Le lion qui dort

Les véritables visionnaires sont plutôt rares en politique. La plupart de ceux qui en font métier ne voient généralement pas plus loin que la prochaine élection.

Le premier ministre Couillard dit vouloir préparer le terrain pour la réintégration du Québec dans le giron constitutionnel canadien « le moment venu », mais il n’a certainement pas envie d’en faire l’enjeu de la campagne libérale. À tort ou à raison, l’économie demeure la marque de commerce du PLQ, et il se trouve qu’elle se porte plutôt bien ces temps-ci. À 16 mois de l’appel aux urnes, M. Couillard peut raisonnablement espérer se présenter devant l’électorat avec un bilan respectable à ce chapitre.

La meilleure façon d’éviter de s’enfarger dans les fleurs du tapis constitutionnel durant la campagne est sans doute d’en parler maintenant. Plutôt que d’avoir à expliquer quotidiennement pourquoi son gouvernement n’a pas de position sur la question, M. Couillard pourra renvoyer les journalistes à son document intitulé Québécois, notre façon d’être Canadiens. D’ici l’automne 2018, le sujet devrait être suffisamment usé pour qu’on s’en désintéresse.

Jean-François Lisée a félicité le premier ministre pour son initiative, mais il l’a averti qu’il devra rapporter progrès d’ici là, sans quoi il faudra conclure à l’échec. Il faudra cependant un certain temps avant que s’organise le dialogue avec la société civile canadienne proposé par le gouvernement et plus encore avant de pouvoir porter un jugement définitif. Il peut donc raisonnablement espérer ne pas avoir à envisager le pire avant l’élection.


 

Après l’élection, si le fruit s’entête à ne pas mûrir, il sera toujours temps d’envoyer le document s’empoussiérer dans les archives du PLQ, à côté du rapport Pelletier, officiellement intitulé Affirmation, autonomie et leadership, publié en octobre 2001, qui contenait sensiblement les mêmes demandes et qui a servi de politique constitutionnelle à Jean Charest pendant plus de dix ans.

Il y rejoindra aussi un document baptisé Reconnaissance et interdépendance, publié en 1996 afin de combler le vide laissé par le rejet de l’entente de Charlottetown et d’éviter à Daniel Johnson de se présenter devant l’électorat les mains vides. Grand spécialiste du clonage de l’accord du lac Meech, Jean-Marc Fournier avait déjà participé à sa rédaction. Forcé de remplacer M. Johnson au pied levé, M. Charest lui avait emprunté son document le temps d’une campagne.

Aucun de ces textes n’a cependant servi de base à des négociations constitutionnelles, même si le rapport Pelletier a été à l’origine du Conseil de la fédération. L’un et l’autre étaient surtout destinés à une consommation intérieure. Celui qui a été rendu public jeudi a de plus hautes ambitions.


 

C’est devenu un cliché de comparer le dossier constitutionnel à la boîte de Pandore. Sa réouverture pourrait en effet provoquer une avalanche de réclamations qui transformerait la conclusion d’un accord en un véritable cauchemar qu’on peut comprendre Justin Trudeau de vouloir éviter.

Consulter la société civile préalablement à des négociations, plutôt que de la placer devant un fait accompli, est une sage précaution, d’autant plus qu’un éventuel accord devrait sans doute faire l’objet d’un référendum, comme une loi le prévoit déjà en Colombie-Britannique et en Alberta. On voit mal comment les Québécois pourraient se le voir refusé.

Le danger est de réveiller le lion qui dort. Si on demande aux habitants du ROC ce qu’ils pensent des réclamations du Québec, la réponse risque d’être déplaisante et même agressante. Si le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, peut traiter les Québécois de quêteux, ses commettants risquent d’être encore moins diplomates.

On peut discuter calmement d’une réouverture de la Constitution dans le cadre bien défini d’un colloque, encore que l’exemple de l’ex-directeur du département des Études canadiennes à McGill, Andrew Potter, démontre que la gent universitaire n’est pas à l’abri d’un dérapage. Il est nettement plus difficile de prévenir les sautes d’humeur du commun des mortels.


