Le trouble-fête

Gabriel Nadeau-Dubois est sûrement le premier à savoir qu’il est grossièrement injuste d’accuser l’ensemble de la classe politique d’avoir trahi le Québec depuis 30 ans. Elle n’a ni mieux ni moins bien répondu aux attentes qu’il y a 50 ou 100 ans. La grande différence est qu’elle est surveillée de plus près et que son impuissance à tenir ses engagements est mieux documentée.

Cela dit, il existe bel et bien un sentiment de trahison dans une bonne partie de la population, ici comme ailleurs. Il a certainement contribué de façon significative à l’élection de Donald Trump, comme à la montée des partis populistes en Europe. Ce n’est manifestement pas à la même clientèle que s’adresse M. Nadeau-Dubois, mais la frustration n’est pas une affaire de gauche ou de droite.

On peut penser que les « carrés rouges » de 2012 ont conservé une dent contre le « système », même si la hausse des droits de scolarité prévue par le gouvernement Charest a été annulée. Que le « printemps érable » soit devenu une simple note en bas de page de l’histoire récente a certainement constitué une cruelle désillusion.

Le monopole électoral que les baby-boomers détiennent depuis des décennies tire maintenant à sa fin. Ce sont les idéaux, mais aussi les frustrations des générations suivantes qui vont modeler la société québécoise de demain. Et ce sont elles qui vont élire les prochains gouvernements. M. Nadeau-Dubois le sait aussi bien que n’importe quel politicien. C’est sans doute pourquoi il commence déjà à afficher les mêmes travers.

 

Avant même que l’ancien leader étudiant ne vienne jouer les trouble-fête en se lançant officiellement en politique sous la bannière de Québec solidaire, le PQ avait recruté l’ancien avocat de ces mêmes « carrés rouges ». Paul St-Pierre Plamondon ne verse peut-être pas dans le même romantisme révolutionnaire, mais il s’emploie depuis plusieurs mois à rapatrier au PQ la même génération que celle que vise GND.

Le vocabulaire utilisé dans son récent rapport était moins incendiaire, mais le constat était de même nature. Il évoquait « l’impression bien fondée que les démocraties ne font pas le poids vis-à-vis le pouvoir des acteurs de Davos », de même que « les scandales et les mensonges répétés de plusieurs acteurs politiques ». Il reste à voir dans quelle mesure le PQ sera en mesure de concurrencer GND pour séduire une génération qui réclame une nouvelle donne.

Déjà, la « proposition principale » qui sera soumise au congrès de septembre prochain se veut nettement plus progressiste que le programme adopté en avril 2011. Se déplacer davantage vers la gauche ou mettre la pédale encore plus douce sur les questions identitaires signifierait laisser plus d’espace à la CAQ, qui ne demande certainement pas mieux que de l’occuper.

 

Il est clair depuis la fondation de QS que son expansion, essentiellement dans la région de Montréal, ne peut se faire qu’aux dépens du PQ ou avec sa collaboration. Depuis quelque temps, la frontière entre les deux partis tendait à se stabiliser, mais l’arrivée de GND, qui semble déjà en mener large dans son nouveau parti, introduit une nouvelle inconnue dans l’équation.

Il a enfoncé une porte ouverte en déclarant qu’une éventuelle alliance avec le PQ ne pourrait être que ponctuelle. Personne n’a jamais envisagé sérieusement la possibilité d’une véritable coalition, encore moins d’une fusion.

En annonçant qu’il quittait son poste de co-porte-parole de QS pour mieux se concentrer sur la prochaine élection dans Laurier-Dorion, Andrés Fontecilla vient toutefois de signifier qu’une des conditions d’une éventuelle entente serait que cette circonscription soit réservée à QS.

Le PLQ ne ménagera aucun effort pour trouver un successeur convenable à Gerry Sklavounos et maintenir Laurier-Dorion dans le giron libéral, mais l’arrivée de GND dans le décor n’est sans doute pas pour lui déplaire.

Le premier ministre Couillard a dû être ravi d’entendre de sa bouche ce que lui-même répète depuis des mois, c’est-à-dire qu’on ne peut pas se fier à Jean-François Lisée, dont les intentions ne sont jamais claires et qui ne pense qu’en termes de stratégie. Si un porte-parole plus crédible que lui auprès de la jeune génération veut propager ce message, M. Couillard ne s’en plaindra certainement pas.

