Manu et Justin

Dans leur jeunesse, Justin Trudeau et Emmanuel Macron ont tous deux étudié chez les jésuites et fait du théâtre. Alors que le premier ministre canadien a fait de l’improvisation, le futur candidat à la présidence française se passionna à ce point pour les planches qu’il… épousa son professeur ! Au lycée privé La Providence, à Amiens, il interpréta La comédie du langage de Jean Tardieu, une réflexion souvent absurde sur le rôle de la parole.

Simple analogie ? Pourtant, entre le premier ministre de 45 ans et le candidat de 39 ans, il y a plus qu’une communauté de génération. En France, on n’hésite pas à dire qu’Emmanuel Macron est le Justin Trudeau français. Comment ne pas être frappé, en effet, par leur commune décontraction et cette « coolitude » que rien ne semble pouvoir contrarier ?

Cette douce jovialité, à une époque pourtant unanimement qualifiée de déprimante, est un des secrets de leur popularité. Les deux hommes ne s’en cachent pas, cet optimisme rassurant prend sa source dans le « progressisme » qu’ils affichent et revendiquent sans scrupule. Cette conviction que l’Histoire a un « sens » et qu’elle va nécessairement dans la direction du Progrès leur donne ce sentiment que les difficultés ne seront jamais que temporaires. Ils ne croient guère au caractère tragique de l’Histoire. L’assurance se transforme parfois même en inconscience. Sur le coup, Justin Trudeau n’avait rien compris à l’importance de l’attentat du Bataclan. Il n’est pas sûr non plus que le candidat d’En marche !, pressé de fêter sa victoire, a compris la gravité d’un second tour qui l’opposait à Marine Le Pen.

Certes, Emmanuel Macron a fait des études avancées alors que Justin Trudeau n’a pas dépassé le niveau du baccalauréat. On ne peut pas non plus imaginer Justin Trudeau dans le rôle du secrétaire du philosophe Paul Ricoeur. Il n’en demeure pas moins que l’un et l’autre accordent souvent plus d’importance aux images qu’aux mots.

C’est pourquoi ils sont de piètres orateurs. Si Justin Trudeau n’a pas atteint le niveau de français du cégep, Emmanuel Macron se complaît dans des formules vagues et technocratiques. Quand il ne parsème pas son vocabulaire de « start-up », de « helpers » et d’« open spaces ». Ces éternels jeunes premiers sont par contre de véritables maîtres de la gestuelle et des poses. C’est pourquoi le premier a fait de l’égoportrait sa marque de commerce. Quant au second, phénomène nouveau en France, il adore terminer ses assemblées en rock star, hurlant les bras levés comme un preacher américain. « La politique, c’est mystique », dit-il. Quand elle ne vire pas au burlesque !

 

Ces deux enfants issus de milieux bourgeois personnifient parfaitement ces « gens de n’importe où » (« people from anywhere ») que décrit le brillant essayiste britannique David Goodhart dans son dernier livre, The Road to Somewhere (Hurst Co). Le fondateur de la revue Prospect estime que nos sociétés sont traversées par une contradiction profonde entre ceux qu’il appelle les « gens de n’importe où » et les « gens de quelque part », qui sont à l’origine de la révolte du Brexit et de l’élection de Donald Trump. Macron et Trudeau symbolisent à leur manière la superbe des gagnants de la mondialisation qui ne jurent que par la mobilité, la flexibilité, la technologie, la suppression des frontières et l’ouverture.

Le dernier-né d’une dynastie et l’audacieux banquier de chez Rotschild sont tous deux arrivés au pouvoir sans véritable expérience. Sauf qu’ils avaient des réseaux exceptionnels. Pour eux, il n’y a guère de problème qui n’ait de solution économique. C’est pourquoi ils ne savent pas trop quoi dire du terrorisme islamique, et encore moins à ces ouvriers de Whirlpool, à Amiens, dont l’usine a déménagé en Pologne. Ni l’un ni l’autre n’arrive à imaginer une mondialisation qui ne soit pas heureuse. Loin du « sang, de la sueur et des larmes », ils ne sont entrés en politique ni pour résister ni pour changer le monde, mais pour l’aider à aller encore plus vite là où tout le pousse déjà et où il doit inévitablement aller, croient-ils. Vers ce Progrès perpétuel qui est au fond leur religion commune.

