Soifs d’été

Une soif d’été à croquer ! Ici, le cépage riesling.
Photo: Jean Aubry Une soif d’été à croquer ! Ici, le cépage riesling.

Vous avez encore en mémoire cette avenue empruntée lors d’une précédente chronique où il était question de réunir, pour mieux se compléter, l’idée de « bonheur tout de suite » à celle de « bonheur parallèle » ? Une idée toute simple qui, dans le premier cas, traitait de « ces vins simples, jeunes, friands, digestes et turbulents » en complément de « ces vins détaillés, assurés, étoffés et multipistes qui savent d’où ils viennent pour mieux deviner où ils vont ».

Vous aurez compris que l’été qui pointe fera avant tout essentiellement référence à ce bonheur tout de suite pour mieux étancher ces soifs qui s’annoncent. Ce qui ne veut pas dire boire bête pour autant ! On n’est pas comme ça. Laissons le jaja de piscine aux batraciens qui humidifient leur verre avec n’importe quoi sous prétexte que c’est mouillé.

Concentrons-nous plutôt sur ces vins sains, digestes, légers et salivants qui ont de la gueule sans vous taxer en retour d’une gueule de bois. C’est exactement ce à quoi ont eu droit les Amis du vin du Devoir lors de la dernière dégustation de la saison, où les petits degrés en alcool et quelques vins bios non filtrés se sont avérés porteurs de larges soifs. Les voici déclinés, suivis de quelques autres suggestions estivales pas piquées des hannetons. Enfin, retour du conseil saisonnier : placer tous vos rouges au frigo une bonne demi-heure ; ils auront tout le loisir de se réchauffer par la suite.

Château Cambon 2016, Beaujolais, France (22,95 $ – 12454991). Toujours sensationnel, en ce sens que le fruité porte ici haut et clair l’expression d’un gamay accouché avec autant d’amour que de sincérité, le tout livré dans un écrin de bonheur tout simple. Oubliez le mot « gouleyant » pour le décrire. Essayez plutôt « inspirant ». (5) ★★★

Moyenne du groupe : ★★★

Dolcetto 2014, Langhe, Silvio Grasso, Piémont, Italie (20,05 $ – 12062081). Une acidité plus élevée que le gamay précédent a aussi relevé ici une trame tannique déjà plus soutenue, tout en offrant paradoxalement une impression de vin plus léger. Personnellement, j’aime le tonus naturel du dolcetto, mais ça n’a pas plu à tout le monde. Une simple pasta al pomodoro pour l’accompagner l’aurait sans doute adouci. (5) ★★★

Moyenne du groupe : ★★1/2

Bardolino SP 2012, Albino Piona, Vénétie, Italie (22,40 $ – 12717480). Toutes et tous ont été happés par les nuances intrigantes et moelleuses de ce bardolino au sommet de sa gloire. Dattes, cerises au marasquin, caramel fin enveloppant ici une bouche peu acide, palpable, de belle longueur. À découvrir pendant qu’il en reste ! (5) ★★★

Moyenne du groupe : ★★★ (fort)

L’inimitable Pays de Gascogne 2015, Pyrène, Sud-Ouest, France (12,80 $ – 12989661). Les cuvées gasconnes de Lionel Osmin ont la cote. Si les blancs donnent soif, il en va de même de ce rouge, même si une touche plus soutenue d’acidité aurait fait décoller le fruité avec plus d’élan encore. Jolie matière tout de même, simple, bien fournie. (5) ★★1/2

Moyenne du groupe : ★★1/2

Pinot Grigio 2014, Torre Rosazza, Friul Colli Orientali, Italie (23,10 $ – 12927081). Nous sommes aux antipodes de ces pinots grigio industriels et lessivés qui font rage chez nos amis états-uniens dans les cocktails mondains. Ampleur et volume pour un fruité riche, rond, épicé et suave de texture. Escalope de veau aux champignons ? (5) ★★★

Moyenne du groupe : ★★★ (fort)

Chablis Vieilles Vignes de Sainte Claire 2015, J.M. Brocard, Bourgogne, France (29,95 $ – 11589658). La notion de soif devient plus sérieuse, plus impériale ici ! Éclat, densité, luminosité et tonicité sur un ensemble dynamique et minéral qui ne cesse de revitaliser le palais. sans jamais le décevoir. Racé et long en bouche. (5 +) ★★★1/2 ©