36 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 14 mars 2017 00 h 48

    La bonne gouvernance ne relève pas du romantisme révolutionnaire!

    Je ne comprends pas pourquoi les chroniqueurs et les journalistes parlent toujours de la compétition entre plusieurs formations politiques. Ils traitent la politique comme une course de chevaux! La bonne gouvernance ne relève pas du «romantisme révolutionnaire» comme vous l'exprimez, M. David. Pourquoi ne pas découvrir les bonnes idées qui pourront aider la classe moyenne et les plus démunis de se tailler une place digne de leur humanité au sein la société?
    GND a raison d'exprimer sa frustration avec la classe politique qui a gouverné le Québec depuis 30 ans. La largesse de l'état en matière de subventions aux grandes sociétés, la porte tournante entre les élus et les entreprises privées, la fiscalité qui favorise les entrepreneurs, l'évasion fiscale, les paradis fiscaux, l'austérité, la corruption en matière de construction, la faillite démocratique avec les prête-noms, la moisissure dans les écoles, le fiasco du CHUM et j'en passe. Bref, nos élus sont dans le même lit avec les grandes sociétés. Ce n'est pas vraiment un bilan reluisant. Au lieu de parler de qui va gagner et qui va perdre, parlons d'idées progressistes avec lesquels les contribuables puissent s'épanouir.

    • Chantale Desjardins - Abonnée 14 mars 2017 09 h 14

      Vous résumez trente ans au régime libéral de Couillard mais vous devriez commencer par la Révolution tranquille que vous n'avez sans doute par connue à cause de votre âge. Vous devriez commencer à lire le rapport Parent. Le Parti québecois est l'initiateur de mesures qui ont changé le Québec. L'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois est loin d'apporter un changemnt pour un Québec souverain car il vient de créer un obstacle à l'unité et sa jeunesse lui fait perdre le sens des valeurs. Il a des croûtes à manger pour atteindre une maturité utile. QS connaîtra une fin et tant mieux.

    • Benoit Toupin - Abonné 14 mars 2017 09 h 26

      Dans un monde marchand où les états se font une compétion féroce et ont malheureusement cédé trop de pouvoir aux grandes entreprises dans toutes ces ententes commerciales, les moyens dont la classe politique dispose ont leurs contraintes.

      Blâmer la classe politique, je veux bien mais encore... Le Québec ne maitrise pas tous les moyens d'un état dans cette compétition marchande. Le Québec est un très petit marché dans cette mondialisation ce qui est un avantage puisqu'il a besoin d'élargir ses marchés pour le bien, non pas des grandes entreprises, il y en a peu ici, mais bien des nos PMEs. La mondialisation a ses vices mais puisqu'elle s'est généralisée, ne pas y être serait plus néfaste et appauvrissant.

      C'est dans ce contexte que la classe politique se trouve. On peut espérer, dans nos revendications légitimes, des politiques et des changements radicaux mais il y aura toujours un prix, pour un petit état disposant d'une partie de ses pouvoirs de s'écarter significativement de l'environnement fiscal et économique (voir les subventions aux entreprises par exemples).

      Dans ce contexte, il y a tout de même des nécessités pour plus de justice et plus d'attention à l'égard des populations. La lutte à toute forme de corruption, la transparence par rapport au choix qui s'offrent dans les décisions, plus de science et de rigueur dans l'analyse des politiques, plus de vision à long terme, la priorité à l'éducation et au développement personnel des individus, des politiques sociales structurantes, une fiscalité juste et sans échappatoire, etc.

      Tout cela est une forme de progressisme réaliste qui s'applique pas à pas, en évaluant avec rigueur, le contexte et l'effet des politiques sur les citoyens surtout les plus démunis.

      Pour éviter la frustration, il faut d'abord, évaluer la situation et en reconnaître les contraintes. Sinon nous risquons d'être dans la contestation stérile et dans la frustration perpétuelle

    • Raymond Labelle - Abonné 14 mars 2017 11 h 01

      Vous avez en partie raison M. Toupin, mais il y des choses qui peuvent être faites dans le champ de compétences exclusif du Québec qui n'ont pas été faites.

