L’esprit de 2012

Après l’ébullition du printemps érable, alors que Pauline Marois était elle-même descendue dans la rue pour taper de la casserole, l’éphémère gouvernement péquiste avait causé une grande déception.

Plusieurs avaient espéré que le mouvement de protestation lancé par la grève étudiante serait le début d’un temps nouveau. Pour la première fois depuis la douloureuse défaite du Oui au référendum du 30 octobre 1995, les Québécois avaient semblé vouloir se réapproprier la politique.

Le PQ avait recruté les éléments les plus modérés du mouvement étudiant et fait élire dans Laval-des-Rapides l’ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. Sa collègue de la Fédération universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, allait tenter sa chance sans succès 18 mois plus tard dans Groulx. Le PQ n’a cependant pas su ou voulu profiter de la ferveur contagieuse du printemps érable. Comme si on pouvait faire une révolution — l’indépendance — dans la tiédeur !

C’était la CLASSE et son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, qui incarnaient le mieux l’esprit de 2012. Chacun est marqué par ses expériences. Ce que lui et ses camarades de l’époque ont vécu pendant ces quelques mois a été un peu l’équivalent du débat sur le rapport Allaire pour Mario Dumont et la poignée de jeunes de la commission jeunesse qui avaient quitté le PLQ pour fonder l’ADQ.

L’enfant terrible du printemps érable n’a pas fondé un nouveau parti, mais il lui a suffi de quelques mois pour provoquer à Québec solidaire un changement, dont la fusion avec Option nationale est une démonstration spectaculaire. Pour qu’elle se réalise, plus de 80 % des délégués au congrès de la fin de semaine dernière ont accepté un « compromis » substantiel sur le mandat de l’assemblée constituante. Jusqu’à présent, ce mot ne faisait pas partie du vocabulaire de QS, qui y voyait un synonyme de « compromission ».

 

Dans un parti aussi idéologique, cette transformation ne se fait pas sans douleur, comme en témoigne la lettre de démission qu’un membre de longue date de l’association de Marie-Victorin, Daniel Raunet, a adressée samedi au bureau national de QS. Depuis le départ de Françoise David, le parti pour lequel il militait depuis des années a tourné le dos à la démocratie participative, explique-t-il. Il est devenu « un parti comme les autres, manipulé par une poignée de dirigeants et qui a cessé depuis de longs mois de faire de la politique autrement ».

M. Raunet dit également ne pas adhérer à « l’idéologie élitiste » d’ON, que QS a faite sienne en acceptant l’élection d’« une assemblée constituante où les seules opinions recevables seraient celles de la minorité indépendantiste », pas plus qu’à « la vision primaire haineuse et manichéenne du Canada contenue dans l’entente de fusion avec Option nationale ».

Il rejette « un programme qui prétend faire de l’indépendance un principe au moins aussi important que la lutte au néolibéralisme ». Il s’oppose aussi à la « feuille de route » proposée par OUI-Québec, que QS semble maintenant prêt à accepter, et dont le but réel serait de « mettre en selle par des désistements mutuels un futur gouvernement Lisée ».

 

Il est vrai que l’indépendance occupe plus de place dans le discours de QS depuis l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois. Ce dernier a également indiqué qu’il était prêt à reprendre les négociations multipartites sur la « feuille de route », que la direction de QS avait rejetée au printemps dernier. En revanche, il a clairement exclu toute possibilité d’alliance électorale avec le PQ d’ici l’élection du 1er octobre 2018. À voir le PQ dégringoler dans les sondages, on se demande d’ailleurs quel intérêt QS pourrait y trouver.

En fin de semaine, ses porte-parole n’ont vraiment pas donné l’impression d’être moins résolus à combattre le néolibéralisme, et rien dans les propositions qui ont été adoptées ne remet en question l’objectif fondamental du programme de QS, c’est-à-dire la « socialisation des activités économiques », même si on ne le claironne pas.

Un nouveau pragmatisme semble néanmoins prévaloir. Il n’y a pas longtemps, les délégués auraient sans doute adopté avec enthousiasme le remplacement de l’expression « patrimoine », présumément sexiste, par « héritage culturel ». On semble avoir compris qu’il y a des limites à se déconnecter des préoccupations du commun des mortels.

