Le tournant

Les libéraux, dont le visage n’en finissait plus de s’allonger le soir de l’élection partielle dans Louis-Hébert, ne s’y étaient pas trompés. La dégelée qu’ils ont encaissée dans la circonscription de la région de Québec, où le PLQ avait obtenu sa plus forte majorité à l’élection générale d’avril 2014, était bel et bien annonciatrice de jours difficiles.

Le dernier sondage Léger–Le Devoir a bien enregistré ce tournant : fort d’une avance de 5 points sur les libéraux dans l’ensemble du Québec et de 13 points sur le PQ dans l’électorat francophone, François Legault peut maintenant rêver de diriger un gouvernement majoritaire.

Certes, l’élection est encore loin. Il y a toujours le risque d’atteindre le sommet trop tôt, et les caquistes ont encore amplement le temps de se mettre les pieds dans les plats. Les 34 % d’intentions de vote dont la CAQ est créditée n’en sont pas moins l’aboutissement d’une tendance qui se maintient depuis près de six mois.

Devant ce qui ressemble à une irrésistible envie de changement, les péripéties des dernières semaines n’ont sans doute pas eu un effet significatif. Certes, le remaniement ministériel n’a pas impressionné outre mesure, la prise de contrôle de la CSeries par Airbus a porté un dur coup à l’ego national et le gouvernement s’est couvert de ridicule avec la Loi sur la neutralité religieuse. En d’autres temps, la bonne performance de l’économie aurait cependant suffi à faire digérer tout cela.


 

Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un parti qui a gouverné de façon presque ininterrompue depuis 15 ans n’arrive pas à incarner le renouveau, d’autant plus que le discours du premier ministre Couillard sur la « transformation » dans laquelle il prétend maintenant engager le Québec témoigne éloquemment de l’épuisement de la pensée du PLQ.

Il est beaucoup plus inquiétant pour le PQ de constater que les Québécois ne voient pas en lui un meilleur agent de changement que le PLQ. Qui plus est, François Legault est perçu — et de loin — comme un meilleur candidat au poste de premier ministre que Jean-François Lisée. Dès lors, on voit mal comment le PQ pourrait supplanter la CAQ dans l’esprit de ceux qui veulent avant tout se débarrasser des libéraux.

M. Lisée a lui-même convaincu les militants péquistes que c’était là une urgence plus grande que de tenir un référendum. Il ne devrait donc pas s’étonner de voir des électeurs souverainistes se tourner vers celui qui a les meilleures chances d’y parvenir.

D’autant plus que le chef péquiste ne leur a rien proposé de tangible pour mieux faire accepter le report du référendum. S’il devient premier ministre, il s’est au contraire engagé à ne pas utiliser les fonds publics pour faire la promotion de la souveraineté.

Il y a pourtant péril en la demeure. Avec seulement 20 % des intentions de vote, le PQ a atteint un creux historique qui l’éloigne considérablement du « chemin des victoires ». Avec un tel résultat à la prochaine élection, il remporterait à peine une quinzaine de sièges, presque exclusivement en région. Sur l’île de Montréal, il serait supplanté par Québec solidaire. Son existence même serait remise en question par de nombreux militants qui appelleraient à une sorte de refondation.


 

Si encourageant que puisse être le sondage Léger–Le Devoir pour la CAQ, François Legault est bien placé pour savoir que rien n’est encore acquis. La situation actuelle a même un air de déjà-vu. Au moment de sa formation, en novembre 2011, la CAQ avait atteint un sommet toujours inégalé de 35 % et le PQ, un creux de 21 %.

À l’élection de septembre 2012, le PQ avait obtenu 32 % des voix et remporté 54 circonscriptions. Avec 27 % des voix, la CAQ avait dû se contenter de 19 sièges. La différence était que QS avait recueilli seulement 6 % des voix. Même si l’effet Gabriel Nadeau-Dubois s’est essoufflé, QS double aujourd’hui ce chiffre, essentiellement aux dépens du PQ.

M. Legault n’avait pas une si mauvaise équipe, à l’époque, avec les Jacques Duchesneau, Gaétan Barrette, Dominique Anglade, Christian Dubé, Maud Cohen et Gérard Deltell, entre autres.