Moyenne du groupe : ★★★1/2

Riesling 2015, Benaco Bresciano, Pratello, Lombardie, Italie (20,80 $ – 13227909). Le riesling italico substitue à une acidité moyenne une expression minérale qui lui assure plus de ruissellement en bouche. Le tout souligné avec d’élégantes nuances florales. À croquer dans de la belle mortadelle finement tranchée. (5) ★★1/2

Moyenne du groupe : ★★1/2 (fort)

Riesling Kabinett Halbtrocken Zeltinger Himmelreich 2015, Selbach, Moselle, Allemagne (19,75 $ – 927962). Parmi les meilleures affaires à moins de 20 $, mais surtout un blanc qui marche sur le fil de fer de l’équilibre avec un sens inné des contrastes assumés. Et puis, cette impression vive de lécher une plaque d’ardoise sur laquelle ruisselle ce jus de raisin frais ! Top ! (5) ★★★

Moyenne du groupe : ★★★1/2

Dans la série « J’ai plus soif encore »

Blancs

Château de Pocé 2016, Loire, France (15,80 $ – 10689606 – (5) ★★1/2).

Attitude 2016, Pascal Jolivet, Loire, France (16,45 $ – 11463828 – (5) ★★★).

Muros Antigos 2015, Anselmo Mendes, Vinho Verde, Portugal (16,70 $ – 12455088 – (5) ★★1/2).

Petit Bourgeois 2015 (17,45 $ – 13072302 – (5) ★★★).

Pinot Grigio 2016, Santa Margherita, Valdadige, Italie (17,65 $ – 964601 – ★★1/2).

Cheverny 2015, Domaine Maison, Loire, France (18,20 $ – 11649201 – (5) ★★★).

Riesling Mönchhof, Moselle, Allemagne (19,50 $ – 11334920 – ★★1/2).

Warre’s Porto Blanc, Douro, Portugal (19,95 $ – 925461 – (5) ★★★).

Morgadio da Torre Alvarinho 2015, Vinho Verde, Portugal (19,95 $ – 13212441 – (5) ★★★).

Bourgogne Les Ursulines 2014, France (21,75 $ – 11088112 – (5) ★★★ ©).

Menetou Salon 2015, Domaine Pellé, Loire, France (23,45 $ – 852434 – (5 +) ★★★1/2).

La Cana 2015, Albarino, Rias Baixas, Jorge Ordonez, Espagne (24,95 $ – 12213450 – (5) ★★★).

Pouilly Fumé 2015, Domaine de Riaux, Loire, France (25,40 $ – 12210945 – (5 +) ★★★).

Rosés

Rosé 2016, Domaine Saint-Jacques, Québec (15,45 $ – 11427544 – (5) ★★1/2).

Mirabeau en Provence 2016, France (18,60 $ – 13206121 – (5) ★★1/2).

Rouges

Gamay 2016, Domaine de la Charmoise, Loire, France (16,75 $ – 329532 – (5) ★★★).

Valpolicella 2015, Prà Morandina, Vénétie, Italie (23,45 $ – 12131964 – (5) ★★★).

Mondeuse 2015, La Sauvage, P. A. Quenard, Savoie (24,50 $ – 10884671 – (5) ★★★ ©).

Vins nature

Des lecteurs m’ont fait mention de l’apparition d’affichettes en tablettes mentionnant « Vin nature » dans certaines succursales. Qu’en est-il ? Joint pour en discuter, Renaud Dugas, de la SAQ, explique qu’on fait état, avec ces « vins nature », de produits nettement moins conditionnés sur le plan des antioxydants (SO2).

Une tendance en hausse, aux antipodes de ce que les laboratoires de la qualité à la SAQ ont depuis toujours valorisé sur le plan de l’échantillonnage en tablettes. L’écoute du consommateur et la tendance actuelle justifient sans doute la démarche. Autrement dit : moins de soufre pour des cuvées qui rejoignent les vins bios sans nécessairement en faire partie, aucune réglementation européenne actuelle n’encadrant la production de ce type de produit. Bref, « Vin nature » n’est pas un gage de qualité, bien qu’il se trouve aussi des candidats qui s’assument sainement, avec netteté et intégrité.

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1 commentaire
  • Jean-Louis Ostrowski - Inscrit 16 juin 2017 08 h 20

    Hic...

    Farpaitement !