Il y a longtemps que Trudeau se vante de diriger le « premier État postnational » du monde. Sans franchir le Rubicon, Macron n’a-t-il pas fait un pas dans cette direction en dénonçant la clause Molière, qui force l’utilisation du français sur les chantiers, et en affirmant qu’« il n’y a pas une culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse » ? Quitte à provoquer la colère de son allié le plus proche, François Bayrou.

Mais ces frères siamois ne se contentent pas d’être libéraux en économie, ils sont aussi libertaires en matière de moeurs. Le grand oeuvre du premier mandat de Justin Trudeau pourrait être la légalisation de la marijuana. Emmanuel Macron propose de la dépénaliser. Aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, il n’hésite pas à se revendiquer de Mai 68. J’imagine avec impatience leur première poignée de main à Ottawa. Si le coeur leur en dit, ils pourront bientôt se prendre en égoportrait en fumant un joint dans les jardins de Sussex Drive.

44 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 28 avril 2017 04 h 37

    Texte décevant


    Monsieur Rioux, vous nous avez habitué à lire à des analyses fines.

    Aussi suis-je déçu que vous présentez « Manu et Justin » comme des marionnettes plombées d’optimisme flottantes au-dessus du peuple.

    Il y a des différences majeures entre ces hommes politiques.

    Macron propose de réinventer la France comme État souverain au sein de l’UE, mais pas à n’importe quelle condition, et appelle les Français à s’investir dans cette voie plutôt qu’à repenser la France d’avant l’UE. C’est le défi qui l’anime et qu’il entend relever, un défi au demeurant qui forcera l'UE à se revoir à défaut de quoi elle périclitera.

    Quant à Trudeau, il entend parachever le projet canadien de la Commission Rowell-Sirois (1941) après que le Canada ait été reconnu indépendant en 1931 par la Grande-Bretagne. C'est ce projet que son père réactiva en réaction à Lester B. Pearson parce qu'il remit en 1962 des points d’impôt prêtés par le Québec pour l’effort de guerre du Canada.

    Alors que Macron entend reconstruire la France, Trudeau-fils veut finaliser l’œuvre du paternel. En gros, l'un cherche une voie, l’autre l’a trouvée. L’un veut placer la France au cœur de l’Europe et propose ce défi au peuple français. L’autre veut parachever la construction du Canada en mettant au pas le peuple québécois.

    Votre texte banalise ces différences. Trudeau père et Trudeau fils cherchent à rapetisser le Québec pour grandir le Canada alors que Macron veut grandir la France au sein de l’Europe.

    Ces visées sont aux antipodes.

    En fait, Macron est dans la ligne de pensée de De Gaule qui voyait la France active au sein de l’UE alors que Trudeau-fils, comme le père, entend renforcer la présence du Canada au Québec.

    • Philippe Dubé - Abonné 28 avril 2017 06 h 41

      Le macronisme et le trudeauisme sont effectivement de même nature, Monsieur Rioux a parfaitement raison. Le post-nationalisme dont 'Manu et Justin' se réclament est un ordre de valeurs personnelles que tous deux croient pouvoir fonder en un nouvel ordre collectif. Par leur charme respectif, ils souhaitent convaincre leurs commettants en s'affichant partout comme l'exemple incarné de ce qu'il valorise, en somme leur propre soi imbu d'un fond de narcissisme complaisant. À suivre ...

    • Benoit Simoneau - Abonné 28 avril 2017 07 h 58

      Macron, un gaulliste? Vous plaisantez monsieur, n'est pas?

    • Serge Morin - Inscrit 28 avril 2017 09 h 03

      Aujourd'hui, vous magnifiez les ressemblances pour les faire entrer dans votre cadre d'expertise et le texte de M.Rioux est plus signifiant.
      Désolé de vous critiquer.

    • Claude Bariteau - Abonné 28 avril 2017 09 h 31

      Monsieur Dubé, Macron ne fait pas dans le post-nationalisme pour la France, mais s'ancre dans le patriotisme des révolutionnaires. Trudeau n'en a rien à cirer du patriotisme puisqu'il ne conçoit pas le Canada en nation de patriotes, ce que fait Macron lorsqu'il entend refonder la France.

