Bulletin de l’opposition

Pascal Bérubé (Matane-Matapédia) a fait de grands progrès dans le rôle exigeant de leader parlementaire. La série de questions qu’il a adressées au président de l’Assemblée nationale dans l’affaire Guy Ouellette contribuera à faire progresser la jurisprudence. En bon tacticien, il a réussi à piéger Pierre Moreau en forçant la tenue d’un vote qui a donné l’impression qu’il contestait l’autorité du premier ministre. A

Manon Massé (Sainte-Marie–Saint-Jacques) a remplacé Françoise David comme conscience sociale de l’Assemblée nationale. Elle a proposé une série de mesures pour sécuriser les victimes d’agressions sexuelles et a suggéré, à l’exemple de ce qui a été fait à Philadelphie, de réviser l’ensemble des plaintes jugées non fondées au cours des cinq dernières années, amenant le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, à créer un projet pilote à la SQ. A

Même s’il donne souvent l’impression de naviguer au gré du vent, François Legault (L’Assomption) a eu nettement le dessus sur son homologue péquiste, Jean-François Lisée, dans la lutte pour déterminer qui incarnerait le changement souhaité par la population. Ses mesures pour stimuler la natalité avaient toutefois un relent passéiste et il a commis un impair en suggérant d’éliminer la connaissance du français de la grille de sélection des immigrants. A-

Gabriel Nadeau-Dubois (Gouin) demeure un personnage polarisant, mais il n’a pas mis de temps à imprimer sa marque sur Québec solidaire, dont il tente de recentrer le discours tout en ménageant ses « purs et durs ». Dans le dossier de la fusion avec Option nationale, QS a fait preuve d’un pragmatisme qu’on ne lui connaissait pas. La question est maintenant de savoir qui, de lui ou de Manon Massé, sera au prochain débat télévisé entre les chefs. A-


 

La spectaculaire victoire de Geneviève Guilbault à l’élection partielle de Louis-Hébert a eu un effet accélérateur sur la remontée progressive que la CAQ effectuait depuis le printemps. La nouvelle porte-parole en matière de famille s’est cependant aventurée sur un terrain glissant en appuyant l’idée d’une aide financière à la femme au foyer et en louant le modèle d’affaires des garderies non subventionnées. B

En adoptant la ligne dure d’entrée de jeu, Simon Jolin-Barrette (Borduas) a permis à la CAQ de prendre le leadership de l’opposition au projet de loi sur la commercialisation du cannabis. B

Nicolas Marceau (Rousseau) a progressé dans l’alignement péquiste à la période de questions. Sa démonstration de la bêtise de la décision du gouvernement fédéral d’exempter les abonnés de Netflix de la TPS était si convaincante que le ministre des Finances, Carlos Leitão, n’avait pas d’autre choix que de leur imposer la TVQ. B

Le projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État a finalement été adopté, mais Agnès Maltais (Taschereau) a au moins réussi à en faire disparaître la disposition qui aurait forcé les élus à rencontrer les représentants de toutes les confessions, y compris les plus farfelues. B

Alexandre Cloutier (Lac-Saint-Jean) et Jean-François Roberge (Chambly) ont mené de concert la lutte pour que la loi 101 s’applique à l’école à la maison. M. Cloutier a repris du poil de la bête depuis sa déconvenue à la course à la chefferie, mais son collègue caquiste a généralement été plus mordant. B


 

La CAQ a assumé le fait d’avoir voulu augmenter en catimini le salaire des députés depuis qu’Ottawa a décidé d’imposer leurs allocations de dépenses. « Quand on vient en politique, on fait des sacrifices, on n’est pas prêts à voir des baisses salariales », a expliqué un des représentants de la CAQ au Bureau de l’Assemblée nationale, Donald Martel (Nicolet-Bécancour). Il avait peut-être raison sur le fond, mais cela a fait mauvaise impression. C

Il est rarissime qu’un député temporairement exclu du caucus de son parti refuse de le réintégrer même si son ex-chef l’y invite. Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, a décidé de siéger comme indépendant jusqu’à la fin de son mandat, mais ce choix semblait plus dicté par la frustration de se voir refuser l’ensemble du dossier des régions que par l’intérêt de ses électeurs. D

Même si le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait conclu qu’il n’avait commis aucun acte criminel envers Alice Paquet, Gerry Sklavounos (Laurier-Dorion) a échoué dans sa tentative de réintégrer le caucus libéral, après que le réseau TVA a fait état de nouvelles allégations d’inconduite sexuelle impliquant une jeune militante libérale. E

Claude Surprenant (Groulx) a eu le déshonneur d’être le premier député de l’Assemblée nationale que le commissaire à l’éthique recommande de sanctionner pour s’être placé dans une situation de conflit d’intérêts et avoir fait un mauvais usage des fonds publics. Ses collègues de l’Assemblée nationale, qui ont entériné à l’unanimité le rapport du commissaire, n’ont manifestement pas cru au plaidoyer d’innocence de l’ex-caquiste. E

16 commentaires
  • Pierre Parent - Abonné 12 décembre 2017 06 h 09

    Où est Lisée?

    On constate que M. Lisée paie pour sa proximité avec les journalistes dans différents panels avant d'être élu à la tête du PQ.
    Que lui reproche-t'on?

