Je souffre donc je suis

À l’occasion des hommages rendus à l’écrivain Jean d’Ormesson, décédé récemment en France, un témoignage revenait en boucle. Nombre de ceux qui avaient côtoyé l’académicien ont tenu à souligner une caractéristique de cet homme exquis qui admirait Aragon autant que Marguerite Yourcenar et fréquentait François Mitterrand aussi bien que Nicolas Sarkozy. Cette caractéristique, ils en parlaient pourtant comme s’il s’agissait d’une étrangeté et d’un phénomène venu du fond des âges. Plusieurs auront fait remarquer que, même à l’orée de la mort, ce disciple de Chateaubriand ne se plaignait pas. Ce maître de la conversation dite « à la française » se faisait au contraire un point d’honneur de ne pas ennuyer ses interlocuteurs avec ses propres malheurs.

Comme l’écrivait l’historien Jacques Julliard, ce dernier représentant d’une France que seule la littérature pouvait encore réconcilier avait conservé une élégance d’Ancien Régime. Il pouvait « souffrir les pires maux sans se plaindre, sans parler de soi, avec le sourire, comme si de rien n’était ».

Rien n’est plus étranger à notre époque que cette réserve, ce quant-à-soi, cette noblesse des sentiments. Rester discret sur sa personne, éviter les effusions, ne pas importuner le monde avec son propre malheur, autant d’attitudes qui semblent en voie d’extinction, mais qui à défaut d’exister interdisent une véritable conversation.

« Cent ans sans se plaindre », chantait Robert Charlebois, des paroles de Marcel Sabourin. Nous sommes depuis longtemps passés de l’autre côté du miroir. Je me souviens d’avoir interviewé à Montréal des jeunes de quartiers populaires qui commençaient l’entrevue avant même que j’aie eu le temps de poser une question en récitant la liste des « maladies » qu’on leur avait diagnostiquées : de la bipolarité à la dyslexie en passant par les troubles de l’attention les plus divers. Comme s’il n’y avait pas moyen d’exister sans exhiber sa souffrance. Comme si elle n’était plus que leur seule vérité.

Qui aujourd’hui n’a pas une souffrance à brandir sur la place publique alors même que nous vivons dans des sociétés qui n’ont jamais été aussi favorisées ? Grâce à des organisations qui en font leur profession et des médias qui en font leur beurre, l’étalage de la souffrance semble devenu un psychotrope plus puissant que la marijuana.


 

La dépendance a depuis longtemps gangrené les mouvements sociaux. Autochtones, homosexuels, immigrants, trans, femmes, partout domine cette forme de narcissisme victimaire. Pas que ces souffrances n’existent pas. Elles existent, évidemment. Mais leur étalage ressemble à une machine qui se serait soudainement emballée et qui tournerait toute seule.

Dans une entrevue récente de la revue Limite, l’écrivaine canadienne Nancy Huston, qui vit à Paris, rappelait comment le féminisme de sa jeunesse était « joyeux », « bariolé », « vivant » et « païen ». À cette époque, une féministe comme Leïla Sebbar osa même écrire, se souvient-elle, une chronique intitulée « J’ai envie d’être draguée ». Qui oserait aujourd’hui publier un texte aussi jouissif et d’une telle ironie ? Et qui surtout oserait l’écrire ? Quel fossé avec le féminisme actuel, constate l’écrivaine avec un brin de nostalgie.

C’est ce « féminisme victimaire » qu’avait dénoncé dès 2003 Élisabeth Badinter dans un livre au titre symbolique : Fausse route (Odile Jacob). Celle qui vient de publier une biographie de la grande Marie-Thérèse d’Autriche n’y allait pas par quatre chemins. « À vouloir ignorer systématiquement la violence et le pouvoir des femmes, et en les proclamant constamment opprimées, donc innocentes, on trace en creux le portrait d’une humanité coupée en deux peu conforme à la vérité. D’un côté, les victimes de l’oppression masculine, de l’autre, les bourreaux tout-puissants. »

D’où vient cette victimisation ? Depuis que la gauche s’est ralliée à l’économisme ambiant et détachée des milieux populaires, force est de constater qu’elle s’est réfugiée derrière les murs douillets de l’université dans une forme de gauchisme culturel. Aux combats quotidiens qui obligent à constater que le monde n’est ni noir ni blanc et que la réalité de l’oppression est complexe, elle préfère dorénavant les grandes révolutions « culturelles » et « sociétales ». Sans oublier la lutte contre ces moulins à vent que sont devenus le racisme institutionnel et les stéréotypes sexuels. « Combats » qui, parce qu’ils ne coûtent pas cher et n’ont pas de grandes conséquences immédiates, permettent allègrement de meubler le programme de nos ministres de droite comme de gauche, à Québec comme à Paris.

