Le parasite

François Legault n’est pas le seul à pester contre les énormes sommes que le Québec reçoit au titre de la péréquation. En Alberta aussi, on trouve cela choquant, mais pour raisons diamétralement opposées. Le chef de la CAQ déplore que la faiblesse de son économie le rende si dépendant, tandis que les Albertains le croient trop riche pour justifier l’argent qui lui est versé.

Vu de là-bas, il peut en effet sembler anormal que le Québec accapare 11,7 milliards sur les 18,9 milliards qu’Ottawa distribue aux provinces les moins nanties. Cette semaine, Carlos Leitão a présenté un quatrième budget équilibré de suite, malgré une augmentation des dépenses de 5,2 %, alors que celui de l’Alberta a un déficit de 8,8 milliards et ne prévoit le retour à l’équilibre qu’en 2023. Sans parler de l’Ontario.

Selon des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, avait fait préparer un argumentaire pour répondre aux doléances qu’il anticipait de son collègue albertain, Joe Ceci, lors de sa dernière rencontre avec ses homologues provinciaux.

Les fonctionnaires de M. Morneau auraient pu s’épargner cette peine en consultant les documents budgétaires du Québec, qui font le point sur la péréquation chaque année. La formule de calcul est jugée inéquitable par son gouvernement, mais elle donne des résultats si avantageux pour 2018-2019 que M. Leitão a préféré ne pas aborder le sujet dans son discours.

Le gouvernement Couillard n’a d’ailleurs pas intérêt à trop s’indigner. Le premier ministre sachant bien que les Québécois ne sont pas aussi attachés que lui aux valeurs canadiennes, son principal argument en faveur du fédéralisme est l’avantage financier que le Québec en tire.


 

S’il est vrai qu’au total le Québec a droit à la part du lion, il reçoit beaucoup moins par habitant que toutes les autres provinces bénéficiaires, sauf l’Ontario. Les transferts fédéraux, y compris la péréquation, représentent plus en pourcentage des revenus budgétaires au Québec (21 %) qu’en moyenne au Canada (19 %), mais c’est bien moins que dans d’autres provinces bénéficiaires, comme l’Île-du-Prince-Édouard (38 %) ou le Nouveau-Brunswick (36 %).

Vu de l’extérieur, le Québec est un éternel profiteur, une sorte de parasite qui vit aux crochets du reste du pays. S’il était aussi pauvre qu’on le dit, comment pourrait-il autrement s’offrir le meilleur réseau de garderies au pays et les frais de scolarité les plus bas ?

Si le Québec offre plus de services que l’Alberta, c’est parce que les impôts y sont bien plus élevés. Si l’Alberta voulait éliminer son déficit, elle n’aurait qu’à les augmenter. Sa « capacité fiscale » par habitant, c’est-à-dire le revenu qu’elle pourrait obtenir en appliquant le taux de taxation de la moyenne des dix provinces, est de 11 227 $ par rapport à 7 497 $ au Québec. Pourtant, le Québec exige nettement plus de chacun de ses contribuables (9685 $) que l’Alberta (8272 $). La baisse du prix du pétrole a fait chuter ses revenus, mais elle n’en demeure pas moins la province la plus riche.


 

L’abandon du projet de pipeline Énergie Est a créé beaucoup d’amertume en Alberta. L’automne dernier, Jason Kenney a été élu chef du Parti conservateur uni en promettant, si son parti l’emporte à l’élection de mai 2019, la tenue d’un référendum pour renégocier les termes de la péréquation de manière à exclure les produits pétroliers du calcul. « Les chômeurs albertains ne devraient pas transférer de la richesse au Québec », disait-il. Selon lui, cette exclusion diminuerait la contribution albertaine de 10 milliards.

Valable pour cinq ans, une nouvelle formule de calcul entrera en vigueur le 1er avril 2019 et les modifications annoncées par Bill Morneau dans son dernier budget ne prévoient pas ce changement qui concerne les revenus pétroliers, pas plus qu’elles ne répondent aux doléances du Québec relativement aux dividendes versés par Hydro-Québec, dont le maintien dans l’assiette des ressources naturelles a entraîné un manque à gagner cumulatif de 3,3 milliards depuis 2009-2010.