 

Quand les passions s’exacerbent, les nuances tendent à disparaître. Au Canada anglais, les mots « séparatiste », « québécois » et « francophone » deviennent rapidement synonymes, comme cela s’était produit à Brockville, en 1989, quand une bande d’orangistes avaient piétiné le fleurdelisé. Une scène rediffusée ad nauseam sur les réseaux de télévision, qui ferait aujourd’hui un malheur sur les réseaux sociaux.

Dans une entrevue accordée au Los Angeles Times en décembre 1994, alors qu’il entreprenait les grandes manoeuvres référendaires, Jacques Parizeau avait déclaré avec sa franchise habituelle : « Donnez-moi une demi-douzaine d’Ontariens qui piétinent le drapeau du Québec et ça y est. » Jean-François Lisée doit rêver d’un incident comme celui-là.

Le ROC n’est pas complètement fermé aux demandes du Québec. Du moins, il ne l’était pas en 2011. À l’époque, 38,2 % des Canadiens hors Québec étaient d’accord avec « la reconnaissance de la nation québécoise dans la Constitution », selon un sondage Léger, mais ceux qui y étaient opposés l’étaient férocement.

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57 commentaires
  • Jacques Tremblay - Inscrit 3 juin 2017 01 h 35

    Quel magouilleur que ce Couillard quand même. Tout ça pour s'approprier les votes des nationalistes mous de la CAQ.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 juin 2017 09 h 44

      On n'en est pas à un abus de langage près, soit. Pour qu'il y ait magouille, il faut qu'il y ait dissimulation et intention de tromper. Or le PM ne se cache pas d'être fédéraliste. Quant aux électeurs, s'ils manifestent de l'intérêt pour cette proposition, j'aime à penser que cela serait dû à leur jugement plutôt qu'à la malhonnêté des autres. Vous n'avez manifestement pas plus confiance dans le discernement de vos concitoyens que dans l'honnêteté du gouvernement. Bref, vous devez être péquiste.

    • Normand Carrier - Abonné 3 juin 2017 10 h 11

      Monsieur Richard Maltais Desjardins fait preuve d'abus de language lui-même lorsqu'il affirme que monsieur Tremblay doit être péquiste .... D'abord c'est une généralisation inexacte et malsaine qui manque de nuances ... Qu'un électeur manque de confiance dans le discernement de ses concitoyens est assez commun .... Nous sommes en droit de constater qu'une majorité d'électeurs ne sont pas suffisemment renseignés et que 40% des électeurs ne votent pas ... Alors , un peu de retenu dans les généralisations .....

    • Jacques Tremblay - Inscrit 3 juin 2017 17 h 06

      Tout cela n'est que le résultat d'un calcul électoral.
      Merci M. Carrier pour votre intervention hâtive et juste. Il semble que M. Maltais Desjardins tout comme M. Montmarquette souffrent du même problème à savoir que pour parler de sujets qui, sommes toutes, regardent toute la population ils leur faut absolument placer les interlocuteurs qui sont en opposition avec leurs idées dans une case politique pré déterminée. Souvent cela arrive en fin de commentaire comme en boutade lorsqu'ils n'ont plus aucun argument valable à soumettre.
      L'accueil plus surpris que glacial de la proposition constitutionnelle de M. Couillard par M. Trudeau et d'autres Premiers ministres Canadiens nous démontre que M. Couillard,à aucun moment, ne s'est soucié d'en informer préalablement ses principaux interlocuteurs. Pourtant ce document de quelque 200 pages semble provenir d'une longue réflexion personnelle de M. Couillard ce qui ne le rend pas moins suspect puisque ce document nous arrive comme ça tout d'un coup sans crier gare sans consultation ouverte envers même les membres de son propre parti. En fait M. Couillard semble se foutre éperdument de la réaction des interlocuteurs concernés par son projet, ce qu'il veut c'est se présenter aux prochaines élections provinciales avec une proposition constitutionnelle pour répondre aux journalistes qui n'auraient pas manqué de le questionner sur son immobilisme à ce sujet. Pour assurer son élection majoritaire avec environ 38% des voix M. Couillard a besoin de grappiller des voix sur au moins deux fronts.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 3 juin 2017 17 h 09