Est-il devenu à ce point hérétique de dire que, même imparfaites, nos sociétés ne se caractérisent ni par la « culture du viol » ni par le racisme généralisé ? Et qu’elles comptent au contraire parmi celles qui les ont combattus avec succès ? L’étalage permanent, obscène et manichéen de la misère du monde n’est pas anodin, car il rompt tout lien social avec celui que l’on appelle dorénavant l’« ennemi ». Bref, il interdit toute conversation intelligente. Cette conversation si chère au regretté Jean d’Ormesson et qu’il considérait comme un symbole vibrant de civilisation.

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63 commentaires
  • Monique Deschaintres - Abonnée 15 décembre 2017 02 h 28

    Le nouveau journalisme

    En résumé de votre texte: soit belle (ou beau) et tais toi...
    curieux article au moment où la parole des femmes se libère, un peu. Fatigué de votre métier Monsieur Rioux?

    • Jean-Charles Vincent - Inscrit 15 décembre 2017 08 h 22

      Je crois que vous avez raté l'essentiel. Qu'il est interdit aujourd'hui d'avoir des opinions divergeantes des normes établies par les chapelles. Le pilori vous attends si votre opinion n'est pas au goût du jour.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 15 décembre 2017 08 h 41

      Parfaitement: sois belle et tais-toi Femme!

      Christian Rioux mêle tout ici culture du viol et racisme. Et les exemples de femmes qu'il donne ne sont pas représentatifs du féminisme. Je me souviens de ce discours de Nancy Houston après une visite en Alberta où elle dénonçait ni plus ni moins que la misère sexuelle des hommes travaillant là-bas. En oubliant bien sûr que cette misère était «pansée» par le recours massif à des prostituées. Nancy Houston s'est bien gardée de parler de la misère -et pas que sexuelle - de ces femmes qu'on prostitue. Et plutôt que de parler d'acheteurs de services sexuels - ce qui est maintenant criminalisé au Canada depuis 3 ans- elle préfèrerait s'appesantir sur des hommes souffrants. Ici, M. Rioux aurait beau jeu de s'appesantir sur cette souffrance masculine.

      Et que dire d'Élisabeth Badinter qui bien qu'étant une grande défenseure de la laïcité, soutient la prostitution «dont ne saurait se passer ces hommes, voyons». Comme un désir irrépressible, aiment-elle à souligner. La prostitution, une des plus grandes violences du patriarcat n'a jamais eu grâce aux yeux de Mme Badinter.

      Curieux de constater comment des alliés de la laïcité aiment à pourfendre le féminisme, Christian Rioux comme d'autres, comme Mathieu Bock-Côté, comme Jérôme Blanchet-Gravel et qui nient, pour la plupart, la culture du viol. On préfère tomber dans des généralisations sur le féminisme. Ces hommes gagneraient à lire Richard Poulin qui décrit dans son dernier livre cette culture de la violence et qu'il nomme plutôt la culture de l'agression.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 15 décembre 2017 08 h 44

      Voici le résumé de ce livre de Richard Poulin:

      «Pourquoi des hommes agressent-ils sexuellement des femmes, des enfants ou d'autres hommes ? Pourquoi des hommes payent-ils pour des relations sexuelles ? Pourquoi consomment-ils de la pornographie ? Pourquoi battent-ils leur compagne ? Pourquoi tuent-ils leur conjointe ou leurs enfants ? Pourquoi prennent-ils les armes pour massacrer leurs collègues d'étude, de travail ou des gens à l'église, à la mosquée, à la synagogue, ou encore tirent-ils de façon aléatoire sur des cibles qui leur sont inconnues ? Pourquoi sont-ils des meurtriers en série à caractère sexuel ?