Au printemps 2012, les dizaines de milliers de personnes qui étaient descendues dans les rues, leurs enfants sur les épaules, n‘étaient pas des révolutionnaires qui voulaient abattre le « système ». La plupart ne s’intéressaient pas davantage à la question des droits de scolarité, qui avait déclenché le mouvement. Ils avaient simplement le sentiment qu’il fallait changer quelque chose. C’était là l’esprit de 2012. Quand Gabriel Nadeau-Dubois dit que l’important n’est pas d’additionner des votes, mais de créer une dynamique rassembleuse, c’est sans doute à cela qu’il pense.

50 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 5 décembre 2017 05 h 26

    Changer quelque chose ou changer QS

    e leadership n'a jamais eu bonne presse chez QS. Or, depuis l'entrée en scène de GND, il l'a. C'est un important changement. Si GND poursuit sur sa lancée, il transformer ce parti selon ses vues. Au préalable, il faudra que QS fassent des gains en pourcentage et en nombre de députés sur l'île de Montréal et à l'extérieur.

    Dans le cas contraire, QS se posera des questions sur la place qu'il vient d'octroyer aux dirigeants, qui ne semblent plus ses porte-paroles, mais plutôt ses stratèges et décideurs. La démission de M. Raunet est comme une lumière jaune qui invite à ralentir car la lumière rouge s'annonce.

    Elle s'annonce parce que les membres du Congrès sont convaincus qu'ils feront des gains notoires avec GDN, ce qui pourrait ne pas être le cas. Avec l'entrée en scène de GND, QS a monté à 15 % dans les sondages puis vient d'obtenir 11 % peu après l'élection à la ville de Montréal avec un parti auquel des membres de QS se sont associés.

    La fusion avec ON, si ON vote en sa faveur, pourra-t-elle faire hausser ce pourcentage ? Difficile à dire. ON n'a reçu à peine 1 % d'appuis et ses membres sont divisés sur cette question de sorte que, si fusion il y a, il se pourrait que la dynamique rassembleuse ne sera pas au rendez-vous.

    Faudrait-il un ajout à QS, genre M. Aussant, pour propulser ce parti et, surtout, revoir ses alignements économiques qui ont tout d'un discours ? Peut-être. Mais, il est difficile de penser que M. Aussant, un disciple de Jacques Parizeau, s'associe à un parti qui voit idéologiquement la réalité économique, mais plus envisageable qu'il veuille relancer l'indépendance avec un autre parti à créer ou à investir et y inviter GND, voire QS à s'y intégrer.

    Les élections de 2018 seront déterminantes pour le PQ mais aussi pour QS, mais surtout pour une révision de la démarche menant à l'indépendance.

    • Hermel Cyr - Abonné 5 décembre 2017 09 h 18

      Ma perception des choses en regard d’Aussant est que; premièrement, il n’a aucune accointance avec QS, des entrevues données par lui le montrent. Et deuxièmement, comme vous dites, Aussant n’est pas un idéologue; il est un social-démocrate pragmatique en matière d’économie et un indépendantiste en matière politique. Il est dans la droite ligne de Parizeau.

      Ce qui n’est pas exclu toutefois, en regard des élections de 2018, qu’advenant un recul significatif du PQ et même avec une augmentation montréalaise (prévisible) de la députation de QS, les indépendantistes verront la nécessité de se refonder politiquement, par un regroupement sur base citoyenne. C’est ici qu’Aussant pourrait devenir l’acteur central. Et personnellement, je n’exclus pas que la grande part du PQ et une part de QS (celle des réalistes qui pourra comprendre GND) pourrait rejoindre cette refonte dans un parti de coalition large (du centre au centre gauche) indépendantiste. Une autre avenue serait qu’Aussant rejoingne le PQ dès le printemps… « accompagnant la fonte des neiges » et confirme une remontée autour du PQ du mouvement indépendantiste.

