Le sens des mots

« Ça suffit ! » Comme s’il s’agissait d’une mauvaise blague qui aurait trop duré, c’est avec ces mots que le chef du Parti québécois a souligné son opposition à une commission sur le racisme systémique à laquelle, pourtant, son propre collègue Alexandre Cloutier et quelque 1900 pétitionnaires ont déjà donné leur aval, pour ne rien dire de partis politiques aussi opposés que le PLQ et Québec solidaire. « Ça suffit de culpabiliser les Québécois », de marteler la nouvelle Jeanne d’Arc de la nation québécoise, Jean-François Lisée.

On croit rêver. Aurait-on l’idée de refuser de tenir une commission d’enquête sur la disparition des femmes autochtones de peur de culpabiliser la police ? De refuser de tenir des états généraux sur l’éducation de peur de culpabiliser les ministres qui se sont succédé à ce ministère ? De refuser un forum aux victimes d’agressions sexuelles parce qu’humilier les hommes, ça va faire ? Selon le chantre en chef des vierges offensées, Richard Martineau, il n’y a qu’au Québec qu’« on lave notre linge sale en public ». Partout ailleurs, on fait ça comme des grands, « en toute discrétion ». C’est évidemment ignorer que tous les grands coups de barre, tous les impératifs que nous nous sommes donnés pour résoudre un « problème de société », que ce soit en éducation, en santé, sur la question des femmes ou sur celle des autochtones, sont passés par ce genre de grand-messe que sont les commissions parlementaires. L’Ontario a d’ailleurs tenu la « Commission on Systemic Discrimination » à propos de son système judiciaire en 2011.

Il n’y a qu’au Québec que l’on semble vouloir ignorer le sens des mots. Systémique ne veut pas dire « chronique » ou « sans répit ». Le mot ne renvoie pas à une société pourrie, à une gang de racistes impénitents, à une tache noire au palmarès des nations. On peut être des gens ouverts et tolérants, comme le professe M. Lisée, et quand même faire preuve de racisme systémique. Le terme fait plutôt référence à un « ordre établi » qui dicte la place qui nous est assignée selon des critères connus mais souvent inconscients, tels le statut socioéconomique, le sexe et, oui, la race. Bref, le racisme et le sexisme sont systémiques, la bêtise, elle, comme la malhonnêteté intellectuelle, est individuelle.

Le mot « systémique » renvoie avant tout aux disparités sociétales. Les chiffres sont d’ailleurs éloquents à ce chapitre. Sur 125 élus à l’Assemblée nationale, seulement 5 députés sont « racisés » ; à la Ville de Montréal, c’est 4 sur 103. Les chiffres colligés par le Conseil des Montréalaises, organisme voué à la promotion des femmes à l’hôtel de ville, sont particulièrement éclairants. Car les femmes occupent actuellement 44 % des postes administratifs et 32 % des postes de direction. Pas encore le pactole, dites-vous, mais une nette amélioration au cours des dernières décennies. Si on regarde maintenant quelle proportion de femmes « racisées » a réussi à grimper l’échelle, c’est l’hécatombe : seulement 4 %. En d’autres mots, les femmes provenant d’une minorité ethnique se retrouvent là où les Québécoises de souche croupissaient il y a 25-30 ans. Et on hésiterait encore à tenir une commission sur la discrimination raciale ?

Les remèdes à la discrimination ont beau être connus, dit-on, la raison première d’une commission est ailleurs : c’est d’abord de signifier à l’ensemble de la société que nous prenons cette question au sérieux. Une commission parlementaire est hautement médiatisée ; les choix que font les chefs d’entreprise ou les propriétaires d’immeubles ne le sont pas. Une commission (qui fait bien son travail) nous conscientise et nous responsabilise tous un peu davantage.

