Abus de pouvoir

D’abord, qu’est-ce que la laïcité ? Il s’agit essentiellement de la séparation des confessions religieuses et de l’État, de manière à ce que le fonctionnement de l’État ne soit pas sous l’emprise de quelque religion. À mon sens, l’important est d’éviter que l’État ne serve les intérêts d’un groupe religieux au lieu de servir ceux de la population.

Dans mon travail, j’ai déjà eu à gérer le cas d’un entraîneur de religion chrétienne qui priait avec son équipe avant les matchs. Nous avons dû lui expliquer que même s’il était convaincu des bienfaits de sa foi et que certains de ses jeunes pouvaient être croyants, les pratiques religieuses contrevenaient à son rôle éducatif.

Je travaille aussi avec une entraîneuse qui porte le hijab. Je ne m’en suis jamais inquiété parce qu’elle ne cherche pas à imposer sa foi. Lui demander d’enlever son hijab ne changerait rien à son approche pédagogique.

Ce qui importe, ce n’est pas d’aseptiser les agents de l’État de leurs traits apparents, mais de veiller à ce que les jugements, croyances et valeurs qu’ils intègrent n’entravent pas indûment l’exercice de leurs fonctions. Des caractéristiques comme notre âge, notre sexe ou notre lieu de naissance, tout comme notre religion, influencent notre jugement professionnel. Parfois, ces biais provoquent des abus, parfois non. Le tout dépend des qualités personnelles de chaque individu. Porter une croix au cou ou un tissu sur la tête, en soi, n’y change rien. En ce sens, la Loi sur la neutralité religieuse ne défend pas l’essence même de la laïcité.

Quel est son effet, alors ?

D’abord, évacuons une chose : dire que cette loi, qui porte explicitement sur le « respect de la neutralité religieuse », ne concerne pas la religion, mais plutôt des impératifs de sécurité, de communication ou d’identification, relève d’une improvisation pour dissimuler l’ensemble des illogismes qu’elle soulève sur le plan juridique. Il est manifeste que la loi a été créée pour viser le voile intégral.

Certains commentateurs disent que la Loi sur la neutralité religieuse veille à la condamnation du voile intégral en tant que symbole d’inégalité entre les hommes et les femmes. En bref, l’État affirme qu’il ne cautionne pas une telle inégalité. Cet argument n’est pas sans mérite, puisqu’effectivement, dans certains cas, le port du voile peut résulter d’un rapport de pouvoir qu’entretient l’homme avec la femme. Or, certaines femmes, au contraire, le portent librement.

Le problème, c’est que l’État se trouve dans ce cas à s’aventurer dans un contrôle arbitraire sur un phénomène culturel qu’il juge inégalitaire, alors que nos cultures occidentales regorgent de différences de genre communément acceptées.

En principe, la femme est libre de porter le soutien-gorge ou non. Certaines femmes portent le soutien-gorge pour affirmer leur féminité. D’autres ne le portent pas, aussi pour affirmer leur féminité. Quoi qu’il en soit, selon le consensus social, ne pas porter de soutien-gorge est jugé inapproprié. Se promener les seins nus, encore pire. Pourtant, l’État n’interdit pas le port du soutien-gorge dans le contexte de services publics au motif qu’il considère ce vêtement comme inégalitaire.

Il en va de même pour les talons hauts, qui ont déjà servi à affirmer le contrôle de l’homme sur le corps de la femme. Certaines femmes en portent, par choix. D’autres n’en portent pas, par choix. Dans ce cas, l’État n’exerce pas, non plus, de contrôle.

La différence avec le voile intégral est qu’il appartient à des codes culturels qui ne sont pas occidentaux. L’État s’autorise donc à lui appliquer des interdictions qu’il n’applique pas dans d’autres circonstances qui s’y apparentent. Voilà la discrimination.