      Tout cela n'est que le résultat d'un calcul électoral. (suite).
      D'un côté avec sa commission sur le racisme systémique M. Couillard espérera démontrer que son parti est le seul garant des libertés fondamentales au Québec en clouant au pilori la Charte de M. Drainville tout en l'amalgamant avec les dirigeants actuels du PQ. Quoi de plus facile en faisant venir une pléiade d'organismes issus du multiculturalisme canadien dont leurs existences dépendent en bonne partie de subventions provinciales, fédérales sinon municipales. La conclusion du débat est faite avant même de commencer. De l'autre côté, il faut à M. Couillard une partie de l'appui des nationaliste mous de la CAQ qui sont prêts à se laisser endormir tout comme une bonne partie de la population de Québec l'a fait avec les promesses de M. Trudeau père au moment du référendum du 20 mai 1980. Que fera M. Couillard au lendemain de sa réélection? Nous avons eu droit à des lendemains pour le moins désenchantés en 1982. En tout cas moi j'y voie à la limite le même modus operandi car ce n'est pas la première fois que M. Couillard se voit comme celui qui mettra fin à la saga constitutionnelle de 1982. N'oubliez pas que M. Couillard est le premier Premier ministre Québécois à refuser de hisser le drapeau des Patriotes en haut du parlement en ce jour du souvenir de mai 2017 devenant ainsi un adepte canadien des " faits alternatifs". Cet homme m'inspire absolument aucune confiance.
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 juin 2017 17 h 24

      C'est vrai qu'il ne faut pas généraliser. Beaucoup de péquistes n'ont pas cette prétention. Il se peut bien que monsieur Tremblay considère ses concitoyens d'un autre point de vue supérieur.

      Quant au chiffre de 40%, il est inexact. Le taux de participation aux générales des années 2000 tourne autour de 70%.

      Parmi les 30% restants, il y a probablement une bonne part d'indifférents et de mal informés, mais il y a aussi des absentionnistes dont le choix repose sur une réflexion a priori aussi respectable que la vôtre ou la mienne.

      Faut pas généraliser.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 juin 2017 07 h 10

      J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre commentaire, monsieur Tremblay. Ce que vous attribuiez sommairement à la fourberie d'un magouilleur, comme le font ceux de la case politique prédéterminée par la simple aversion, vous le rapportez plutôt au genre de calcul politique auquel se livrent tous les partis à l'approche des élections.

      Ce qu'on dit souvent d'une manière moralisatrice et un peu méprisante, savoir que nous avons les gouvernements que nous méritons rend compte d'une vérité assez triviale, que j'ai évoquée plus bas : les gouvernements ne vont pas plus loin que ce que la population leur permet ou leur demande. Le jour où le peuple souverain manifestera une volonté souverainiste claire, tous les partis se presseront à leur rencontre pour rallier son suffrage. Certains plus que d'autres avec sur la fesse le calepin de commande des pouvoirs financiers, d'autres avec les revendications des groupes communautaires.

      Ce n'est pas de ce genre d'alignement idéologique qu'il est ici question mais d'une mise au jeu résolument fédéraliste en prise directe avec la tangente adoptée par le PLQ depuis bientôt vingt ans. Elle ne me convient pas. Ce désaccord fera éventuellement partie des raisons pour lesquelles je ne voterai certainement pas libéral.