      Violences dites domestiques ou conjugales, agressions sexuelles, meurtres, féminicide, les femmes sont les principales cibles des violences masculines. Et les violences, qu'elles soient sexuelles ou non, puisent en grande partie leur origine dans certains clichés sur les droits des hommes dans le domaine des rapports sociaux de sexe. La banalité de la violence masculine, qui est multiple et trop souvent létale, est mondiale et frappe les femmes et les filles des sociétés du centre du capitalisme comme des sociétés de la périphérie, des États démocratiques comme des dictatures. La pratique massive des viols pendant les guerres n'est pas l'apanage d'un peuple, d'une nation, d'une ethnie ou d'une religion en particulier, mais bien de l'ensemble des forces armées. Le viol est une arme de guerre. Ce n'est pas une culture nationale, ethnique ou religieuse en particulier qui est la cause de cette violence, de cette soumission des femmes au plaisir masculin, mais bien une culture patriarcale qui s'exprime par une culture d'agression.

      Beaucoup d'hommes dissocient sexe et affectivité. C'est évidemment le cas des prositueurs. C'est ce que les jeunes apprennent dans la pornographie. C'est ce que certains pratiquent en agressant sexuellement. Cette dissociation est l'un des traits de la masculinité des sociétés patriarcales.»

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 15 décembre 2017 09 h 19

      Mme Deschaintres,

      Soit belle et tais-toi?

      Je crois que vous n'avez pas compris l'essentiel du propos exposé par M. Rioux.

      Je crois que la parole n'appartient pas seulement aux femmes. Je trouve fatigant et risible votre attitude qui l'invite à se taire. Il serait fatigué parce que vous n'êtes pas d'accord avec lui???

      Je pense que la prise de parole inclue nécessairement le débat d'idées. «Du choc des idées, jaillit la lumière.»

    • Solange Bolduc - Inscrite 15 décembre 2017 09 h 40

      Madame, les femmes ont toujours beaucoup parlé...entre elles. et souvent pour se plaindre entre elles, les hommes ne les écoutaient guère! Ceux-ci préféraient leur monde, celui entre hommes....de la taverne, des bars, du jeu, de la connaissance intellectuelle, etc.

      Les temps ont changé? Les femmes parlent autant entre elles, et à l'occasion en public...pour dénoncer ou se plaindre de maladies, de mauvais traitements, de leurs enfants...de leur mari, ou amants infidèles, de leurs souffrances psychologiques ou physiques...elles souffrent autant qu'avant, sinon plus...et pourtant les hommes les écoutent davantage, et cela parce qu'elles ont autres choses à exprimer que leurs souffrances...elle s'amusent en se plaignant, rient d'elles, des hommes, en se plaignant, mais rien n'est réglé , semble-t-il, la souffrance est là pour rester, la parole pour se libérer...mais c'est vrai que cette parole est souvent lourde...l'homme en général est plus léger, moins lourd, plus agréable souvent à fréquenter parce qu'il étale moins ses souffrances !

      Le «Sois belle et tais toi!», n'a jamais vraiment existé: les femmes ont toujours trouvé le moyen de parler, de séduire, de trouver le moyen d'être aimée en utilisant la parole (Les Contes des mille et une nuits»), même pour des futilités! mais c'était plus facile de le faire entres elles, d'où tant de commérage chez la femme d'hier et un peu moins aujourd'hui, mais cela existe encore....trop!

      La parole a toujours appartenu aux deux sexes, mais elle fut utilisée différemment dans chacun des cas!

    • Jean Breton - Abonné 15 décembre 2017 10 h 01

      Je vous trouve bien injuste... à l'égard d'un de nos meilleurs chroniqueurs du Québec. C'est que Christian Rioux est réputé pour savoir mettre les faits en perspective et dans leur contexte. Le jour où Rioux quittera le Devoir, ce sera un jour sombre pour notre quotidien...

      D'abord, il donne raison à Jean d'Ormesson, cet homme brillant qui a compris que les gens fuient les plaignards qui n'en ont que pour leurs bobos. Ensuite, il dénonce cette manie actuelle d'étaler ses malheurs sans vergogne et sans donner le portrait global... Il n'y aurait plus que des victimes. Les hommes seraient tous des violeurs en puissance, les Québécois de souche, des xénophobes finis...

      Ce que Rioux veut montrer, c'est que dans toute société, il y a aussi beaucoup de forces vives, saines psychologiquement. Mais les temps actuels n'en ont cure.

      C'est ce qu'illustre brillamment Aurélie Lanctôt dans sa chronique d'aujourd'hui que j,encourage à lire.