L’impératif de la conscientisation est d’autant plus urgent qu’on sait que la tolérance envers les immigrants est à la baisse. Un sondage CROP-La Presse fait en janvier dernier démontre que 55 % des Québécois francophones non seulement nient le problème du racisme, « ils n’hésitent pas à dire qu’ils voient d’un mauvais oeil l’immigration en général et celle des musulmans en particulier ». La crise des accommodements religieux, exacerbée de plus belle par le débat sur la charte des valeurs, a ravivé la vulnérabilité séculaire des Québécois, avec les conséquences que l’on sait.

Le temps ne serait-il pas venu de mettre sous la loupe ce sentiment de peur qui nous pousse à nous replier sur nous-mêmes tout en niant le problème ? Le chef du PQ ne rend service à personne en balayant la discrimination raciale sous le tapis tout en renforçant nos penchants à nous flatter la bedaine. Ceux qui prétendent vouloir bâtir un pays devraient au contraire s’empresser d’aérer les petits coins qui sentent le renfermé.

71 commentaires
  • Charles Lachance - Inscrit 12 avril 2017 00 h 32

    Le problème n est pas l'idée mais celui qui l'a proposé!

    Mme Pelletier

    Je trouve toujours vos propos très pertinents mais cette fois-ci je me permets de vous suggérer que vous ne mentionnez pas que l'un des problèmes avec cette commission est celui qui la propose. Comment peut-on croire Monsieur Couillard qui a déjà accusé le PQ de souffler sur les braises de l'intolérance, sans oublier des références plus graves contre le PQ.

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 12 avril 2017 08 h 07

      Et si monsieur Couillard avait raison. Intolérance qui remonte aux Canadiens-Français : les maudits Français, le refus d'accepter les Italiens dans les écoles catholiques de Saint-Léonard, les années soixante. Le rejet des musulmans n'est rien à côté de celui d'une immigration blanche et catholique.Traditionnellement, le Canadien=Français a toujours cassé du sucre sur le dos de l'immigrant :Si t'es pas content, retourne chez vous. On dit encore cela aujourd'hui, même si la personne à qui on s'adresse est fils ou fille d'immigrant et est née au Québec. Il semble qu'aucun progrès social n'ait été fait au Québec depuis cinquante ans. L'expression «nouvel arrivant» pour qualifier tout individu ne faisant pas partie des Anglos et des Québécois en est un vibrant témoignage. Même les Hollandais admettent qu'ils sont saturés, que leur seuil de tolérance a été franchi.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 avril 2017 10 h 06

      «IL n'y a qu'au Québec que....» dixit Francine Pelletier

      Contrairement à vous M. Lachance, je trouve que les propos de Mme Pelletier sont très souvent verbalement agressants.

      Le mot systémique réfère, qu'elle le veuille ou non, à quelque chose qui «affecte un système dans son ensemble».

      Je ne crois pas que nous en soyons rendus là, loin de là. Il y a une évolution au niveau de l'immigration qui nécessiterait un processus de sélection et d'accueil digne de ce nom.

      Quand le PLQ propose d'augmenter, comme il l'a fait il y a quelque temps, la venue d'immigrants de 50 000 à 60 000 personnes et qu'il ne fait presque rien pour améliorer la structure d'accueil, sauf peut-être de confier à des organismes privés à but non lucratif cette tâche, je crois qu'il contribue à l'inquiétude des citoyens du Québec qui n'apprécie pas son laisser-faire néo-libéral.

      D'autre part, si le PLQ clarifiait sa politique sur la laïcité, sur la culture, sur les accommodements religieux, sur le prosélytisme, comme une partie importante de la population le lui demande, on pourrait peut-être avancer sur ce sujet. Il tend plutôt à ignorer leur existence. N'oublions pas que le PLQ doit sa réélection systémique à une clientèle bien précise qu'il prend bien soin de flatter dans le bon sens.

      Enfin, la manie systémique de Mme Pelletier de se référer systématiquement à ce qui se passe dans les autres provinces de son cher Canada comme l'exemple à suivre, finit par irriter. Son «il n'y a qu'au Québec que...» agresse également.

      D'un texte à l'autre, elle se bâtit un personnage de chroniqueuse «canadian» observant les us et coutumes d'un pays étranger, le Québec.