    • Claude Bariteau - Abonné 5 décembre 2017 11 h 35

      M.Cyr, nous nous rejoignons sur Aussant et l'impact qu'il aura au cours des prochaines années sur le projet de pays.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 décembre 2017 13 h 50

      À Hermel Cyr,

      "Aussant n’est pas un idéologue; il est un social-démocrate pragmatique en matière d’économie et un indépendantiste"- Hermel Cyr

      Désolé de vous contredire, mais dans ce monde tordu où, seuls les capitalistes semblent avoir le droit de se prétendre pragmatiques, alors qu'ils adhèrent eux-mêmes à l'idéologie néolibérale, en a la croyance dans la théorie du ruissellement et à la main invisible de l'autorégulation du marché..

      Sachons que la sociale-démocratie et le nationalisme sont aussi des idéologies.

      "Le terme de social-démocratie désigne une tendance du socialisme : l'expression recouvre à la fois la dénomination employée par divers partis socialistes, la forme d'organisation de ceux-ci, un courant idéologique et une pratique politique." - Wikipédia

      Ceci dit, ce n'est pas le fait d'adhérer à une idéologie, ce mot épouvantail qu'on nous sert à toutes les sauces pour discréditer les uns et les autres, qui pose problème.

      C'est le choix qu'on fait d'adhérer à une idéologie ou une autre.

      Comme ce n'est pas un mal d'adhérer à l'idéologie humaniste..

      Alors qu'il est un mal d'adhérer au fascisme, au racisme ou au totalitarisme.

      Christian Montmarquette

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 5 décembre 2017 15 h 20

      «Une autre avenue serait qu’Aussant rejoingne le PQ dès le printemps… « accompagnant la fonte des neiges » et confirme une remontée autour du PQ du mouvement indépendantiste» (H.Cyr)

      Si Jacques Parizeau est allé quérir Lucien Bouchard lors du dernier référendum (perdu à l’arraché pour rester poli!) je ne vois pas pourquoi M. Lisée n’irais pas quérir M.Aussant!

    • Jean Jacques Roy - Abonné 5 décembre 2017 16 h 06

      GND, porte-parole de QS marque un type de leadership qui tranche avec celui auquel on s’était habitué, lorsque la figure dominante était Françoise David.

      Faut-il se baser sur la lettre de démission de M. Raunet pour comprendre la mutation en cours? Dans cas, on risque de comprendre de façon biaisé le processus de fusion QS/ON.

      Revenons à GND. Si ce dernier a été “élu” porte-parole et s’il a adhéré à QS, faut comprendre que c’est là ce que souhaitait la majorité des membres qui veulent majoritairement faire de QS un PARTI indépendantiste porteur d’un projet de changement social.

      Qu’il y a-t-il de différent entre la période où Françoise était porte-parole à l’AN et maintenant, où Grabriel et Manon le sont devenu.es? Contrairement à ce que laisse entendre Raunet, les structures, le programme et le mode de fonctionnement n’ont pas été changés.

      Si l’orientation indépendantiste de QS est mieux marquée,cela ne relève d’abord de la personnalité du ou de la « porte-parole ». Si QS marque des points en ce sens, c’est fondamentalement dû au fait que QS assume qu’il est un PARTI et non plus un mouvement social ou communautaire... et deuxièmement il affirme qu’il est un parti indépendantiste de gauche.

      Si on lit attentivement la lettre de démission de Raunet et si on fait abstraction de ses jérémiades de mauvais perdant, que faut-il comprendre? Raunet rejette la fusion avec ON... C’est certain. Mais, pourquoi faire un plat de l’arrivée de quelques centaines d’indépendantistes? C’est ça justement qui dérange Raunet: QS s’affirme indépendantiste, les porte-paroles aussi et le comble, la possible fusion avec ON!

      Le tournant de QS ne relève pas du calcul à courte vue pour additionner des votes. Présentement, on assiste plutôt à une mutation, à un pas de plus, où le parti adopte une orientation politique et une stratégie pour rassembler le mouvement souverainiste, l’élargir, et le conduire ou l’accompagner au pouvoir pour réaliser l’indépendance.

    • Jacques Patenaude - Abonné 5 décembre 2017 17 h 57

      D'accord avec M. Montmarquette à propos des idéologies. Tout le monde adhère plus ou moins à un "système d'idée" donc à une idéologie. Ce qui me dérange c'est lorsqu'on deviens doctrinaire. Ce qu'on retrouve encore malheureusement trop à QS.