    • Daniel Pascot - Abonné 15 décembre 2017 10 h 28

      J'ai l'impression que je n'ai pas lu le même article que vous. Alors je l'ai relu et mon impression se confirme.
      On pourrait résumer ce bel article : Ne te tais pas, mais n'en laisse parler un peu les autres avant toi.

    • Marie-Thérèse Séguin - Abonné 15 décembre 2017 10 h 32

      Je crains que vous n’ayez rien compris à l’excellent article de Christian Rioux! Dommage pour vous....

    • André Joyal - Inscrit 15 décembre 2017 12 h 31

      Si ce peux vous rassurer Mme Deschaintes, M.Rioux, qui compte parmi les journalistes que nous préférons, tous journaux confondus, n'est pas fatigué.

      C'est une auteure, très connue et appréciée des Québécois, Amélie Nothomb qui, lors de la toute dernière émission «La grande librairie», en hommage à D'Ormessson, disait de ce dernier exactement ce que soutient dans sa chronique C. Riouxx. Ben pour dire hein!
      Qui est fatigué (e) ?

    • Jean Tardif - Abonné 15 décembre 2017 16 h 11

      "Qui aujourd’hui n’a pas une souffrance à brandir sur la place publique alors même que nous vivons dans des sociétés qui n’ont jamais été aussi favorisées ? Grâce à des organisations qui en font leur profession et des médias qui en font leur beurre, l’étalage de la souffrance semble devenu un psychotrope plus puissant que la marijuana."

      Ce "narcissisme victimaire" pluriel ne correspond-il pas au nouvel écosystème symbolique construit par les médias qui vivent de l'exploitation de l'émotion immédiate qui favorise les pleurs davantage que la réflexion que propose de façon aussi pertinente et brillante Christian Rioux, sur ce sujet comme sur bien d'autres.

    • Solange Bolduc - Inscrite 15 décembre 2017 17 h 50

      @Johanne St-Amour

      Je ne comprends pas qu'on ne parle jamais des femmes qui agressent sexuellement des garçons ou des filles ! Que leur geste soit moins violent que celui des hommes qui agressent en général, j'en conviens, mais le mal est fait de toute façon, et le malaise a aussi ses répercussions durant tote la vie.

      Que la culture du viol existe, je veux bien, mais il faudrait cesser de ne l'attribuer qu'au sexe masculin! Dans les années cinquante et soixante, j'ai comnnu des hommes qui me parlaient de lleur maîtresse d.école qui trouvait tous les prétextes pour ls garder après la classe et bien d'autres exemples, et cla existe encore aujourd'hui, dans des familles....La perversité existe chez les hommes comme chez les femmes!

    • Cyril Dionne - Abonné 15 décembre 2017 18 h 24

      Bon Mme Deschaintes. La Sainte rectitude politique nous a amené à essayer d’inventer un nouveau passé parce que le présent et surtout le futur, n’est plus palpable. Désolé chers torturés d’un autre siècle, nous ne pouvons pas réécrire le passé mais seulement composer avec le présent. L’autoflagellation des sociétés modernes en est l’exemple typique de l’homme qui craint son destin à la lumière des changements climatiques et de la destruction de masse de millions d’écosystèmes végétaux et animaliers.

      Les jérémiades des divers groupes sur la place publique, qu’ils soient légitimes ou non, aident ceux qui ont tout et ne veulent pas partager. Ce n’est pas en se déguisant en autochtones ou bien en pleurnichant avec les autres groupes victimaires que nous allons changer la situation. Vous voulez un « selfie » avec ça ?

      En fait, c’est la nature humaine. Nous ne sommes que des animaux apprivoisés. Il ne nous reste plus qu’à croire et nous en remettre dans les amis imaginaires et extraterrestres de l’espace sidéral. Triste, mais vrai. Pas pour moi en tout cas.

    • David Huggins Daines - Abonné 15 décembre 2017 19 h 12

      Mme Deschaintres, vous avez bien saisi l'essence de toutes les chroniques, ou presque, de ce chroniqueur, bien caché sous des belles formules littéraires et philosophiques, mais présent tout de même. Je vous remercie et je suis content que les modérateurs ont laissé passer votre commentaire.

