS. L'un descend dans les sondages, l'autre ne monte pas. Les vieux d'un côté, les jeunes de l'autre.
      Depuis février 2017 pas un péquiste n'appuiera QS. Les "traîtres" et "racistes" ont déjà coûté le pouvoir à QS, devenu le parti d'une génération par sa faute.
      Cette génération est nombreuse mais seule. Elle le restera : les "millé+" n'embarqueront pas dans un club aussi intransigeant. Ils condamneront le passé en bloc, comme QS, dont QS.
      On rira du "matrimoine à Manon" comme on a ri de féministes "anti prise électrique mâle".

      La génération QS sera bientôt décrite comme celle du baby-boom : égocentrique et passéiste. À tort comme toujours.

      En passant, QS n'est pas social-démocrate. Votre "un peu plus à gauche" est faux.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 août 2018 14 h 10

      "un peu plus à gauche" = PQ

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 août 2018 14 h 32

      Ah! Je suis étonné. Que vous suggériez seulement que le PQ est à gauche va à l'encontre de ce que disent les représentants de QS, dont principalement Khadir.

      Et comme je crois savoir que vos intentions de vote vont vers QS...

      Enfin. Ceci dit, le plus important précédait. Le clivage générationnel tue toute idée d'indépendance, et ça restera vrai pour au moins 20 ans encore. Le Québec vient de retomber dans une très vieiile ornière qui faisait que chaque génération refusait la précédente, depuis 1840.

  • Yves Côté - Abonné 25 août 2018 04 h 18

    Encore une fois...

    Nouvelle preuve formelle, comme s'il en fallait encore une, que ce pays britannique ne comprend rien du Québec : le Canada anglais regarde déjà l’élection du 1er octobre comme la première depuis plus de 40 ans qui ne doit pas l’inquiéter.

    Au contraire de cette idée fermée, je crois que tout étant ouvert comme possibilité décevante, tout finalement s'y jouera déjà pour dans quatre ans.

    Les libéraux comptent sur la stabilité éternelle de leurs appuis historiques pour toujours garder la même partition anti-partition, la CAQ estimant que nous ne sommes déjà plus que des North-Americans, joue les choses à la manière exacte "je casse tout" qu'Emanuel Macron a utilisé en France, donc improvise largement et avec rapidité selon ce qu'elle entend comme applaudissements immédiats, les partis indépendantistes jouant les ténors de service comme si une chorale harmonieuse n'avait pas besoin d'autres régistres de voix, QS et les tiers partis de gauche les imitants en cela mais en poussant à qui chantera le plus fort, variant les gammes du baryton à la basse, le seul résultat à la cacophonie du moment sera..., sera..., sera que la cacophonie, justement, ne pourra pas être déguisée en symphonie.
    Sauf bien entendu aux oreilles des sourds...
    Tant que la coupe n'est pas pleine, elle ne peut déborder que si elle se trouve trop secouée.

    Vive le Québec libre !

    • Serge Lamarche - Abonné 25 août 2018 14 h 54

      C'est idiot de penser que les anglais sont si dérangés par les indépendantistes. Les francophones hors-Québec sont bien plus emmerdés et insultés de voir leurs potentiels appuis les plus forts les compter pour perdus.