      Quant aux charmes respectifs des deux hommes politiques, que cible Rioux, ce n'est pas ce qui définit leurs orientations idéologiques. Trump, que plusieurs analystes qualifient de narcissite, défend des politiques voulant redéfinir les États-Unis comme puissance plus autonome, ce qui ne fait pas de son projet un exemple de narcissisme.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 28 avril 2017 09 h 41

      «Macron propose de réinventer la France comme État souverain au sein de l’UE...» (C. Bariteau)

      Je n'ai vraiment pas l'impression que Macron sait où il va et où il veut mener la France. Il affirme trop souvent une chose et son contraire. À titre d'exemples «l'œil du vingt heures» hier à FranceInfo (27 avril 2017) mettait en évidence les contradictions du «Docteur Emmanuel et Mister Macron», comme si nous avions affaire à deux personnes bien distinctes:

      Devant un parterre de patrons, Macron se disait socialiste, deux ans plus tard en 2017, «l'honnêteté m'oblige à dire que je ne suis pas socialiste»!

      Position «fumeuse» également sur le cannabis. Un jour pour la dépénalisation, quatre mois plus tard c'est l'inverse «je ne crois pas à la dépénalisation, cela ne règle rien».

      Autre contradiction quant aux ordonnances (au Quebec, gouverner par décrets): il ne croit à la réforme par ordonnances en 2016, mais en 2017 «les trouve très utiles pour réformer la loi du travail».

      Enfin la question écologique: il est contre l'exploration et l'exploitation des énergies fossiles en 2016, en 2017 il est favorable au contraire à ce type d'extraction «facteur de sécurité en approvisionnements».

      Étourdis par tant de pirouettes? Faut comprendre les Français qui ne savent plus très bien où va la France!

      Manu comme Justin semblent des purs produits d'un post-n'importe quoi où les idées ne font que surfer sur les surfaces.

    • René Bourgouin - Inscrit 28 avril 2017 10 h 37

      Je pense M. Bariteau, sauf votre respect, que M. Macron n'a pas la profondeur que vous lui attribuez. Il a été poussé là par ceux qui tirent les ficelles. Il va se coucher face aux directives européennes comme les autres marionnettes avant lui. Il a été mis en place pour ça.

      L'analogie avec Trudeau est frappante. Ce sont des produits de consommation: l'électeur qui vote pour eux n'adhère pas (consciemment) un programme, il achète un concept "cool" à la mode.

    • André Joyal - Inscrit 28 avril 2017 11 h 46

      S'il est vrai que Macron en agace plus d'un ici avec son appui quasi aveugle au multiculturalisme, M.Rioux, avec raison, ne cache pas que Trudeau ne lui va pas à la cheville au plan intellectuel.

    • Yves Côté - Abonné 28 avril 2017 12 h 24

      Pardon Monsieur Bariteau, mais en écrivant "Macron est dans la ligne de pensée de De Gaulle qui...", vous êtes dans la champ...
      Je n'ai pas pour habitude d'encenser Monsieur Rioux mais pour cette fois, il a raison je crois.
      Ceci-dit, pour avoir vu au quotidien évoluer le politicien Macron depuis des mois en France, il tient toutefois un peu plus du père que du fils Trudeau, si vous voulez mon avis (tel je le propose depuis plusieurs semaines dans ses lignes de commentaires). Du père, mais tout de même une coche ou deux en dessous côté versatilité d'esprit.
      D'ailleurs, pour me rappeler de la campagne médiatique de la trudeaumanie, j'ai à plusieurs reprises dit en France que la campagne de Macron était exactement de la même teneur que celle-là.
      Macron, je le maintiens, est le ballon de baudruche d'une droite "discrète" qui tente ainsi d'attirer à lui les votes mous de gauche comme de droite, en donnant l'illusion aux électeurs qu'opter pour leur jeune candidat lui et son absence de programme clair, ils sont des révolutionnaires.
      Révolutionnaires, alors que le flou artistique le plus grand persiste non-seulement sur le financement d'un dit-mouvement qui n'est pas un parti politique et qui donc voit à sa tête, rien de moins qu'un des associés de la Banque Rothschild, mais sur le fait qu'ayant gagné des millions en salaires, dividendes et primes depuis cinq ans, Monsieur Macron n'a rien annoncé de vraiment conséquent comme résultat personnel actuel sur la déclaration de patrimoine officielle qu'il a fait.
      Par conséquent, lorsque sa mission de ballon de baudruche sera accompli, il ne faudra s'attendre logiquement à rien d'autre que de constater que sa crevaison. Qu'elle soit progressive ou subite, selon les besoins de ses alliés et sans doute selon moi commanditaires, ne changeant rien à l'affaire...
      Surtout pas pour les gens qui auront voté pour lui en toute bonne foi et espoir de changement autres que cosmétiques.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 28 avril 2017 14 h 10

