Le test d’expulsion

Libéraux et convaincus croient avoir trouvé un bon filon en ramenant à l’avant-plan le « test des valeurs » que la CAQ veut imposer aux immigrants, qu’ils ont rebaptisé « test d’expulsion ».

Tout le monde s’y met. Gaétan Barrette accuse la CAQ de vouloir priver le système de santé d’une relève dont il a cruellement besoin. Martin Coiteux s’inquiète pour les entreprises des régions qui manquent désespérément de main-d’oeuvre.

Personne n’ose réitérer les accusations de « nationalisme ethnique » portées par Carlos Leitão, mais le « test d’expulsion » est présenté comme sa manifestation. Si le but était de faire perdre patience à François Legault, il faut reconnaître que c’est réussi.

Sur le plan politique, ce n’était certainement pas la trouvaille du siècle. On peut penser que M. Legault n’aurait pas fait cette proposition si son parti avait été dans une position aussi avantageuse qu’aujourd’hui. Au printemps 2015, il cherchait désespérément à sortir de la marginalité à laquelle le condamnait la polarisation autour de la question nationale, qu’avait encore accentuée l’arrivée de Pierre Karl Péladeau.

Au fil des ans, M. Legault a largement démontré sa capacité de mettre les pieds dans les plats. À six mois de l’élection, il n’est cependant pas suicidaire au point de commencer à élaborer un questionnaire dont le potentiel de dérapage est aussi riche, comme l’a réclamé le premier ministre Philippe Couillard.

Le déferlement d’indignation des derniers jours n’en relève pas moins du théâtre. En réalité, ce test n’a ni les vertus que lui prête la CAQ ni l’odieux que dénoncent ses détracteurs.


 

Les discussions sur les valeurs soi-disant communes et le degré d’adhésion qu’une société démocratique peut imposer aux immigrants suscitent des débats un peu partout en Occident. Ces débats sont parfaitement légitimes, même si les gros sabots de la CAQ s’y prêtent mal.

Même le Canada, dont le multiculturalisme constitue une « caractéristique fondamentale », n’en reconnaît pas moins l’existence d’une communauté de valeurs et exige que les immigrants en soient conscients.

Le site Internet du gouvernement canadien est très explicite : « Pour devenir citoyen canadien, vous devez vous soumettre à un examen des connaissances comme condition à la citoyenneté. Vous devez répondre à des questions au sujet des valeurs du Canada, de l’histoire du Canada, des symboles du Canada, des institutions du Canada, des droits, des responsabilités et des privilèges liés à la citoyenneté, comme voter aux élections et respecter les lois. »

Dans le Guide d’étude que doivent assimiler les candidats à la citoyenneté, on retrouve une série de questions auxquelles ils pourraient devoir répondre. Par exemple : « Que signifie l’égalité entre les hommes et les femmes ? »

Si les immigrants désireux de s’établir au Canada doivent se soumettre à un examen évaluant leur connaissance des « valeurs canadiennes », quel mal y aurait-il à s’assurer que ceux qui veulent s’installer au Québec connaissent les « valeurs québécoises » ? Seraient-elles moins nobles ?

Pour obtenir la citoyenneté canadienne, les immigrants doivent aussi se soumettre à un examen oral pour démontrer qu’ils connaissent suffisamment une des deux langues officielles pour « prendre part à des conversations quotidiennes courtes qui portent sur des sujets courants, comprendre des instructions, des questions et des directives simples, utiliser la grammaire de base… »

En quoi serait-il scandaleux que le Québec veuille s’assurer lui aussi que les nouveaux arrivants aient une connaissance suffisante du français ? Les exigences doivent évidemment être raisonnables. Mercredi, à l’Assemblée nationale, le premier ministre Couillard n’a pu retenir une pointe de malice, disant que certains députés de l’Assemblée nationale ne réussiraient peut-être pas l’examen auquel doivent se soumettre les immigrants qui suivent des cours de francisation.


 

La grande erreur de la CAQ a été d’avoir laissé entendre qu’en cas d’échec, un immigrant pourrait être renvoyé dans son pays d’origine. Cette possibilité n’est d’ailleurs évoquée nulle part dans le document intitulé Modèle de la CAQ en immigration. Outre l’aspect humanitaire de la question, un gouvernement caquiste n’aurait tout simplement pas le pouvoir d’expulser qui que ce soit.