    • Yves Côté - Abonné 26 août 2018 07 h 04

      Monsieur Lamarche, je ne suis pas certain de bien comprendre votre texte.
      Ceci-dit, en premiére remarque je partage votre idée que les "Anglais" ne sont pas plus dérangés que cela par nous, indépendantistes. Sans pour autant s'en moquer comme de leur première chemise...
      Toutefis si je partage votre idée, c'est parce que je crois sincèrement que ceux qui s'identifient aujourd'hui comme Canadiens, sont tous sérieusement bousculés par celles et ceux qui s'identifient, aujourd'hui comme hier, comme Québécois. Et ce, en raison qu'au contraire de ce que le British Canada tente de faire croire (et réussit trop souvent à...), de s'identifier comme Québécois n'est certainement ni l'équivalent d'une déclaration de résidence, ni du conformisme social qui consiste à se montrer avec une étiquette qu'on colle à sa personne. Et ce, que ce soit pour bien paraître dans les salons et administrations, soit pour montrer qu'on est électeur éclairé.
      En deuxième remarque, une question d'introduction si vous me la permettez.
      Lorsqu'une personne est submergée au point de risquer de dispraître, la meilleure manière de l'aider n'est-elle pas de lui tendre une perche depuis un appui solide ?.
      Eh bien il en est simplement ainsi selon moi avec ces francophones hors Québec qui se débattent au quotidien comme de bons diables en eau bénite pour préserver leur langue.
      Francophones qui ne se retrouvent certainement pas et en rien dans les situations de maltraitances linguistiques et culturelles que tous nous connaissons, en commençant par vous pour peu que je comprennen un peu votre position, à cause des Québécois.. Mais qui s'y retrouvent entièrement par les responsablités des décisions prises par les gouvernements successifs et géographiquement distribués de qui s'identifient comme Canadiens.
      Donc, seul espoir linguistique viable chez eux : la venue au plus tôt d'une solide République du Québec.
      Ce que je vous invite à souhaiter avec nous, indépendantistes.
      Salutations républicaines, Monsi

    • Serge Lamarche - Abonné 26 août 2018 15 h 32

      Mais non m. Côté, le Québec souverain n'aiderait en rien puisqu'ils se ferait détruire plus facilement. De plus, les francophones se verraient plus isolés. N'oublions pas que les familles sont dispersées sur le territoire.

  • Claude Bariteau - Abonné 25 août 2018 07 h 32

    L'INACCESSIBLE ÉTOILE

    Voilà. C'est dit. Vous le dites. L'étoile est inaccessible. Le Québec ronronne au gaz et le Canada jubile.

    Désormais, il faut rêver à quatre pattes.

    Comme M. Legault en pensant à l'accessible comme un mendiant qui, de dos, fixe le sol la tête courbée et les yeux dans le vide.

    De votre regard perçant, vous vous dites que s'il parvenait, malgré tout, à se mettre sous la dent quelques restes de table, il deviendrait à vie le roi des Québécois et des Québécoises.

    Mais, dites-vous, les miettes de table des festoyeurs canadiens ne tomberont pas.

    Ils ne tomberont pas parce que les rêves des mendiants ne sont que des rêves de désespoir avant qu’ils trépassent à genoux.

    Atteindre l’inaccessible étoile n’est pas la quête de Legault. L’est par contre d’être le fossoyeur des gens qui se tiennent debout.

    Un jour, vous verrez, le déclarera roi et lui trouvera un socle pour porter sa statue comme symbole de l’immobilité et des petits bonheurs.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 août 2018 07 h 39

      Je l'aurais mieux vu flairant le sol la langue pendante... et les yeux dans le vide.
      Question pour la dernière phrase : qui le déclarera roi ?

    • Jean Duchesneau - Abonné 25 août 2018 08 h 24

      Parlant d’inaccessible étoile, notre Don Quichote del norte accoutré d’une armure politique postiche a entrepris le combat contre des moulins à vent (éoliennes).

    • Claude Bariteau - Abonné 25 août 2018 08 h 28

      Votre image est forte. Peut-être trop avec la langue pendante.

      Il manque « on » qui le déclarera roi, ce « on » étant les gouvernements du Québec ou du Canada, voire les deux ensemble.

      Merci d'avoir signalé cet oubli.

    • Gilbert Turp - Abonné 25 août 2018 11 h 18

      Qui déclarera le prochain roi ? Mais le mode de scrutin, voyons !!!
      C'est tout ce qu'il y aq à dire.
      Tant qu'on ne change pas le mode de scrutin, la machine va ronronner toute seule. Tout le reste est littérature.

    • André Labelle - Abonné 25 août 2018 11 h 22

      La poésie est un art bien important et très intéressant. Mais quand il s'agit de l'avenir d'une nation, je crois qu'on se doit d'utiliser une forme plus directe, plus réaliste. Est-ce que ça n'en vaut pas la peine ?