    • Benoit Toupin - Abonné 12 avril 2017 10 h 25

      Le texte de Mme Pelletier fait des raccourcis sur les positions passées de Monsieur Alexandre Cloutier : Voir l’extrait d’une entrevue, août 2016 Radio-Canada

      En août 2016, Alexandre Cloutier se disait favorable à la tenue d'une telle commission sur le racisme systémique, estimant qu'il s'agit là d'une « bonne idée ». il ajoutait : « Non seulement je veux une commission, mais je veux qu'on aille beaucoup plus loin et qu'on pose des gestes dès maintenant ». Il affirmait qu'il y a de la discrimination à l'embauche pour les membres des communautés culturelles.
      C'est évident qu'il y a de la discrimination à l'embauche au Québec [...] C'est un véritable enjeu qui doit être traité de façon prioritaire au Québec. Il ajoutait qu’une telle commission parlementaire devra inclure les gais, lesbiennes, et les Autochtones, en plus des communautés culturelles.
      Toutefois, pour lui, une commission parlementaire ne sera pas suffisante pour régler le problème. « Pour moi, une commission parlementaire, c'est un petit pas. Et je pense que le Québec est mûr pour un grand pas, avec des gestes concrets. Lorsqu'on a la formation et qu'on est capable de faire le travail, on devrait être capable de trouver un emploi. Il estimait qu’il faudrait « une intervention gouvernementale » pour régler le problème de la discrimination à l'embauche. Une meilleure reconnaissance des diplômes universitaires est aussi nécessaire ; Ça fait dix ans qu'on en parle au Québec, on a l'impression que c'est toujours le statu quo et que les professions n'agissent pas assez rapidement »

      Voir la suite..

    • Benoit Toupin - Abonné 12 avril 2017 10 h 30

      Suite...

      Mme Pelletier ne se gêne pas pour tomber dans le sophisme dans les exemples de son deuxième paragraphe. Elle néglige de dire que Monsieur Lisée s’est adjoint une équipe de conseillers sur les actions à prendre et qu’il propose des mesures applicables immédiatement. Elle lui prête l’intention de vouloir taire le débat. Elle exclut évidemment toute intention d’utilisation politique par Monsieur Couillard.

      Le danger d’une politisation d’un débat existe. Le risque de perpétuer l’inaction existe… Le risque que le débat serve à préparer le thème d'une prochaine élection exite... Le risque de plus de division existe... Que fait Monsieur Couillard pour répondre à ces risques?

      La question ayant été discutée abondamment, il me semble qu’il y de bons éléments permettant d’élaborer une politique et de passer à l’action. Faire une telle invitation n’est pas refuser le débat mais de le situer dans l’action. Évidemment cela fait bien de proposer de discuter, cela fait image d'ouverture d'esprit; mais c'est l,action qui donne des résultats...

    • Jacques Patenaude - Abonné 12 avril 2017 17 h 28

      Voici la définition de racisme selon le larousse:
      "Idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie."

      Tant qu'à parler du sens de mots aussi bien être précis. Manifestement le mot racisme implique une conscience de ce qu'on fait. Quand on parle de racisme systémique je crois qu'il est juste de parler de discrimination systémique car on peut le faire sans en être conscient mais le racisme suppose une adhésion à une idéologie. Ça me semble un non sens.
      Pour le reste, les exemples de discrimination auquel mme Pelletier nous invite à s'attaquer je suis bien d'accord et le plus tôt possible.

    • Diane Boissinot - Abonnée 12 avril 2017 20 h 49

      @ Jean-Marie Noël
      Les francophones de St-Léonard voulaient que les Italiens choisissent et fréquentent nos écoles francophones plutôt que les écoles anglophones catholiques. Ce n'était pas du tout «un rejet» des Italiens ou un refus de les accueillir, bien au contraire!

  • Nadia Alexan - Abonnée 12 avril 2017 00 h 46

    Les accommodements créent deux zones de citoyens!

