Assumer la diversité

Une date tristement célèbre dans la douloureuse histoire des relations entre le PQ et les communautés culturelles est le 7 août 1994.

Ce soir-là, dans le sous-sol étouffant d‘une église du Plateau Mont-Royal, les militants de la circonscription de Mercier avaient préféré Robert Perreault à Giuseppe Sciortino pour les représenter à l’élection générale qui devait avoir lieu le mois suivant. Faire l’éloge de la diversité est une chose, l’assumer en est une autre.

Il avait été particulièrement pénible de voir arriver Gérald Godin en fauteuil roulant, l’air hagard, venu apporter un appui supposément « spontané » à M. Perreault, lui qui avait été pendant des années l’artisan du dialogue avec la diversité, avant d’en devenir le symbole.

Avocat éminemment ministrable, M. Sciortino avait l’appui déclaré de Jacques Parizeau, qui voyait là une occasion de rapprochement unique. Jamais un représentant des communautés culturelles n’avait encore fait partie d’un gouvernement péquiste. Il aura fallu encore attendre près de vingt ans avant qu’un député d’origine camerounaise, Maka Kotto, fasse son entrée au Conseil des ministres.

Soit, il est facile de réécrire l’histoire, mais qui sait quel effet aurait eu la présence de M. Sciortino durant la campagne référendaire ? Peut-être serait-il allé chercher les « votes ethniques » qui ont manqué si cruellement le soir du 30 octobre ?

D’autres occasions, sans doute moins dramatiques, ont été manquées. Ainsi, à l’élection de l’automne 2004 dans Gouin, le PQ a préféré Nicolas Girard à une attachée politique d’origine haïtienne, Dominique Olivier. Coïncidence, aussi bien Gouin que Mercier sont devenues des forteresses de Québec solidaire.

 

En fin de semaine dernière à Drummondville, le conseil national spécial de « l’après-convergence » n’a pas voulu fixer de quotas, mais Jean-François Lisée s’est donné pour « objectif » de présenter 20 candidats issus des communautés culturelles à l’élection d’octobre 2018. Ils ne seront pas tous expédiés dans des circonscriptions imprenables, a-t-il promis. Pas tous ? C’est encore heureux !

Une déléguée de Vachon, Marie Imalta Pierre-Lys, s’est opposée à une proposition de Paul St-Pierre Plamondon, visant à réserver un poste au sein des exécutifs de comté à des personnes issues de la diversité. « Si je me présente à un poste de conseillère, il ne faut pas que je sois favorisée parce que je suis noire, mais pour d’autres qualités que j’ai », a-t-elle déclaré.

On peut très bien la comprendre, mais il faut parfois forcer les choses. Pour le PQ, il y a urgence à accueillir en son sein des hommes et des femmes qui seront en mesure de démontrer concrètement qu’il n’est pas ce repaire de racistes qui a été dénoncé au récent congrès de Québec solidaire.

Dans son livre Rhapsodie québécoise, Akos Verboczy, lui-même d’origine juive hongroise, a écrit que « parler de l’instrumentalisation de l’immigration pour combattre la souveraineté est devenu le plus grand tabou politique au Québec ». C’est peut-être un tabou, mais certainement pas un secret. Le PLQ l’a découvert depuis longtemps et il ne prive pas d’utiliser la recette. Raison de plus pour ne pas lui en fournir l’occasion.

 

Présenter des candidats issus de l’immigration est sans doute une bonne chose, mais ce n’est pas en soi une garantie de succès. David Payne et Robert Dean — oublions Richard Holden ! — étaient d’authentiques anglophones, mais ils n’ont contribué en rien à rendre le PQ ou la souveraineté plus acceptables à la communauté anglo-québécoise. Les francophones croient peut-être sincèrement que leur volonté d’affirmation ne vise l’exclusion de personne, mais il est clair que les anglophones ont eu un sentiment de dépossession depuis 1976.