M. Kenney peut bien râler, mais il n’a aucun moyen de forcer la main à Ottawa. Les provinces non bénéficiaires de la péréquation ne versent aucune somme à celles qui en bénéficient. Elle est financée par les revenus prélevés directement par le gouvernement fédéral auprès des contribuables de toutes les provinces.

Elle ne fait pas vraiment l’objet de négociations. Le gouvernement fédéral écoute avec plus ou moins d’attention les représentations des provinces, mais il a tout le loisir d’imposer sa volonté, comme il l’a fait l’an dernier dans le cas du Tranfert canadien en santé alors que le prétendu front commun des provinces s’est écroulé aussitôt formé. Aussi bien s’y faire, ce n’est pas demain la veille que les choses vont changer.


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20 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 31 mars 2018 04 h 09

    C'est effectivement vrai: le Québec est un parasite

    C'est effectivement vrai: le Québec est un parasite, et il agit joyeussement comme tel. Le Québec est "l'État" le plus gouverné du monde ocidental, mais cela est passé sous silence. À titre d'exemple, la Ville de Montréal possèe environ le quadruple d'échevins que la ville de Toronto, le journal Le Devoir nous apprenait dernièrement qu'il y avait au Québec 5,000 organismes communautaires qui étaient subvtionnés, il y a plus de 4,004 sociétés créatures de l'État québécois... Les villes ne demeurent pas en reste avec elles aussi une multitudes de sociétés para et pré-municipales, les commissions scolaires ont une multitude d'associations - tout comme les viles. L'on pourrait allonger la liste pratiquement à l'infini des ces dédoublements adminisratifs. Mais ces "choses" ont toutes une particuliarité propre: une structure bureaucratique et administative qui vit aux crochets des contribuables: président, vice-président, secrétaire, commis plus les loyers des bureaux.

    Regardez le dernier budget libéral... Le gonflement des dettes à venir est phénomémal... On a un surplus qu'ils disent à QC... À oui, et les centaines de milliards de $ que l'on doit, les milliards de $ que le QC paie en intérêts...

    Le Québec se veut pauvre comme Job, et s'assure de le demeurer Ad vitam æternam...Et, ils y a des bien-pensants qui s'offusquent que nous soyons considérer comme un état parasitaire...

    • Claude Bariteau - Abonné 31 mars 2018 09 h 18

      Le parasite est le PLQ. Pas le Québec.

      Le rapport Rowell-Sirois, déposé en 1940 alors que le Canada a déclaré la guerre à l’Allemagne, proposa une révision des pouvoirs du Canada pour assurer sa construction nationale et aider les provinces maritimes touchées par le crash de 1929. Là se trouve le fondement de la péréquation et des piliers de l’ordre économique canadien.

      Pour financer son effort de guerre, le Canada obtint des provinces des sources d’impôts qu’il s’engage à retourner. Comme il hésite, l’Ontario et le Québec s’en héritent. Le Canada révise son approche et a l’aval de l’Ontario, pas du Québec. L’UN, qui pratique une guérilla politique, crée la Commission Tremblay. Ses conclusions, critiques du gouvernement de l’UN, sont reprises par le PLQ.

      L’entente Lesage-Pearson a nourri la révolution tranquille. Mais, avec elle, le Québec s’intègre à l’approche canadienne en matière de développement, y compris la péréquation, à l’exclusion de programmes sociaux, éducatifs et culturels.

      Pierre-Elliott Trudeau voulut corriger cette aberration. Il renforcit l’ordre canadien et modifia la définition du Canada en 1982 en faisant du multiculturalisme sa nouvelle assise. Il le fit en opposition à la « souveraineté-association » et à la « souveraineté partenariat ». En rejetant ces projets, les Canadiens du Québec sont alors devenus les promoteurs de ces piliers et de la nouvelle définition du Canada.

      Voilà qui explique les positions du PLQ, aussi de la CAQ qui a des airs de Duplessis et du PQ qui soutient qu’indépendant le Québec peut aménager son assiette fiscale sans péréquation en réalignant ses politiques économiques, en maintenant ses programmes sociaux, en décentralisant les services et en coupant dans ses dépenses militaires.