    Madame Pelletier, vous vous trempez de nouveau. On a eu assez d'enquêtes et de consultations. Le temps est venu de passer à l'action.
    Les solutions sont connues. Il faudrait aider les immigrants à trouver de l'emploi avec des programmes scolaires adaptés à leurs besoins. Il faudrait reconnaitre leurs diplômes. Il faudrait légiférer des lois contre la discrimination dans le logement.
    Il faudrait aussi que les musulmans fassent leur part pour s'intégrer à notre culture. Vous connaissez bien le cas de la Française qui a été employé sans le voile, et après un bout de temps, elle a décidé de le porter en sachant très bien que l'employeur interdit tous les signes religieux au travail. Elle a été congédiée, elle a poursuivi son employeur en cours et elle a perdu son cas. Les accommodements religieux pour des salles de prières, pour de la nourriture spéciale, ou pour des comportements misogynes, n'encouragent pas les employeurs à engager les musulmans. C'est raisonnable de ne pas vouloir créer deux zones de citoyens/citoyennes!

    • François Drolet - Abonné 12 avril 2017 07 h 58

      Bravo ! Je suis absolument d'accord. Losque les commissions d'enquête n'aboutissent à rien, à quoi bon en tenir une de plus. Les us et coutumes religieuses, on les a écarté. Les accomodements font exactement le contraire, soit nous ramener en arrière.

    • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 12 avril 2017 08 h 47

      Vous dites «On a eu assez d'enquêtes et de consultations. Le temps est venu de passer à l'action. » Vous avez raison, mais il ne faut pas oublier aussi que le Québec a une Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) mise sur pied pour appliquer la Charte des droits et libertés de la personne adoptée en 1975. Je sais que la CDPDJ enquête sur des cas individuels de discrimination, mais j'imagine qu'après 42 ans, elle est en mesure de tirer un portrait global sur l'existence ou non d'un problème de racisme et de discrimination systémique. Nul besoin alors d'avoir un comité-conseil temporaire alors qu'un organisme permanent existe, est-ce à dire que la CDPDJ n'accomplit pas sa mission?

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 12 avril 2017 11 h 20

      Madame, votre texte n'est qu'un concentré de lieux communs. Votre pseudo-raisonnement est facile à démonter. On vous parle de racisme systémique. Vous parlez de musulmans. Mais qui négocie les accomodements raisonnables ? Proposez-vous comme négotiatrice pour les prochains.

  • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 12 avril 2017 01 h 40

    Les petits coins

    « Ceux qui prétendent vouloir bâtir un pays devraient au contraire s’empresser d’aérer les petits coins qui sentent le renfermé. » Francine Pelletier

    De toute évidence, madame Pelletier semble s’y connaitre en odeurs de petits coins parce qu’elle en parle souvent.

    Quand elle parle des femmes autochtones, elle semble oublier que c’est le fédéral qui a cantonné ces communautés dans des réserves avec toutes les conséquences que l’on connait; cela n’a rien à voir avec le PQ.

    Quand elle parle des femmes musulmanes, elle semble oublier que l’islam n’est pas une race, mais une civilisation au même titre que la civilisation judéo-chrétienne. Si une personne refuse de glorifier les guerres de religions et ses atrocités, elle ne devrait pas être accusée de racisme pour autant; le PQ n’a rien à voir avec ça.

    Les commissions du parti libéral qui ne font jamais bien leur travail; ça ne donne rien d’autre que le goût d’aller au petit coin et le PQ n’a rien avoir avec ça.

    Madame Pelletier semble déjà en campagne électorale pour défendre les couleurs du tadem PLQ/QS.

    Heureusement que le PQ n’est pas une race parce que dans ce débat sur le racisme, madame Pelletier pourrait être pointée du doigt.

    Personne n’aime les odeurs de petits coins, mais il semble que ça peut inspirer certaines personnes, mais...

    En effet:« Ça suffit ! »

    • Claude Bariteau - Abonné 12 avril 2017 07 h 39

      Il y a effectivement des raccourcis dans le texte de madame Pelletier.