Cela n’avait pourtant pas suffi à convaincre la population que la CAQ avait l’étoffe d’un gouvernement. Nul doute que le sondage va lui fournir des arguments convaincants pour courtiser des vedettes. Dans son magasinage, M. Legault devra notamment trouver un ministre des Finances et un ministre de la Santé.

Maintenant que la CAQ est en tête du peloton, ses faits et gestes seront surveillés avec beaucoup plus d’attention. Sortir des sentiers battus est sans doute une bonne chose, mais le changement que recherchent les électeurs ne doit pas ressembler à de l’incertitude.


 
33 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 28 octobre 2017 01 h 43

    Voter contre ses propres intérêts!

    La CAQ est pire encore que le PLQ en matière de justice sociale, fiscalité et environnement. Il n'y a pas beaucoup de différence entre les deux formations néolibérales.
    Le néolibéralisme veut raccourcir la taille de l'état quand il s'agit du bien-être des citoyens, mais la largesse de l'état est la bienvenue, quand il est question de subventions pour les mieux nantis. Selon les néolibéraux, l'état ne sait rien faire et n'a pas d'expertise. Donc, il faut privatiser les instances publiques et imposer des frais d'usage, pour mieux servir le patronat. Les profits sont plus importants que la santé et la prospérité du bon peuple! Il faut pratiquer l'austérité pour les dépenses publiques, tandis qu'il faut augmenter les salaires déjà exorbitants des médecins. Les citoyens sont obligés de payer leurs justes parts d'impôts, mais les riches et les corporations peuvent cacher leurs profits dans les paradis fiscaux avec impunité! Il faudrait que les citoyens/citoyennes ne votent pas contre leurs propres intérêts dans les élections prochaines.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 octobre 2017 21 h 01

      À Nadia Alexan,

      "La CAQ est pire encore que le PLQ en matière de justice sociale, fiscalité et environnement."- NA

      Alors?

      Vous allez accorder votre appui à que parti Mme Alexan?

      - Au PQ?

      Vous savez comme moi que les différences sont bien minces entre le PQ et le PLQ questions de justice sociale, de fiscalité et d'environnement non?

      Christian Montmarquette

    • Normand Carrier - Inscrit 29 octobre 2017 06 h 31

      Vous avez bien raison madame Alexan et il est déplorable de lire monsieur C.M. et relire ses vieilles rengaines sur le PQ ce parti néo-libéral par excellence !!!!!! Il faut constamment lui rappeller que toutes les grandes mesures sociales furent introduites par le PQ dont les garderies a $5 dont le PLQ et la CAQ se forcent de privatiser .....
      En environnement le programme actuel du PQ est très éloigné du PLQ et ne parlons pas de la CAQ cette matière ...

    • Michèle Lévesque - Abonnée 29 octobre 2017 09 h 34

      @Nadia Alexan 28 oct.2017 01h43

      Très parfaitement résumé. Rien à rajouter sinon qu'il faut déjà commencer à parler du piège doublé d'une imposture qu'est le vote soi-disant stratégique.

      La démocratie, dans son principe, suppose que les citoyen(ne)s votent selon leurs convictions. C'est le volet 'droit'. Et pour exercer ce droit fondamental de manière éclairée et sage, ils et elles s'informent et pèsent le pour et les contre des articles des différents programmes, en les comparant entre eux ains qu'aux plateformes des autres partis. C'est le volet 'devoir'.

      Je crois pour ma part que le Québec choisirait pire en élisant la CAQ pour remplacer les Libéraux plutôt que le PQ (j'écarte QS pour l'instant) pour les raisons que vous mentionnez, mais aussi pour la vision et la profondeur des idées au-delà des slogans et des intérêts individuels de premier niveau. Voter pour la CAQ c'est aussi se tirer dans le pied au niveau de la langue car il n'a pas de programme assez musclé ET nuancé pour nous sortir du danger imminent. Le PQ, par contre, avec sa formule simple et réaliste de l'apprentissage du français avant d'émigrer vers le Québec, protège à la fois notre langue et les immigrants économiques (les réfugiés sont une autre question). De même, son programme sur la laïcité est sans doute moins tape-à-l’œil que la Charte caquiste, mais il est plus intelligent et même plus susceptible de passer la rampe constitutionnelle. Idem pour ses 20 propositions concrètes pour l'intégration économique et sociale des immigrant(e)s. Enfin, le PQ est le seul parti à porter encore, après un long détour, il est vrai, la vision néo-démocrate qui était celle des Libéraux de l'Âge d'or (Lesage, Johnson) autant que celle du fondateur du PQ, René Lévesque. Rien de cela ne se retrouve dans le libéralisme de la CAQ.