      Je n'aurai pas besoin du genre de fanfaronnade qui se donne pour une lucidité de gros bon sens et dont j'ai eu le tort de vous accuser en y répondant aussi sommairement.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 4 juin 2017 11 h 46

      M. Matais Desjardins il arrive assez souvent que certains partis politiques cachent assez bien leur jeu avant les élections au point où leurs électeurs se sentent par la suite littéralement floués. Ainsi votre prémisse à savoir " ...les gouvernements ne vont pas plus loin que la population leur permet ou leur demande..." semble plus vraie pour certains partis que pour d'autres. Pourtant lord de la dernière élection fédérale M. Trudeau avait l'air plutôt sincère lorsqu'il promettait que c'était la dernière fois que nous vivrions des élections comme les dernières laissant sous-entendre qu'une forme de proportionnelle serait présente lors du prochain scrutin électoral fédéral. Peut-être étions-nous naïfs d'y croire mais je suis convaincu que la population canadienne était et est encore mûre pour ce genre de changement de représentativité électorale. Lorsque Trudeau père pendant la campagne référendaire de 1980 et la campagne électorale fédérale qui a suivi promettait de mettre les sièges électoraux de son parti en jeu il a finalement détourné le sens du mandat électoral qu'il avait acquis pour faire avancer propre sa cause qu'il avait dans ses cartons depuis fort longtemps soit le rapatriement de la constitution canadienne. Et puis lors des dernières élections provinciales à quel moment M. Couillard nous avait-il averti des coupes souvent aveugles qu'il allait finalement appliquer au lendemain des élections? Jamais la population ne s'attendait à un tel manque de compassion de la part d'un médecin Premier ministre du Québec à tel point que ses interventions politiques concernant l'aide aux inondés de ce printemps et les annonces publicitaires qui ont suivi s'ajoutant à d'autres étrangement programmées par le gouvernement du Québec ventant les mérites des sommes d'argent en parties réinvestis dans les réseaux publics apparaissent plutôt relever de l'opportunisme politique que d'un sentiment réel de compassion.
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 juin 2017 17 h 18

      Tout ce que vous dites est juste, je crois. Mais cela ne contredit pas ma prémisse. Le gouvernement Couillard est allé aussi loin qu'il le pouvait dans les coupes. Aussi loin, incidemment, que la loi l'obligeait à le faire.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 5 juin 2017 01 h 06

      Mais c'est un fait que le gouvernement Couillard est allé beaucoup plus loin que nécessaire dans les coupures de programmes, beaucoup plus loin que ce que désirait la population laissant par exemple en plan certains services de soutien aux élèves en difficultés. Même des bénéficiaires de centre de désintoxication étaient maintenant coupés au niveau de leur chèque de solidarité sociale ce qui les désorganisait complètement au moment de leur retour dans la vie civile n'ayant plus les moyens de conserver leur logement pendant leur séjour en cure de désintoxication. Comment concilier ces faits avec votre prémisse. Même si la loi exigeait que le gouvernement impose des coupures, les choix aveugles qu'il a faits restent la responsabilité du gouvernement Couillard et ces coupures aveugles n'étaient en aucun cas ce que désirait la population. Il y a des limites à déresponsabiliser les gouvernements en fonction.
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 juin 2017 17 h 20

      Le gouvernement a pris d'autres moyens que ceux que le PQ aurait pris, mais l'objectif de retour au déficit zéro était partagé par les trois grands partis, qui ont obtenu plus de 80% des suffrages exprimés. Nous pourrions sans doute nous mettre d'accord sur l'opportunité de ces choix, mais là n'est pas la question. N'est pas non plus de savoir s'il agit de manière responsable ou morale acceptable. Là-dessus aussi nous serions assez d'accord, je crois.

      Mais ce n'est pas mon point. Tout ce que je dis, c'est qu'indépendamment de ce que vous et moi et quelques autres par ici en pensent, le gouvernement a agi de telle sorte qu'il n'a pas encouru le désaveu de la population. Dans le même esprit, la position constitutionnelle qu'il a (re)mise en jeu va peut-être à l'encontre des intérêts objectifs des québécois, mais pas de leur sentiment actuel. Si Couillard se trompe, là-dessus ou sur autre chose, les électeurs n'auront qu'à le défaire la prochaine fois.