      Trudeau avait, semble-t-il, un plan dont on ne connaît toujours pas la teneur...Macron a, semble-t-il, une vision dont on ne connait toujours pas la teneur...Les deux veulent, semble-t-il, gouverner en suivant leur intuition, ou inspiration du moment, tout en conservant la mainmise oligarchique et technocratique sur les institutions démocratiques...Tout le contraire du révolutionnaire Mélanchon qui lui avait une vision et un plan...

    • Claude Bariteau - Abonné 28 avril 2017 14 h 19

      Je ne fais pas de Macron une super-star. Seulement un homme politique désireux d'agir au sein de la 5ième république qui fit du président de la France, comme l'a pensé De Gaule son concepteur, un président au-dessus des partis, qui compose avec le pouvoir législatif et un exécutif qui doit rendre des comptes.

      Sa démarche s'inscrit dans ce cadre. Par ses propos, il entend revoir la France d'aujourd'hui sous l'angle du patriotisme pour qu'elle redevienne celle d'une nation innovatrice à l'interne et compétitive au sein de l'UE tout en cherchant à faire de l'UE une entité politique d'États souverains en marche dans le Traité de Rome de 1958.

      À cette fin, il propose de corriger les irritants découlant d'une gestion bureaucratisée et reformuler l'ancrage politique de la gestion monétaire et des activités économiques en son sein. C'est une approche différente de celle prônée par des partis qui veulent, à droite, sortir de l'UE et, à gauche, instituer une sixième république qui opérera avec un président honorifique sans grand pouvoir.

      Je n'ai aucune idée de ce qui se produira aux législatives. Par contre, il semble que le 7 mai Macron aura un mandat pour agir et faire valoir ses idées. Cela ne veut pas dire qu'il aura carte blanche. Les législatives moduleront ses vues et l'obligeront à penser la France de demain avec ce que déciderale peuple français au sein des institutions actuelles.

      Ce faisant, je ne pense pas avoir magnifié des ressemblances entre Macron et Trudeau fils. J'ai plutôt signalé que leurs visées politiques ne sont pas du même ordre. L'un veut renforcer politiquement la France au sein de l'UE, l'autre le Canada au Québec.

      Par ailleurs, les deux opèrent dans des régimes politiques différents. Trudeau-fils est premier ministre avec 32 % du suffrage, qui lui donne une majorité et un pouvoir immense alors que Macron, élu président, devra composer avec le pouvoir législatif et un exécutif qui devra rendre des comptes.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2017 16 h 18

      M. Bariteau,

      Macron ne réinventera pas la France, il va la détruire. Il en fera un lot sans âme et sans espoir pour les millions de Français. L’utopie multiculturalisme qui est engendrée par un néolibéralisme dictatorial du libre-échange et de la mondialisation ne peut que conduire dans une impasse. Le 1% veut s’acheter un président qui continuera à détruire la classe moyenne jusqu’à ce qu’il n’y ait que des très riches et des pauvres.