Cette discrimination est désolante parce qu’elle ne produit pas d’effet positif, mais pénalise plutôt les femmes : l’État exerce un contrôle sur leur habillement, les exclut de services auxquels devraient avoir droit tous les citoyens et alimente leur stigmatisation. Fatima Ahmad, qui porte le niqab, a peur pour sa sécurité depuis l’adoption de la Loi sur la neutralité religieuse. Il en va de même pour Warda Naili, qui reçoit régulièrement des insultes. L’État normalise un climat qui rend la vie de ces femmes plus difficile.

Au nom de quoi ? Au nom d’un pouvoir prêt à violenter de manière décomplexée certaines de nos concitoyennes. Les gens qui ont voté cette loi savaient qu’elle ne se défend par aucun motif, sauf celui de calmer la peur de l’Autre. Ils savaient aussi que des citoyens la critiqueraient et que nos tribunaux vont vraisemblablement l’invalider. Ces gens ont abdiqué leur responsabilité, qui dans ce cas-ci aurait été de favoriser une éducation pour un meilleur vivre-ensemble. Ils ont fait le calcul que miner la dignité de femmes déjà stigmatisées vaudrait la peine pour gagner quelques votes. La Loi sur la neutralité religieuse : service public ou abus de pouvoir ?-

81 commentaires
  • Gisèle Filion - Inscrite 27 octobre 2017 02 h 36

    Privilégier la démocratie ou la théocratie ?

    Vous écrivez:

    " La différence avec le voile intégral est qu’il appartient à des codes culturels qui ne sont pas occidentaux."

    je crois que le hic avec le niqab, ce n'est pas qu'il ne soit pas occidental, mais le fait qu'il appartienne à des codes théocratiques, alors que l'on vit ici, en démocratie.

    Démocratie:société qui choisit de donner la priorité à la loi des hommes
    Théocratie: société qui choisit de donner la priorité à la loi d'Allah, Yhawé, Dieu, etc.

    Une priorité étant une priorité, il va de soi que l'on ne peut donner la priorité aux deux ... ou bien on privilégie la démocratie ou bien ...

    • Johanne St-Amour - Abonnée 27 octobre 2017 08 h 56

      Fatima Houda-Pepin mentionnait il y a quelques jours à Salut Bonjour que «la burqa, le tchador et le niqab ne sont pas des signes religieux.» Ce sont des tenues «asservissantes pour les femmes. Dégrandantes pour les femmes et qui vont contre le principe d'égalité hommes-femmes, qui est un principe fondamental dans la charte. Des vêtements imposés par des islamistes, les mêmes qui ont voulu imposer la charia au Canada.»

      En comparant le voile intégral à un soutien-gorge ou à des talons hauts, M. Vil démontre son analyse loufoque et une banalisation de ce porte-étendard des islamistes. Hier Francine Pelletier parlait d'une tenue de «punk». Le moins que l'on puisse dire c'est que Le Devoir a abdiqué sur sa responsabilité à jouer un rôle sur les «véritables enjeux» du débat comme le recommande Yolande Geadah ces derniers jours.

      Mme Geadah soulignait d'ailleurs hier dans les médias que : «se cacher le visage n'est ni un droit fondamental, ni une liberté religieuse».

      Elle rappelle, elle aussi, que le voile intégral « est reconnu comme étant l’emblème des groupes intégristes salafistes qui le prônent activement». Il y aurait lieu selon elle de défendre plutôt les droits et la liberté de conscience des femmes qui sont gravement menacés par cette idéologie sectaire.

      Lorsqu'il met de l'avant les raisons individuelles de chaque femme à porter le voile, Fabrice Vil occulte complètement les motivations d'un islam politique, parce que le voile est politique et sert les intérêts de certains. M. Vil se trompe également s'il croit que le gouvernement ne peut légiférer sur les vêtements. Plusieurs pays interdisent le voile intégral dont des pays à majorité musulmane.