      Fondamentalement, le PLQ accepte l’approche économique canadienne et transforme les programmes du Québec à l’image de ceux du Canada. Tel est l’héritage de Jean Lesage, que ni René Lévesque ni Jacques Parizeau n’ont pu modifi

    • Michel Blondin - Abonné 31 mars 2018 11 h 58

      M Pelletier,
      Je ne partage pas la façon de définir le Québec dans le Canada comme plus parasite que l’Ontario ou ailleurs. Le pouvoir central autant du pseudo-fédéralisme actuel que l’union législative et les Constitutions antérieures ont favorisé le parasitisme par la corruption de nos élites. Vous oubliez que le fondement des pouvoirs au Québec est encore dans un profit d’une communauté Anglos et adulé par quelques esprits de colonisés et de cocus contents. Aussi, la multitude de société privée périphérique à l’État est un moyen stratégique de gérer sans avoir de compte à rendre politiquement des fripouillardes.

      M Bariteau,
      Avec égards, le parasitisme est autant attribuable aux partis à Ottawa que ceux au Québec à l’exception des partis indépendantistes.
      L’acceptation de l’ordre constitutionnel est le fondement de cette dépendance quoique les provinces de l’ouest soient à l’enfance de la critique. Le PLQ est au summum de l’esprit de parasitisme et de dépendance avec Ottawa comme jamais dans l’histoire de ce parti.

      Quant au Québec, il n’a pas besoin de plus de fonds que ce qui est pigé à même ses propres citoyens comme impôts et taxes de toutes sortes.
      Pauline Marois a concédé qu’il y aurait une perturbation économique négative alors qu’il est autant réaliste de croire que la dernière crise économique des papiers nauséabonds a fait plus de tort que pourrait en faire l'indépendance à l’économie de marché et nos fonds d’économies en milliards à la CDPQ.
      L’effet de la sécession sur l’économie du Québec, comme celle du Canada, est un facteur d’incertitude, mais pas nécessairement négatif. Il est dans mon esprit le meilleur ingrédient de la prise de responsabilité de tout un chacun en lieu de cet esprit de colonisé et de dépendance qui perdure depuis quelques siècles.
      La péréquation dont vous expliquer clairement les avatars en ajout du texte de M David n’est que la pointe de l’Iceberg de l’histoire économique dont le Québec a fait les frais.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 31 mars 2018 11 h 59

      @ CB Toujours intéressant de vous lire...
      Je recommande à tous de lire, le commentaire de M. Bariteau dans le Devoir du 7 octobre 2017... à 04h44.
      (l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ;-)... et toujours d'actualité.
      Commentaires fort pertinents... suite à une chronique de...Michel David: "Le train caché".

  • William Dufort - Abonné 31 mars 2018 06 h 55

    L'indignation de l'Alberta.

    "Les provinces non bénéficiaires de la péréquation ne versent aucune somme à celles qui en bénéficient. Elle est financée par les revenus prélevés directement par le gouvernement fédéral auprès des contribuables de toutes les provinces."

    Il faut aussi ajouter que ce ne sont pas les provinces qui ne reçoivent pas de paoements de péréquation qui contribuent le plus aux provinces qui en reçoivent. Ce sont les résidents, particulies et compagnies, de l'Ontario qui contribuent le plus, et de loin, aux coffre fédéral, suivi de ceux du Québec. Suivent, loin derrière, toutes les autres provinces. Donc c'est l'Ontario qui, à titre de payeuse, aurait le plus le droit de se plaindre du système actuel. Or, je ne sais pas pour 2017, mais l'Ontario, au cours des dernières années, recevait elle aussi des paiements de péréquation. L'Indignation perpétuelle de l'Alberta reflète soit sa mauvaise foi ou son ignorance des faits.