      On pourrait objecter qu'étant donné le mode de scrutin actuel, il est à peu près assuré d'être réélu. Question : si Pauline Marois a pu défaire Charest, pourquoi Lisée ne pourrait pas faire de même l'an prochain? Il y a aussi des limites à déresponsabiliser les électeurs.

  • Denis Paquette - Abonné 3 juin 2017 03 h 56

    Avons- nous d'autres choix

    Il est évident que la constitution pour le Québec est devenu un éceuil, que le chauvinisme des provinces y sont pour quelque chose, quand ce n'est pas le gouvernement centrale, qui est loin d'être neutre, nous devons admettre, que ce sont des éceuils pas facile a surmonter, la langue, l'histoire et la tradition nous en éloignant toujours plus, il fut un temps ou l'Angleterre semblait vouloir arbitrer ces difficultés, mais depuis le rapatriment de la constitution canadienne sans l'accord du Québec qu'en est-il, certains diront que c'est devenu un grand vide abyssal, puisqu'il n'y a plus aucuns moyens, d'y parvenir, a moins de choisir le maquis diront certains,

  • Yves Côté - Abonné 3 juin 2017 04 h 36

    Pantoute...

    "Jean-François Lisée a félicité le premier ministre pour son initiative, mais il l’a averti qu’il devra rapporter progrès d’ici là, sans quoi il faudra conclure à l’échec"...
    De bonne foi et en tant que précurseur, René Lévesque a essayé "le beau risque". On ne peut que constater l'état des choses aujourd'hui.
    Pour qui travaille donc Monsieur Lisée en nous présentant de manière confuse le retour d'une telle tentative ?
    Aurait-il une perception de lui-même qui l'empêche de profiter des leçons du passé, même lorsqu'elles sont d'une évidence déroutante ?
    Qui essaie-t-il d'entourlouper par une démarche semblable ?
    Je lui souhaite bonne chance avec d'autres, plus jeunes ou plus oublieux que moi des faits politiques et historiques élémentaires, parce qu'avec moi, malgré les apparences entrenues, ça ne marchera pas.
    Pas pantoute même...
    On ne construit pas un pays en avançant à reculons, la preuve est faite depuis longtemps.
    Ni on peut le faire en "avançant en arrière", comme disait le chauffeur de p'tis chars avant même que celui d'autobus ne reprenne en force ce qui en fera un slogan devenu collectif.

    Tourlou !

    • Guy Boudreau - Inscrit 3 juin 2017 11 h 49

      Vous parlez de Lisée ? Il n'a fait que prendre acte de la démarche de Couillard. Fallait-il qu'il se scandaliser de son initiative ? Atendos de voir la suite.

    • Jean Lapointe - Abonné 3 juin 2017 12 h 51

      A l'intention de monsieur Côté:

      «ll faudra, avant d'aller aux urnes en octobre 2018, que Philippe Couillard nous démontre des progrès tangibles, car il sera jugé par l'électorat et par nous, par les analystes, sur sa capacité à livrer son rêve d'un Canada refondé.
      Nous lui souhaitons bonne chance. Pour nous c'est clair, la fin de l'exil du Québec au sein du Canada c'est d'être enfin chez soi, dans un État indépendant!»

      Jean-François Lisée dans son blogue en date du 1er juin.