      Mme Geadah appelle à recentrer le débat puisque «cette idéologie menace les droits des femmes et des minorités, mais également la sécurité et la liberté de conscience des musulmans et des musulmanes qui refusent d’y adhérer.»

      Mais M. Vil se soucie-t-il de ces musulman.e.s?

    • Patrick Daganaud - Abonné 27 octobre 2017 09 h 27

      Gisèle, vous avez parfaitement raison et Monsieur Vil serait avisé de vous lire.

      Et de lire de nombreux commentaires qui devraient l'éclairer...

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 27 octobre 2017 14 h 32

      Que vaut l'opinion de M Vil?

      Où la direction du Devoir veut-elle en venir en publiant un tel article infantilisant?

      Il souffle sur des braises...

  • Gaetane Derome - Abonnée 27 octobre 2017 02 h 57

    Cette loi n'est qu'un leurre.

    Il faudrait une vraie loi sur la laicité séparant le religieux de l'état et empêchant toutes personnes occupants un poste de fonctionnaire ou un poste d'autorité,tel juge,enseignant,policier(et j'en oublie) de faire du proxélytisme religieux.Donc,interdiction de porter un signe religieux visible,autant pour les hommes que pour les femmes dans ces situations.
    Pour ce qui est de l'espace public je suis d'accord avec ce que M.Lisée propose et ce que plusieurs pays ont fait,c'est a dire qu'on interdise le niqab et la burka.Je ne croirai jamais que les femmes les portent par "choix".Elles ont été endoctrinées et ce possiblement dès l'enfance.Et cette gauche qui approuve ne leurs rend pas service a mon sens,surtout si on pense aux petites filles qui vont devoir les porter elles aussi....

    • Françoise Labelle - Abonnée 27 octobre 2017 08 h 10

      Pourquoi limiter le prosélytisme de certains fonctionnaires seulement?
      S'il y a une raison pour le limiter, ça vaut pour tous les fonctionnaires qui servent le citoyen. Simple question de respect.

      On tourne autour du pot.

    • Benoit Samson - Inscrit 27 octobre 2017 09 h 18

      Ne devrions nous pas prendre l'exemple de l'Ontario et de la Colombie Britannique qui ont légiféré une interdiction dans ces provinces de forcer les femmes à porter des souliers à talon hauts dans leur lieu de travail.

      Personne, dans ces provinces , incluant les gouvernement de tous niveaux, ne peuvent forcer les femmes ni les hommes à se vêtir contre leur gré.
      Bravo

    • Denis Drapeau - Abonné 27 octobre 2017 15 h 40

      Benoit Samson . Parce que vous croyez qu'aucune femme musulmane n'est forcée se vêtir contre son gré par son mari , ses frère et autre mâle de son entourage ?
      Pour mettre sur le même pied le niqab et la burka au souliers à talon hauts , il faut faire abstraction de toutes les femmes MUSULMANES (laïc ou non) qui y voient le programme d'une islam politique rétrograde qui veulent dicimuler les femmes de l'espace public pour la confiner à un rôle traditionnel. Quant on est occidentale et qu'on n'a jamais fréquenté un pays arable ni porté un voile, un niqab ou une burqa durant plusieurs années, je trouve ça prétentieux de placer son opinion de "simple vêtement au dessus de l'opinion contraire de femmes musulmanes.