      Il nous faut vivre avec des gens qui ne partagent pas nécessairement la même vision des choses. Il est important de savoir trouver les articulations entre les idéologies pour pouvoir fonctionner en société et définir un bien commun essentiel à la vie en société. C'est pour moi le fondement des approches pragmatiques et démocratiques. Projet Montréal l'a bien réussit aux dernières élections sans pour autant se renier et ça a bien marché. Espérons que pour la suite ce parti maintiendra cette ligne et que ça inspirera QS.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 5 décembre 2017 18 h 14

      Pour faire suite au commentaire de M Cyr, pour concrétiser la soif d’indépendance du Québec, mon avis est qu’il faut remettre à la mode les mots patrie, patriotes et Patriotes. Le concept de patrie est en relation directe avec l’identité des peuples. Une identité nationale existe à divers degrés dans la psyché des personnes qui s’y rattachent, qu’elles soient sur le territoire propre de leur nation ou ailleurs dans le monde. La patrie a quant à elle une assise bien matérielle, étant le territoire où la majorité des membres de cette nation vivent et décident de s’y enraciner par choix.

      Cette notion de patrie en rapport avec la gouverne de l’État et en rapport avec l’indépendance devrait logiquement conduire à un nouveau paradigme dans le domaine politique, au-delà des partis traditionnels : la présence d’un fort Mouvement Patriote et d’un Parti Patriote pouvant regrouper toutes les tendances, qu’elles soient de gauche, du centre, ou de droite.

    • Hermel Cyr - Abonné 5 décembre 2017 22 h 15

      @ M. Patenaude, j'aime bien le passage où vous prévenez en quelque sorte contre le radicalisme et la dérive idéologique : "Il est important de savoir trouver les articulations entre les idéologies pour pouvoir fonctionner en société et définir un bien commun essentiel à la vie en société. C'est pour moi le fondement des approches pragmatiques et démocratiques."

      En effet, les idéologies ont ceci de potentiellement dangereux qu'elles tendent à idéaliser la réalité et le temps de l'histoire. Quand on dit "socialisme" ou "libéralisme" par exemple, faut toujours frotter ces notions génériques avec la réalité. Et l'application absolue de leur idéal ne répond pas nécessairement à un idéal social acceptable pour les sociétés démocratiques.

    • Hermel Cyr - Abonné 5 décembre 2017 22 h 19

      @M. Montmarquette, je souscris à votre réplique sur la présence de l'idéologie dans toutes les options socio-économico-politiques ... certes, la social-démocratie est une mouvance socialiste, comme le travaillisme, le communisme et certaines familles anarchistes. Mais l’emploi du terme idéologie dans mon texte signifiait plutôt « dogmatisme » que « conception et interprétation idéales du monde ».

      Pour ce qui est des idéologies comme telle, c’est plus complexe. Elles recèlent des correspondances inattendues. N’oubliez pas qu’historiquement, le fascisme, le colonialisme et même le racisme ont des liens directs avec les milieux « socialistes radicaux » du 19e siècle (pour ce qui est du racisme et du colonialisme avec le libéralisme aussi assurément).

      Historiquement, le radicalisme de gauche est bien plus parent qu’on ne veut l’admettre avec le radicalisme de droite. Mussolini était un socialiste radical en 1914 et les chefs et intellectuels fascistes des années 1930 étaient presque tous issus des mouvances socialiste, communiste, futuriste ...(Doriot, Déat, Malaparte, etc). Et le national-socialisme allemand, ce n’est pas un libéralisme mais un socialisme exacerbé avec une fixation raciste ! L’histoire des idées est beaucoup plus complexe que ce que les légendes urbaines veulent bien nous en laisser voir.

    • Christian Montmarquette - Abonné 6 décembre 2017 10 h 26

      À Jacques Patenaude,

      "Ce qui me dérange c'est lorsqu'on deviens doctrinaire. Ce qu'on retrouve encore malheureusement trop à QS." - Jacques Patenaude

      Voyez-vous M. Patenaude,

      Personnellement, une des choses que je trouve personnellement "doctrinaire, c'est justement cette propension de certains péquistes à étiqueter Québec solidaire de parti idéologique et doctrinaire.. Alors que des doctrinaires, il y en a dans tous les partis. Et donc, que ce genres de débats stériles, ne nous conduisent que dans un cul-de-sac où chacun accusent l'autre du même problème dans une simple et désagréable chicane finalement. Ce qui est bien dommage, car ce n'est pas avec ça qu'on avancera.

