Diversité des semences et approvisionnement local

L’initiative unique de la famille Bauta sur la sécurité des semences au Canada a créé un mouvement national afin de préserver et d’améliorer la diversité des semences au pays. Elle soutient les producteurs et la recherche pour des semences écologiques, mais également pour assurer l’accessibilité publique des semences.

Pourquoi ce programme est-il essentiel ? Parce que 9 bouchées de nourriture sur 10 débutent avec des semences. Parce que la diversité génétique végétale de la planète a diminué de 75 % au cours du siècle dernier. Et qu’en plus, trois grands semenciers contrôlent désormais 53 % du marché, alors que dix des plus grands en contrôlent 75 % !

Comment y sont-ils arrivés ? En collaborant avec les agriculteurs et des partenaires afin d’accroître la qualité, la quantité et la diversité des semences biologiques cultivées ici. Mais aussi en facilitant le partage d’information et la collaboration entre les personnes et les organismes voués à l’avancement de ce système.

Finalement, et non la moindre des choses pour nous jardiniers, en faisant la promotion de l’accessibilité publique des semences sous la conduite de Semences du patrimoine et en soutenant les collections régionales de semences.

Photo: Mélissa Clément Le Marché de mai de Rosemont–La Petite-Patrie est un des nombreux événements tenus dans le cadre de la grande fête Cultiver Montréal.

Collections régionales

Les collections régionales de semences permettent trois choses : préserver un bagage génétique, le rendre disponible et le rendre indépendant des grands semenciers. L’accès à des semences d’ici permet d’avoir des plantes mieux adaptées à notre climat. De plus, avec les changements climatiques, les jardiniers devront avoir accès à une grande variété pour pouvoir s’adapter au climat.

Le rôle de ces banques devient donc crucial. Le programme de la famille Bauta sélectionne des partenaires comme des fermes éducatives, des jardins communautaires, des serres ou des bibliothèques publiques. Peut-être pourriez-vous en faire partie ? Néanmoins, comme me l’expliquait Helen Jensen, coordonnatrice du programme au Québec, l’engagement dépasse la simple distribution de semences, car il comprend la conservation du patrimoine horticole et la sensibilisation des citoyens au rôle des semences.

Au Québec, il n’y a actuellement que la bibliothèque publique de Côte-Saint-Luc, la Grainothèque de Hemmingford et le jardin communautaire de Sawyerville qui sont partenaires.

L’initiative de la famille Bauta sur la sécurité des semences au Canada (IFBSSC) a été mise sur pied grâce à la vision et au leadership de Gretchen Bauta, membre de la famille Weston. Elle est réalisée par USC Canada (Unitarian Seeds Conservation), en collaboration avec Semences du patrimoine Canada, et grâce au soutien de la W. Garfield Weston Foundation.

Banque de semences

Démarrer une petite banque de semences pour soi, pour faire des dons ou du commerce, est un projet enthousiasmant, mais… qui demande plus de travail qu’on peut l’imaginer. Voici quelques questions à se poser avant de se lancer, histoire de ne pas tout laisser tomber au bout de quelques années ! Puis-je assurer aux semences de bonnes conditions d’entreposage ? Comment m’organiser pour le classement ? Comment m’approvisionner ? Puis-je tester leur taux de germination ? Etc.

C’est un projet simple et peu coûteux, mais qui demande du temps et de la rigueur. Voici un bon document gratuit, disponible sur le Web, pour la réalisation d’une microbanque : seedsecurity.ca/documents/resources/Microbanque-de-semences.pdf

Je vous recommande également le livre publié par Semences du patrimoine, La conservation des semences, un guide complet qui aborde aussi la production, les distances d’isolement, la botanique, le pollen et les pollinisateurs, entre autres sujets. semences.ca/nos-livres

Où s’approvisionner ?

Avec l’intérêt grandissant pour le jardinage et les semences locales, on a vu s’ouvrir cette année trois nouvelles banques…

La Grainothèque de la bibliothèque Lucien-Lelièvre du cégep de Matane, un projet du Comité d’action et de concertation du cégep et de la bibliothèque.

Photo: Bibliothèque d’Ahuntsic La Grainothèque de la bibliothèque d’Ahuntsic

La Grainothèque de la bibliothèque d’Ahuntsic, un projet réalisé en collaboration avec l’organisme Ville en vert, l’organisme Semences du patrimoine et les semenciers artisanaux Terre promise, et la ferme coopérative Tourne-sol. Ville en vert organise également des ateliers sur la récolte et la conservation de semences à la bibliothèque.