      Quelques exemples:

      - rétablissement de la taxe sur le capital (les banques ne vont pas fuir du Québec)

      - augmentation des redevances minières - la loi de Martine Ouellet n'a fait que redistribuer pour un même montant net total - l'industrie n'a pas osé pousser trop publiquement un soupir de soulagement - elles sont les plus basses, et de loin, de toutes les provinces du Canada, qui ne sont pourtant pas sécessionnistes...

      - les excellentes propositions de JFL pour protéger et assurer le développement du français - jamais adoptées par un gouvernement, même du PQ

      - dans son champ de de compétence fiscal - plusieurs pouvoirs pour s'attaquer aux paradis fiscaux non utilisés

      - ne pas subventionner la polluante Port-Daniel (mauvaise idée du PQ de Landry) pour plutôt encourager la production de ciment à partir de verre recyclé / le Québec a développé une excellent technologie pour donner ainsi un ciment moins cher et de haute qualité.

      - sérieusement mettre des bâtons dans les roues d'Énergie Est

      On pourrait continuer.

      On peut aussi trop sous-estimer ce que l'on peut faire dans notre champ de compétence. Cette sous-estimation sert la propagande souverainiste, mais...

    • Raymond Labelle - Abonné 14 mars 2017 11 h 21

      J'ai trouvé un document du Ministère des Finances du Québec, de 2014, qui nous dit, à la page 12, que sur toutes les recettes fiscales tirées au Québec, 55% l'étaient par le Québec, 35% par le fédéral, et 10% par des entités locales (municipalités, commissions scolaires, etc.)

      Si on veut seulement comparer le fédéral et le Québec, 55/90 des recettes fiscales sont tirées par le Québec, soit 61% de celles-ci.

      Il y a peut-être, voire sans doute, un déséquilibre fiscal, en ce que le 61% des recettes fiscales ne suffisent pas pour exercer ses pouvoirs - mais si 61% ne suffit pas à exercer ses pouvoirs, c'est qu'on en a pas mal, de pouvoirs... Oui, il y a aussi des contraintes, je montre l'autre côté de la médaille.

      Et comme je l’ai mentionné ci-dessus, on pourrait aussi aller chercher plus de revenus avec nos pouvoirs actuels (redevances, paradis fiscaux, taxe sur le capital, etc.).

      Ici pour le document: http://www.finances.gouv.qc.ca/documents/Autres/fr

    • Raymond Labelle - Abonné 14 mars 2017 11 h 29

      M. Toupin, je suis d'accord avec vous qu'il faut demeurer réaliste et reconnaître les contraintes, et il est bon de le rappeler - l'argent ne pousse pas dans les arbres et on ne peut ignorer notre environnement social et politique nord-américain. En effet.

      J'ajoute qu'il faut aussi reconnaître ce que l'on peut faire.

      Je crois quand même que l'on aurait pu faire mieux et que l'on peut faire mieux dans bien des cas...

    • Nadia Alexan - Abonnée 14 mars 2017 12 h 45

      Chère Madame Desjardins. Je suis complètement d'accord avec vous que La Révolution tranquille a apporté beaucoup des avancements merveilleux au sein de la société québécoise. Mais mon article portait sur les trente dernières années. Je suis au courant de la Commission Parent et de la nationalisation de l'électricité par René Lévesque.
      Les réalisations de la Révolution tranquille démontrent que l'état peut toujours accomplir des choses pour le bien commun, même à l'intérieur de la fédération canadienne.

    • Benoit Toupin - Abonné 14 mars 2017 13 h 11

      A Monsieur Labelle... Bien oui, il est possible d'agir avec 61% des ressources fiscales, mais il demeure que le Québec ne peut jouer un rôle d'état dans l'évolution mondiale des pratiques fiscales et économiques, que le fédéral répartit tellement mal les insvestissement structurants et qu'il est devenu dangereux politiquement pour un politicien fédéral de donner au Québec sa part équitable d'investissements. 61% ce n'est pas rien, mais par souci de cohérence et d'efficacité, je trouve 90% serait souhaitable. Les récentes discussions sur les transferts en santé donne un bon indice de l'inefficacité de donner des impôts à un gouvernement et négocier ensuite le retour des mêmes argents... Quelle perte de temps et d'énergie...