    • Benoit Samson - Inscrit 27 octobre 2017 23 h 05

      Monsieur Drapeau, Il y a malheurusement des femmes musulmanes qui sont forcées de se vêtir contre leur gré par leur mari, frêre etc.. Nous sommes d'accord à cet égard.
      Au lieu de victimiser davantage ces femmes déjà ainsi traumatisées ne serait-il pas plus logique de nous en prendre à ceux qui les forcent à se vêtir ainsi contre leur gré plutot qu'à elles? Comme les lois de l'Ontario et BC l'ont fait en interdisant à quiconque d'être obligé de se vêtir contre son gré (les talon hauts dans ce cas) pour le plaisir ou demandes des ... hommes. C'est sur ceux qui les contraignent qu'il faut sévir et non contre elles comme le font ces lois; un exemple à suivre.
      Finalement, pour vous poser la même question que vous me posez ci-haut: Croyez vous qu'aucune femme revêt cet accoutrement par choix personnel ? Plusieurs le font sans contrainte et par choix qui peut être discutable mais le leur. Devons nous alors joindre la troupe de ceux qui veulent les forcer à se vêtir contre leur gré pour, cette fois, nous plaire à nous? Absolument pas. La démocratie dans laquelle nous vivons leur permet cettte liberté et nous devons alors la respecter sans les victimiser sous peine de nous conduire malheureusement comme ceux qui les abusent dans le premer scénario.
      Benoit Samson

  • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 04 h 31

    Vision superficielle...

    .... et comparaisons boiteuses entre voile, talons hauts et brassière. Vive le multiculturalisme!

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2017 09 h 03

      ... et danger réel!

      La confusion qui naît des propos de M. Vil est inacceptable : aucun pays au monde n'oblige toutes les femmes à porter le soutien-gorge ni les talons hauts.
      Deux pays obligent toutes les femmes à porter le voile intégral.

      Mis à part celles qui auraient été dévisagées, lors de tempête (de sable, de neige..) ou dans le sport, je ne vois aucune raison physique pour se couvrir le visage.
      Par contre beaucoup de femmes auraient fichtrement mal au dos sans soutien-gorge, et la plupart détesteraient que leurs seins frottent tout le temps au tissu selon le cas. Ça fait mal!

      Les hommes se sentent obligés de porter un caleçon. Scandale!

      Comparer les moeurs est très dangereux. D'abord c'est pratiquement impossible. Ensuite ça les ébrèche de leur logique interne.

      C'est précisément l'approche du multiculturalisme, modèle idéal de société où aucune culture ne dépasse parce que toutes sont du gentillet folklore : un chapeau à plume aux cérémonies (mais porté uniquement par ceux qui en sont héritiers, question de respect, hein!), un maquillage vert à la St-Patrick (et se saouler évidemment), la parade du Père Noël sur la Catherine...

      Le lendemain, on cuve un peu et on retourne à la kulture générale et commerciale, pion unique et pareil aux autres, rouage bien huilé d'une société égale en tout point : le multiculturalisme rabote les différences et intègre les gens à force de les individualiser. Le multiculturalisme, c'est du "toutte est dans toutte" à la sauce libérale.

      Une minorité qui ne rentre pas dans le rang devient vite un irritant à abattre. C'est ce que le Québec subit chaque jour : le ROC tolère tout sauf...

      La question n'est certainement pas de tout confondre, au contraire : il faut informer, spécifier, analyser et sérier pour que chacun se fasse une idée personnelle claire sur un sujet.

      C'est le premier rôle du journaliste, encore plus celui du chroniqueur.

      M. Vil, vous faites mal votre job.

    • Joane Hurens - Abonné 27 octobre 2017 09 h 54

      Pourquoi autant d’acrimonie M. Duchesneau? En lisant votre deuxième commentaire, on dirait que vous n’avez pas un problème seulement avec le texte.

    • Pierre Robineault - Abonné 27 octobre 2017 11 h 18

      @monsieur Trottier
      M. Vil fait mal sa job, affirmez-vous?
      Il ne fait que ce qu'on lui demande de faire à mon avis, sinon il ne serait pas chroniqueur au Devoir.

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 12 h 53

      Pourquoi ne pas me traiter directement de raciste Mme Trottier. Hier, en désaccord du même genre avec Francine Pelletier, suis-je misogine? Je vous invite à lire "Le multiculturalisme comme religion politique" de Mathieu-Bock Côté. L'auteur dénonce la stratégie des bien pensants du multiculturalisme de faire taire leurs adversaires en les traitant de xénophobes et même de racistes; c'est la stratégie de Trudeau, de Couillard et de bien des commentateurs du Canada anglophone.