      Mieux vaudrait parler de choses concrètes, comme de l'élimination de la pauvreté au Québec.. Du salaire minimum à 15$.. De la gratuité des CPE et de l'éducation.. De la mise sur pied d'un sytème de pensions universel et étatique.. Ou de la lutte pour un scrutin proportionnel etc.

      Car c'est dans ces luttes bien encrées sur le plancher des vaches, où tous les souverainistes de bonne foi et de tous horizons politiques, sincères dans leur volonté de défendre avant tout le bien de leurs concitoyens.nes que les souverainistes pourraient gagner de véritables batailles et retrouver une certaine unité entravée par le débat partisan.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 6 décembre 2017 11 h 33

      Correction:

      Luttes bien "ancrées" et non encrées.

      Merci.

  • Pierre Deschênes - Abonné 5 décembre 2017 06 h 13

    Catalyseur et étincelle

    La cause première des frais de scolarité du Printemps 2012 s'est démultipliée pour permettre l'expression élargie d'un mécontentement général. Les étudiants.es auront polarisé le Québec, pour le bonheur des uns et le malheur des autres, mais l'auront tout de même, à défaut de le réveiller, gardé éveillé pendant plusieurs mois. Un exploit Du moins en partie, n'ayant alors pas eu l'occasion d'entendre l'avis de la majorité, affublée du vocable silencieuse. On se demande quel pourrait être aujourd'hui le catalyseur de pareille mobilisation, l'étincelle pouvant mettre le feu à pareil enthousiasme?

  • Jean Lapointe - Abonné 5 décembre 2017 07 h 08

    Le Solidaires ne sont pas plus indépendantistes qu'avant.

    «Il «(Daniel Raunet)rejette « un programme qui prétend faire de l’indépendance un principe au moins aussi important que la lutte au néolibéralisme » (Michel David)

    A mon avis ce n'est parce qu' ils ont décidé que la constituante qu'ils mettraient sur pied après avoir été élus pour gouverner le Québec, serait ce qu' ils appellent une constituante «fermée» que les Solidaires sont devenus pour autant des indépendantistes dans le sens où le Parti québécois l'entend

    C'est qu'ils prétendent vouloir l'indépendance du Québec mais ils y seraient favorables qu'à leurs conditions.

    Tout ce qu'ils cherchent à faire c'est de nuire au Parti québécois qu'ils détestent si jamais c'était ce parti qui déclarerait le Québec un pays indépendant politiquement en le privant de l'appui d' un certain nombre d' indépendantistes convaincus. Ils ne cherchent qu'à inciter les Québécois à s'entredéchirer au lieu de tenter de les unir.

    S'ils étaient des indépendantistes sincères, ils en parleraient davantage de l'indépendance mais ils ne le font pas parce que pour eux, ce n'est pas ce qu'il y a de plus important. Ce n'est qu'un moyen et non pas quelque chose de souhaitable en soi.

    Ils n'appuyeraient pas le Parti québécois parce que, pour eux, le Parti québécois est aussi néo-libéral que le PLQ et la CAQ.

    Et les néo-libéraux pour eux sont des méchants. Et les méchants il faut les écraser. C'est plus une croisade morale que mène QS qu'une action politique.

    Ne nous laissons pas leurrer. Ce n'est pas que je sois favorable au néo-libéralisme mais je ne suis pas d'accord avec leur façon de le combattre.

    IL y a des indépendandistes en Catalogne, en Corse, en Nouvelle- Calédonie, chez les Kurdes, en pays basque et ailleurs et, à ma connaissance, pour tous ces gens, en tout cas pour la plupart d'entre eux, c'est d'abord et avant tout l'indépendance politique qui est visée tout comme le Parti québécois.

    Et quand on veut plus de liberté on n'abandonne jamais le combat quoi

    • Louise Collette - Abonnée 5 décembre 2017 09 h 45

      Bravo Monsieur Lapointe bien dit.

    • Solange Bolduc - Abonnée 5 décembre 2017 09 h 57

      Vous visez très juste, M. Lapointe !