      C’est triste parce que le France a toujours été le pinacle de la culture au niveau mondial. Aujourd’hui, elle est en train de se détruire elle-même avec l’apport de gens qui se voient les nouveaux seigneurs de la planète. Toute cette mondialisation ne tient que sur le travail des gens des pays du tiers monde comme au temps du colonialisme. La technologie ne libérera pas l’Homme, elle va le réduire au statut d’esclave.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2017 16 h 24

      Pardieu M. Bariteau, ne comparez jamais le général de Gaulle à Macron. C'est une honte. Voici ce que le général disait au sujet du multiculturalisme:

      « Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. »

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 28 avril 2017 17 h 24

      @CB Nulle part dans le texte de M. Roux il est fait mention d'une telle négation au sujet de la refonte de l'UE...C'est vous qui lui prêtez cette
      parole...M. Rioux parle superficiellemnt de ces deux "jeunots" qui pensent
      être des "sauveurs" ...et se voient déjà comme tels...Plus narcissiques que ça...!?

    • Claude Bariteau - Abonné 29 avril 2017 00 h 05

      Monsieur Dionne, je n'ai jamais comparé Macron au Général De Gaule. J'ai dit seulement qu'il entend opérer dans le cadre de la 5ième république institué par De Gaule en voulant être, comme le Général, au-dessus des partis politiques.

      Par ailleurs, je n'ai pas associé Macron au multiculturalisme mais au patriotisme des Français qui ont fait de la France leur patrie tout en sachant, comme d'autres, qu'en France et dans la majorité des États occidentaux la diversité des cultures est présente, ce qui n'implique de reconnaître le multiculturalisme.

      Cette façon de voir, inspirée de Charles Taylor, se veut une façon de minimiser l'égalité entre les citoyens et les citoyennes, de banaliser la citoyenneté et d'introduire des distinctions entre les citoyens et les citoyennes qui sapent ce qui assure le « vivre ensemble ».

  • Jacques Beaumier - Abonné 28 avril 2017 04 h 40

    Excellent!

    Vous êtes le phare du journal Le Devoir.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 avril 2017 07 h 37

    La décadence

    Merci de dire si clairement les chose, sans gêne ni hésitation. Votre analogie est géniale et inquiétante.

    Je suis de droite conservatrice, néanmoins, je suis très impressionnée par le fait que Mélanchon, seul vrai intellectuel digne d'être chef de parti, n'appelle pas à voter Macron.

    • Benoit Simoneau - Abonné 28 avril 2017 08 h 00

      Mélenchon ouvre la porte à un vote blanc, c'est à dire un refus ET de Macron ET de Le Pen. Mais il faudra bien qu'il y en ait un des deux qui gagne...

    • Jean-Louis Ostrowski - Inscrit 28 avril 2017 08 h 17

      En vrai intellectuel Mélanchon respecte simplement la liberté de ses électeurs, il sait parfaitement que la grande majorité ne votera pas Le Pen.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 avril 2017 10 h 58

      Merci Messieurs. Au moins, il a fait preuve de réserve et respecte le processus démocratique, tout le contraire d'autres candidats qui ont demandé à leurs électeurs de voter Macron.

    • André Joyal - Inscrit 28 avril 2017 11 h 51

      @ M.Ostrowski: Mais en refusant de voter pour le «moins pire» comme ils disent, ils risquent gros de faire gagner MLP, car les partisans de celle-ci ne s'abstiendront pas.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 avril 2017 12 h 06

      M. Joyal, vous croyez vraiment que Macron est le moins pire d'entre les deux candidats au deuxième tour?

    • Raymond Labelle - Abonné 28 avril 2017 13 h 17

      Mélenchon restera silencieux sur son choix personnel. Il a annoncé le soir du 1er tour que les membres de son mouvement seraient consultés. Dans les options aux militants consultés il y a "voter Macron", "voter blanc", "s'abstenir" (la formulation n'est peut-être pas précisément celle-là, mais c'est bien le sens). L'option "voter FN" n'est pas là. Elle n'est pas envisagée. Ces militants ont jusqu'au 2 mai (mardi) pour se prononcer, c'est aussi la date où le résultat de cette consultation sera rendu public.

      Détails: https://francais.rt.com/france/37620-consultation-insoumis-plutot-qu-appel-voter-melenchon

      Ce que je ne sais pas (quelqu'un pourrait nous le dire?): cette ligne de Mélenchon était-elle prévue avant même le premier tour? Voire depuis au moins plusieurs mois? N'a-t-il fait que l'appliquer?