  • François Beaulne - Abonné 31 mars 2018 08 h 39

    Le québec c'est payant pour le Canada

    Merci Monsieur David de nous expliquer aussi clairement les enjeux de la péréquation pour le Québec et de faire le point sur la sempiternelle impression que nous sommes les enfants gâtés du fédéralisme canadien.
    C'est même le contraire. Il faut comparer des pommes avec des pommes. D'abord, par habitant, le Québec, comme vous le soulignez, reçoit moins que les autres provinces à l'exception de l'Ontario. Donc, il n'est pas l'enfant gâté de la péréquation. De plus, l'argument du déficit des autres provinces ne tient pas la route puisqu'elles n'ont qu'à relever leur niveau de taxation à un niveau adéquat pour financer leurs services publics, comme le fait le Québec.. Ce qui nous vaut la triste réputation, selon certains groupes plutôt conservateurs, d'être les plus taxés au Canada. constat contestable si l'on le juxtapose ce niveau de taxation aux services reçus.
    En réalité, on ne devrait jamais cesser de répéter, même si c'est un raccourci un peu facile, mais combien imagé, que la péréquation est un gros chèque d'assistance sociale collectif du fédéral pour compenser les déséquilibres économiques et financiers qui résultent de notre appartenance au Canada. C'est un prix de consolation qu'on nous envoie pour nous éviter d'éplucher plus scrupuleusement ce que nous retirons vraiment de cette appartenance, prix de consolation que le reste du Canada, notamment les provinces pétrolières de l'Alberta et de la Saskatchewan n'hésitent pas à nous rappeler lorsque nous cherchons à protéger notre environnement contre l'exportation de leurs ressources poluantes à travers notre territoire.
    En résumé: Si nous sommes si peu payants pour le Canada pourquoi cherchent 'ils tellement à nous retenir lorsque nous manifestons quelque velléité d'indépendance?

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2018 07 h 25

      M. Beaulne, le Canada craint l'indépendance du Québec, pas quelque velléité, car elle ne l'énerve pas.

      Les motifs : le Québec pays indépendant, une partie du golfe et de la Baie d'Hudson échappe au contrôle canadien, aussi le fleuve Saint-Laurent, la voie maritime en direction des Grands Lacs, l'usage des voies ferrées, le réseau routier entre Halifax et Toronto par l'autoroute 20 et sa jonction avec l'autoroute 40 par le Pont Champlain, le parcours du pipeline Énergie-Est et l'espace aérien.

      Ça lui échappe parce que le Québec pays devient un joueur important dans la gestion et l'aménagement de ces circuits de transit entre l'est et l'ouest du Québec.

      Les moyens : pour assurer sa mainmise, il fait tout pour contrer une démarche indépendantiste consistante. Comme l'a fait la Grande-Bretagne en 1834-1840 et en 1864-1867, le Canada poursuit dans cette ligne depuis 1931. Pierre-Elliott Trudeau en fut un promoteur choyé. Jean Chrétien aussi. Et Justin Trudeau brasse les mêmes cartes.

      La stratégie des Britanniques fut de s'associer des leaders locaux avec des carottes, celle de Trudeau d'y aller avec le bâton et des promesses après les carottes de Pearson, celle de Chrétien de contrôler le pouvoir provincial le PLQ.

      Parallèlement, le Canada ethnicise les « Canadiens-français » auxquels il oppose les communautés ethnoculturelles et les « Nations » autochtones pour contrer tout lien entre les Québécois/e/s de toutes origines et empêcher une démarche de citoyen/ne/s pour fonder le pays du Québec.

      Pour y arriver, il recourt aux médias, aux leaders de ces communautés, aux milieux d'affaires, aux intellectuels organismes des chaires canadiennes et au PLQ, demain la CAQ si c'est nécessaire. Alors QS leur sert de pion en participant au minage du parti qui osa en 1995 se placer en position de construire le Québec et en contrant toute association indépendantiste.

      C'est évident. Or les médias contribuent à masquer les enjeux comme le fit hier le clergé.

    • Serge Lamarche - Abonné 1 avril 2018 15 h 13

      M. Bariteau, vous avez tors.
      - Le Québec est déjà un joueur important dans les circuits de transit. En pays, il ne pourrait pas influer beaucoup plus sur les transits. Au contraire.
      - Le Canada ne contre pas la démarche indépendantiste plus que sa francophonie.
      - Les anglais ont toujours divisé pour régner, avec l'aide de son armée. Le pays du Québec aurait les mêmes influences.
      - L'ethnicitisation des francophones peut se retourner contre les anglais. Les wasps de souche anglaise pure sont minoritaires.
      - Dire que tous les partis québécois provinciaux sauf le PQ sont des marionnettes des anglais est plutôt ridicule.
      - Accuser les médias et le clergé de jadis de faire le jeu des anglais manque de clairvoyance.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2018 22 h 39

      M. Lamarche,

      Vous êtes à l'évidence un promoteur de l'ethnicisation qui a débuté sous les Britanniques avec la connivences du clergé, le haut, des marchands locaux et des seigneurs qui n'avaient pas un titre pour retourner en France, s'est poursuivie par la suite et se poursuit actuellement au Canada avec des promoteurs comme vous. Alors, cessez de vous ridiculiser en tenant des propos sans fondement.