      «Les gens sont trop bien élevés, les méchants peuvent s'en donner à coeur joie.»
      [Dan Powell]

    • Gilles Bousquet - Abonné 25 août 2018 11 h 27

      La menace séparatiste québécoise, à environ 30 %, ça ne doit pas faire tellement peur aux Fédéralistes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 août 2018 11 h 45

      Merci, monsieur Bariteau. Comme vous lui prêtiez déjà de tendre non la main mais le dos, je ne croyais pas ajouter tellement au comique en évoquant le mol usage qu'il a déjà commencé à faire de sa langue... Comme il l'a déjà répété : « on verra »

    • Claude Bariteau - Abonné 25 août 2018 14 h 18

      M. Labelle, je devine que votre commentaire s'adresse au mien.

      Je vous dirais que son réalisme est directe.

      Il traite M. Legault de fossoyeur des indépendantistes, qui sont plus que 30 %, et qui veulent créer un pays avec tous ceux et celles qui se tiennent debout et entendent instituer la nation du pays du Québec, qui n'a rien à voir avec la nation imaginaire d'antan définie pour servir une élite locale asservie au Canada, comme l'est le chef de la CAQ et celui du PLQ.

      Je ne parle pas de l'avenir d'une nation imaginaire. Je parle d'un pays à créer avec ceux et celles au Québec qui avancent de front la tête haute et le regard sur l'avenir.

    • André Labelle - Abonné 25 août 2018 16 h 33

      M. Barriteau,
      J'ai en fait bien aimé votre commentaire. Je souhaite juste que plus souvent nous appelions un chat un chat. S'il s'avère que Legault ne sera pas le fossoyeur des indépendantistes, il faut le dire directement. Il faut affirmer fortement que croire en la disparition de l'idée d'indépence, c'est prendre ses rêves pour la réalité.
      Mais je suis aussi d'accord que l'expression de nos idées, quant elles sont authentiques comme les vôtres, peut valablement emprunter des formes diverses qui sauront toucher un auditoire évidemment pas monolitique.

      «Ce que la chenille appelle la fin du monde, le Maître l’appelle un papillon.»
      [Richard Bach]

    • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2018 22 h 40

      M. Labelle, je saisis votre dernier commentaire lorsque vous écrivez « s'il s'avère que Legault ne sera pas le fossoyeur des indépendantistes » comme si la CAQ ne serait pas élu.

      Or si c'est le PLQ, ce sera la retour du fossoyeur actuel. J'en déduis que vous présumez que le PQ prendrait le pouvoir.

      C'est la seule façon pour que ces deux partis ne réalisent pas leur travail de fossoyeur.

      Vous ne le dites pas directement de sorte que je ne suis pas certain que vous estimez que la seule façon que les deux fossoyeurs n'arrivent pas à leur fin est une victoire du PQ minoritaire ou majoritaire.

      Vous ai-je bien compris ?

  • Jérémy Champagne - Abonné 25 août 2018 07 h 51

    Il est évident aujourd'hui plus que jamais que droite et souveraineté sont incompatibles.

    Si le pro-capitalisme éhonté de la CAQ entre en adhésion totale avec celui du système fédéral, c'est parce qu'il s'inscrit dans une perspective mondialiste qui veut la fin des frontières nationales à la fois sur le plan économique et sur les plans culturel et social : c'est le libéralisme libertaire dont parlait Clouscard, incarné à merveille par la doublette Trudeau-Macron. Jamais les ardeurs nationalistes d'un Legault ne seront permises dès lors que sa politique économique le placera dans le giron du système. En ce sens, la CAQ s'installe dans le sillage d'une droite québécoise qui, par ses allégeances capitalistes, trouve toujours un intérêt à collaborer avec le système fédéral plutôt qu'à le combattre : la fin du souverainisme en effet.

    On pouvait se plaindre, comme certains l'ont fait, d'une monopolisation du discours souverainiste par la gauche, mais dans la conjoncture actuelle, un nationalisme québécois ne serait possible que dans une perspective authentiquement socialiste, donc anti-système.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 25 août 2018 14 h 14

      Vous avez oublié d'ajouter que la gauche, du moins ce qu'elle est devenue avec son multiculturalisme et son altermondialisme, est également incompatible avec la souveraineté et le concept d'état-nation.

      Bloqué à gauche comme à droite, c'est sans doute ce qui explique le mieux l'impasse dans laquelle se trouve actuellement le mouvement indépendantiste. Ce dernier ne reprendra du poil de la bête que s'il arrive à s'imposer dans les esprits en transcendant la vieille vision traditionnelle "gauche-droite" qui dans les faits est devenu un clivage stérile entre deux idéologies anti-nationales se ressemblant de plus en plus.

