La prudence ne paie pas à la retraite

Pour les retraités ne bénéficiant pas du confort d’un régime complémentaire à prestations déterminées, le plus grand risque de survivre à son capital vient d’une approche accordant trop de place aux titres à revenu fixe et aux scénarios s’appuyant sur des hypothèses et prévisions. L’histoire démontre que la prudence ne paie pas.

La Corporation gestion de placements Claret a fait l’exercice il y a quatre ans. On a reculé jusqu’à 1914 et multiplié les périodes de 30 ans en prenant les données d’inflation, boursières et obligataires. Cela a donné 70 observations. Un taux de retrait annuel de 4 % du capital (incluant l’impôt à payer), indexé à l’inflation, a été retenu. Sur un capital de 1 million retenu pour l’exercice, cela donne 40 000 $. À ce taux, le risque d’épuiser le capital avant le décès est d’à peine 5 %. Si les retraits annuels sont plus élevés mais demeurent sous les 80 000 $, le risque de survivre au capital s’accroît de manière exponentielle, mais reste en deçà de 50 %. Au-delà, il y aura épuisement rapide.

Répartition d’actif

On parle donc, ici, d’une zone de confort sous un taux de 8 %, idéal à 5 %. Au-dessus, cela devient fonction du niveau de l’épargne et du train de vie.

Mais tous ces scénarios reposent sur une prémisse de base : une répartition d’actif du portefeuille 50-50 entre les actions et les obligations. Si la proportion de titres à revenu fixe passe à 100 %, le risque d’épuiser le capital au cours de la période de 30 ans s’élève à plus de 50 %, observe Claret. Le cabinet va plus loin en retenant à partir de ce survol historique qu’une répartition d’actions variant entre 70 et 75 % semble idéale. « À moins que vous ne soyez prêt à réduire considérablement vos dépenses, la répartition des titres à revenu fixe ne devrait pas dépasser 50 % de votre portefeuille », ajoute-t-il.

On le devine. L’idéal serait 100 % en actions, mais peu de personnes à la retraite voudront s’exposer ainsi au risque du marché. Les séquelles de la crise de 2008 demeurent bien ressenties.

Claret s’est attardé aux trois pires cas historiques. Les périodes de 30 ans commençant en 1964, 1965 et 1966 ont été marquées par l’absence de rendement, par une forte inflation et par une hausse des taux d’intérêt faisant chuter le prix des obligations, une conjoncture dominante au milieu des années 1960. Avec une répartition 50-50, le capital est épuisé après 30 ans. Mais plus on augmente la portion en actions, plus il en reste. À l’opposé, à 0 % en actions, « plus d’une fois sur deux, on ne se rend pas à 30 ans ».

Jean-Paul Giacometti, vice-président, gestionnaire de portefeuille chez Claret, a précisé que ce survol historique a pour avantage de nous sortir des projections en planification financière reposant sur les moyennes et sur le jeu des hypothèses et prévisions, un jeu qui s’apparente à celui des essais et erreurs. « Nous nous en remettons à des données historiques, réelles. Et l’on se penche aussi sur les pires cas », résume-t-il.

Plus d’accès aux fonds pour les conseillers

Les conseillers financiers membres de la Chambre de la sécurité financière (CSF) et ceux de l’Association canadienne des courtiers en fonds mutuels (ACFM ou MFDA, en anglais) auront le même accès aux gestionnaires de portefeuilles que ceux membres de l’Organisme canadien de réglementation du commerce en valeurs mobilières. NEO Connect et Univeris ont annoncé jeudi « un partenariat qui permettra aux conseillers de l’ACFM/CSF d’accéder aux fonds distribués sur NEO Connect. Univeris intégrera NEO Connect dans son logiciel de gestion du patrimoine utilisé par 15 800 conseillers de l’ACFM, qui représentent collectivement plus de 178 milliards de dollars d’actif sous administration », peut-on lire dans le communiqué.

Le président et chef de la direction de NEO, Jos Schmitt, explique que Neo Connect a été lancée il y a un peu plus d’un an. La plateforme, présente dans la communauté des conseils en placement fondés sur des honoraires, distribue des fonds communs à prospectus traditionnels et ceux par voie de notice d’offre. Son actif sous administration dépasse les 500 milliards, avec une offre comprenant présentement une cinquantaine de fonds placés sous l’acronyme anglais PTF, pour plateform-traded funds.

La plateforme permet des gains d’efficacité. Pour les conseillers et courtiers, le partenariat avec Univeris permet une intégration avec leur réseau et leur système d’administration. Pour leur part, les émetteurs et gestionnaires de fonds obtiennent une fluidité des transactions qui se traduit par une réduction notoire du nombre de comptes clients à maintenir. Il en résulte une baisse de coûts qui peut se transformer en une réduction des frais de gestion.

En résumé : « diminution des coûts et accès à un canal de distribution », précise Jos Schmitt, qui définit son entreprise comme étant un spécialiste de la connectivité. La baisse de coûts mesurée oscille entre 25 et 35 %, dit-il. Il appartient aux gestionnaires de les transformer en réduction des frais de gestion et de remettre l’épargne aux investisseurs.

1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 21 avril 2018 07 h 29

    Cul-de-sac? ben non...

    La population vieillit très vite. Les consommateurs sont très endettés. Les taux d'intérêt sont trop bas depuis trop longtemps. Les gestionnaires grugent le capital des épargnants. Ça va mal pour les vieux,

    Regardez les oiseaux du ciel,ils ne sèment ni ne moissonnent et pourtant notre Père céleste les nourrit.

    Les biens et services sont disponibles et l'argent pour se les procurer va continuer d'arriver. Jusqu'à maintenant, l'inflation boursière a permis à la Caisse de Dépot de verser les retraites et l'endettement du fédéral a permis de verser les pensions de vieillesse et l'aide aux familles.

    Ces dernières années, l'inflation boursière a créé beaucoup de cash et l'endettement du fédéral aussi. Ce sont nos deux vaches à lait. Si l'une tarit, l'autre sera là.