    • Claude Bariteau - Abonné 28 avril 2017 14 h 26

      Mélanchon ne peut pas appuyer Macron et Le Pen pour un motif fort simple.

      Les deux ententent opérer dans le cadre de la 5ième république alors que Mélanchon veut instituer une 6ième république qui, selon ce qu'il envisage, affaiblira les pouvoirs du président et risque de plonger la France dans des luttes internes qui l'ont affaiblie.

      En cela, il n'entend pas quitter l'UE mais s'y présenter avec pour seul levier le pouvoir législatif pour la gestion des affaires internes.

    • André Joyal - Inscrit 28 avril 2017 17 h 00

      @ Mme Lapierre, ma réponse à votre question est : oui.

  • Jean Lapointe - Abonné 28 avril 2017 07 h 43

    Vous me surprenez monsieur Bariteau.

    «Macron propose de réinventer la France comme État souverain au sein de l’UE, mais pas à n’importe quelle condition, et appelle les Français à s’investir dans cette voie plutôt qu’à repenser la France d’avant l’UE. » (Claude Bariteau)

    Si cela est vrai, je trouve étonnant qu'il en soit peu ou pas question dans les médias à ma connaissance. Je le pensais être un inconditionnel de l'UE telle qu'elle est.

    Et ces conditions , quelles sont-elles?

    Si vous avez raison monsieur Bariteau, j'aurais une opinion différente d'Emmanuel Macron que je trouve malheureusement insupportable dans la façon qu'il a de se comporter, ce qui est quand même secondaire.

    • Claude Bariteau - Abonné 28 avril 2017 17 h 18

      J'ai lu le programme de Macron. Il contient des défis pour la France et l'UE. Que des médias et des haut-parleurs de l'UE aient cherché, comme le milieu d'affaires, d'en faire leur star dans un contexte où avec Le Pen sortir de l'UE est le but recherché, il va de soi que les éléments de son programme qui ont la France comme assise aient été banalisés.

      C'est d'ailleurs ce que fait le texte de Monsieur Rioux, ce qui m'a grandement surpris, surtout qu'il le compare même à Justin Trudeau, question de le rendre répugnant aux nationalistes du Québec.

      Personnellement, je ne suis pas un nationaliste mais un patriotiste qui a comme patrie le Québec, pas le Canada, ce qui me rend peut-être plus perméable aux propos de Macron qu'à ceux de Le Pen et Mélanchon.

      Cela dit, je ne cherche pas à avoir raison. Je présente seulement un point de vue sur la base d'analyses du contexte français dans une perspective historique, ce qu'a fait De Gaule à la fin de sa carrière politique. Et ce qu'il a fait aussi avec éclats concernant le mouvement d'affirmation au Québec qau début des années 1960 même s'il l'a trop accolé à sa vision de la France d'hier et celle des années 1967.

      Selon ma lecture, la France est en crise et Macron cherche une sortie avec un appui présidentiel pour mettre en branle des réflexions menant à des décisions structurantes. Son approche peut paraître déroutante, car elle donne l'impression d'aller dans des directions plus ou moins concordantes.

      Toutefois, s'il parvient à susciter des débats constructifs menant à des solutions concrêtes, il contribuera à penser la voie française d'une sortie de crise. S'il n'y parvient pas, il devra quitter et je pense que ce sera sa décision. Son cheminement en témoigne.

  • Gilbert Turp - Abonné 28 avril 2017 07 h 44

    Comment voterais-je si j'étais Français ?

    Je crois que je ne voterais pas, car être réduit à choisir entre 2 affaires dont on n'a pas envie, c'est trop déprimant.

    • André Joyal - Inscrit 28 avril 2017 11 h 54

      Et vous en morderiez les doigts si le pire se produit. À quoi sert un 2è tour si ce n'est précisemment pour ÉLIMINER?

    • Gilbert Turp - Abonné 29 avril 2017 09 h 32

      Je comprends bien ça, monsieur Joyal, mais vous ne m'aidez pas à résoudre la difficulté, voire le piège.
      Car comment voter pour la poursuite d'une mondialisation financiarisée qui détruit la planête, ce que prône à mon avis l'école de Macron ?