      Ceci étant dit, votre allusion ne m'atteints absolument pas, car c'est à la rigueur de l'argumentation de M. Vil que je m'adresse et non à sa personne. D'entrée de jeu l'auteur énonce une définition de la laïcité. Ça commence très mal, car c'est justement l'objet du débat dans la plupart des pays occidentaux (je vous invite à lire les journaux et écouter les podcasts des débats européens à cet égard). À chaque pays de la définir la laïcité selon son contexte. Ici au Québec, on arrive pas à s'entendre car le gouvernement Couillard n'ose pas se prononcer par peur (ou en accord avec) du rouleau compresseur multiculturaliste de la constitution canadienne de 1982 imposé au québec sans son accord. Pourtant, un certain consensus a émergé de la commission Bouchard Taylor, afin de convenir jusqu'à un certain point à la réalité québécoise. Pas de racisme ici Mme, que des arguments. Et si on y allait d'un débat de fond philosophique à propos du communautarisme promu par Charles Taylor. Suis-je "anglophobe" de ne pas être d'accord avec sa vision fondée sur le "réenchantement du monde". Allez constater par vous-même l'enchantement qu'il y a dans les ghettos musulmans en Angleterre, en France et en Belgique.

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 13 h 05

      Autre point Mme Hurens,

      Ce que je défends bec et ongles, ce sont mes amis immigrants, qui aiment le Québec et qui ne demandent qu'à vivre en paix. Cette majorité silencieuse, car intimidée par l'islam politique, est la première victime de la stigmatisation dont ils font l'objet. À cet égard, défendre l'indéfendable, au nom d'une sois-disant liberté de conscience attise mon indignation. Je suis aussi déçu du récent manque de rigueur de Mon journal. Des point de vues contradictoires peuvent être exprimés mais avec une rigueur rhéthorique. Lisez les points de vues de personnes très éduquées sur la question comme Mme Fatima Houda-Pepin ainsi que la "lettre ouverte au monde musulman" de Abdenour Bidar, philosophe français de confession musulmane pour ne nommer que ces deux là.

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2017 16 h 37

      M.Duchesneau, je vous appuyais!

      Je ne voulais que détailler ce que vous aviez écrit comme une aphorisme tout ce qu'il y a d'ironique de percutant comme je ne sais pas faire.

      J'ai aimé ça et j'ai voulu abonder dans votre sens en décrivant la grande faille inhérente au multiculturalisme, qui en fin de compte rend un peu ridicule toute culture autre que la "principale". C'est exactement ce qui arrive dans le ROC, c'est exactement ce dont je ne veux pas pour le Québec. Comme vous si je ne me trompe, et semble-t-il pour des raisons similaires.

      Désolé si je me suis fait mal comprendre.

      Au passage, en ENCORE dans votre sens, la grande difficulté pour le Québec est qu'il est formé uniquement de minorités.

      La seule masse un peu importante, la francophone, vit dans un océan anglais, médias, journaux, internet, politique, tout tout le temps.

      La seule "vraie" majorité, anglophone, se prend pour une minorité et pas totalement à tort.

      Comment ne pas ressentir un malaise ? Très complexe.

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 16 h 54

      Oups, au point précédent j'ai interpelé Mme Trottier alors que j'aurais dû écrire Mme Hurens. Désolé Monsieur Trottier.

  • Serge Pelletier - Abonné 27 octobre 2017 04 h 37

    Ouf! Encore du "à peu près"

    On respire un peu par le nez... Cela fait du bien. Vous devriez en faire l'essai avant d'écrire n'importe quoi, n'importe comment et ce sur tout et rien. De plus, des petits cours d'histoire vous feraient grand bien...
    Il faut se poser de sérieuses questions sur la rigueur intellectuelle que vous transposez dans vos écrits... Et sur le fait que Le Devoir autorise la publication de vos "à peu près", devrait lui aussi se poser de sérieuses questions sur le travail de son employé qui chef de pupitre...