      Votons au moins pour les vraies idées qui font avancer toute la société dans sa complexité et cessons de nous tirer dans le pied en votant par réaction et non par convicti

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 octobre 2017 09 h 47

      À Normand Carrier,

      "En environnement le programme actuel du PQ est très éloigné du PLQ et ne parlons pas de la CAQ cette matière .." - Normand Carrier

      1) Aucune famille à faible revenu n'a les moyens de se payer des CPE à 200$ ou 400$ par mois et même plus.

      2) Pour ce qui est de l'environnement au PQ on repassera..

      Quand on sait que c'est le PQ qui a gavé Pétrolia de 115 millions d'argent public pour exploiter le gaz de shiste à Anticosti; qu'il a contruit une centrale électrique à Val-Jalbert et appuyé le passage du pétrole sale de l'Alberta des sables bitumineux d'Enbrige*.

      Et ce, sans compter que le PQ a endossé le même dogme du déficit zéro et les mêmes politiques d'austérité que le PLQ à chaque fois qu'il était au pouvoir et depuis fort longtemps.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      *"Le PQ et le grand projet canadien, le pétrole" - Le Devoir

      http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s

      .

  • Jacques Tremblay - Inscrit 28 octobre 2017 02 h 23

    Rêve ou cauchemar?

    Finalement la Coalition Avenir Québec majoritaire et le Parti Québécois en deuxième ça ne serait peut-être pas si mal pour les 4 prochaines années après octobre 2018.

    Pour cela il faudrait que vote monolithique anglophone se fragmentent afin de redonner un peu d'humilité aux Libéraux provinciaux.

    Peut-être que l’attitude méprisante entretenue par Ti-pet depuis quelques temps envers ses petits frères Québécois finira par les convaincre de miser sur un nouveau cheval politique.


    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce,Qc

  • Claude Bariteau - Abonné 28 octobre 2017 03 h 45

    Un point tournant à l'horizon

    Sous Lisée, le PQ a reporté le référendum pour battre le PLQ. Mais il n'a pas pensé que la CAQ pourrait être la façon d'y arriver faire pour les électeurs et les électrices.

    Voilà qui explique en partie l'appui reçu par la CAQ à un an des élections. Un appui qui ressemble à celui du NPD de la vague orange à l'occasion de laquelle les francophones ont appuyé ce parti plutôt que le BQ et le PLC après que le PQ sous Marois ait décrété en 2011 qu'il n'y aura pas de référendum avant cinq ans.

    Le point important souligné par M. Léger est que l’appui à la CAQ n’est pas une adhésion à son programme, mais « un vote défensif ». Quelque chose comme un vote refuge en attendant quelque chose d’autre.

    En attendant, comme vous l’écrivez, « une sorte de refondation » du PQ que ses militants mettront de l’avant, aussi un réalignement du PLQ, mais pas de QS car ce parti semble progresser à Montréal.

    La question pour le PQ devient ce que serait sa refondation et, pour le PLQ, son réalignement. Pour le PQ, ce pourrait être mettre le cap sur l’indépendance avec une approche citoyenne en s’inspirant de l’Écosse et de la Catalogne.

    Pour le PLQ, un parti qui se veut le gestionnaire d’une province, ce serait plutôt une cure qu’il ne pouvait pas faire au pouvoir en misant sur une réforme du mode de scrutin, car une élection de la CAQ avec moins de 38 % des votes va engendrer sa remise en question.

    Du coup, la façon dont le PQ et le PLQ vont aborder ce point sera déterminante. Battu en 2018, le PQ pourrait prôner un changement de régime associé à l’indépendance, ce que le PLQ ne peut pas prôner, car il est devenu un parti canadien en errance au Québec.

    Somme toute, les élections de 2018 s’annoncent un point tournant dont la CAQ sera le déclencheur, sans le vouloir, de changements majeurs.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 octobre 2017 06 h 42

      À Claude Bariteau,

      "QS car ce parti semble progresser à Montréal.." - Claude Bariteau

      C'est faux et les chiffres prouvent le contraire.