La Grainothèque Rosemont–La Petite-Patrie, un projet de l’éco-quartier de ce secteur.

Vous recherchez une variété en particulier ? Pour localiser les semenciers qui la tiennent, consultez le Catalogue des semences canadiennes ou L’explorateur des semences de l’Initiative Bauta. Vous devriez trouver !

Et pour avoir accès à plus de 2300 variétés de semences en ligne, on peut devenir membre de Semence du patrimoine moyennant 35 $.

Pour participer

Il n’est pas nécessaire de démarrer une banque de semences ni de cultiver des plantes pour participer au mouvement de conservation de semences. Consommer des aliments locaux produits écologiquement, goûter de nouveaux fruits et légumes, cela assure incontestablement leur conservation ! Parlez-en avec votre entourage, les producteurs au marché, au travail… Il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire.

Et pour suivre ce qui se passe dans l’univers de la conservation des semences, on peut s’abonner au bulletin gratuit Les semences j’y tiens, publié par USC Canada. On y trouve de nouvelles inspirantes et des trucs sur la culture des légumes. Puis, il y a également la possibilité de faire un don en allant sur le site d’USC Canada.

La fête des Mères

Un bouquet de fleurs colorées, une vivace inusitée, un arbre fruitier, une orchidée, une tropicale désirée, un bon livre pour jardiner… Plein d’idées de cadeaux à lui offrir.

Cultiver Montréal

Cultiver Montréal est une grande fête de l’agriculture urbaine qui se déroule dans différents quartiers pour lancer la saison. Une belle occasion de rencontrer des producteurs locaux et de mettre la main sur le nécessaire pour vos projets de jardinage, de participer à des ateliers et bien plus encore. Voici les événements pour ce week-end, d’autres suivront.

Rosemont–La Petite-Patrie : le Marché de mai, les 13 et 14 mai de 10 h à 17 h, au 6750, avenue de L’Esplanade.

Fête du printemps cap Saint-Jacques : le 14 mai de 10 h à 16 h, chemin Cap-Saint-Jacques à Pierrefonds.

Cultivons Verdun : le 13 mai de 10 h à 18 h, aux serres municipales de Verdun, 7000, boulevard LaSalle.

Dans la bibliothèque

Manuel de permaculture. Concevoir et cultiver un jardin naturel et autosuffisant
Ulrike Windsperger
Ulmer, 2017, 176 pages


Cet excellent livre explique clairement les principes de la permaculture, qui sont souvent galvaudés. Il donne les outils pour les mettre en pratique, et ce, quelle que soit la taille de votre jardin. L’auteure, Ulrike Windsperger, est une des pionnières de la permaculture en Allemagne. Depuis de nombreuses années, elle transmet ses connaissances dans ce domaine par des formations.

Bien structuré et illustré de belles photos, le livre comprend des plans de jardins en forme de mandala, de serrure, etc., et de nombreux dessins explicatifs et tableaux pour faciliter leur compréhension. Si vous voulez apprendre à observer la nature, à découvrir d’anciens et de nouveaux savoirs et à jardiner sans effort, ce bouquin est pour vous.

Au jardin cette semaine

Le printemps tarde à se faire sentir et la pluie qui détrempe les terrains nous empêche de jardiner. Toutefois, rabattons-nous sur un élément positif : la floraison des plantes printanières dure cette année. Ah ! Il y a au moins ça ! Magnolias, pruniers, tulipes et cie mettent de la couleur dans cette grisaille.

Sans entrer dans vos plates-bandes ou votre potager, si le sol est encore bien mouillé, il est possible de commencer le désherbage et le binage. Plus on commence tôt dans le cas du désherbage, plus c’est facile d’avoir le contrôle en cours de saison. Et, plus les indésirables sont jeunes et tendres quand on emploie des produits à base de vinaigre, de fer ou de savon, plus ils sont efficaces.

Le gluten de maïs, un sous-produit de la transformation du maïs, peut être appliqué jusque vers la fin mai pour contrôler le pissenlit, la digitaire astringente et la digitaire sanguine dans la pelouse. Du coup, comme il contient près de 10 % d’azote, il fournit une bonne dose de cet élément à la pelouse.