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 07 h 29

      En lisant ce papier, j’ai eu l’impression de lire une dissertation d’un élève de 4e secondaire.

    • Benoit Samson - Inscrit 27 octobre 2017 09 h 05

      Voici deux arguments Ad Hominem de Jean et Serge qui renforcent ceux de Vil car ils sont toujours les arguments des faibles. Pour ma part je trouve sa présentation éclairée, juste et propice à la réfléxion à
      propos de cette question pour laquelle tant d'individus ont peur de se lever pour défendre cette minorité des plus vulnérable en choisissant plutot de suivre le flot de la majorité.

    • Benoit Samson - Inscrit 27 octobre 2017 09 h 41

      Les arguments Ad Hominem de Duchesneau et Pelletier, comme bien d'autres dans cette chronique, renforcent la présentation de Fabrice Vil puisque'ils sont les arguments ds faibles. Vil nous présente des faits qui nous incitent à réfléchir sur cette question sur un angle intéressant. Il a raison de nous faire voir de pleine face les deux poids deux mesures de cette loi qui discrimine contre une minorité de femmes que peu d'individus semblent prêts à défendre. Si elles sont victimes d'hommes contrôlants, frappons sur ces hommes et non sur elles. Si elles exercent leur droit démocratique de se vêtir à leur guise, sans contrainte de personne, respectons leur choix.
      Benoit Samson, abonné

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 10 h 54

      "pour défendre cette minorité des plus vulnérable"

      Quel paternalisme "Benoit". Ces femmes sont victimes de qui et de quoi? De leur dieu, de leurs hommes? Comment une personne, majeure, dans un pays libre comme l'est le Canada, est-elle victime d'un choix personnel. Ces signes grossièrement ostentatoires que sont le hijab et la burka sont imminemment politiques et provocateurs. À ce compte, la photo exigée sur le passeport, sur le permis de conduire et sur la carte d'assurance maladie serait une atteinte au droit à l'anonymat revendiqué par ces femmes ou que l'on pourrait tous revendiquer. Ceci étant dit mon cher Benoit, sur cette tribune on discute de principes. Si d'aventure j'étais témoin d'un acte ou parole répréhensible à l'endroit d'une personne qu'elle soit voilée ou non, je m'empresserais de la défendre. Si vous désirez un point de vue plus documenté de ma part, je vous invite à lire mon commentaire suite à la lettre "L’insoutenable contradiction propre aux religions
      27 octobre 2017 | Denis Proulx" "Spiritualité vs légalisme".

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 11 h 01

      Mon cher Samson, je vous invite à étudier "Le Traité de l'argumentation, la nouvelle rhétorique" de Chaïm Perelman. ainsi, serez-vous mieux en mesure de juger de la qualité d'un discours argumentatif. L'article de M. Vil comporte énormément de failles qui va de la définition même de la laïcité, jusqu'aux analogies illogiques.

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 11 h 08

      @Benoit Samson. Je ne sais pas si vous connaissez beaucoup de personnes originaires de pays musulmans. En réalité, ce sont ceux de la majorité qui désirent s'intégrer qui sont les premières victimes d'un intégrisme ostentatoire qui stigmatise l'ensemble de ces personnes. Je vous invite à lire Pascal Bruckner qui affirme "ce qui enrage les intégristes, c'est que l'occident leur offre la liberté". Choisir la soumission est-ce en être victime?