      Puisque les comtés où QS a le plus progressé dans les dernières années sont majoritairement dans les régions.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      " Où le vote de Québec solidaire s’est-il le plus amélioré? " - Jeanne Émard

      Extrait: On voit ici aussi que la hausse des appuis de QS s’est davantage concentrée hors de Montréal:

      En pourcentage, la hausse fut de 37 % à Québec, de 48 % dans les villes du reste du Québec, mais de seulement 3 % dans l’Île de Montréal.

      Source :

      https://jeanneemard.wordpress.com/2014/04/23/ou-le-vote-de-quebec-solidaire-sest-il-le-plus-ameliore-2/

      '

    • Jean-Marc Simard - Abonné 28 octobre 2017 06 h 57

      Excellente analyse objective Monsieur Bariteau...Merci...

    • Jean Jacques Roy - Abonné 28 octobre 2017 08 h 58

      Votre analyse et celle de Michel David vont dans le même sens. Effectivement, j’imagine que les militants et militantes du PQ doivent se poser de sérieuses questions sur l’avenir de leur parti et sur les causes qui expliqueraient un recul qui persiste.

      Pourtant tous les signes étaient là sous le règne de Madame Marois... avant le printemps 2012. Et la gouverne de 18 mois de Madame Marois-Marceau, au lieu de relancer le PQ, aura servi plutôt à enfoncer le PQ dans le brouillard du débat sur les signes ostentatoires. Le problème est que Lisée, avec ses dernières déclarations concernant la loi 62 semble de nouveau ramener son parti dans les mêmes ornières.

      En fait, c’est le mouvement indépendantiste du Québec qui est le grand perdant avec les errances du PQ et ce, depuis l’ère Bouchard.

    • Jacques Patenaude - Abonné 28 octobre 2017 09 h 00

      Je ne suis pas certain que ce qui se passe en Catalogne soit un exemple à donner aux prochaines élections. Sans doute dommage mais c'est comme ça.

    • Claude Bariteau - Abonné 28 octobre 2017 10 h 01

      M. Montmarquette, je n'ai pas dit que ce parti ne progresse pas en région. J'ai dit qu'il semble progresser à Montréal. Je présume que vous êtes d'accord. Quant à sa progression hors Montréal, elle n'atteint pas le pourcentage d'appuis à Montréal et ce pourcentage, après une hausse avec la venue de GND, s'est stabilisée.

      Quoi qu'il en soit, mon point concernait un éventuel réalignement de QS et cela ne me semble pas ce qui se passera après l'élection de 2018. J'avoue toutefois que c'est mon point de vue comme l'est ce que j'avance sur le PQ et le PLQ.

    • Jean Richard - Abonné 28 octobre 2017 10 h 47

      @Jacques Patenaude – Québec et Catalogne : c'est clair qu'il faut se méfier des comparaisons trop faciles, mais il y a quand même des éléments communs qui alimentent le désir d'accéder à la souveraineté.

      Dans les deux cas, le Québec et la Catalogne opteraient pour une république et non pour la monarchie (l'Espagne comme le Canada est une monarchie – nous avons une reine et ils ont un roi).

      Dans les deux cas il y a une langue et une culture à préserver. Or, dans les deux cas, le bilinguisme est asymétrique, comme au Canada.

      La population des deux est assez comparable. La taille et les ressources des deux permet d'envisager que le passage à l'état de pays est tout-à-fait viables (les plus petits pays d'Europe ne sont pas les plus pauvres après tout).

      Dans les deux cas le pouvoir central prétend que l'entité régionale a tous les pouvoirs nécessaires à son épanouissement, ce que nient les intéressés.

      Dans les deux cas le processus d'accession à l'indépendance ne peut qu'entraîner des dissensions internes là où on aura mis en veilleuse l'orientation sociale des partis pour se concentrer sur l'indépendance. Ainsi, on a d'un côté le PDeCAT (le parti au pouvoir jusqu'à la mise en tutelle), de centre-droite, libéral, républicain et indépendantiste et à l'autre extrême, la CUP, aussi indépendantiste, mais de la gauche radicale. Au Québec, on a le PQ, ce centre-droite (comme le PDeCAT), et QS, de la gauche modérée. Certes, si on peut comparer le PQ au PDeCAT, on ne peut pas le faire avec QS et la CUP. Il y a un monde de différence entre les deux. Mais l'idée est là : en mettant de côté sa polititique sociale et économique pour se concentrer sur l'indépendance, on ne fait que mettre en veilleuse une source de conflit qui tôt ou tard refera surface.