    • Yves Côté - Abonné 4 juin 2017 05 h 01

      Messieurs Boudreau et Lapointe, merci de me donner l'occasion de préciser mon insatisfaction de la réponse officielle de Monsieur Lisée.
      Je serai direct.
      Si je laisse à Monsieur Lisée toute liberté de croire à titre personnel en la bonne foi des fédéraillistes d'Ottawa, pour ma part, à 60 ans, j'ai tant vu la capacité d'entourloupe de ceux-ci s'exprimer que plus rien ne peut me convaincre venant d'eux.
      Donc, laissant Monsieur Lisée croire à titre personnel en la bonne foi des fédéraillistes d'Ottawa, pour ma part je refuse et m'oppose toutefois de manière ferme et absolue à ce que sa prise de position soit donnée comme étant celle des indépendantistes.
      Serais-je le dernier d'eux à percevoir la triste comédie actuelle des clans Couillard et Trudeau comme la tentative de manipulation la plus léthale qui puisse avoir été planifie à l'encontre de notre société depuis le viol qu'elle a connu de ses droits par la version moderne canadienne de ce qu'est une Nuit des Longs Coûteaux, que je ne plierai en rien de ma perception de mauvaise foi évidente de ceux qui tentent maintenant de faire accepter la possibilité de notre sujétion politique et législative par notre acceptation de celle-ci.
      Sous aucun prétexte et en aucune occasion, je n'accepterai la soumission du Québec à quelque majorité autre que celle de son peuple.
      Le temps de la dépendance est si définitivement terminé dans les faits, ouvrir simplement les yeux Messieurs suffit à l'observer il me semble, que le simple fait d'exprimer la possibilité qu'un jour le Québec intégre la Constitution britannico-canadienne de 1982 a pour conséquence direct de déqualifier d'entrée de jeu la proposition en question. Et plus encore la prétention de X ou de Y, d'être un chef de file des Québécois qui cherchent à s'émanciper de la mainmise du Canada sur leur destin politique...
      Raison pour laquelle je refuse net tout ce qui s'apparente, de près ou de loin, à une ouverture d'idée là-dessus.
      Salutations républicaines, Messieu

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 juin 2017 17 h 53

      « je n'accepterai la soumission du Québec à quelque majorité autre que celle de son peuple. »

      laquelle s'accommode plutôt bien (ou passivement) de l'état des choses. Pourquoi un fédéraliste comme Couillard pourrait-il être de mauvaise foi ?

    • Yves Côté - Abonné 5 juin 2017 04 h 53

      Monsieur Maltais Desjardins, voici ma réponse à votre question.
      Parce que Monsieur Couillard aime autant les Québécois que moi, j'aime l'hypocrisie.
      Pour Monsieur Couillard, le peuple québécois n'est à l'évidence que l'occasion qui lui est donnée de promouvoir sa propre cause : sa réussite personnelle.
      Trouvez-moi une seule action de celui-ci qui n'ait pas eu pour conséquences, donc pour but par l'addition de celles-ci, de le désavantager personnellement mais d'aider le peuple québécois.
      Une seule et je me range à votre idée qu'il pourrait être de bonne foi en quelques stratégies et décisions prises.
      Voyez comme je ne suis pas fermé à l'idée que tous puissent l'être ?

      Salutations républicaines, Monsieur.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 juin 2017 17 h 26

      Monsieur Côté, vous ne vous étonnerez pas que je me soustraie à votre invitation. Contre le genre de présomption que vous affichez, il n'y a aucun argument rationnel qui tienne. De toute façon, sur le sujet précis de mon commentaire, ce serait plutôt à vous de nous dire à quel moment il a « hypocritement » prétendu n'être pas fédéraliste. Mais passons.

  • Normand Carrier - Abonné 3 juin 2017 07 h 00

    On peut toujours rêver que le fruit murisse ......

    Tous savent pertinemment que le PLQ de Couillard a publié ce document pour des raisons politiques et renvoyer toutes questions sur le dossier constitutionnelles a ce document qui veut strictement rien dire et ne contient aucun échéancier .... Ce faisant il s'engage sur le même terrain que la CAQ qu'il doit affaiblir surtout dans la régioin de Québec et s'assurer de diviser suffisemment le vote francophone entre le PQ et la CAQ pour espérer être majoritaire et au pire minoritaire ....