    • André Bellemare - Abonné 12 décembre 2017 08 h 59

      Il faut savoir que Michel David ne commente pas les faits et gestes du premier ministre et du chef de l'opposition officielle.

    • Louise Melançon - Abonnée 12 décembre 2017 09 h 41

      Monsieur David ne rate pas une chance de se montrer négatif à l'endroit de Monsieur Lisée... et cette fois-ci, de le comparer à Legault est au-delà de la raison...

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2017 09 h 49

      M. Parent évoque peut-être le commentaire visant M. Lisée dans le commentaire relatif à M. Legault dans lequel M. David affirme que M. Legault a beaucoup mieux réussi que JFL à présenter son parti comme celui du "changement"­.

      On croit comprendre que "changement" signifie "pour remplacer le gouvernement".

      Ah misère!

      Même M. David participe à cette idée malsaine du "changement" pour le "changement". La question est de choisir le meilleur programme, qui pourrait bien sûr différer de celui du gouvernement.

      Pas "changer" pour "changer" quitte à aller dans pire.

      Cet esprit du "changer pour changer" a sans doute participé à l'élection de Trump. Attention!

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 décembre 2017 12 h 55

      "Où est Lisée?" - Pierre Parent

      À 19% pour le PQ dans intentions de votes..

      La note « F » ne fait malheureusement pas partie du barème de notation au Québec.. Mais correspond peut-être davantage à la note F du chant du cygne en notation musicale anglaise..

      ...lol!..

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2017 15 h 41

      Quand on lit ce bulletin, on dirait que la note n'est attribuée que selon le critère de la capacité de gagner ou de l'habileté tactique perçue, indépendamment de la valeur politique de la personne ou de la formation politique visée ou encore des manœuvres évoquées.

      Par exemple, piéger M. Moreau au vote de l'Assemblée dans l'histoire UPAC/député Ouellette, c'est habile mais... c'est un peu "cheap".

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 décembre 2017 17 h 41

      "Quand on lit ce bulletin, on dirait que la note n'est attribuée que selon le critère de la capacité de gagner.." -Raymond Labelle

      D'accord avec vous là-dessus, M. Labelle.

  • Gilbert Turp - Abonné 12 décembre 2017 07 h 19

    Les A et les B

    Fantasme : au-delà des lignes de fracture idéologiques, vous mettez tous les A et B de ce matin à la table des ministres et on a un bien gouvernement bien plus talentueux que le gouvernement actuel.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 12 décembre 2017 09 h 35

      "...et on a un bien gouvernement bien plus talentueux que le gouvernement actuel."

      ?

      Pas sûr de bien vous suivre.???

  • Solange Bolduc - Abonnée 12 décembre 2017 09 h 44

    Pour Manon Massé

    la femme patronesse qui déteste tant le mot patrimoine. ça parle trop des hommes, bien voilà : un gros A ...pourquoui pas un A+, M. David?

    Tant qu'à GND, il a oublier de dire qu'il est un petit «verrat»!

    Et quant à savoir qui sera du débat des chefs, moi je vous parie que ce sera la-le Manon ! Elle n'accepera jamais de se faire voler le pion par un novice en politique !?

  • Claude Gélinas - Abonné 12 décembre 2017 10 h 06

    Et les cancres !

    Afin de permettre aux électeurs d'évaluer le rendement des élus ne serait-il pas approprié de faire connaître les élus qui n'interviennent jamais dans les débats ou s'ils le font agissent maladroitement sans motiver leur argumentaire, disent des conneries, attaquent bassement leurs adversaires, manquent de discipline et de civilité, sont souvent absents ou agissent en dilletante.

    En se faisant, malgré que cette démarche soit délicate, notre chroniqueur préféré pourrait aider l'électeur a faire un meilleur choix.

  • Pierre Fortin - Abonné 12 décembre 2017 12 h 11

    Il ne manque que les critères


    Monsieur David a tout à fait raison de relever les bons et les mauvais coups des élus selon son appréciation personnelle, c'est même ce à quoi il nous a habitués et ce qu'on attend de lui. Mais son évaluation aurait du sens s'il établissait d'abord les critères sur lesquels reposent les cotes qu'il attribue à ses ouailles.

    Quels sont les seuils et les critères de réussite ? Qu'est-ce qui fait la différence entre un A et un B, entre un A et un A–, etc. À défaut d'un tel barème, les cotes attribuées n'apportent malheureusement rien de plus que les petits anges accolés à nos cahiers d'école primaire.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2017 15 h 11

      M. David partage avec nous son "feeling" subjectif, en nous disant quand même, en partie, d'où il vient - ce qui l'a frappé chez la personne visée.

      Il ne faut pas prendre ça trop au sérieux, mais M. David devrait peut-être, en effet, mieux nous en aviser.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2017 16 h 49

      On a l'impression, en y pensant plus, de détecter certains critères, mais on n'en est pas sûr... c'est un peu dérangeant, tout compte fait, j'en conviens.

    • Pierre Fortin - Abonné 12 décembre 2017 17 h 42

      C'est seulement qu'il nous a habitués à plus de profondeur.

      M'enfin!