Tant que le Québec fera partie de la fédération canadienne, et M. Legault répète à qui veut l’entendre n’avoir aucune intention de l’en faire sortir, Ottawa est seul habilité à interdire quelqu’un de séjour au Canada.

Un gouvernement caquiste pourrait seulement refuser à un immigrant installé au Québec le certificat de sélection qui, en vertu de l’entente intervenue avec Ottawa en 1991, lui permet d’obtenir le statut de résident permanent au Canada et, après trois ans, de présenter une demande de citoyenneté.

Échouer à l’examen de citoyenneté ne fait pas partie des motifs d’expulsion du Canada. On ne renverrait certainement personne sous le prétexte d’avoir échoué au test de la CAQ.


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19 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 22 mars 2018 06 h 33

    Participez au débat!

    Sans commentaire.

    JHS Baril

    • Claude Bariteau - Abonné 22 mars 2018 09 h 17

      « Zygonner » m'y invite.

      Trois partis ayant eu 57 % d’appuis en 2014 et dont les sondages en prévoient 60 % et plus 2018, s’entendent sur un document faisant la promotion des valeurs québécoises que les immigrant/e/s devraient connaître.

      Il consiste à leur expliquer qu’au Québec s’ajoute, entre autres, la langue française aux exigences canadiennes pour devenir citoyen/ne/s bien qu’au Canada il suffit de maîtriser suffisamment l’une des deux langues officielles.

      Hier, demandant en français –ça se passe dans le Vieux Longueuil– à un conducteur dont le moteur de l’auto tourne s’il s’apprête à quitter son stationnement pour que je l’utilise, il me demande si je parle anglais. Je lui réponds « oui ». Il me dit en anglais qu’il ne comprend pas le français et qu’il quittera bientôt son auto pour aller travailler et peut stationner à cet endroit.

      Je conviens, en français, que c’est correct, et lui dit qu’au Québec la langue française est la langue publique officielle. Il me répond : « here, we are in Canada ».

      Dans ma tête, « SPEAK WHITE » de Michèle Lalonde, son poème lu à la Nuit de la poésie de 1970, rebondit sur les parois de ma calotte crânienne.

      Nous revoilà à la case départ parce que « zygonner » fut un art pratiqué de 1960 à 2003. Depuis, le PLQ est devenu un sous-produit du Canada avec « Monsieur Canada » à sa tête grâce à l’homme aux grands couteaux et, aujourd’hui, le PM Couillard à la suite d’un séjour au comité de supervision du SCRS (Service canadien de renseignement et de sécurité » sert ce pays en se pétant les bretelles canadiennes.

      « Zygonner », c’est faire semblant. C’est ce que viennent de faire la CAQ, le PQ et QS avec parce qu’ils savent qu’au Canada les valeurs de ce pays sont partout les mêmes, y compris au Québec.

      Alors, il n’y a de choix que celui de sortir le Canada du Québec en créant le pays du Québec. Faire ça, ce n’est pas « zygonner ». C’est porter des bretelles québécoises et une ceinture. Autrement… vous savez quoi

    • Claude Bariteau - Abonné 22 mars 2018 09 h 17

      « Zygonner » m'y invite.

      Trois partis ayant eu 57 % d’appuis en 2014 et dont les sondages en prévoient 60 % et plus 2018, s’entendent sur un document faisant la promotion des valeurs québécoises que les immigrant/e/s devraient connaître.

      Il consiste à leur expliquer qu’au Québec s’ajoute, entre autres, la langue française aux exigences canadiennes pour devenir citoyen/ne/s bien qu’au Canada il suffit de maîtriser suffisamment l’une des deux langues officielles.

      Hier, demandant en français –ça se passe dans le Vieux Longueuil– à un conducteur dont le moteur de l’auto tourne s’il s’apprête à quitter son stationnement pour que je l’utilise, il me demande si je parle anglais. Je lui réponds « oui ». Il me dit en anglais qu’il ne comprend pas le français et qu’il quittera bientôt son auto pour aller travailler et peut stationner à cet endroit.