      Son texte cible des objets (institutions politiques, services, logement, emploi, fonction publique, et cetera] avec des mots imprécis et des chiffres douteux.

      Il faut, pour parler de racisme, plus de précisions sur le concept de « race ». Par exemple, quant elle avance qu'à l'Assemblée nationale il n'y a que cinq députés « racisés », on peut en compter moins ou plus selon que le terme « racisé » s'applique à des député/e/s québécois/es d’origines autres que celles dites « canadiennes françaises ».

      Par ailleurs, s’agissant des emplois et du logement, deux objets où le racisme se pratique, il faudrait prendre en compte les propriétaires et les employeurs et se demander s'il y a plus de « racisme » par les dits « canadiens-français » que chez d’autres groupes définis en termes ethnoculturels ou racistes.

      En d’autres ternes, dans ce dossier, fort important, il faut être précis. Il ne suffit pas de lancer quelques chiffres, de faire écho à des commissions ailleurs sur divers sujets, de citer un député péquiste, d'y aller d’une pétition et de citer le chroniqueur Martineau pour prétendre que le projet de commission sur le racisme systémique du gouvernement actuel se justifie et que le chef du PQ ne devrait pas jouer les vierges offensées.

      Il faut des concepts clairs, des données précises, des échos à des études récentes. Il y en a. Ce dossier est connu. Aussi les façons d'apporter des corrections. Une commission pour en traiter ferait sens si son objet serait de baliser des politiques nouvelles

      En fait, il faut plus qu’une intention pour justifier une commission et celle-ci devrait avoir pour objectif de clarifier les concepts et de renforcer les corrections. De telles précisions relèvent du gouvernement. En leur absence, la démarche paraît politique et l'objet ciblé devient politique, ce qui revient à politiser un problème pour des fins politiques.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 avril 2017 08 h 10

      En somme, puisque le PQ n'est pas responsable du mal, mais le fédéral dans un cas, les musulmans dans l'autre, et que les « concepts » nous manquent pour en faire un diagnostic « précis », les motivations du gouvernement ne peuvent être que politiques. Il suffirait semble-t-il de « renforcer les corrections ».

      À qui devrait-on les administrer ? :)

    • Jacques Tremblay - Inscrit 12 avril 2017 08 h 48

      Excellentes réflexions
      Mme Pelletier refuse de voir l'éléphant qui est dans le couloir. Et ses propos par leurs manquent de rigueur s'approchent tellement de l'esprit des textes de Andrew Potter que c'est à se demander comment un article comme cela a pu avoir l'imprimatur de la rédaction. Le jupon de Mme Pelletier dépasse tellement que ça me surprendrait à peine qu'elle puisse rejoindre un jour M. Pratte au sénat où les bons soldats sont toujours les bienvenus.
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 12 avril 2017 08 h 54

      «Il y a effectivement des raccourcis dans le texte de madame Pelletier.».
      (C. Bariteau)

      Effectivement. Autre exemple, lorsque Mme Pelletier écrit que
      «le mot "systémique" renvoie avant tout aux disparités sociétales».

      Erreur. L'origine de cette expression «racisme systémique» n'est pas que «disparités sociales», elle fait surtout et avant tout référence à la ségrégation raciale que plusieurs, à l'évidence, cherchent désespérément à accoler à la société québécoise. Cette expression vient d'un sociologue américain, Joe R. Feagin, pour définir l'oppression et le racisme que subissent les afro-américains et ce depuis l'époque esclavagiste coloniale.

      Selon Feagin, le "systemic racism" est un racisme institutionnalisé par les Blancs états-uniens depuis près de quatre siècles, dans ses structures et dans ses formes, afin de maintenir leurs privilèges et leurs pouvoirs dans toutes les sphères de la société américaine, en économie comme en politique, en éducation comme en milieu familial ["core racists realities" cf "Systemic Racism: A Theory of Opression", Joe R. Feagin, de. Routledge, 2006].