    • Jean Richard - Abonné 28 octobre 2017 10 h 59

      Toujours à propos de la Catalogne...

      Il est regrettable que plusieurs quotidiens québécois se soient trop souvent contentés de relayer l'information émise par l'agence France-Presse pour tenir le public informé sur la situation catalane. C'est comme si on se contentait des dépêches de la Canadian Press (la Presse canadienne) pour couvrir l'actualité politique québécoise.

    • Jacques Patenaude - Abonné 28 octobre 2017 21 h 16

      @Richard
      Je suis d'accord avec les points de ressemblances que vous donnez. Je voulais surtout souligner que ce qui se passe en Catalogne n'est peut-être pas de nature à emballer le peuple québécois sur les chances de succès du projet indépendantiste. C'est peut-être dommage mais si les souverainistes veulent gagner la stratégie des Catalans n'est peut-être pas le meilleur exemple à donner.

    • Tristan Roy - Inscrit 29 octobre 2017 11 h 22

      En Écosse et en Catalogne, la souveraineté ne semble pas en passe d'aboutir. Ce n'est pas un très bon exemple pour le PQ.

    • André Joyal - Inscrit 29 octobre 2017 22 h 49

      @ M.Richard: de quels médias parlez-vous à propos de la Catalogne? ils ont tous envoyé un correspondant à Barcelone, à commencer par C. Rioux du Devoir. La Presse, le JdeM et les 2 grands réseaux de télé ont fait de même.

      Pour ce qui est des élections à venir, MM Montmarquette et Roy m'ont convaincu: si tous les péquistes votent pour QS, ce parti pourra obtenir suffisamment de sièges pour que la CAQ se retrouve avec un gouvernement minoritaire. Il ne restera plus qu'à QS d'accepter une coalition et ainsi partager le pouvoir avec la CAQ: ce serait l'fun n'est-ce pas? GND comme bras droit de Legault...yes!!!!!! Sonia Lebel à la justice et Manon Massé aux Affaires sociales.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 28 octobre 2017 09 h 16

    Au moins nous serons libérer des libéraux toxiques.

    mais la CAQ avec ses garderies privées comme occasion d'affaires ressemble trop au PLQ avec les magouilles et l'opacité en moins ce qui est Énorme.
    Aussi tout le monde devrait savoir qu'il n'y a rien a faire avec Ottawa.

  • Bernard Terreault - Abonné 28 octobre 2017 09 h 20

    Grave

    La CAQ est très portée sur la démagogie. Deviendrait-elle plus sage si elle prenait le pouvoir? Gouvernerait-elle comme des conservateurs modérés à la Mulroney, ou bien en réactionnaires chauvins à la Harper (ou même pire à écouter les propos de leurs fans sur les radio-poubelles)? En tout cas, PQ et QS ont une réflexion à faire, sinon c'est le choix entre deux partis de droite, un pour les anglos et l'autre pour les francos.

    • Jean Richard - Abonné 28 octobre 2017 11 h 41

      Vous voulez dire trois partis de droite ?

      La CAQ et le PLQ naviguent à droite, on s'entend là-dessus. Le PQ fait de même et là, certains refusent de le voir.

      Comment un parti qui a été dirigé par Lucien Bouchard, André Boisclair et Pierre-Karl Péladeau peut-il prétendre être de gauche ? Par électoralisme, le PQ se montre perméable à toutes les idéologies et c'est là son malheur.

      Avec Pauline Marois, on a courtisé la gauche étudiante en laissant croire à une sympathie pour le mouvement du printemps érable. Mais Mme Marois s'est fait remarquer par son errance politique.

      Mais l'élément décisif fut peut-être la charte identitaire, qu'on pouvait difficilement dissocier d'un nationalisme de droite, et à laquelle la majorité a dit NON de façon claire. Marine Le Pen aurait été québécoise que le PQ l'aurait approchée pour en faire son chef...