      Je conviens, en français, que c’est correct, et lui dit qu’au Québec la langue française est la langue publique officielle. Il me répond : « here, we are in Canada ».

      Dans ma tête, « SPEAK WHITE » de Michèle Lalonde, son poème lu à la Nuit de la poésie de 1970, rebondit sur les parois de ma calotte crânienne.

      Nous revoilà à la case départ parce que « zygonner » fut un art pratiqué de 1960 à 2003. Depuis, le PLQ est devenu un sous-produit du Canada avec « Monsieur Canada » à sa tête grâce à l’homme aux grands couteaux et, aujourd’hui, le PM Couillard à la suite d’un séjour au comité de supervision du SCRS (Service canadien de renseignement et de sécurité » sert ce pays en se pétant les bretelles canadiennes.

      « Zygonner », c’est faire semblant. C’est ce que viennent de faire la CAQ, le PQ et QS avec parce qu’ils savent qu’au Canada les valeurs de ce pays sont partout les mêmes, y compris au Québec.

      Alors, il n’y a de choix que celui de sortir le Canada du Québec en créant le pays du Québec. Faire ça, ce n’est pas « zygonner ». C’est porter des bretelles québécoises et une ceinture. Autrement… vous savez quoi

    • Serge Lamarche - Abonné 22 mars 2018 14 h 38

      Monsieur Bariteau, si on peut faire l'équivalent hors-Québec, ça passe. Je parle français en Colombie-Britannique et je vois le scénario exactement inverse possible. Pas aussi probable, j'en convient. Le «speak white» n'est plus utilisé du côté anglais, c'est très perdant comme argument. Je n'entend plus dire non plus que les français sont des homosexuels, vu la légalité des mariages du genre. Le vent a changé de direction. Les français ont gagné la guerre de longue haleine. Les anglais ne le savent pas encore, d'où le Brexit.
      En passant, une réplique amusante serait de faire courir ses doigts sur la vitre arrière de l'auto de l'anglais pour écrire «english it».

    • Pierre R. Gascon - Abonné 22 mars 2018 15 h 15

      Monsieur Bariteau, merci pour vos explications claires etb précises.

      Moi, c'est un chauffeur d'autobus pour personne vivant avec une incapacité phusique, une entreprise subventionnée, qui m'a demandé si je pouvais lui répéter ma question en anglais.

      Soyons franc!

      C'est JFL qui a raison. Les immigrants devraient accepter d'apprendent, le français, à nos frais, avant d'immiger pour s'intégrer plus facilement et être en mesure de travailler ici.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 22 mars 2018 15 h 36

      On sait avec qui Couillard a travaillé au Service canadien de renseignement et de sécurité avec nul autre que
      le bon docteur Porter de triste mémoire."Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es."

    • Michel Blondin - Abonné 22 mars 2018 16 h 14

      M Bariteau,
      Permettez-moi d'ajouter que dans le contrat que doivent signer les immigrants, il y aurait lieu de faire de la langue, la laïcité et de l'égalité entre les hommes et les femmes des primautés sur la question de la religion.

      À contrario, comme dans le ROC et la Cour suprême, les questions religieuses, dans les faits, ont pris le dessus du pavé, particulièrement sur la laïcité et l'égalité de sexe.

      Concernant la langue, la position du LeDevoir n'est pas conséquente en toute cohérence. Elle devrait sortir de ces méandres que même H Bourassa, le fondateur, dénoncerait par les exigences de la rationalité et la cohérence de position avec les faits nouveaux. Ce combat de sortir de ce pays, est des plus naturel et incompréhensible pour un journal d'idées.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 mars 2018 09 h 33

      Monsieur Blondin, la proposition se veut une déclaration et non un contrat.

      Par ailleurs, pour qu'il y ait un contrat comme vous l'avancez, il faudrait au préalable que le gouvernement du Québec ait une loi claire sur la laïcité, ce qui n'est pas le cas, et l'égalité entre les hommes et les femmes, ce qui n'est pas clair dans la charte des droits et libertés de la personne.