  • Gilles Théberge - Abonné 31 mars 2018 08 h 42

    Ce n’est pas demain la veille que les choses vont changer.

    C’est vrai. Tant qu’on va rester dans cette maison de fous. Ça prendrait juste de voir plus loin que le bout du nez !

  • Jean Lapointe - Abonné 31 mars 2018 09 h 24

    La solution de Legault n'est pas n'est pas la bonne solution.

    «François Legault n’est pas le seul à pester contre les énormes sommes que le Québec reçoit au titre de la péréquation» (Michel David)

    Il me semble ce n'est pas en voulant stimuler l'économie du Québec, comme le préconise François Legault, que le système de péréquation pourrait être considéré comme juste partout au Canada mais bien plutôt en faisant du Québec le seul responsable du développement de son économie.

    Un tel système ne pourrait être considéré il me semble comme bénéfique que dans la mesure où les Etats concernés se sentiraient solidaires les uns des autres. Or ce n'est évidemment pas ce qui existe. L'existence du Québec dans la fédération canadienne a toujours été, à ce que je sache, source de problèmes et de conflits.

    Donc la solution ce n'est pas de trouver une façon de rendre le système de péréquation accceptable par tous les Canadiens y compris les Québécois, c'est de sortir le Québec de cette fédération pour qu' il ne soit plus dépendant de ce système.

    Pour les libéraux c'est le contraire qu'ils veulent. Ils veulent faire du Québec une province de plus en plus comme les autres en nous incitant à devenir des Canadiens bilingues au lieu de continuer à tenir à notre identité.

    Est-ce qu' un Québec indépendant est viable? Je ne suis pas en mesure d'y répondre à cause de mon manque de connaissances dans ce domaine mais, si je me souviens bien, même Jean Charest a prétendu que c'était le cas. Il semble donc vrai que ce soit possible et même que ce serait mieux pour nous économiquement , disent certaines personnes, si nous étions indépendants politiquement.

    Pourquoi ne pas l'essayer? Nous ne sommes quand même pas tous des nonos.

    • Michel Blondin - Abonné 1 avril 2018 10 h 35

      Un Québec viable?
      Si vous exprimez un questionnement économique. Il n'y a pas de doute! Le fondement en économie est la confiance. Pas besoin de chiffres pour le démontrer. L'histoire est garante de cette affirmation. Or, la confiance naît du sens des responsabilités des institutions de l'État et de ses citoyens. Faire un pays c'est justement prendre en charge ses responsabilités. De colonisés à responsables, la confiance est, on peut le voir de loin, la meilleur chose qui puisse arriver à un peuple pour augmenter son niveau économique. Cette évidence fondamentale crève les yeux des adversaires.
      En plus, les québécois ne sont pas manchots pour exploiter nos ressources en plus d'être conscient de notre qualité de l'environnement. Elle est liée aux produits tangibles, les ressources. C'est loin d'être le désert! D'instinct il est visible que les éléments naturels sont abondants et la transformation de ces produits un atout de plus.
      Quant aux produits intangibles, nous sommes déjà parmi les meilleurs en créativité, ingénierie et doués en conception artistique de toutes sortes.
      Si vous voulez vous comparer, je vous invite à prendre connaissance de l'expertise internationale du Crédit Suisse:
      https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=1CC21D53-CD3A-CB77-C15AD96D67EE1210
      L'analyse indique que l'indice du développement humain (HDI) du Québec et du Canada se compare et en 11 et 13 rang (page 9).
      Non seulement le Québec est viable mais l'indice est parmi les meilleurs. Le PIB, le premier quartile sur 194 pays.

      Si vous exprimez la situation géopolitique, le Québec est en situation de force avec le seul fleuve en Amérique d'ouest en est et l'axe de Montréal favorise l'axe nord/sud par rivières. Il a une position de force et contrôle l'accès à la mer par le fleuve pour entrer au coeur industriel. Est-ce possible!

      Il n'est plus question de se poser la question! Nos adversaires admettent le Québec comme pays viable. Pas nonos pantoute!