      Quitte à jouer son avenir d'une façon décisive, le PQ n'a plus le choix : il doit réaffirmer que sa raison d'être est d'acheminer le Québec vers la souveraineté car pour le reste, plus rien ne le distingue des deux autres. Les gens qui rêvent de justice sociale et de progressisme vont voter QS et non PQ. Les gens qui veulent moins d'état et qui croient aux vertus sans limites du privé, même en matière d'éducation, des gens trop souvent leurrés par le populisme, vont voter pour la CAQ. Que reste-t-il ensuite ? Ce bloc commun juste à droite du centre, avec d'un côté les fédéralistes et de l'autre, les souverainistes qui font semblant d'y croire mais qui craignent les sorcières.
      Le problème pour le PQ : si les Québécois ne sont pas prêts à accéder à la souveraineté, le PQ disparaîtra. Si les Québécois sont au contraire prêts, ils douteront de la capacité du PQ à amener le Québec à cette souveraineté.

    • Claude Bariteau - Abonné 28 octobre 2017 12 h 19

      M. Richard, il y a le centre-gauche et le centre-droite pour reprendre vos termes. Le PQ n'a jamais été de gauche, ni totalement de droite même avec Marois et Péladeau. Disons plutôt moins centre-gauche et plus centre-droite comme il le fut sous Lévesque et Parizeau.

      Chose certaine, le PQ doit réaffirmer sa raison d'être, car, sans elle, il louvoie, titube, avance puis recule, se cherche et ne se trouve pas. Après 2018, il devra se trouver ou disparaître. Et se trouver implique de se refonder avec pour alignement l'indépendance et le projet de rendre le peuple décisionnel, ce qui nécessite de revoir le régime politique.

      Et ça, ça implique de ne pas jouer à la politique locale mais de penser politiquement le Québec.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 octobre 2017 12 h 22

      À Jean Richard,

      "Comment un parti qui a été dirigé par Lucien Bouchard, André Boisclair et Pierre-Karl Péladeau peut-il prétendre être de gauche?"-Jean Richard

      Je n'aurais su dire mieux M. Richard!

      Libre échange... Austérité dans les services publics.. Gavages éhontés des banques et des multinationales... Attaques répétées aux démunis, politiques pro-pétrole.. Coupures à l'aide sociale.. etc.

      Le PQ n'est pas plus de gauche que mon pied droit et depuis des décennies.. s'il ne l'a jamais vraiment été.

      Et pour une fois.. Ce n'est pas moi qui le dit.

      Christian Montmarquette

    • Bernard Terreault - Abonné 28 octobre 2017 13 h 05

      À Jean Richard et Claude Bariteau. Bien analysé M. Bariteau. Les personnes de la tendance QS comme M. Richard, tout sincères qu'ils soient peut-être, ont aussi leurs contradictions. Comme par exemple prôner l'accroissement du revenu et donc nécessairement de la consommation chez les moins riches tout en prêchant la réduction de la consommation pour protéger l'environnement. Comme appuyer le féminisme tout en défendant les pratiques islamistes dégradantes. Au moins les communistes étaient idéologiquement consistants sur ces questions, pour l'accroissement de la production et contre l'ingérance des religions en politique.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 octobre 2017 16 h 20

      À Bernard Terreault,

      "Prôner l'accroissement du revenu et donc nécessairement de la consommation chez les moins riches tout en prêchant la réduction de la consommation.." - BT

      Franchement..

      C'est pas en sortant les gens de la misère et de la pauvreté qu'on va les pousser à surconsommer. On va juste leur donner un revenu suffisant pour vivre décemment et faire rouler l'économie locale.

      Et QS n'a jamais défendu des pratiques islamistes dégradantes. Je ne sais pas d'où vous sortez ça? Il faut ne rien comprendre ou être malhonnête ou très partisan pour nous sortir des trucs pareils.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 octobre 2017 19 h 30

      À Bernard Terreault,

      "Prôner l'accroissement du revenu et donc nécessairement de la consommation chez les moins riches tout en prêchant la réduction de la consommation.." - BT

      Franchement..

      C'est pas en sortant les gens de la misère et de la pauvreté qu'on va les pousser à surconsommer. On va juste leur donner un revenu suffisant pour vivre décemment et faire rouler l'économie locale.

      Et QS n'a jamais défendu des pratiques islamistes dégradantes. Je ne sais pas d'où vous sortez ça? Il faut ne rien comprendre, être malhonnête ou très partisan pour nous sortir des trucs pareils.

      Christian Montmarquette