Il est évident que le projet souverainiste a une forte dimension identitaire, même s’il peut aussi véhiculer un projet social. Si ce n’était de la volonté de préserver la langue et la culture françaises, il n’aurait jamais vu le jour. Le désir de voir enfin naître le pays ne devrait cependant pas empêcher de comprendre qu’il peut être difficile pour un nouvel arrivant de ressentir d’emblée une appartenance au « nous » québécois.

La loi 101 avait été difficile à accepter pour de nombreux immigrants qui ne voyaient pas — et ne voient toujours pas — leur intérêt à s’intégrer à la majorité francophone, pour laquelle c’était cependant une nécessité existentielle. Alors que la bataille du français est encore loin d’être gagnée, ouvrir le front de la laïcité était à tout le moins une grave erreur stratégique, comme Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Gilles Duceppe et d’autres ont vainement tenté d’en convaincre le PQ.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire et tendre la main aux communautés culturelles, mais la question qui se pose maintenant est la suivante : pourquoi devraient-elles adhérer à un parti et à un projet que les Québécois dits « de souche » délaissent eux-mêmes de plus en plus ?

47 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 13 juin 2017 00 h 42

    Deux poids, deux mesures!

    Les anglophones, surtout ceux qui sont plus progressistes, comprennent très bien le droit international à l'auto-détermination, de n'importe quel peuple; un droit reconnu par la Charte des Nations Unies. Ils reconnaissent aussi le droit des autochtones à l'émancipation culturelle et identitaire et leur droit à l'auto-determiantion. Alors, pourquoi refuser aux Québécois ce qu'ils acceptent pour les autres peuples? Est-ce une question de deux pois, deux mesures?!
    De plus, le recours à une Charte de la laïcité n'était pas une erreur du tout. C'est la meilleure mesure de garantir les droits de toutes les religions, pourvu qu'il y'ait une séparation entre l'Église et l'État. C'est une loi universelle issue de la philosophie des Lumières.

    • Jana Havrankova - Abonnée 13 juin 2017 09 h 43

      La Charte de la laïcité était une excellente idée, celle de la Charte « des valeurs », tel que proposée, était une fort mauvaise idée. C'était l'avis de plusieurs péquistes d'ailleurs.

      C'est en procédant à la dérive laïcité-valeurs que le PQ a gravement erré. Qui sait si le PQ n'aurait pas gagné les élections en 2014 s'il avait simplement proposé 1) proclamation de la laïcité de l'État québécois; 2) interdiction des signes religieux pour les personnes en position d'autorité coercitive; 3) obligation de communiquer à visage découvert dans les services publics?

      Beaucoup de Québécois « de souche » et de membres des « communautés culturelles » auraient adhéré à ce programme. Celui-ci qui aurait même pu servir d’un liant sociétal.
      Une occasion manquée pour le PQ et pour l'ensemble de la société québécoise. Dommage.

    • Pierre Fortin - Abonné 13 juin 2017 10 h 24

      Vous posez une excellente question Madame Alexan : « Alors, pourquoi refuser aux Québécois ce qu'ils [les anglophones] acceptent pour les autres peuples? Est-ce une question de deux pois, deux mesures? »

      C'est une question à laquelle seuls les anglophones peuvent fournir la réponse. Monsieur David propose une piste à explorer en disant « Les francophones croient peut-être sincèrement que leur volonté d’affirmation ne vise l’exclusion de personne, mais il est clair que les anglophones ont eu un sentiment de dépossession depuis 1976. » Son hypothèse est peut-être juste, mais il faudrait préciser ce dont ils ont été réellement dépossédés. Ça fait tout de même plus de 40 ans.

      On s'explique mal rationnellement que la très grande majorité d'entre eux s'opposent systématiquement à toute tentative d'émancipation de la communauté francophone lors d'élections, de projets de loi ou de référendums. Mais on ne sait toujours pas pour quelle raison précise.

      Ne serait-ce seulement qu'une question de sentiment ? Si c'est le cas, ils devraient au moins avoir le courage de le dire clairement.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 13 juin 2017 11 h 40

      Le Canada anglais a rageusement répondu au Québec et à Philippe Couillard qu'il n'est pas question de parler de la Constitution canadienne, dont le Québec ne fait même pas partie.

