Coups de coeur printaniers

L’anémone à la floraison soyeuse, le hâtif hellébore et le bois d’orignal… Certaines plantes ont le pouvoir de nous plaire particulièrement sans trop qu’on sache pourquoi. Est-ce leur texture ? Leur couleur ? Leur délicatesse ? L’ensemble ? Peu importe, elles sont des coups de coeur. En voici trois, même s’il aurait pu y en avoir plusieurs autres, car après l’hiver, il devient difficile de faire la part des choses. On dirait qu’on les aime toutes, tellement elles nous ont manqué.

Photo: Lise Gobeille L’anémone pulsatille a de grandes fleurs mauves à l’allure soyeuse.

L’anémone pulsatille

Une de mes vivaces préférées au printemps, depuis toujours, est l’anémone pulsatille. Il m’est simplement impossible de résister à ses grandes fleurs mauves et à son allure soyeuse. Cet aspect si attirant provient des poils argentés qui la recouvrent entièrement. À quoi servent-ils, en plus d’être attirants ? Ils la protègent du froid et des gels qui sévissent encore lorsqu’elle fleurit en avril-mai.

Puis, étonnant aussi, en été, comme ils n’ont plus de fonction, ils tombent de la plupart des variétés ! Ses fruits sont également très jolis et durent une bonne partie de l’été. Ils se nomment aigrettes et forment des touffes plumeuses et légères. L’anémone croît lentement et demeure somme toute de petite taille une fois mature. Elle aime le soleil et les endroits dégagés et préfère un sol qui se draine bien.

Comme elle fleurit à une période où le pollen est rare, elle fait le bonheur des abeilles et des bourdons. Sa relative toxicité la protège des herbivores, ce qui est extra, mais si vous avez à la déplacer, il est préférable de mettre des gants car elle peut causer des réactions cutanées. Finalement, l’anémone pulsatille n’a pas peur du froid et se cultive jusqu’en zone 2 !

L’hellébore

Les hybrides d’hellébores orientalis sont des vivaces fascinantes pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’ils ont un beau feuillage persistant vert foncé qu’on aime voir dès la fonte des neiges. Mais également parce que leurs plaisantes fleurs émergent tôt au printemps, en avril-mai, et qu’elles demeurent sur le plant jusqu’en juin. Singulières, elles ont une texture épaisse, ce qui leur permet vraisemblablement de résister à des températures allant jusqu’à –10 °C.

Photo: Lise Gobeille L’hellébore demande un soleil abondant au printemps.

L’hellébore, comme beaucoup de plantes printanières, demande un soleil abondant au printemps. Toutefois, par la suite, elle se plaît à l’ombre ou à la mi-ombre. En outre, son espace de prédilection est sous un arbre à feuillage caduc. Ainsi, elle est protégée des rayons ardents durant l’été et profite d’une litière d’humus grâce à la décomposition des feuilles. Comme elle est toxique, telle l’anémone, peu de champignons, d’herbivores et d’insectes lui causent des problèmes.

Cette vivace a longtemps été considérée comme peu rustique chez nous. Mais maintenant que sa culture est mieux connue, on sait qu’elle se cultive jusqu’en zone 3… si elle est protégée du vent. Parfaite ? Presque, car elle est chère, mais il y a une bonne raison. Il faut des années pour produire un plant mature. Or, l’investissement en vaut le coût parce qu’elle peut vivre plus d’une quarantaine d’années !

Photo: Lise Gobeille Dans les régions montagneuses, tôt au printemps, les remarquables fleurs blanches du bois d’orignal illuminent la forêt et font notre bonheur.

Le bois d’orignal

Le bois d’orignal est un arbuste indigène du Québec dont la ramure unique ressemble aux bois des orignaux. Dans les régions montagneuses, tôt au printemps, ses remarquables fleurs blanches illuminent la forêt et font notre bonheur. Particulières, elles sont formées d’une couronne de fleurs stériles rayonnantes, tandis que les fertiles, au centre, sont plutôt discrètes. L’ensemble forme une délicate dentelle.