    • Yves Côté - Abonné 26 août 2018 07 h 25

      Monsieur Champagne, il vaut mieux avoir deux jambes pour marcher sans tourner en rond...
      Construire un pays libre, en démocratie cela veut dire de laisser toute chance d'alternance aux tendances politiques.
      En stigmatisant l'idée de la venue de la République du Québec sur une seule orientation de gauche est aussi anti-démocratique que destructrice en termes de finalité.
      Je vous le dis d'autant mieux et en toute amitié républicaine que venu au monde dans une famille de droite convaincue, je suis moi-même socialiste depuis plus de quarante ans.
      Sans jamais estimer pour autant légitime, normal, souhaitable, que le Pays du Québec statue autre chose dans ses fondements que les normes et principes culturels qui le fondent et sans jamais que ceux-ci ne soient choisis parce qu'ils sont "de droite" ou "de gauche"...

      Québec libre, Monsieur, c'est pour assurer entre autres la liberté d'opinion politique à tous.
      Certainement pas pour brimer X ou Y de la possibilité d'y voir arriver au pouvoir un gouvernement ou un autre, en fonction de sa sensibilité et celle des électeurs qui l'auraont porté par majorité absolue aux commandes du pays...
      Il faut arrêter de mettre des barrières aux uns et aux autres de nous. De le faire ne rend service qu'à ce Canada qui nous domine politiquement, culturellement et linguistiquement de plus en plus.
      Le pays ne pourra advenir que par l'union des individus qui croient en une volonté commune à ce qu'il advienne. Et certainement pas par le développement de ce que les Canadiens préfèrent de nous comme stéréotype à entretenir : l'incapacité à nous unir autour d'une idée à cause d'une intransigeance individuelle chronique et inguérissable.

      Unissons-nous Monsieur autour de l'idée de nous donner un pays normal, comme le proposait Jacques Parizeau lui-même.
      Et ce, que nous soyons de gauche ou de droite, hommes ou femmes, grands ou petits, hétéros ou homos, diplômés ou pas, cadres, manoeuvre, "jobbers", etc.
      Unissons-nous et le pays naîtra.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 août 2018 09 h 58

      Une certaine gauche. M. Morin. Pas toute la gauche.

      Malheureusement la social-démocratie est très mal représentée dans les partis actuels, mais ce qui s'en rapproche le plus est encore le PQ.

      QS, avec un programme qui pourrait se résumer par "on va prendre aux riches", est socialiste.

      Son projet social est bien beau en effet.
      Mais tout ce qui parle d'économie démontre, d'abord, une ignorance opaque de ce qu'est l'économie et les gens qui la font avancer. Tout plein de belles intentions très progressistes et communautaires, rien pour l'initiative personnelle, rien pour "aérer" l'activité humaine.

      Hé! Je regrette mais une société comprendra toujours un immense nombre de sociopathes qui rêvent à leur petite affaire. Ce n'est pas parce qu'ils sont incapables de se préoccuper de la société qu'on devrait les empêcher de rêver, au contraire. Il faut les encourager et profiter du mouvement, ce que QS n'imagine même pas avec ses rênes serrés pour tout décider selon des "bases morales".
      En fait QS exclut tout ce qui n'est pas "sociétal" dans son très petit monde. Pitoyable.

      QS condamne tout ce qui n'est pas QS. QS confond en une seule entité diabolique tous les autres partis. Comment alors prendre QS au sérieux? De plus QS condamne le passé dans sa globalté. Alors on peut dire que sa position est carrément messianique. "Je suis le bon, suivez-moi!", on sait où ça mène.

      LIsée parle d'État fort. Il parle de social-démocratie, lui.
      Est-il uniquement électoraliste se faisant ? Pas uniquement.
      Il a écrit au moins 15 essais dont plusieurs directement sur la sociale-démocratie depuis 30 ans. C'est quand même un peu plus que Manon Massé et son autobiographie pour s'auto-encenser.

      Entre un parti qui imposerait ses réformes envers et contre tous, avec crise sociale à la clé, et un autre qui n'ira probablement pas aussi loin qu'il le dit, je préfère faire des presssions sur le modéré que d'endurer les âneries de l'autre et payer pour ensuite.