      Le premier ministre de la Saskatchewan s'est même permis de traiter le Québec de chiâleux à cause de la péréquation que le Québec reçoit du Canada.

      Messieurs du R.O.C., ça fait depuis 1976 que le Parti Québécois vous demande de garder votre Constitution et votre péréquation, et le Québec va gader tous ses impôts à Québec et se gouverner avec sa propre constitution de son propre pays.

      Ça mettra fin à cette chicane, non? Bon ''deal'' pour vous si nous sommes si quêteux!

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2017 12 h 39

      M. Fortin, ce n'est pas une question de sentiment, mais de présence anglaise sur un territoire conquis.

      En 1774, pour le conserver, la Grande-Bretagne s'appuie sur des élites (clergé, seigneurs et notables). En 1791, elle scinde ce territoire à la suite de l'immigration de britanniques.

      Dès 1800, ces derniers revendiquent l'union des sections ou leur contrôle de celle où réside une majorité de ressortissants français. Le gouverneur Craig se fait le porte-parole et est remplacé pour pour corriger cet impair et mobiliser ces ressortissants pour affronter les Américains en 1812.

      Ils reviennent à la charge. Peu après, Papineau apprend que la Grande-Bretagne refusera la « responsabilité ministérielle » au Bas-Canada. Il fait adopter des résolutions qui préconisent l'élection des membres du Conseil législatif et la reddition de compte aux élus par les membres nommés du Conseil exécutif.

      Elles soulèrent les Britanniques. Le parlement est suspendu et l'armée, appuyée de milices britanniques, fait tout pour que le projet d'union, repris par Durham, soit institué en 1840 et auquel les LaFontaine et autres semblables se rallient et entendent le réformer.

      Après la Guerre de sécession, qui met aussi fin du Traité de réciprocité, le tandem Brown-Monck élabore un projet de Dominion aauquel s'associent les conservateurs de Cartier et le clergé et la Grande-Bretagne rédige la constitution après l'aval du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.

      À la suite de la Première Guerre mondiale, ce Dominion est reconnu pays en 1931 et celui-ci entreprend sa construction nationale alors que sévit la Deuxième Guerre mondiale.

      Ralentie par la remise des pouvoirs de taxation prêtés par le Québec, qui engendre une révolution tranquille, Pierre Elliott Trudeau entre en scène devient monsieur Canada en s'opposant aux demandes du Québec modifiant l'ordre canado-britannique. Jean Chrétien fit de même en 1995 pour pousuivre le projet des descendants britanniques.

    • Pierre Fortin - Abonné 13 juin 2017 15 h 12

      Je suis bien d'accord avec vous Monsieur Bariteau, je ne fais que relever l'hypothèse de Monsieur David : « Les francophones croient peut-être sincèrement que leur volonté d’affirmation ne vise l’exclusion de personne, mais il est clair que les anglophones ont eu un sentiment de dépossession depuis 1976. ».

      L'hypothèse du " sentiment " est plausible car la communauté anglophone du Québec n'a pas été dépossédée de ses droits ni de ses institutions. Son refus réitéré à maintes reprises de faire consensus avec la majorité francophone traduit une position rigide qu'on peut difficilement expliquer par la réalité des faits et le haut degré d'uniformité du suffrage anglophone lors de consultations est une curieuse singularité en matière de comportement électoral.

      S'agirait-il de la même animosité qui prévalait à l'époque de la Rébellion, celle qu'exprimaient sans gêne les rédacteurs du Montréal Herald à l'endroit des Canadiens ? Si c'est le cas, il vaudrait mieux le savoir.

      Mais comme tout ce qui touche le domaine de l'affect, il n'y a aucune discussion possible lorsque l'interlocuteur ne participe pas.

  • Denis Paquette - Abonné 13 juin 2017 00 h 54

    peut etre vaut il mieux un choix éclairé, qu'un choix aveugle

    qu'il est compliqué de devenir une société moderne serait-ce que la modernité s'opposerait a l'histoire, se pourrait- il qu'une élection est avant tout une élection d'individus présentis par une élite, est-ce que ca ne fait pas mentir le principe de la democratie au nom d'une certaine efficacitée, enfin peut etre faut-il, accepter certains compromis, peut etre faut-il que certaine chose se passe les yeux ouverts

  • Alain Miville de Chêne - Abonné 13 juin 2017 03 h 07

    Si tu n'es pas pour toi-même, qui d'autre le sera?