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 décembre 2017 12 h 30

      À Jean Lapointe,

      "Le Solidaires ne sont pas plus indépendantistes qu'avant..." - Jean Lapointe

      Avouez que ça devient de plus en plus ridicule de voir ces péquistes indépendantistes, s'attaquer continuellement aux convictions indépendantistes des autres, au lieu de les en féliciter.

      Et dire que c'est eux qui accusent QS de semer la division..

      ..misère..


      Christian Montmarquette

      "

    • Benoît Landry - Abonné 5 décembre 2017 14 h 11

      Vous auriez dû entendre les deux députées catalanes vendredi soir à notre congrès, cela nuancerait un peu vos propos sur l'indépenance pour l'indépendance.... mais finalement je ne suis pas sûr que vous seriez capable de les entendre.

    • Benoit Toupin - Abonné 5 décembre 2017 14 h 54

      Sans se demander qui est independantiste, qui propose la meilleure démarche pour accéder à la souveraineté, il y a, à mon humble avis, une problématique importante à laquelle il faudra apporter une réponse positive pour réussir la souveraineté du Québec.

      Il y a un clivage important qui creuse un fossé entre la région métropolitaine et les autres régions sur le plan idéologique et politique: Montréal de plus en plus multiculturel béat à la canadienne auquel QS s'accroche et les régions davantage inquiètes de leur avenir économique, démographique et culturel. L'image des deux solitudes décrit de plus en plus ces deux réalités; danger...

      La souveraineté, pour se faire et pour réussir, a besoin d'une cohésion plus grande. QS, en endossant le le multiculturalisme à la canadienne contribue à creuser le fossé, ce qui est loin de favoriser la souveraineté réussie. Le PQ fait des efforts importants à la recherche d'une politique répondant à l'impératif de plus de cohésion; de plus, il a besoin du soutien de tous.

      Il y a une forme de superficialité idéologique lorsque QS parle de souveraineté. Certains la veulent conditionnelle à une vision de gauche, alors qu'ils sont prêts à accepter, en attendant, de vivre dans une structure où le gouvernement fédéral pourrait gouverner à droite et le provincial à gauche; chercher la logique. Ils combattent avec acharnement pour une vision multiculturelle à la canadienne pour le Québec et font la leçon à quiconque est fier de la personnalité culturelle historique de la nation québécoise.

      QS et le PQ se font la lutte pour une part de clientèle de gauche; lutte à laquelle l'un et l'autre est perdant. QS manque de réalisme dans ses options et souhaitent la victoire totale de la gauche idéologique; perte de temps.

      Il est temps de mettre toute notre créativité au service d'une plus grande cohésion nationale; que les options de l'un ou l'autre l'emportent, il n'en sera jamais aussi profitable que le fruit de la créativité nouvel

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 décembre 2017 15 h 27

      À Benoit Toupin,

      "La souveraineté, pour se faire et pour réussir, a besoin d'une cohésion plus grande.." - Benoit Toupin

      La souveraineté a besoin du scrutin proportionnel qui respecte la démocratie et les diverses tendances du mouvement souverainiste tout en additionnant ses forces sur le terrain électoral au lieu de jeter la moitié de ses votes à la poubelles avec le système actuel

      Or, c'est le PQ qui choisi d'évacuer la proportionnelle de son programme en 2011, et qui a disloqué et combattu le mouvement souverainiste.

      Il faut donc que le PQ fasse comme QS et devienne un parti-mouvement et se batte immédiatement sur le terrain avec les forces populaires et politiques pour changer le mode de scrutin même s'il n'est pas au pouvoir.

      L'exercice de la politique et de la démocratie ne se font pas exclusivement le cul bien assis sur une banquette de l'Assemblée nationale.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 décembre 2017 17 h 02

      À Benoit Toupin,

      "Il y a une forme de superficialité idéologique lorsque QS parle de souveraineté. Certains la veulent conditionnelle à une vision de gauche,"-Benoit Toupin

      Faudrait que les péquistes cessent de répéter cette bêtise totalement déconnectée des faits.

      Puisque, mis à part l'exercice de la souveraineté "DU PEUPLE" Québec solidaire ne pose aucune condition à l'indépendance, puisque c'est une constituante autonome citoyenne et indépendante de tous partis politiques qui décidera du pays.