Ses fruits décoratifs, dont la couleur passe du rouge au pourpre, puis au noir, sont prisés par les oiseaux et les mammifères. Un bon choix pour favoriser la biodiversité dans votre jardin. Ses grandes feuilles ovales et dentelées impressionnent, et, en plus, elles se parent de belles teintes rouge pourpre à l’automne.

Cet arbuste se marcotte naturellement, formant de petits taillis. Il faut donc lui laisser de l’espace pour l’apprécier dans toute sa splendeur. Il atteint environ deux mètres de haut sur deux mètres de large, et il est rustique jusqu’en zone 3a. Comme dans la nature, il pousse dans les sous-bois et ne redoute pas l’ombre, comme le disait si bien Marie-Victorin. Autrefois nommé Viburnum alnifolium, il porte maintenant le nom de Viburnum lantanoides.


Un jardin beau à croquer

Le 20e Rendez-vous horticole du Jardin botanique. Cueillir une tomate bien mûre et chaude de soleil vous fait craquer ? Admirer les formes et les couleurs d’un bel aménagement paysager vous inspire ? Alors combinez les deux et cultivez votre propre aménagement… comestible. C’est ce que propose Espace pour la vie dans le cadre de son 20e Rendez-vous horticole qui se déroule du 26 au 28 mai au Jardin botanique.

Pour souligner cet anniversaire, l’accès au site sera gratuit le vendredi 26 mai ! Sur place, plus de 80 exposants présenteront une grande diversité de végétaux et des accessoires de jardin originaux. En plus, sept excellents conférenciers viendront partager leurs connaissances en matière d’aménagement comestible, dont Guillaume Pelland de Paysage gourmand, Yves Gagnon des Jardins du Grand Portage, et l’horticulteur Albert Mondor.

espacepourlavie.ca


Au jardin cette semaine

Amateurs de bulbes non rustiques — liatris, glaïeuls, dahlias, cannas, bégonias tubéreux… —, voilà le temps de les mettre en terre. Tous ne sont pas des bulbes, mais employons pour cette chronique ce terme général. Voici quelques conseils pour leur achat : on choisit des bulbes fermes, sans moisissures ni dommages. Il est préférable de prendre de gros bulbes de qualité afin d’obtenir des plantes vigoureuses ayant des fleurs de bonnes dimensions. Enfin, on les plante dans un endroit ensoleillé et, en groupe, l’effet est toujours meilleur.

Au potager, il ne faut pas trop se presser pour planter les tomates, les aubergines, les piments et les poivrons. À moins de les protéger quand les températures descendent, ce qui demande du travail. On a tendance à l’oublier, mais ils sont d’origine tropicale et les nuits fraîches ne leur plaisent pas. Des températures sous les 12 °C ont comme conséquence de ralentir leur croissance, ce qui ne nous avance guère.

Vous êtes aux prises avec la renouée japonaise, ou Fallopia japonica, cette exécrable plante envahissante ? Dès que les nouvelles pousses émergent, arrachez-les manuellement ou coupez-les au ras du sol, et ce, constamment entre mai et octobre. Sur une période de trois à cinq ans, vous devriez arriver à l’éliminer. Surtout, ne mettez pas les tiges au compost, car vous ne feriez que favoriser sa propagation.


Dans la bibliothèque

Arbres en lumière
François Reeves, Michel Lebœuf et Alain Massicotte
Éditions Multimondes
Montréal, 2017, 168 pages

 

En dormance durant l’hiver, vivifiantes au printemps, resplendissantes à l’été et flamboyantes à l’automne, les forêts suivent un cycle qui ne cesse de fasciner. Ce magnifique hommage aux arbres en mots et en images a été réalisé par un artiste de talent, Alain Massicotte, un biologiste passionné, Michel Leboeuf, et un médecin engagé, François Reeves. Ensemble, ils révèlent avec brio la surprenante science de ces grands végétaux tout en soulignant les bienfaits qu’ils apportent à notre santé. Un mariage réussi entre l’art et la science, un livre magnifique.

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