Un an plus tard

Je me souviens de la terreur, ce soir-là, apprenant qu’un homme avait ouvert le feu dans une mosquée de Québec. Je me souviens de la douleur accentuée par le fait de ne pas être complètement surprise. Et de ces mots malheureux prononcés à la télévision : du « terrorisme inversé ». Comme si on ne pouvait imaginer qu’une communauté marginalisée puisse être la cible d’un attentat.

Après, il y eut ce bel élan de solidarité. À la vigile de Montréal, j’ai cru que le discours sur les musulmans du Québec changerait, pour le mieux. Terrible qu’il ait fallu se rendre là, mais j’ai cru que ça ouvrirait les coeurs et les esprits. Un an plus tard, c’est le statu quo. Nous voilà englués dans les mêmes débats toxiques. Les gestes d’intolérance et de haine n’ont pas tari — au contraire. Les groupuscules d’extrême droite sont plus visibles que jamais. Plus organisés, aussi.

Suis-je seule à dresser un bilan si pessimiste ?

Une semaine après l’attentat de Québec, Télé-Québec présentait le documentaire T’es où Youssef, dans lequel le journaliste Raed Hammoud tente de comprendre comment et pourquoi un ancien camarade de classe est parti en Syrie rejoindre le groupe État islamique. Lors de la diffusion, dit-il, il y avait une écoute incroyable : « Tellement que j’ai cru qu’on s’ouvrait enfin aux musulmans du Québec. Qui ils sont, ce qu’ils font tous les jours. Mais on est vite revenu aux mêmes réflexes sensationnalistes. » Focaliser sur des personnages controversés et peu représentatifs, faire des amalgames. Créer des antagonismes qui ne règlent rien et ignorer ce que les gens ordinaires ont à dire. Pour Raed, il y a un lourd poids à porter pour les citoyens de confession musulmane : « Toujours devoir se justifier. »

Ce soupçon permanent a un coût. Au-delà des actes haineux, il y a un ensemble de choses plus insidieuses. Un exemple ? Ali Kwassan est photographe. Sur son site Web, ses cartes professionnelles ou lorsqu’il répond à un appel d’offres, il utilise un pseudonyme. Pour que son nom sonne « moins arabe ». « Pure raison d’affaires. On ne sait jamais quand ça peut jouer contre toi », dit-il, sur un ton détaché. Comme si c’était normal. Il ajoute que sa fiancée, qui porte le foulard, est toujours inquiète dans le métro. Elle se tient loin des rails. « C’est peut-être exagéré, mais on ne sait jamais. » On ne sait jamais : tous les jours, cette charge à porter. Le sentiment de sécurité confisqué. Ça, je l’ai entendu souvent.

Le Québec n’est pas une société profondément islamophobe. Personne ne le prétend. Mais la discrimination, le racisme et l’intolérance existent et minent des vies. Si la belle mobilisation post-attentat suggérait qu’on l’avait compris, aux yeux de plusieurs on a depuis régressé. Amel Zaazaa, militante, me dit : « Avant l’attentat, il y avait toujours le bénéfice du doute sur les questions d’islamophobie. Bien sûr, il y avait les gestes contre les mosquées, les agressions verbales, mais on n’avait pas vu jusqu’où ça pouvait mener. » À présent, nous n’avons plus le droit de ne pas voir.

Vous me direz qu’il ne faut pas généraliser à partir du crime d’une seule personne. Les gestes de violence extrême ne surgissent jamais ex nihilo. Ils s’inscrivent dans un contexte. L’attentat de Québec représente le paroxysme de la violence, mais on ne peut ignorer le terreau dans lequel il s’enracine.

Or comment se fait-il qu’on soit toujours incapable d’avoir une conversation sérieuse sur cela ? Le plus souvent, on cède le contrôle du discours à ceux qui profitent — politiquement, médiatiquement — de la peur et de la division. En criant au « procès des Québécois » dès qu’on veut parler des discriminations que vivent, justement, certains citoyens du Québec, on s’enferme dans un déni stérile qui reconduit des inégalités et des divisions. Comme me l’a si bien dit Asmaa Ibnouzahir, qui a écrit en 2015 l’essai Chroniques d’une musulmane indignée : « On ne peut pas parler de vivre-ensemble si l’on ne reconnaît pas l’existence des rapports de pouvoirs. » Impossible, en effet, de bâtir quelque chose, d’avancer ensemble, si l’on néglige de déconstruire ce qui relègue certains groupes de citoyens aux marges.

Je suis convaincue qu’on peut cultiver la solidarité nécessaire partout sur le territoire du Québec. Notre société est accueillante et ouverte, je le crois profondément. Mais elle n’est pas immunisée contre les injustices pour autant. Je crois aussi que, sur ces questions, nous avons manqué d’écoute, de toutes parts. Continuer dans cette voie serait une grave erreur. Se laisser emporter dans une autre campagne électorale jouée sur le dos des musulmans et des minorités aussi. Nous avons beaucoup de choses à perdre, et beaucoup d’autres choses à construire. Le pessimisme peut céder la place à l’optimisme, pour autant qu’on se retrousse les manches.

54 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 26 janvier 2018 01 h 11

    La religion se pratique au privé.

    La majorité silencieuse de la communauté musulmane n'a pas de problème d'intégration. Mes professeurs à l'université et d'autres femmes qui ne portent pas le voile n'ont aucun problème. Mais quand quelques femmes intégristes insistent à porter le voile, qui n'est pas une obligation religieuse, sachant que ce vêtement signifie l'inégalité homme/femme, elles se heurtent aux sensibilités de la culture québécoise. Malheureusement, une petite minorité salafiste, autoproclamée et très vocale, veut ramener la religion sur la place publique malgré le fait que la majorité des Québécois épousent la laïcité et la neutralité de l'état. Il ne faut pas étaler sa religion sur la place publique.

    • Pierre Desautels - Abonné 26 janvier 2018 09 h 58


      Pouquoi faites-vous la morale à ces femmes qui portent le voile? Comment pouvez-vous savoir qu'elles le portent pour des raisons autres que religieuses? Ça leur appartient et ça ne nuit pas à vos droits et libertés. Et les traiter d'intégristes, ça ne fait pas avancer le débat, bien au contraire.

      La laïcité au Québec, cela s'applique pour l'État et ses institutions, pas dans l'espace public. Il y a des milliers de signes religieux sur notre territoire, cela a toujours existé et cela continuera d'exister, que vous aimiez ça ou non.

      Au lieu de faire une fixation sur le voile, il serait beaucoup plus important de dénoncer le cours Éthique et culture religieuse et les écoles religieuses subventionnées. La laïcité dans la plupart des institutions scolaires est quelque chose de tout récent. Les cours de religion catholique et protestante étaient donnés dans toutes les écoles du Québec jusqu'en 2005. Il faudrait terminer le travail.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 26 janvier 2018 10 h 32

      Le voile musulman signifie l'inégalité homme/femmes dans votre esprit à vous Mme Alexan. L’important est ce qu’il représente pour celles qui le portent. Et ce que d’autres femmes décident de porter, est-ce bien de vos affaires ?

      Dans mon esprit à moi, le fétichisme de la mode occidentale est un asservissement de la femme à des couturiers généralement masculins.

      Je trouve cela triste que les femmes occidentales soient réduites à porter des souliers qui leur font mal aux pieds, à traîner des sacoches encore plus lourdes que nos mallettes, des vêtements qui ne protègent du froid que la moitié du corps. Et perdre un temps fou à se maquiller.

      Et quand je vois des femmes portugaises qui sortent de la messe avec un joli foulard fleuri sur la tête, des veuves italiennes portant leur voile noir ou des femmes musulmanes qui portent leur propre foulard, je me dis que cela me regarde autant que le port de ces charmants souliers inconfortables que les imams de la mode incitent les femmes à porter.

    • Francine Lavoie - Abonnée 26 janvier 2018 11 h 45

      J'ajouterais que comme trop de commentateurs de ce sujet brûlant d'actualité, madame Lanctôt passe ici à côté du noeud du problème. Elle confond allègrement, en effet, racisme et islamophobie... Car c'est la religion qui divise, non pas la race. Tant que les Québécois n'ont pas eu à affronter une religion qui s'affiche ostensiblement en heurtant leurs valeurs les plus fondamentales, comme l'égalité homme-femme, la laïcité des espaces publics, etc., ils ont été d'un accueil et d'une générosité exemplaires.

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 janvier 2018 13 h 19

      Aux monsieurs Pierre Desautels et Jean-Pierre Martel: Le voile signifie l'étendard, par excellence, du salafisme et de l'islam politique un moyen de faire du prosélytisme. Je cite L’islamologue français, Soheib Bencheikh: « l’islam, dit-il, doit se moderniser pour éviter la marginalisation. Bien sûr, il faut accorder les libertés à tout le monde, notamment s’il s’agit de la liberté de conscience. Mais est-ce que le voile, la burqa, le niqab est un problème de conscience et de spiritualité ? Ne s’agit-il pas plutôt de l’étendard avant-gardiste d’une idéologie conquérante qui utilise les libertés offertes en Occident — laïcité, liberté religieuse, etc. — comme un cheval de Troie pour s’imposer peu à peu ? »
      «Il note que les islamistes ont, à cet égard, enregistré des victoires, notamment la normalisation du hidjab, ce voile soft qui cache seulement les cheveux. « Je me souviens qu’au début des années 1990, on ne parlait que du voile. Aujourd’hui, on parle du niqab et du voile intégral. […] Le voile est passé. Il est banalisé. Il y a même des femmes occidentales épanouies qui en prennent la défense au nom de la liberté. Elles disent “libre à la femme de se voiler, de s’enfermer et de rester arriérée”. C’est contradictoire, comme discours. »
      «Le penseur en a aussi contre le terme d’« islamophobie ». « Je ne suis pas à l’aise avec ce néologisme parce qu’on a le droit d’avoir peur d’une philosophie, d’une idéologie, d’un système intellectuel. » On peut donc être contre l’islamisme sans en vouloir aux musulmans, explique-t-il.»
      «Ces accusations d’islamophobie nuisent à la prise de parole. Je remarque que les non-musulmans ont peur de parler de l’islam parce qu’ils ne veulent pas froisser, gêner, blesser la foi ou la sensibilité religieuse des musulmans. Mais c’est une mauvaise vision des choses. » Il rappelle que « l’islam n’est pas la propriété des musulmans » : il est un fait de l’histoire, une religion offerte à l’humanité. « Donc libre à cette humanité entière de l

    • Pierre Desautels - Abonné 26 janvier 2018 14 h 11

      "Je remarque que les non-musulmans ont peur de parler de l’islam parce qu’ils ne veulent pas froisser, gêner, blesser la foi ou la sensibilité religieuse des musulmans."

      Désolé, mais tous les jours, dans toutes les tribunes, on parle beaucoup de l'Islam, non pas calmement et en connaissance de cause, mais en des termes peu élogieux, voire virulents, et ces attaques sèment les graines de la violence physique, comme nous le font voir l'augmentation des attaques physiques contre des musulmans depuis quelques mois.

      L'interdiction du voile n'aiderait en rien ces femmes, mais au contraire, ferait le jeu de la frange extrémiste de l'islam, qui jouerait au martyre, ce qu'on ne désire pas, n'est-ce pas?

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 janvier 2018 14 h 11

      Juste pour conclure la citation de l’islamologue français, Soheib Bencheikh: «Il rappelle que « l’islam n’est pas la propriété des musulmans » : il est un fait de l’histoire, une religion offerte à l’humanité. « Donc libre à cette humanité entière de l’accepter, le refuser, de le critiquer. » http://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/is

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 14 h 28

      À Francine Lavoie,

      "Elle confond allègrement, en effet, racisme et islamophobie. Car c'est la religion qui divise, non pas la race." -Francine Lavoie

      C'est votre conception étriqué du racisme qui n'est pas à jour Mme Lavoie.

      Les Juifs sont des membres d'une même communauté religieuse, ce qui n'a pas empêché les nazis de les désigner comme leurs ennemis irréductibles assimilés par leur idéologie à une race inférieure, de les affamer jusqu’à la mort dans les ghettos de Pologne et d’Union soviétique*.


      Christian Montmarquette


      * Source Shoah Wikipédia

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 26 janvier 2018 14 h 55

      Mme Alexan,

      Il ne suffit pas de porter un vêtement pour faire du prosélytisme. Personne ne change de religion parce qu’il aimerait revêtir le vêtement porté par quelqu’un d’autre. Pas plus que j’aimerais changer de sexe parce que je trouve une robe jolie.

      S’habiller différemment, c’est affirmer sa différence. Comme le ferait une coloration capillaire ou l’adoption d’une gestuelle identitaire (celle des rappeurs, par exemple).

      Que le voile islamique augmente la visibilité de l’Islam, cela est indéniable. Comme si cette appartenance religieuse était tatouée sur le front. Mais cela ne convainc personne d’adhérer à cette religion.

      Conséquemment, cela n’est pas du prosélytisme.

      D’autre part, doit-on interdire publiquement les signes d’appartenance religieuse ?

      La laïcité républicaine n’a jamais fonctionné. En vérité, elle a fonctionné en France pendant quelques années, au lendemain de la Révolution, quand on égorgeait les sœurs cloîtrées et que les églises étaient transformées en entrepôts. Dans Paris, plus personne n’osait afficher de signe religieux.

      Mais dès la Restauration, les signes religieux furent de retour, particulièrement dans les campagnes où les Français n’ont jamais cessé d’être très croyants. De nos jours, les églises françaises (y compris parisiennes) sont pleines de fidèles durant les offices. Et personne n’hésite à porter des signes religieux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 15 h 40

      À Nadia Alexan,

      "Le voile signifie l'étendard, par excellence, du salafisme et de l'islam politique un moyen de faire du prosélytisme". - Nadia Alexan

      Un petit rappel à Mme Alexan:

      Les croyant-e-s ne forment pas un bloc monolithique.

      Les fidèles adhèrent de plus en plus à une version personnalisée
      de la foi et modulent leur pratique religieuse et leur croyance en fonction de convictions personnelles.

      Vouloir restreindre la capacité des femmes d’exprimer leurs
      convictions, que l’on soit d’accord ou pas avec ces
      convictions, équivaut à juger les femmes inaptes à décider
      pour elles-mêmes.

      Faire porter le débat sur les signes religieux presque uniquement sur le foulard porté par certaines musulmanes a pour effet de stigmatiser ces femmes et de porter atteinte à leur droit à l’égalité.

      Ce n’est pas en accentuant la discrimination que subissent ces femmes que leur droit à l’égalité sera réalisé, mais plutôt, entre autres, en favorisant leur participation à la vie économique et sociale.

      Référence : Ligue Des droits et Libertés (LDL)

      Outils d'éducation aux droits / Comprendre la laïcité

      http://liguedesdroits.ca/wp-content/fichiers/fasci

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 janvier 2018 15 h 52

      À monsieur Jean-Pierre Martel: Le voile intégral est interdit sur la place publique en France et le voile simple est interdit dans les écoles publiques.
      En France, à huis clos, les jeunes étudiantes musulmanes ont supplié les membres de la commission Stasi, qui examinait la question du port du voile dans les écoles, de les appuyer justement par une loi interdisant le port du voile. On a prédit que le ciel allait leur tomber sur la tête si l'on interdisait le port du voile. Que les étudiantes musulmanes quitteraient l’école publique en masse. Des douze millions d’élèves qui fréquentent les écoles publiques en France, seulement 144 se sont retirées. J’applaudis le courage de la France pour être venue au secours de ces jeunes filles.
      On se rappelle la jeune Aqsa Perves, tuée des mains de son père parce qu’elle ne voulait pas porter le voile, ou les trois filles Chafia, noyées par leurs parents parce qu’elles voulaient vivre comme toutes les jeunes filles de leur âge. Les petites filles de cinq ans sont obligées de porter le voile à la maternelle ici à Montréal.
      Pourquoi ne pas se ranger du côté des réformateurs de l'islam politique au lieu de reprendre les arguments d'une poignée d'extrémistes qui veulent instrumentaliser les femmes à leur compte?

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 17 h 17

      À Nadia Alexan,

      "Le voile intégral est interdit sur la place publique en France et le voile simple est interdit dans les écoles publiques." - Nadia Alexan

      C'est Jacques Chirac président de l'UMP, un parti très à droite qui a fait adopter l'interdiction du voile en France. Même genres de positions que l'extrême droite du Front national d'ailleurs.

      Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce genres références laissent songeur.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 17 h 38

      Serait-il plus simple d’interdire?

      On pourrait penser qu’interdire purement et simplement le port de signes religieux aux employé‑e-s de l’État simplifierait les choses. Devrait-on interdire uniquement les signes ostentatoires?

      - Comment détermine-t-on ce qui est un signe religieux et ce qui est un signe culturel, ce qui est ostentatoire et ce qui ne l’est pas?

      Le Bindi, le point sur le front des femmes indiennes, est-il religieux ou culturel?

      - Comment déterminer si la barbe d’un homme est musulmane, rabbinique ou tout simplement une barbe?

      Les litiges résultant d’une telle institutionnalisation de la discrimination aboutiraient également devant les tribunaux.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 26 janvier 2018 19 h 24

      C Montmarquette.
      Vous écrivez cette énormité :"Les Juifs sont des membres d'une même communauté religieuse, "et il serait le temps que vous vous mettiez à jour car il y a ( et il y en a beaucoup ) de juif athées. On ne choisit pas d'être Juif puisque on est automatiquement Juif ( mis à part des conversions) de part sa naissance d'une mère Juive. Je vous suggère les livres de l'historien S Sand qui vous éclairerons complètement sur lea question.

      Pierre Leyraud

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 19 h 41

      À Pierre Leyraud,

      "Les Juifs sont les membres d’un peuple lié à sa propre religion, le judaïsme, et au sens large du terme à une appartenance ethnique et religieuse." - Wikipédia

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 26 janvier 2018 23 h 08

      À C Montmarquette


      Si vous ne faites pas la différence entre être membre d'une communauté religieuse -ce que vous avez écrit- et être membre d'un peuple lié à sa propre religion- définition que vous citez et qui pour vous semble dire la même chose- c'est que vous ne faites pas de différence entre un croyant et un athée, à moins que vous pensiez-avec les mots tout est possible-qu'on peut être membre d'une communauté religieuse et être incroyant ! Selon vous on ne peut donc pas être Juif et athée !!

      Pierre Leyraud

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 26 janvier 2018 23 h 17

      À M Martel
      Quand je lis, dans votre commentaire :"De nos jours, les églises françaises (y compris parisiennes) sont pleines de fidèles durant les offices." je me demande depuis quand vous n'êtes pas allé en France. Dans ma région ,le Dauphiné, comme il n'y a plus assez de prètres, de curés et de fidèles les messes sont dites une fois au 2 ou 3 semaines le dimanche en organisant des rotations entre les différentes communes!

      Pierre Leyraud

  • Clermont Domingue - Abonné 26 janvier 2018 04 h 22

    Musulman non- croyant.

    Chaque jour, je médite en marchant en forêt.Je pense au sort du monde et à mes fins dernières. Je ne bois pas, je ne fume pas et je suis contre le pot. Depuis des décennies, je travaille patiemment et avec constance pour mettre les miens à l'abri du besoin.

    Je crois que je suis un bon musulman, mais je ne crois pas en Allah.

    Pour moi, l'opposition entre croyants et non-croyants est futile, mais je pense que les croyants ont de la chance, puisqu'ils ont l'espérance.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 janvier 2018 09 h 30

      Encore faudrait-il définir ce qu'est l'espérance, non ?

      S'il s'agit seulement de m'assurer que j'ai la vie éternelle, je ne vois pas tellement l'intérêt. Je ne suis pas contre remarquez, mais personnellement je vivrai toujours, dans mes enfants d'abord, et puis dans l'engrais que je laisserai aux nouvelles pousses après ma disparition.

      Ce n'est pas de l'espérance mais une assurance, c'est clair. Pire, je crois moi aussi à l'existence après la mort! Mais de là à espérer ? Bof.

      Pour plus de clarté je me suis débarassé de tous les monothéismes depuis un bout. Cette idée d'un seul Dieu, une seule raison, un seul but est absolument absurde à mes yeux. Alors les religions et leurs chaires, hein!

      Par contre j'espère que mes enfants et petits-enfants pourront trouver leur vie et leurs intérêts propres à travers les détours de l'existence. S'ils peuvent en plus ne pas trop souffrir, ou souffrir de façon "constructive" (accouchement, travail pénible mais enrichissant...) et partir dans le même ordre qu'ils sont arrivés (la pire des souffrance étant de voir les plus jeunes partir avant le temps), alors tant mieux!

      Ça, c'est mon espérance.

      Pour le reste je profite du paysage. C'est beau en ta.

    • Clermont Domingue - Abonné 26 janvier 2018 13 h 43

      A monsieur Trottier.J'ai les mêmes non-croyances que vous. J'ai employé le mot espérance et non le mot espoir parce que le mot espérance a une connotation religieuse.

      Ma mère,grande croyante,espérait avoir le ciel en récompense après avoir élévé ses quatorze enfants. Sans la foi, il ne peut y avoir d'espérance.L'espérance a donné enormément de courage à ma mère;c'est pourquoi j'affirme que les croyants ont de la chance d'avoir l'espérance pour les soutenir dans les épreuves que leur impose la vie.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 15 h 07

      À Clermont Domingue,

      "Sans la foi, il ne peut y avoir d'espérance.." - Clermont Domingue

      Saint-François d'Assise avance le contraire.

      Il écrit dans ses Admonitions que l'Espérance est la plus haute des vertus; puisque même quand la foi n'y est plus, on peut toujours espérer.

      L'Espérance est symbolisée par l'étoile.

      Cette lueur qui continue de nous indiquer le chemin même dans la pénombre de la nuit.

      Christian Montmarquette

    • Clermont Domingue - Abonné 26 janvier 2018 16 h 55

      A monsieur Montmarquette. Je regrette d'être en désaccord avec François d'Assise, mais pourrez-vous espérer aller au Paradis sans y croire? Il est vrai que la foi a des mystères que ne connait pas la raison.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2018 21 h 37

      "Pourrez-vous espérer aller au Paradis sans y croire?"-Clermont Domingue

      Très bonne question.

      À laquelle je vous réponds justement..

      On peut toujours espérer.

  • Denis Paquette - Abonné 26 janvier 2018 05 h 55

    je m'ennuie de ronron

    je m'ennuie parfois de pure laine,mais bon, il était trop pantoufflar, mais les remplacer par tout est moi,n'est pas un cadeau,enfin peut être est-ce un personnage d'avenir

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 26 janvier 2018 07 h 11

    Fragmentation et conflit

    Je ne sais pas si l'auteure réalise que la conception du monde qu'elle propose, même avec sa grande sensibilité et les sentiments qui l'honorent, repose sur une fragmentation et une division qui sont elles-même explosives.

    Dans sont texte, même si elle veut dissoudre les amalgames, elle fait exister les «musulmans» comme une identité monolithique distincte du reste. La gauche, dans sa dimension multiculturelle postmoderne a besoin de victimes et la reconnaissance de la souffrance d'autrui devient la preuve qu'une miriade de groupes minoritaires souffrent parce qu'un groupe majoritaire maintient ses privilèges et les expoite.

    Pourtant, s'il y a un lieu qui peut servir de laboratoire pour montrer que la vision manichéenne de l'orthodoxie marxiste est simpliste, c'est bien le Québec, avec ses institutions hybrides (ex. Hydro Québec, les CPE).

    Raed Hammoud a cru qu'on les Québécois allaient «s'ouvrir aux musulmans» lors de l'écoute de son reportage. Suis-je le seul à trouver qu'on dirait qu'il parle d'une collectivité, d'une minorité constituée, comme les Cris?

    Et n'est-ce pas exactement tous ce que les congrès musulmans cherchent à nous faire croire, en s'appuyant ensuite sur les tribunaux pour faire valoir leur requête? La thèse de l'auteure repose sur une double contrainte : les musulmans sont différents (d'un nous) / les musulmans font partie de nous.


    Pourtant il y a des intellectuels (musulmans, ou d'origine, de confession) qui se tuent à dire que c'est un piège que tendent justement les radicaux et que ça n'est pas rendre service aux musulmans d'ici et d'ailleurs que de reconnaitre la légitimité des requêtes intégristes.

    Dans le Devoir même, ces intellectuels disent qu'on les traite d'islamophobes. Pas de conversation sérieuse vous dites? Mais qui utilise les termes «extrême droite»? On n'aurait moins peur d'un «foulard» dans le métro si l'on savait qu'il allait être enlevé à l'école ou à la gaderie par l'enseignante ou l'éducatrice.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 janvier 2018 10 h 02

      Permettez-moi de vous corriger : pas "la gauche" mais "une certaine gauche", celle des slogans qui omet sciemment les trois-quarts des dimensions de l'humain.
      Cette gauche en particulier ferait passer la Suède pour d'extrême-droite!

      En effet, sans rejeter totalement la grille marxiste il est important de juger sa dimension historique où les nationalités étaient considérées seulement comme la survie des anciennes possessions terriennnes de l'aristocratie. Or, c'est plutôt le contraire! Les "terres" d'autrefois sont nées des nations, pas le contraire, et la part grégaire et identitaire de l'humain ne peut être arasée sous les slogans du genre "... de tous les pays, unissez-vous".
      Marx avait la sociologie facile à l'époque. Pas d'immigration ou si peu, il en est même venu à confondre les esclaves noirs aux "esclaves-prolétaires" blancs. Imaginez!

      Depuis, la gauche rigide n'a rien retenu et se permet même de parler au nom des minorités, comme si elles ne pouvaient se prononcer seules et assumer leurs propres paroles. Quand on croit avec un esprit universel, on devient universellement fat.

      Je dois dire aussi, après vous, que dans le doute, il vaut mieux s'abstenir.

      Les fêtes doivent être objet d'un large consensus et ne pas porter flanc à critique. Comme cette idée en particulier est depuis le départ chargée de petite partisanerie, difficile d'y donner un aval quelconque.

      J'aimerais entre autres savoir si le ROC accepterait une journée contre les emprisonnements arbitraires lors de l'anniversaire de la déclaration des Mesures de Guerre en 1970 ?
      J'attends...

      Avez-vous idée de la barbarie d'Ottawa dans l'histoire du Canada ? Simplement comparable à celle des USA dans la conquête de l'Ouest, rien que ça.

      Une barbarie n'excuse pas une autre. La question est, quel est le consensus ?

  • Gaston Bourdages - Abonné 26 janvier 2018 07 h 38

    Pourquoi la haine ? Pourquoi la violence ?

    À l'existence de la Bête dans l'Homme, je crois. Pire encore, des êtres humains posent des gestes qu'aucun animal, à ce que je sache, ne pose. Les bulletins de nouvelles en font une manchette. Face à ce que vous décrivez madame Lanctôt, que nous diraient Mahomet, Gandhi, Jésus, Nelson Mandela ?
    Toute forme de violence est éloquent signe de pauvreté, parfois très profonde.
    Gaston Bourdages

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 janvier 2018 10 h 12

      Et si au contraire c'était l'existence d'un Dieu qui mène à la violence?

      Pourquoi accuser une pauvre bête alors que la plupart des grands massacres viennent d'idées éthérées, de visions fulgurantes d'un univers unidimensionnel basé sur "la" raison ?

      La justification du génocide des autochtones en Amérique, 400 millions de morts en 100 ans, chez moi ça fait 4 millions par année... Ils ne pouvaient être des Fils de Dieu, c'est chose entendue, et paf! La religion n'est pas la seule raison, je sais, mais c'est au nom de Dieu que la massacre a eu lieu.

      La haine vient souvent du "presque pareil". On n'endure pas que son voisin soit un peu différent parce qu'on ne comprend pas qu'il tienne à cette différence. On ne déteste pas le loup, on le craint. Mais on déteste le petit ado qui reste a côté et qui a un piercing ans le nez, " pour faire original" pense-t-on.

      Pire encore pour celui, pareil à soi à tout point de vue, qui croit autre chose.

      La croyance est bien pire que la bête!

      Nous devrions faire comme les chiens et nous sentir le...
      OK, on laisse faire.

    • Gaston Bourdages - Abonné 26 janvier 2018 12 h 49

      Merci monsieur Trottier.
      Je ne crois en aucun dieu prônant l'usage de la violence à moins qu'il en existe. Si oui, qui peut m'y éclairer ? Quant à l'existence de la Bête, je me réfère uniquement sur les capacités pour l'Homme d'être bon et mauvais, d'éprouver de l'amour comme de la haine et encore... Je crois à l'existence de la dualité dans et chez l'être humain. Pour exemple: capable de générosité et d'égoïsme et encore.
      La haine vient aussi du coeur et aussi de la raison. Son géniteur ( la haine ) l'orgueil.
      Vous connaissez des religions prônant la violence ?
      Vous connaissez des êtres humains qui se servent de la religion pour, je dirais, exprimer leurs bas-fonds, leurs pauvretés ? Moi, si.
      Ce que l'Homme peut faire de Dieu ou d'un dieu !!!
      Je caricature. Le pouvoir est intrinsèquement propre, clair, limpide. Ce que l'Homme peut en faire....ouf ! Vous le savez peut-être encore plus que moi.
      Merci encore à vous.
      Gaston Bourdages