      En passant, je trouve ça curieux que son liste de victimes ne comprend pas celui qui se plaint le plus de sa prétendue victimisation de nos jours - l'homme hétérosexuel « de souche », qui malgré son pauvre sort a quand même réussi à élire un parfait salaud à son image à la Maison-Blanche, et qui domine encore largement les gouvernements et les grandes sociétés partout au monde...

  • Solange Bolduc - Inscrite 15 décembre 2017 04 h 10

    Ainsi parlait Zarathoustra !

    Après vous avoir lu, comme toujours, cher Monsieur Rioux, les seuls mots qui me sont venus à l'esprit, mais qui ne m'appartiennent pas, ce sont ceux de Nietzsche :

    Et, «si jamais j’ai déployé des ciels tranquilles au-dessus de moi, volant de mes propres ailes dans mon propre ciel : si j’ai nagé en me jouant dans de profonds lointains de lumière, si la sagesse d’oiseau de ma liberté est venue : - car ainsi parle la sagesse de l’oiseau : «Voici, il n’y a pas d’en haut, il n’y a pas d’en bas! Jette-toi, çà et là, en avant, en arrière, toi qui es léger! Chante! Ne parle plus! – toutes les paroles ne sont-elles pas faites pour ceux qui sont lourds ? Toutes les paroles ne mentent-elles pas à celui qui est léger? Chante! Ne parle plus. »

    Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche .

    • Marc Therrien - Abonné 15 décembre 2017 08 h 58

      Et si quelqu’un a souffert et a su transmuter sa souffrance en une œuvre littéraire grandiose c’est bien Nietzsche. Il a évoqué la résilience bien avant qu’on en fasse un concept psychologique ou psychosocial. Je ne sais pas si Jean d’Ormesson fréquentait l’œuvre de Nietzsche. Avec ne pas se plaindre, il y a l’amor fati, l’amour du destin.

      «Ma formule pour la grandeur de l’homme est amor fati : que l’on ne veuille rien avoir différemment, ni par le passé, ni par le futur, de toute éternité. Il ne faut pas seulement supporter le nécessaire, encore moins se le cacher – tout idéalisme est mensonge face à la nécessité –, il faut aussi l’aimer…» Nietzsche dans Ecco Homo – Pourquoi je suis si intelligent.

      Marc Therrien

    • Solange Bolduc - Inscrite 15 décembre 2017 11 h 55

      Oui j'ai fréquenté avec plaisir Nietzsche, il a écrit sur La Tragédie grecque: Apollon et Dyonisos, texte éxtraordinaire, j'avais pris un cours que sur l'oeuvre de l'auteur...je m'y suis bien abreuvée!

      Et plus tard...

      J'ai apprécié lire «Le Second faust» de Goethe, et pendant tout un été je n'ai lui que cette oeuvre en l'illustrant de quelques-uns de mes tableaux à l'huile, souvent dans les tons de camaïeu!

      L'oeuvre grandiose se termine ainsi:

      «Tout ce qui passe
      « N'est que symbole ;
      «L'Imparfait
      «Ici trouve l'achèvement;
      «L'Ineffable
      «Ici devient acte ;
      «L'Éternel-Féminin
      «Nous entraîne en haut»

  • Denis Paquette - Abonné 15 décembre 2017 05 h 35

    peut-pêtre est-ce la première règle

    Et,oui il y a aussi cette contre-culture qui appartient aux mentalités et a la santé mentale, en fait sommes nous capables d'intervenir a ce niveau, voila la grande question, la folie et les mentalités ne sont ils pas percus comme personnels, et oui peut-être faut-il laisser souffrir certaines personnes, peut-être est ce la premiereregles

  • Brian Monast - Abonné 15 décembre 2017 05 h 53

    Il faut quand même le dire, de temps à autres.

    Donc, merci. Seulement, pour la vraie conversation, je ne suis pas sûr que taire nos malheurs vaille mieux que de les étaler. Cela dépend de la nature de notre rapport à autrui, ou de l'échange particulier, intime ou pas. Comment accueillir l'autre, s'il se cache ?

  • Jérôme Faivre - Inscrit 15 décembre 2017 07 h 29

    Spécialistes de la victimisation

    Excellent article.
    On espère que Mme Aurélie Lanctôt et plusieurs autres plumes récentes du Devoir l'ont bien lu et compris.

    • André Joyal - Inscrit 15 décembre 2017 12 h 32

      M. Faivre, hélas, je crains que votre espoir soit vain...