      Ce que dit Québec solidaire, c'est que son gouvernement, comme les autres gouvernement subséquents d'ailleurs, n'aura pas l'État fédéral dans les jambes pour l'entraver dans l'application de son programme politique une fois l'indépendance acquise.

      J'espère que c'est bien la dernière fois qu'il faut vous le répéter,

      Parce que si vous continuez à vous entêter à répéter ça, sera alors, de la désinformation délibérée.

      Christian Montmarquette

  • Chantale Desjardins - Abonnée 5 décembre 2017 08 h 28

    A quand la fusion QS-Option nationale-PQ?

    Jamais on réussira la souveraineté du Québec ou son indépendance en étant divisé comme on le voit actuellement. Cette division lance un mauvais message au peuple et ne fait que retarder le but ultime. De même, à lire Michel David, il tape sur le PQ chaque jour et contribue à enfoncer le clou. Il semble prendre un malin plaisir à critiquer son parti car il est aussi souverainiste et n'apporte rien de positif. Il fait de même à la télé comme journatiste invité. Pourtant M. Lisée est un bon chef mais il n'a pas l'appui de son entourage. Mais le peuple va se réveiller et voter pour lui car les autres partis ne sont qu'un feu de paille et les sondages ne représentent pas la réalité.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 décembre 2017 12 h 42

      À quand la fusion QS-Option nationale-PQ? - Chantale Desjardins

      Jamais est la réponse Mme Desjardins.

      Il est fini, et bien fini, le temps où le PQ pouvait écraser et avaler tous les autres parti souverainistes; surtout que cela a énormément nuit à la cause, puisque le PQ n'avait aucun parti pour le concurrencer pour le stimuler sur la question nationale.

      Le vrai combat n'est donc pas d'essayer de fusionner la droite du PQ avec la gauche de QS et d'ON pour changer des libéraux rouges pour des libéraux bleus et retomber dans l'attentisme des conditions gagnantes.

      Mais de prendre le PQ au mot et de lutter ensemble pour un scrutin proportionnel, qui, non seulement respectera les diverses tendances du mouvement en refaisant l'unité des forces souverainistes sur le terrain électoral, mais fera avancer la démocratie elle-même. Surtout avec toutes les forces politoiques, citoyennes, communautaires et syndicales à l'appui qui sont exaspérés par cette situation. Quand on sait qu'il faut 25,000 votes au PLQ pour faire élire un député alors qu'il en fait 105,000 à Québec solidaire.

      Et si le PQ n'est même disposé à faire illico cette lutte-là, c'est qu'il n'est non seulement pas de gauche, mais, même pas démocrate.


      Christian Montmarquette

  • Germain Dallaire - Abonné 5 décembre 2017 09 h 20

    Un virage majeur

    L'adoption de la constituante fermée axée sur l'indépendance est un virage majeur pour QS. Que ce virage crée des remous est tout à normal. C'est l'inverse qui ne le serait pas. La lettre de M. Raunet, dans les termes que vous rapportez, représente un excellent signal pour les indépendantistes. Parlez du fédéral aujourd'hui aux travailleur(se)s de la Davie, parlez-en aux syndiqué(e)s de la fédération nationale des communications (CSN) qui oeuvrent dans une industrie en état de siège et dont les représentant(e)s se sont retrouvés devant une porte fermée à Ottawa la semaine dernière. Mme Joly devait être trop occupée à rencontrer les dirigeants de Netflix! Parlez-en aussi aux producteurs de serre québécois qui auraient des capacités de production de marijuana mais se retrouvent devant l'intransigeance du gouvernement Trudeau. Les dossiers s'accumulent et ressemblent étrangement à une vieille chanson qui n'a que trop duré.
    Germain Dallaire
    abonné

    • Jean Jacques Roy - Abonné 5 décembre 2017 11 h 33

      Tout à fait d’accord avec votre analyse Monsieur Dallaire!

      Les exemples que vous mentionnez indiquent clairement que la question nationale est d’actualité et que l’enlignement de QS est extrèmement positif pour le mouvement indépendantiste au Québec.

      Je me réjouis que Michel David daigne le souligner!!!