      Cherche-t-on, dans quelques officines libérales, à amalgamer la société québécoise de vieille souche française aux théories racistes américaines? Il semble bien que oui.

      D'autre part, nous savons tous que l'immigration excessive, et non intėgrée à la majorité française, profite au PLQ. Avec seulement moins de 20% de votes francophones, les libéraux ont impérativement besoin, pour gagner les prochaines élections, des votes réunions des non francophones. Un plan machiavélique s'il en est.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 12 avril 2017 03 h 03

    Diviser pour régner: un des principes des plus connus de MaChiavel

    La commission sur le racisme systémique proposée par M. Couillard n'est qu'un outil de propagande préélectorale pour diviser le vote. Mais cela ne semble pas déranger Mme Pelletier puisqu'elle n'a rien argumenté à ce sujet. Les problèmes de racisme systémique sont bien réels. Cependant nos politiciens sont au courant de la problématique alors pourquoi jouer encore une fois à "gratte bobo" plutôt que d'agir et d'appliquer les solutions proposées par les personnes de bonne volonté? Mais voilà, tous ces gens devront attendre car cela ne correspond pas à l'agenda politique de M. Couillard démontrant ainsi tout le sens de l'État que possède notre Premier ministre. Le racisme systémique est un sujet bien trop délicat pour servir d'outil de propagande Libéral. Pendant les trois premières années de son mandat M. Couillard n'a rien fait de valable concernant les recommandations du Rapport Bouchard-Taylor. Il n'a fait que gagner du temps pour présenter son projet préélectoral afin de "radicaliser", de "négationniser" et "d'arme nucléariser" ses adversaires politiques. Avouez qu'avec un tel langage M. Couillard " souffle sur les braises de l'intolérance" (autre Couillardise qui visait à couper court tout débat légitime sur l'immigration: toutes les sociétés qui se respectent en ont.) et montre sa détermination de diaboliser ses adversaires politiques et c'est ce qu'il fera avec sa commission politique. Êtes-vous naïve à ce point Mme Pelletier? Il ne faut que 38 ou 39% du suffrage aux Libéraux pour être à nouveau reconduit au pouvoir de façon majoritaire. Pour M. Couillard il ne s'agit que d'un calcul politique. Le problème mathématique électoral de M. Couillard est tout aussi réel que le racisme systémique mais moi je refuse de me laisser manipuler par une commission sur le racisme systémique qui pourrait très bien avoir lieu en terrain plus neutre au lendemain de l'élection d'octobre 2018. Toute une

  • Jacques Tremblay - Inscrit 12 avril 2017 03 h 06

    Diviser pour régner: un des principes des plus connus de MaChiavel (suite et fin)

    Toute une faune d'organismes pancanadiens issus du multiculturalisme canadien ne demandent pas mieux que d'en découdre avec les nationalistes Québécois au nom du multiculturalisme canadien. Après tout il faut que ces organismes justifient leur existence, leurs subventions (qui souvent proviennent des trois ordres de gouvernement) et leurs salaires! Les nationalistes québécois sont donc loin de lutter à armes égales. Finalement Mme Pelletier entre Jeanne d'Arc et Nicolas Machiavel je préfère.....Jean-François Lisée. Le manque de respect de M. Couillard face à ses adversaires politiques déteindrait-il sur les journalistes du Devoir? Vous m'en voyer profondément déçu et navré.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Jacques Tremblay - Inscrit 12 avril 2017 12 h 15

      Je viens d'apprendre grâce à ce blogue que le FN en France a pour symbole.....Jeanne D'Arc!
      Connaissiez-vous ce "détail" au moment de la publication de votre article Mme Francine Pelletier? Votre article de ce matin ressemble de plus en plus à un suicide professionnel. Parlez-en à M. Andrew Potter qui connaît assez bien merci ce qu'est un pet de cerveau. Ça ressemble aux odeurs qui se retrouvent dans un petit coin renfermé. Intitulé votre article " Le sens des mots"!?! Quelle ironie!
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc