Le négociateur

Dans une entrevue mémorable accordée à TVA en octobre 2006, Lucien Bouchard avait adressé aux Québécois un reproche que plusieurs avaient avalé de travers : « On ne travaille pas assez. On travaille moins que les Ontariens, infiniment moins que les Américains. Il faut qu’on travaille plus. »

Cette admonestation rend d’autant plus remarquable son indulgence envers les médecins spécialistes, qu’il a conseillés au cours des récentes négociations. L’étude commandée par le dernier commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, peu avant que Gaétan Barrette n’abolisse son poste, fait état d’un sérieux déficit de productivité par rapport à leurs confrères ontariens.

Même s’ils travaillent moins, M. Bouchard n’a pas semblé troublé par la possibilité que les spécialistes soient mieux rémunérés au Québec que dans la province voisine. Il est vrai que son client refuse d’admettre l’existence de tout écart en sa faveur. Selon la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, les données qui ont amené l’Institut canadien d’information en santé (ICIS) à cette conclusion sont « incomplètes » et ont pour effet de comparer les pommes et les oranges.

Dans le doute, le gouvernement aurait dû attendre d’en avoir le coeur net avant de signer une nouvelle entente, à tout le moins de prévoir un rajustement à la baisse s’il appert que l’ICIS avait raison. Or, l’ascenseur ne peut que monter. Un écart défavorable fera encore augmenter la facture, mais elle ne diminuera pas dans le cas inverse. M. Bouchard était plus méticuleux dans l’utilisation des fonds publics quand il était lui-même aux commandes, au point d’envoyer des milliers de médecins et d’infirmières à la retraite.


 

Certes, il y a une vie après la politique et maître Bouchard est libre d’exercer son métier d’avocat comme il l’entend, mais il est toujours embarrassant de le voir accepter un mandat qui l’entraîne sur le terrain politique. Le mois dernier, Gabriel Nadeau-Dubois lui a reproché à l’Assemblée nationale d’avoir « utilisé sa notoriété et son pouvoir d’influence pour défendre un groupe particulier contre le bien commun ».

Il y a quelques années, sa comparution devant une commission parlementaire, en qualité de président de l’Association pétrolière et gazière (APGQ), avait donné lieu à une vive altercation avec Amir Khadir, qui l’avait accusé d’avoir manqué à son engagement envers le Québec et au devoir de réserve qui incombe à un ancien premier ministre.

M. Bouchard a fait son travail avec le talent qu’on lui connaît en présentant les spécialistes comme les victimes des « tracasseries » et du « manque de respect » du gouvernement et de son matamore de ministre. Quoi qu’on pense de ses méthodes, M. Barrette était certainement en droit de lui répliquer qu’il était bien mal placé pour reprocher à qui que ce soit d’avoir semé le chaos dans le réseau de la santé.

Toute l’éloquence de l’ancien premier ministre ne suffira pas à réhabiliter l’image de la profession médicale dans l’opinion publique, pas plus qu’il n’avait jadis réussi à la convaincre de la nécessité d’autoriser les forages dans les basses terres ou l’estuaire du Saint-Laurent.


 

On a eu beau répéter que l’essentiel de la négociation a porté sur les conditions de travail des médecins et l’accessibilité aux soins, le mal est fait. Qu’elle soit fondée ou non, l’impression que la FMSQ cherchait avant tout à maximiser la rémunération de ses membres a pénétré les esprits trop profondément pour être dissipée de sitôt. Il y a trop longtemps qu’on fait miroiter une amélioration des soins pour justifier une nouvelle hausse qui ne donne jamais les résultats escomptés.

On peut comprendre le sentiment d’injustice qui habite bon nombre de médecins qui ont à coeur le bien-être de leurs patients. Mme Francoeur les aurait mieux servis en se montrant moins condescendante envers ceux qui ont manifesté publiquement l’inconfort moral qu’ils ressentent. « Il y a des gens qui ne voient pas la lourdeur de la tâche », a déclaré la présidente de la FMSQ, comme si ceux qui trouvent leur rémunération excessive sont des dilettantes qui pratiquent une médecine douce.

Mme Francoeur s’est désolée de l’effritement du lien de confiance entre la population et la profession médicale. En réalité, il s’agit moins de confiance que d’estime. Le malade n’a pas d’autre choix que de faire confiance à son médecin, mais il n’est pas obligé de l’admirer, encore moins de l’aimer.

De temps immémorial, le médecin a occupé une place plus qu’enviable dans l’imaginaire collectif québécois. Alors que dans d’autres sociétés, son statut social a été « normalisé » depuis longtemps, l’image du bon docteur Jérôme des Belles histoires des pays d’en haut avait résisté à l’épreuve du temps. Cette époque est maintenant révolue. Même avec le meilleur conseiller, l’estime ne se négocie pas.

37 commentaires
  • Gaetan Fortin - Abonné 17 mars 2018 01 h 28

    N’en déplaise à Lucien, les médecin sont des terriens


    Le bon docteur s’adressant à son client: «...et si j’appuie ici ça vous fait mal? Se verra répondre: « Oui monsieur! »...
    Et tout aura été dit sur l’estime et le respect du client tout nu.

  • Clermont Domingue - Abonné 17 mars 2018 06 h 54

    Estime et bon jugement.

    J'ai souvent remis en doute le bon jugement de Lucien.Sur un autre point, vous avez parfaitement raison:( l'estime ne se négocie pas)

  • Nadia Alexan - Abonnée 17 mars 2018 07 h 38

    Arrêtons de dorloter la cupidité!

    Il est important de se rappeler que les enseignants en Allemagne sont mieux payés que les médecins. Il faudrait qu'on se débarrasse de l'idée que les PDG des banques et des entreprises méritent une rémunération beaucoup plus généreuse que le salaire moyen.

  • Pierre Pelletier - Abonné 17 mars 2018 08 h 00

    Quelques galets

    On peut fort bien lancer quelques petits galets aux médecins et à la présidente du FMSQ, mais c'est au premier ministre Couillard qu'il faut lancer le principal caillou. C'est lui le félon.

  • Pierre Deschênes - Inscrit 17 mars 2018 08 h 45

    Équité

    Le rapport de l’ICIS compare des pommes et des oranges, selon Mme Francoeur. Difficile pour le « simple » citoyen de lui donner tort ou raison, ces données demandant à être analysées par des chercheurs spécialisés. Le même citoyen sera tout de même en droit de s’étonner de l’attention portée par ce gouvernement au dossier spécifique des médecins au détriment d’autres travailleurs à son emploi. En effet, si la prémisse de négociation des médecins avait quelque fondement, à savoir que leur rémunération se devait d’égaler celle des médecins de l’Ontario, le gouvernement ne devrait-il pas appliquer ce principe à toutes ses catégories d’employés?

    • Robert Beauchamp - Abonné 17 mars 2018 11 h 18

      Pourquoi voir calculé le tout ur une base inconnue? Mme Francoeur ne se soucie pas de faire la différence entre les pommes et les oranges elle ramasse les 2 fruits. Tant qu'à comparer, comparons ce que coûte au total le cours de médecine en Ontario et au Québec. Et la dernière justification selon elle, c'est qu'en payant mieux les médecins ils vont être plus tentés de rester au Québec. Allon donc! Allons-y voir du côté McGill où depuis des lustres 75% des inscrits en médecine plaifient déjà quitter le Québec à la fin de leur cours. Et combien parmi eux parlent le français qui leur permettrait de rester? Tout une arnaque ce phénomène. Du temps où Couillard était ministre de la santé, on a réalisé que 30% des finissants en médecine échouaient à l'examen sur le diagnostic. On se plaignait que la norme québécoise était trop exigeante et qui allait au-delà de la norme ''canadienne"". Devinez quoi! Couillard a trouvé une solution, on devine laquelle on en a jamais réentendu parler. Aussi bien qu'ils aillent pratiquer ailleurs, leur désir premier étant d'y aller. Quand j'y pense, échouer à l'examen diagnostic alors que l'on veut former les meilleurs. Qu'ils aillent se faire former en Ontario, ils verront ce qu'il en coûte. Quant à ceux qui quittent à la fin du cursus, ils devraient recevoir une facture faute de pratiquer au Québec. Cela devient à du mépris sinon une arnaque institutionnalisée.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 mars 2018 13 h 01

      Pour se faire une idée de la complexité de la tâche de comparaison, le simple citoyen peut aller jeter un coup d'oeil sur ceci :

      https://www.cihi.ca/sites/default/files/document/bdnm_-_notes_methodologiques_phys2016.pdf

      Mais s'il faut poser en principe que la collectivité québécoise devrait consacrer aux mêmes missions la même proportion de ses ressources que les autres province, sans doute le gouvernement pourrait-il procéder de la même façon pour le financement des études supérieures, ce dont on n'a pas manqué de se scandaliser il y a six ans, même si l'effort financier demandé aux étudiants restait très en deça de la moyenne canadienne, non ?

    • Raymond Labelle - Abonné 17 mars 2018 13 h 31

      Ce que M. Deschênes veut dire, je crois, est ceci: si d'autres employés ou contractants de l'État québécois sont moins payés qu'en Ontario (une fois la mesure faite, même si elle est complexe), pourquoi seuls les médecins auraient-ils droit à un rattrapage?

      Pour les médecins, les parties se sont entendues pour confier la comparaison à l'ICIS, un organisme indépendant reconnu qui fera un rapport en septembre.

      Une fois cette comparaison faite avec l'Ontario (et elle devra l'être pour appliquer l'entente), rappelons que l'entente prévoit un rattrapage avec les médecins de l'Ontario si on conclut à une rémunération supérieure en Ontario mais que, dans le cas contraire, aucune diminution de rémunération pour les médecins du Québec n'est prévue. À ce jeu, la FMSQ nous dit: "Face je gagne, pile tu perds".

      La comparaison avec les frais de scolarité. On a fait le choix social que les coûts supplémentaires pour l'État sont justifiés pour raisons d'accessibilité aux études. Auquel cas il s'agit d'un effort collectif auquel les médecins doivent aussi prendre part. Si une forme de participation à cet effort est une rémunération moindre par rapport à l'Ontario pour les autres employés ou contractants de l'État québécois, il devrait aussi en être ainsi aussi pour les médecins.

      Rappelons aussi que le fait d'avoir des frais de scolarité plus bas représentent une forme de subvention aux étudiants en médecine, dont les études sont très longues. Il en coûte beaucoup moins cher à l'étudiant pour devenir médecin au Québec qu'en Ontario, ce qui veut dire que cet étudiant est davantage subventionné par l'État au Québec. J'espère bien que l'ICIS en tiendra compte dans son évaluation.

    • Serge Pelletier - Abonné 17 mars 2018 13 h 54

      Et faire faillite. C'est ça, faire faillite.

    • Marc Therrien - Abonné 17 mars 2018 17 h 01

      @ RMD,

      Il semble bien que l’adage de sagesse populaire qui énonce que “quand on se regarde, on se désole et quand on se compare, on se console” ait rencontré son exception dans ce contexte-ci. J’imagine que le relativisme a évolué de telle sorte que les critères de jugement positif ou négatif envers soi-mêne ou les autres fluctuent en fonction du besoin de se sentir confirmer dans ses valeurs et croyances et celui d’éviter d’être infirmé qui est une source de grand stress chez les personnes dont la psychorigidité les rend plus vulnérables aux changements non désirés et diminue leur tolérance à l’impuissance. Ainsi, ces personnes vous répondront peut-être qu’il est logique d’avoir des plus petits salaires quand ça nous coûte moins cher pour faire des études universitaires. En Ontario, on paie moins d’impôts qu’au Québec. Ça peut peut-être expliquer un peu pourquoi on paie plus cher pour étudier et que les médecins sont maintenant payés moins cher.

      Marc Therrien

    • Raymond Labelle - Abonné 17 mars 2018 17 h 27

      Pourquoi faire du principe d'une équivalence avec l'Ontario une balise nécessaire quant à la rémunération?

      Et pourquoi l'incohérence d'appliquer ce principe seulement à une profession, c'est-à-dire les médecins spécialistes, et pas aux autres? Il y a plus de 10 ans, quand le principe avait été adopté pour les médecins, il semblait clair que la rémunération était plus grande en Ontario.

      D'ailleurs la difficulté de comparaison est plus grande pour les médecins que pour plusieurs autres professions salariées à tâches plus précisément définies, à formes de rémunération moins variées (à l'acte c'est plus difficile que pour un salarié, entre autres) mais, de toute façon, ne parlons que du principe du traitement non-inférieur à l'Ontario pour isoler les variables.

      Et pour quelle raison le principe ne s'applique que lorsque la comparaison résulte en une augmentation de la rémunération des spécialistes, mais ne s'applique plus lorsqu'il résulte en une diminution? Pourquoi cette autre incohérence?

    • Raymond Labelle - Abonné 17 mars 2018 19 h 15

      Un peu de moraline. Ça serait-y le fun si les spécialistes avaient comme esprit: nous avons bénéficié d'un appui de l'effort collectif des Québécois pendant nos longues études (y nous l'disent-t-y assez souvent que leurs études sont longues) et nous avons le goût de rendre un peu de ce que nous avons reçu. Bien entendu, nos qualités sont rares et voulons être bien rémunérés, mais pas nécessairement aussi bien qu'en Ontario, s'il s'avérait que là-bas ils le sont plus.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 mars 2018 10 h 47

      « Or, l’ascenseur ne peut que monter. Un écart défavorable fera encore augmenter la facture, mais elle ne diminuera pas dans le cas inverse. »

      Décidément, monsieur David devient un fervent de la désinformation. Il insinue ici que si l'écart est défavorable, le gouvernement n'aura pas d'autre choix que de le corriger.

      Cela est faux. Le cas échéant, la chose devrait faire l'objet d'une négociation, suivie au besoin d'un exercice de conciliation, suivi au besoin du renvoi du litige à un Conseil de règlement... dont la décision pourrait être renversée par l'adoption d'une loi à cet effet.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mars 2018 12 h 07

      "Le cas échéant, la chose devrait faire l'objet d'une négociation, suivie au besoin d'un exercice de conciliation, suivi au besoin du renvoi du litige à un Conseil de règlement..."

      La simple multiplication des recours de négociation dans l'entente même suggère que le gouvernement devrait combler au moins partiellement un écart défavorable sinon, pourquoi multiplier ces recours et négociations en cas d’écart? L'existence de ces recours et négociations supplémentaires dans l'entente même est un élément de son interprétation.

      Un Conseil de règlement tiendrait compte de ceci dans l'interprétation de l'entente et tiendrait compte aussi du fait qu'il y a eu entente de principe à ce sujet il y a déjà plus d'une dizaine d'années.

      L'absence total de rattrapage, en cas d'écart, serait extrêmement étonnant. Mais il pourrait n'être que partiel. Dans quelle mesure? On est ici dans l'hypothèse 42.

      Quoiqu'il en soit, attendons le rapport de l'ICIS - il n'est pas du tout impossible que nos spécialistes soient plus rémunérés que ceux de l'Ontario auquel cas, il n'y aurait aucun recours... et ils pourraient tranquillement conserver la cagnotte.

      Merci pour la nuance RMD.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 mars 2018 15 h 40

      Merci monsieur Labelle,

      J'aurai peut-être à nouveau l'air de prendre le parti des médecins spécialistes, mais on me faisait remarquer que s'il est possible en effet que les nôtres aient atteint ou dépassé ceux de l'Ontario ou du ROC, la courbe de progression de leurs revenus ne s'est vraiment redressée que les dernières années, de sorte que si on compare les gains totaux des uns et des autres sur dix ans, les québécois sont en-dessous, sans conteste, de sorte que la «cagnotte» n'est pas si spectaculaire. Si on prend en compte qu'une partie de cette rémunération n'a pas encore été encaissée et qu'elle ne le sera tout à fait qu'en 2027...

      Par ailleurs, je ne suis pas sûr qu'on puisse tirer du fait que l'éventuelle négo puisse s'étaler sur plusieurs étapes que les médecins y gagneraient forcément quelque chose en chemin. Dans le texte de l'entente, il est dit très clairement que la loi pourrait rejeter TOUT ou partie du rapport du Conseil. En réalité, je crois que ce qu'il faut comprendre, c'est que les parties ont avant tout voulu se donner un terrain de négociation normalisé pour la prochaine fois. Pour le reste, comme vous le dites, il y a trop de facteurs en cause pour former des hypothèses, sinon qu'il est assez improbable que le gouvernement d'alors se sente lié comme cette fois-ci et qu'il sera plutôt attentif à ne pas se mettre à dos l'opinion. Bref, cela se jouera plus nettement et plus exclusivement au niveau politique. Je ne serais pas trop inquiet...

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mars 2018 16 h 00

      Cher RMD, je vous accorde que dans l'hypothèse d'un retard de la rémunération des spécialistes québécois sur les ontariens et d'une renégociation, la pression politique sera forte sur les deux parties pour ne pas être encore plus généreux envers les spécialistes. Je maintiens quand même que l'esprit de l'entente était d'amener à un rajustement, peut-être partiel, et que c'est à cause de l'état de l'opinion publique, peut-être pas prévu au moment des négociations, qu'un tel rajustement sera peut-être minimisé, voire même, peut-être éliminé, s'il en était question. Sans cet état alors imprévisible de l'opinion publique...

      Sur un autre registre, je regrette que M. Barrette ait été exclus des négociations. Il est quelqu'un qu'on préfère avoir dans son équipe dans des négociations que de l'autre côté. Les parties devraient pouvoir choisir leurs négociateurs. Quel privilège pour les spécialistes que de pouvoir exclure des négociations un des meilleurs négociateurs du gouvernement.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 mars 2018 20 h 42

      L'encre n'est pas encore sèche. L'entente a été conclue alors que l'air du temps n'était pas du tout favorable aux spécialistes... ni au gouvernement. donc, question rajustements, mon hypothèse irait plutôt dans le sens de la recherche d'une base commune objective pour la prochaine fois.

      Pour ce qui est de monsieur Barrette, je crois que sa mise au rancart était la bonne décision, compte tenu qu'il avait choisi la manière forte. On ne négocie pas avec quelqu'un qui pose comme point de départ à une négo que ce sera de toute façon la manière forte qui tranchera les débats. La FMSQ a eu raison de le faire tasser. Cela ne signifie pas que le gouvernement renonce au privilège du législateur, ainsi qu'on l'a vu à propos du conseil de règlement, mais qu'il s'engage à ne l'utiliser que lorsque les recours raisonnables seraient épuisés et non au principe même des discussions.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mars 2018 21 h 33

      "La FMSQ a eu raison de le faire tasser." De son point de vue, bien entendu. Pour ce qui est du point de vue du gouvernement, ne faisons que constater notre différence de perception - nous n'avons plus rien à ajouter, je crois, à ce sujet précis (le sujet étant: écarter M. Barrette des négos).

      Pour ce qui est de la différence entre les revenus des spécialistes ontariens et québécois, attendons le rapport de l'ICIS, qui doit être produit en septembre - si même cet organisme expérimenté et compétent doit étudier la question profondément avant de se prononcer, vous et moi n'allons peut-être pas résoudre ici cette question.

      Je mentionne quand même que l'ICIS, de façon préliminaire en tout cas, évalue que les spécialistes québécois reçoivent 36K$ de plus que les ontariens par année. En tout cas c'est ce qu'affirme la Vérification des faits de Radio-Canada, ici: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1083956/verif- (fake news? :0)))

      Puisque l'ICIS se penchera davantage sur la question, il ne s'agit probablement pas d'une conclusion définitive donc, encore une fois, attendons.

      J'imagine ou, minimalement, j'espère, que l'on ne va pas se contenter de regarder le revenu net après impôt et que l'on considérera d'autres facteurs comme, par exemple, le coût de la vie dans les deux provinces ou encore les frais de scolarité et les dettes accumulées après les études dans les deux provinces, par exemple.

      Le principe d'utiliser la comparaison Québec/Ontario est dans le paysage depuis plus de dix ans - comment se fait-il que l'on ne soit pas encore capable d'identifier cet écart? Et il faudra le faire - s'entendre au départ, factuellement, sur ce qu'est cet écart. Peu importe ce qui sera négocié dans l'hypothèse d'une moindre rémunération des spécialistes québécois, il faudra connaître précisément l'écart avant de négocier.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mars 2018 23 h 20

      36K$ de plus par année - j'avais oublié de préciser "par année".