    Voici ce que l'on ose pas dire: l'indépendance du Québec est le projet des Québécois "de souche". L'indépendance, affectant tout le territoire du Québec, doit tenir compte des autres groupes culturels, mais ce n'est pas leur projet et il est vain d'espérer qu'il puisse le devenir.

    Les "votes ethniques" qui ont fait défaut le soir du 30 octobre sont les votes des Québécois "de souche". Ce peuple n'a pas su et ne sait toujours pas s'affirmer fièrement. La timidité dans les efforts d'instaurer l'usage du français au Québec en est l'exemple le plus patent. L'échec du projet d'indépendance ne vient pas de notre incapacité de raillier "les autres", mais de l'incapacité de rallier "nous autres".

    Qui voudrait se joindre à un projet dont les principaux intéressés sont tièdes?

    • Jean-Henry Noël - Abonné 13 juin 2017 09 h 19

      Ce commentaire me semble confus. Il ne s'agit pas pour les Non-Québéois de devenir des Québécois, afin de faciliter l'indépendance du Québec. Il s'agit plutôt de déterminer si ces Non-Québécois doivent faire partie du tissu social et politique du Québec.Après tout, ils vivent au Québec. Quel rôle leur attribuer ? Faire partie des autres, d'être de la diversité. Ce n'est pas seulement au niveau politique qu'ils sont absents. C'est de toutes les institutions québécoises. Déjà, il n'est pas question de «vivre ensemble». La réalité, c'est que physiquement, ils vivent séparés de la majorité. Au Québec, il vaut mieux parler de compartimentation, de «mosaïque», car La mosaïque est un fait que nul ne peut réfuter.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2017 09 h 31

      Vous errez. En 1995, l'indépendance n'était pas l'objet du référendum, mis celui d'un surplus de pouvoir au Québec avec comme carte cachée l'appui recherché des « los tabarnacos », un terme pour faire écho aux Québécois dits de souche par Jacques Parizeau.

      Ce projet s'inscrivait dans les suites de la Révolution tranquille stoppée par le rapatriement de la constitution en 1982 par son opposant le plus déterminé aux revendications du gouvernement du Québec : Pierre Elliott Trudeau.

      Un projet de pays concerne par définition tous les habitants du territoire du Québec. Pour ce faire, il se conçoit dans une approche de citoyens et de citoyennes sur ce territoire. En avançant que l'indépendance est le projet des Québécois de « souche », vous escamotez, comme monsieur David, l'idée de citoyenneté et la recherche d'un « vivre ensemble » au pays du Québec, parce que vous cloisonnez les habitants en groupes socio-culturels.

    • Pierre Raymond - Abonné 13 juin 2017 09 h 56

      Comme vous avez raison M. Miville de Chêne !

      L'Indépendance du Québec se fera PAR les Québécois francophones dits de souche et POUR tous les citoyens québécois OU ne se fera pas.

      Le jour où les Québécois francophones dits de souche seront minoritaires sur leur terrritoire, il y en a plusieurs parmi eux qui auront ENFIN une bonne raison pour expliquer l'impossibilité du projet.

    • Margot Savoie - Abonnée 13 juin 2017 10 h 58

      Tellement d'accord avec vous, quand nous serons déterminés et fiers d'être francophones sur cette terre d'Amérique le pays suivra.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 juin 2017 12 h 07

      Moniseur Miville de Chêne.
      Les «Canadiens-Français» ne votent pas de manière ethnique. Un vote ethnique, c'est un vote conditionné par l'ethnie auquel on appartient, c'est quand un groupe ethnique vote à 99% du même bord.

    • Alain Miville de Chêne - Abonné 13 juin 2017 15 h 32

      Monsieur Auclair, vous êtes formidable. Vous avez résumé mon propos en une phrase.
      "Les «Canadiens-Français» ne votent pas de manière ethnique."