    • Benoit Samson - Inscrit 30 octobre 2017 00 h 40

      Messieurs Duchesneau et Pelletier,
      Mes deux interventions ci-haut furent les deux premières que J'ai faites sur cette tribune. Je réalise que la façon de m'adresser à un autre intervenant devrait être plus formelle que par le prénom ou le nom de famille de l'autre. L'air de condescendence ou même d'impolitesse que cela laisse n'était certainement pas mon intention et j'en fait amende honorable.
      Ma nouveauté sur cette tribune me cause par ailleurs une surprise de voir la haute fréquence et l'intensité des attaques personnelles faites par certains de ceux qui différent d'opinion. Il est certain que les arguments Ad Hominem peuvent être efficaces comme l'a démontré récemment Tump '' Little Mario, lying Ted, Crooked HIllary etc..'' Ils servent à intimider, démoniser, ridiculliser et faire taire les adversaires mais ils ne servent pas à élever la qualité des débats dans le respect de l'opinioin de l'autre ni à la recherche de solutions réelles aux problèmes.
      Pourtant, les faits sont assez faciles à cerner dans le cas qui nous préoccupe; Il y a une poignée de canadiennes dans notre pays qui s'habillent d'un accoutrement bizarre, le visage voilé. Certaines le font sous la menace de maris, frères ou autres et d'autres le font par choix personnel, religieux, culturel au autre. Au lieu de cracher ou frapper sur celles qui ont été forcées et menacées par des hommes contrôlants, il serait plus logique de les protéger et pénaliser leurs ''agresseurs'' plutôt qu'elles. Quant aux deuxièmes, elle ne font qu'éxercer leur liberté démocratique de leur nouveau pays en s'habillant à leur guise, sans contrainte de la part de personne ni de dictat gouvernemental. Pouquoi, pour elles, jouer le rôle de contrôlant que nous reprochons au maris et frères des premières? Pourquoi cette peur de ces femmes? Les peurs que nous devrions avoir sont celle de notre réaction plutot que la situation elle-même et l'utilisation de cette minorité par des politiciens prêts à nous diviser pour régner.

  • Réal Boivin - Abonné 27 octobre 2017 04 h 54

    Voile intégral et soutien-gorge

    Fabrice Vil vous tombez dans l'insignifiance en comparant le voile intégral qui signifie un refus de commuquer avec les autres et un soutien-gorge qui est un sous vêtement qu'on ne voit pas. Le voile que porte l'enseignante pendant ses cours équivaut bien la prière d'un chrétien avant la pratique d'un sport. En acceptant le voile pour une musulmane et interdisant la prière pour un chrétien, vous favorisez une religion au détriment d'une autre. C'est en refusant tout signe ou comportement religieux que l'état se déclare laïque.

    • Gisèle Filion - Inscrite 27 octobre 2017 07 h 59

      Vous avez parfaitment raison M. Boivin. Le voile est un marqueur identitaire, je trouve qu'il est tout à fait "tordu" de le comparer au soutien-gorge.

      Le voile est un élément de prosélytisme alors que le soutien gorge... je vous laisse deviner.

      Je n'ai jamais compris pourquoi dans l'islam, il faille , pour les femmes, porter quelque voile, pour cacher leurs cheveux, alors que les hommes semblent devoir arborer la barbe comme un trophée. Pilosité pour pilosité, on a encore deux poids deux mesures, selon qu'on soit du sexe fort ou du sexe... secondaire. Quand on est du sexe secondaire, ça devient parfois non seulement la pilosité qu'il faille cacher, mais toute la personne qui doive disparaître...

      Le niqab heurte l'égalité des sexes. Voilà bien là, un autre motif qui ne tient pas au fait qu'il ne soit pas occidenental , puisque dans certains pays orientaux, il est décrié pour les mêmes raisons.

      Le "hic" à propos du niqab, c'est qu'il s'affiche comme le symbole le plus évident, de l'inégalité des sexes, et quant il veut pouvoir s'afficher partout et toujours, sans égards pour quelque autre enjeux, il devient le signe le plus triomphant de la théocratie et le plus outrageant pour la démocratie.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 29 octobre 2017 13 h 40

      @Réal Boivin 27 oct. 2017 04h54

      Wow !

      Difficile d'être plus concis et précis.
      Remarquable paragraphe que je vais garder dans mes archives.

      Merci