    Comme Michel David le démontre cela comporte des risques de dérapages dans le ROC et de polariser la prochaine campagne électorale dans le champs constitutionnelle comme voulait l'éviter la CAQ qui espérait un débat gauche-droite qui lui permettait de vendre ses baisses d'impôts et au diable les services a la population ...

    Couillard peut compter sur les initiatives de J-F. Lisée pour l'amener sur le sujet et lui placer des pelures de bananes sous les pieds et réveiller ce lion qui dort et qui peut s'éveiller en tout temps ..... La réponse très peu diplomatique de Justin Trudeau n'est qu'un exemple des dérapages futures pouvant survenir en tout temps car il n'y a pas grand partisants d'une ré-ouverture du dialoque constitutionnelle ...

    Tous savent que le ROC ne s'intéresse pas a la constitution et que le fait que le Québec n'ait pas signer le laisse de glace .... Quelles sont les outils de persuation de Couillard ? Rien , pas d'alternatives , pas de référendum , pas de solutions de rechanges ! Tout comme la CAQ , on s'assoie sur nos deux mains , niaise et laisse le temps filer .....

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 3 juin 2017 08 h 47

      On peut toujours rêver que le fruit mûrisse... mais «le problème, ce n'est pas le fruit, mais l'arbre qui est pourri.»
      (Gilles Duceppe avril 2008)

    • Gilles Théberge - Abonné 3 juin 2017 11 h 29

      À qui sa servirait de signer, puisque n'ayant pas signé elle s'applique quand même.

      Alors signer ou non...!

      Au moins Mulroney promettait de réintégration dans l'honneur et l'enthousiasme.

      C'était un beau projet. Mais il a flanché, en raison de l'attitude des mêmes, qui ferment la porte aujourd'hui.

      À quoi bon quémander la même chose. On aura la même réponse qu'est ce que vous croyez...

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 3 juin 2017 13 h 36

      «On peut toujours réversible que le fruit mûrisse...»

      «Le problème, ce n'est pas le fruit, mais l'arbre qui est pourri.»
      (Gilles Duceppe avril 2008)

    • Normand Carrier - Abonné 3 juin 2017 14 h 43

      Dans les commentaires qui suivent , il n'y a avec raison aucun espoir car nous avons joué dans ce film a trop de reprises .... L'arbre est définitivement pourri .....

    • Jean-Charles Morin - Abonné 3 juin 2017 15 h 12

      Quand le fruit a séché sur la branche depuis plus de vingt ans, souhaiter qu'il mûrisse enfin relève de la pensée magique.

      J'invite tous ceux et celles qui croient encore à ce fantasme de revoir au plus tôt leurs notions de botanique.

  • Bernard McCann - Abonné 3 juin 2017 07 h 20

    Et la société civile québécoise ?

    Bien sur, le Canada anglais a été pris de surprise par la sortie du PM et de son document. On s'est posé la question : que veux encore le Québec ? Bien sur, plusieurs portes se sont refermées, dont celle du gouvernment fédéral. Mais, as-t-on simplement demandé aux québécois, préoccupés par des enjeux de gouvernance (la santé, l'éducation, l'emploi, la fiscalité et la corruption), ce qu'ils en pensent ?

    • Gilles Théberge - Abonné 3 juin 2017 11 h 33

      C'est justement pour être capable de donner de bons services de santé, d'éducation, d'emploi, de fiscalité plus adaptés monsieur McCann, qu'il faut réouvrir la Canadian Constitution...

      Capitch...?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 4 juin 2017 11 h 45

      "Mais, a-t-on simplement demandé aux québécois, préoccupés par des enjeux de gouvernance (la santé, l'éducation, l'emploi, la fiscalité et la corruption), ce qu'ils en pensent?"

      Qu'est-ce qui vous fait croire que les Québécois sont préoccupés par quoi que ce soit? Quand on leur demande, ils répètent comme des perroquets ce que les médias de masse leur enfoncent dans le crâne à longueur de journée.