      Lorsqu'ils voteront à 70% du même bord, le Québec sera indépendant.

      Ethnie:Regroupement de personnes unifiées par une même langue et une même culture, et qui possèdent une structure familiale, économique et sociale homogène.

    • Jacques Lamarche - Abonné 13 juin 2017 17 h 12

      La pensée magique vous habite. La fierté du pays se perd pour mille facteurs que contrôlent de puissants agents de l'idéologie canadienne. La jeune génération s'américanise (cinéma, musique, sports, ... ) et se canadianise ( Gesca, Radio-Canada) et vous déplorez que les Québécois de souche ne savent s'affirmer, comme s'ils étaient des bons derniers! Mais tout comme vous, ils sont victimes d'un discours qui discrédite le passé et qui pousse dans la direction D'UNE AUTRE IDENTITÉ. C'est sur les agents fédéralistes qu'il faut tirer, non sur les éclopés.

      Les Québécois ont refusé par deux fois un pays. Beaucoup trop ont eu peur du pouvoir et ont été trahis. Il est injuste de les couvrir de mépris!

    • Pierre Fortin - Abonné 14 juin 2017 19 h 43

      « L'échec du projet d'indépendance ne vient pas de notre incapacité de raillier "les autres", mais de l'incapacité de rallier "nous autres".

      « Qui voudrait se joindre à un projet dont les principaux intéressés sont tièdes? »

      En effet, on ne peut que difficilement respecter quelqu'un qui ne se respecte pas lui-même.

  • Christian Montmarquette - Abonné 13 juin 2017 03 h 52

    Deux candidats péquistes issus du NPD

    Avec Daniel Breton et Giuseppe Sciortino, cela nous fera donc deux candidats à l'investiture péquiste issus du NPD.

    Après tout ce que les péquistes ont déblatéré contre Amir depuis tant d'années au sujet de son appui au syndicaliste Claude Patry du NPD dans Jonquière-Alma..

    Y'en a qui seront pas contents d'apprendre ça! ..lol!..

    Mais dans le cas du PQ, ce n'est pas bien grave..

    Car ce n'est certainement pas la cohérence qui les étouffe..

    Christian Montmarquette

    Référence:

    Giuseppe Sciortino :

    "Giuseppe Sciortino s'est engagé d’abord au sein du Nouveau Parti démocratique (NPD) avant de militer au sein du Parti québécois (PQ). Il a été candidat du NPD et a brigué une investiture péquiste." - Wikipédia

    .

    • Hélène Paulette - Abonnée 13 juin 2017 10 h 35

      Sciortino était membre du NPD-Québec, qui s'est prononcé pour l'indépendance avant d'être abrogé par Broadbent...

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 13 juin 2017 10 h 47

      ''Après tout ce que les péquistes ont déblatéré contre Amir depuis tant d'années au sujet de SON APPUI au syndicaliste Claude Patry du NPD dans Jonquière-Alma..'' ( Christian Montmarquette ).

      Je ne savais pas que M. Kadhir APPUYAIT M. Patry. Voici un petit texte que M. Kadhir doit l'avoir lu alors!

      ''Joint par téléphone à son domicile jeudi soir par Le Quotidien, Claude Patry a confirmé être un membre de LA MEUTE dans la région, du « groupe 02 » et avoir pris part à des réunions, rencontres et soupers, où il affirme ne jamais y avoir vu « rien de radical » ou du « monde agressif ».''

      ''« Parce que je suis un ancien député, je n'ai pas le droit à mes opinions ou quoi que ce soit ? », a-t-il répondu d'emblée, lorsque questionné sur ses allégeances au groupe.''
      ( Le Quotidien, Ville de Saguenay, 17 février 2017. )

      Extrait d'une pétition présentée par LA MEUTE :

      ''le gouvernement de Philippe Couillard s’apprête carrément à piétiner la liberté d’expression de tous les Québécois au nom de la rectitude politique et de la lutte à la soi-disant «islamophobie», un concept inventé par les tenants de l’islam radical pour faire taire toute dissidence et critique.''

      ''Considérant le fait que les islamistes n’hésitent pas à abuser des tribunaux pour faire avancer leur cause, nous pouvons raisonnablement craindre qu’ils instrumentaliseront le très arbitraire et injuste «Tribunal
      des droits de la personne» pour faire avancer leur agenda antidémocratique, misogyne, homophobe et suprématiste.''

      https://www.lameute-officiel.org/communique-contre-loi-59

      M. Montmarquette, à la lumière de ceci, croyez-vous que M. Kadhir donnerait son APPUI à M. Patry pour se présenter en 2018 comme candidat de Q.S. dans Jonquière-Alma?

      Qu'en penserait Mme Awada qui est membre du comité antiraciste de QS ?

    • Raymond Labelle - Abonné 13 juin 2017 13 h 49

      Un portrait plus complet et contextuel de la trajectoire de M. Sciortino.

      "À l'élection générale québécoise de 1985, Sciortino s’est présenté pour le Nouveau Parti démocratique du Québec dans la circonscription de Viau (comptant une nombreuse population d’origine immigrée. italienne). Pendant la campagne, il a été désigné comme porte-parole du NPD au Québec pour les communautés culturelles. Le NPD avait une présence très faible au Québec durant cette période, mais Sciortino a tout de même terminé troisième.

      "À l'approche de l'élection fédérale canadienne de 1988, Sciortino devance deux candidats pour gagner l'investiture du NPD dans Rosemont. Considéré comme l'un des meilleurs candidats du parti au Québec, Sciortino n’a pas caché ses sympathies envers les nationalistes québécois et il a exprimé son soutien à la Charte de la langue française. Sciortino a terminé troisième dans cette circonscription, alors qu’une hausse de l'appui du NPD chez les électeurs francophones de Montréal a alors été constaté." (Wikipédia)

      Ça n'est qu'en 1990 que le NPD-Québec a pris position pour l'indépendance du Québec. Le NPD-Québec est plus tard devenu le PDS (Parti de la démocratie socialiste) qui par la suite s'est intégré à l'UFP (Union des forces progressistes) qui s'est ensuite intégrée à QS.

      Rappelons que les élections de 1994 étaient référendaires (c'est pour celles-ci que M. Sciortino s'était présenté à l'investiture du PQ), que c'est le dernier mandat pendant lequel le PQ a fait un référendum et que le chef du PQ était alors Jacques Parizeau.

      En 1994, le NPD-Q était devenu un parti marginal et n'avait obtenu que 0,85% du vote.

      "Après la courte défaite référendaire, il (Sciortino) reconnaît que les efforts du PQ envers les électeurs d’origine immigrante n'avaient pas été couronnés de succès. Il démissionne de l'exécutif du PQ en avril 1996 et s’est largement retiré des activités du PQ depuis." (Wikipédia).

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 juin 2017 08 h 41

      Corrigé.

      À Jean-Guy Mailhot,

      Quand bien même vous nous en feriez un livre..

      Comptez sur moi pour rappeler aux péquistes - qui ont littéralement marteler durant des années qu'Amir appuyait "LE NPD" (ce qui plus est, était faux, il n'avait appuyé qu'UN SEUL candidat) - que le PQ a bel et bien eu, non pas une mais "DEUX" candidats à l'investiture issus du NPD dont celle de Daniel Breton, qui fût même ministre dans le cabinet du Parti québécois.

      Christian Montmarquette

  • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2017 04 h 26

    Lecture sinueuse que la vôtre


    À vos yeux, le projet souverainiste a une forte dimension identitaire et, sans la volonté de préserver la langue et la culture française, il n’aurait pas vu le jour et l’idée de voir naître le pays du Québec rend l'adhésion d’un nouvel arrivant quasi impensable à cause du « nous » identitaire québécois accolé à ce projet.

    Le PQ est né d’un projet politique de « souveraineté-association » faisant de la langue française la langue officielle décrétée par le PLQ qui entendait préserver la culture en recourant aux pouvoirs provinciaux, pouvoirs que le PQ voulut hausser d’un cran au sein d’une association avec le Canada, puis d’un partenariat.

    S’il prône maintenant l’indépendance, ce n’est plus en vertu d’un « nous » québécois de convergence inhérent aux projets de souveraineté, mais pour créer un pays différent du Canada aux antipodes du ronronnement canadien du PLQ et de la CAQ, deux partis qui conçoivent la nation québécoise en termes socio-culturels alors que celle prônée par le PQ, aussi de QS, est d’ordre politique et s’ancre dans la citoyenneté, qui implique une démarche tout autre.

    Ces distinctions permettent 1) d’éclairer les enjeux politiques en cause et 2) de faire ressortir le biais « identitaire » apparu après le référendum de 1995 et amplifié sous la présidence de Pauline Marois.

    Que ce biais y soit présent n’en fait pas un parti plus identitaire que la CAQ et le PLQ avec leur penchant pour l’identité canadienne, l’un, la CAQ, en ressassant les ancrages du temps de Duplessis, l’autre, le PLQ, en sortant des limbes l’interculturalisme.

    Or, en dépeignant le PQ comme vous le faites, vous nourrissez le biais canadien de la CAQ et du PLQ plutôt que d'attirer l’attention sur des approches politiques opposées, l'une constitutive d’un « vivre ensemble » en phase de conception, les autres au sein d'une province dans un moule canadien blindé qui sert de repoussoir à une conception citoyenne du « vivre ensemble » du peuple québécois.

    • Marc Therrien - Abonné 13 juin 2017 18 h 07

      Je suis un esprit universitaire capable d’un certain niveau d’abstraction. Il m'a fallu 2 lectures attentives et concentrées pour bien comprendre vos nuances et votre proposition d'une raison de devenir un pays du Québec autre que celle émanant de la simple "volonté de préserver la langue et la culture française".

      Comment expliqueriez votre proposition au commun des mortels qui ne lit pas ce journal afin qu’il puisse imaginer que le projet de pays que vous dessinez produira quelque chose de différent du Canada et des États-Unis et qu’en plus, il sera attrayant de s’y établir et il fera bon y vivre?

      L’avantage avec « la simple volonté de préserver la langue et la culture française » qui vit depuis plus de 400 ans en Amérique du nord est qu’elle est concrète donc facile à appréhender et à ressentir par le cœur plutôt que par la raison, ce qui est selon moi la façon dont la plupart des gens votent.

      Marc Therrien

    • Claude Bariteau - Abonné 14 juin 2017 00 h 34

      Monsieur Therrien, j'ai voulu montrer que M. David dépeint faussement le PQ en rappelant la portée politique des projets de « souverainté-association » et de « souverainté partenariat » qui furent différents du projet de créer un pays, les trois étant foncièrement politique. Ça impliquait des mises en contexte.

      Sur le fond des choses, les Québécois et les Québécoises savent pertinemment que créer un pays diffère des retoucher un cadre provincial et, parce que c'est le cas, il importe de préciser les contours du régime politique et de mettre de l'avant un « vivre ensemble » en conséquence. Et ça, ça déborde la langue et la culture et ça doit être différent de ce qu'est le Canada, les États-Unis, la France.

      Tous les pays se sont fondés autour d'un projet politique motivant. En son absence, le pays ne s'entrevoit pas. Ce n'est pas une question de raison, mais de coeur. Parler de 400 ans de présence française renvoie au passé de la France, pas au présent politique des habitants du territoire du Québec.

      Ce présent est celui d'une province et faire pays implique de quitter ce statut provincial. Il y en a 192 dans le monde. Chacun d'eux est apparu parce que des hommes et des femmes ont voulut vivre autrement sur le territoire qu'ils estimaient leur patrie, se sont dotés d'institutions politiques grâce auxquelles ils construisent leur avenir parce qu'ils avaient ensemble une idée du pays qu'ils voulaient.

      C'est ça qui conduit à créer un pays et j'ai seulement signalé que l'analyse de M. David n'y fait pas écho, ce qu'ont compris plusieurs lecteurs et ce qu'attendent comme précision les habitants du territoire du Québec pour mettre l'épaule à la roue.