      Si le gouvernement du Québec clarifiait ces points, sa position serait invalider par la Cour suprême.

      Le motif : le Québec n'est pas un pays.

      Aussi la déclaration sera quelque chose comme un voeu pieux et le contrat un pétage de bretelles.

      Le Québec devenu pays, la déclaration pourra faire partie des attentes après que la langue française sera devenue la langue officielle du Québec, la laïcité celle définie par un parlement en autorité ayant l'aval du peuple et l'égalité des hommes et des femmes un principe reconnu ayant priorité sur toutes pratiques privées.

    • Serge Lamarche - Abonné 23 mars 2018 21 h 30

      Il me semble qu'avec des arguments comme «devenu pays, le Québec pourrait».... faire toutes sortes d'abus de pouvoir que les lois fédérales canadiennes empêchent. Ce n'est pas du tout pour encourager quiconque vivant de liberté à vouloir un Québec souverain.

  • Jean Lapointe - Abonné 22 mars 2018 08 h 56

    Voici la vraie raison pour laquelle les libéraux sont contre

    «En quoi serait-il scandaleux que le Québec veuille s’assurer lui aussi que les nouveaux arrivants aient une connaissance suffisante du français ?» (Michel David)

    D'après moi ce n'est pas parce que ce serait scandaleux que les lIbéraux s'y opposent c'est parce que ça ne va pas dans le sens des objectifs qu'eux poursuivent.

    Beaucoup de Québécois semblent oublier que les libéraux sont des fédéralistes purs et durs et qu' ils travaillent pour le Canada et non pas d'abord pour le Québec. Ils cherchent donc à empêcher que les Québécois nationalistes continuent à se distinguer des autres Canadiens. Ce qu'ils veulent c'est que les Québécois de toutes origines continuent d'apprendre l'anglais pour qu' ils en viennent à abandonner l'idée qu' au Québec nous serions différents. Le français n'est pas indispensable.

    A leurs yeux les Québécois de langue française font tout simplement partie de la minorité de langue française du Canada. Pour les libéraux il faut donc favoriser le plus possible leur intégration au sein de la société canadienne. Il ne saurait donc être question de test de valeurs québécoises parce qu'Il ne serait être question de perpétuer l'idée que se font les Québécois nationalistes d'être différents des autres Canadiens. Le nationalisme québécois, comme tout nationalisme, ce n'est pas une bonne chose. C'est même condamnable. Il faut donc pour eux l'étouffer.

    On dirait que monsieur David comme bien d'autres Québécois ne tient pas compte du fait que les Libéraux ont des objectifs politiques et qu' ils ne cessent de les poursuivre. Ils se limitent à des interprétentions psychologiques et passent donc à côté de la véritable explication qui est de nature politique.

    • Yves Mercure - Abonné 22 mars 2018 11 h 06

      Politique, vraiment? Ou le "pouvoir pour le pouvoir"? Se targuer de 150 d'ancienneté, honorer ainsi la tradition, ça ne saurait être différent de l'attachement au français pour certain québécois (e, Mx, Mix, etc). Si attaché au pouvoir qu'ils se sont attachés à tout et son contraire pour conserver les main-mise sur la denrée! Ici, la révolution tranquille les a conduit à prendre le pouvoir avec un "c'est le temps que ça change" amenant le largage des curés. Maintenant, au droit du droit à tout, on les importe d'autres religions pour venir prêcher le libéralisme... et faire voter du bon bord. Yv mer

  • Pierre Desautels - Abonné 22 mars 2018 10 h 00

    Des armes pour Couillard.


    Ce test proposé par François Legault, est absolument inutile, ce n'est qu'une tentative démagogique pour consolider certains votes. Par contre, cela donne des armes à Philippe Couillard, qui ne se gênera pas pour tirer à boulets rouges sur la CAQ. Le chef de la CAQ, qui avait brusquement interrompu son épouse lors d'une assemblée, viendra bien sûr nous parler d'égalité hommes-femmes et nous avons encore le souvenir que même des misogynes de souche appuyaient la charte des valeurs pour les mêmes raisons.

    Quant à Jean-François Lisée, qui avait presque la même vision de l'immigration que la CAQ pendant la course à la chefferie en 2016, il semble heureusement avoir adouci sa position. Se peinturer dans un coin n'est pas la bonne façon de faire des gains électoraux.

  • Michel Blondin - Abonné 22 mars 2018 10 h 01

    Les contradictions

    Comment la CAQ peut-elle se permettre de faire passer des tests qui, en fondement, acceptent que l’anglais soit une connaissance nécessaire autant que le français ?
    Si l’objectif est de favoriser l’immigration de personne ayant des connaissances de la langue française, il y a une contradiction. C’est donc la primauté des exigences du palier fédérale qui domine le paysage du test. Et la constitution est en béton sur ce point pour assurer la pérennité de langue anglaise au Québec. Le test est donc illusoire et la CAQ défend un programme sur ce point que l’on peut considérer comme un leurre constitutionnel sinon un attrape-nigaud.

    La deuxième contradiction, d’un autre ordre, est le fait que LeDevoir est censé être un journal rationnel et cohérent avec les faits.
    Depuis le temps que ce journal existe et fait des analyses, il n’ose pas faire le pas de porter jugement sur le constat que sous la gouverne du parti libéral du Québec :
    1- Et depuis le référendum, les immigrants en majorité ne parlent pas la langue officielle du Québec ni en début du processus d’immigration ni à la fin du processus après trois ans ;
    2- La langue française recule au profit de la langue anglaise comme langue publique et commune dans l’unique pôle structurel du Québec qu’est Montréal ;
    3- La Constitution de la fédération canadienne ne convient pas au Québec, mais aussi ne peut être pratiquement modifiée pour satisfaire les besoins de pérennité des Québécois dont la seule langue officielle est le français.
    4- Que le Québec n’a de portes de secours que de se donner sa propre Constitution au prix d’être indépendante de celle, imposée, de l’État central.
    Alors, les chroniqueurs sous des directions à connotation fédéraliste et avec des administrations complaisantes de bons ententistes, mènent le journal aux limbes plutôt que vers la cohérence de pensée.
    Une partie de ce texte, comme le souligne aussi l'abonné Monsieur Jean Lapointe, est non conséquente des faits.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 22 mars 2018 15 h 52

      Pénible de voir "Mener le journal aux limbes plutot que vers la cohérence de pensée."

  • Denis Blondin - Abonné 22 mars 2018 11 h 14

    À quoi ça sert d'«apprendre» ou de «connaître» des valeurs?

    Je ne sais pas si j'ai manqué l'un de mes cours d'anthropologie, mais il me semble que le fait de connaître par coeur des énoncés de valeurs, ça signifie uniquement qu'on n'est pas complètement idiot. Aussi bien faire passer des test de QI aux candidats à l'immigration.

    Pour la langue, c'est tout à fait différent, mais sur les valeurs, on semble s'embarquer dans une autre discussion psychodramatique et parfaitement oiseuse sur les valeurs québécoises. Il me semble qu'on a assez perdu de temps avec ça et que mille autres débats politiques plus importants sont ignorés pendant ce temps.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 22 mars 2018 12 h 10

      Analyser les valeurs judéo-chrétiennes et celles de l'Islam et vous allez vous apercevoir qu'elles sont contradictoires...

    • Michel Blondin - Abonné 22 mars 2018 15 h 20

      M Denis Blondin
      Avec tout le respect que je dois, en plus à mon homonyme, il y a des situations que je qualifierais de goulots d'étranglement. Connaître la culture, les valeurs et l'histoire d'une contrée est un point vital pour ensuite intégrer les arrivants.
      Vous avez raison, cent mille débats sont importants et ignorés. Mais, il y a un début qui dans ce pays, qui n'en est vraiment pas un en termes de culture, il est nécessaire et urgent de connaître l'ABC pour réussir l'intégration des immigrants.
      Parce que le Québec est mal compris sinon incompréhensible dans ce qu'il est, par-dessus le marché par des citoyens vaccinés, alors pour les immigrants, il y a de la désinformation à défaire et de la formation à compléter.
      Il faut lire le contrat social qu'ils signent et doivent respecter pour savoir que, de ni d'un ni de deux, ils ont tout oublié.