      Mon propos ci-haut visait à mettre en garde de la tentation de la désolation sans regarder le contexte mondial et l'environnement fiscal et économique. La désolation se justifie par rapport à des attentes réalistes, sinon elle devient contestaire et perpétuelle plutôt que constructive.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 mars 2017 13 h 29

      M. Toupin, je suis d'accord avec vous qu'il faut demeurer réaliste et reconnaître les contraintes, et il est bon de le rappeler - l'argent ne pousse pas dans les arbres et on ne peut ignorer notre environnement social et politique nord-américain, voire mondial. En effet.

      J'ajoute qu'il faut aussi reconnaître ce que l'on peut faire.

      Je crois quand même que l'on aurait pu faire mieux et que l'on peut faire mieux dans bien des cas...

    • Benoit Toupin - Abonné 14 mars 2017 14 h 52

      Oh! que oui on peut faire mieux...

  • Pierre Beaudet - Abonné 14 mars 2017 01 h 21

    Votre texte fait l'économie d'une analyse serrée de QS qu'on ne peut pas réduire à une personnalité, même aussi décapante que celle de GND. Avec ses quelques milliers de membres dont plusieurs sont actifs dans la société civile, c'est une réalité complexe où il y a des compétences et des expériences d'une riche diversité.
    L'arrivée de GND peut faire une différence, mais QS va rester marquer par ss origines progressistes dont l'écologisme, le féminisme, l'altermondialisme.
    C'est un parcours distinct par rapport au PQ dont le point de départ a été la souveraineté politique.
    Maintenant que QS peut aspirer à passer à une autre étape, l'enjeu de devenir une force politique plus que marginale est à la fois un pas en avant et une menace. La menace étant, un peu comme vous le dites, de jouer dans le jeu politique tel qu'il est, avec ses manigances, "spins" et déformations médiatiques, la tendance médiatique d'aller au plus simple autour d'une figure charismatique.
    Avant de conclure que QS et le PQ vont se déchirer sur un même registre, je serais prudent. On a constaté ces dernières années la montée des "nouveaux progressismes", notamment en Amérique du Sud et quelques fois en Europe. Le bilan après 15 ans est encore partiel. Je vous signale toutefois que la gouvernance a changé dans plusieurs pays (je pense à la Bolivie). Il y a eu une démocratisation, encore fragile, permettant à des couches populaires d'avoir accès à une citoyenneté réelle. Plus des changements au niveau politique faisant en sorte que la lutte contre la pauvreté a bien avancé.
    Au Portugal à l'autre bout du monde, le "bloc de gauche" (un peu l'équivalent de QS) a conclu une entente avec le Parti socialiste (un peu l'équivalent du PQ) pour mettre un frein aux politiques d'austérité et réaligner les priorités (contrairement à la France ou à l'Espagne).
    Il y a beaucoup de facteurs et de circonstances et on ne peut pas parler de "modèle". Il y avait dans votre note une note un peu fataliste qui me semble

    • Gilbert Turp - Abonné 14 mars 2017 08 h 59

      Le mode de scrutin impose la manigance de manière mécanique, et aussi la concurrence. Michel David pointe avec raison cet étrange esprit de concurrence de gauche, concurrence normalement attachée à la pensée de droite.
      QS ne peut pas aspirer à prendre des comtés libéraux. Les seuls comtés prenables sont au PQ.
      Sans convergence, cette concurrence fait le jeu de la droite.
      GND a des principes et un sens moral qui ne changeront rien aux réalités mécaniques qui vont l'enserrer désormais dans sa marche vers le pouvoir.

    • Pierre Brosseau - Abonné 14 mars 2017 17 h 42

      "QS va rester marquer par ses origines progressistes dont l'écologisme, le féminisme, l'altermondialisme."

      M. Beaudet, il serait bon d'élargir également votre énumération des origines de QS à ses racines communistes.

      Une simple recherche sur Google avec les mots "les racines communistes de Québec solidaire" est éclairante.

      Il est bon de connaître les idéologies qui sous-tendent les partis politiques quels qu'ils soient.

  • Jacques Lamarche - Abonné 14 mars 2017 03 h 05

    La CAQ et le PLQ jubilent!

    Le brillant jeune homme est habité par de beaux sentiments révolutionnaires et veut redonner du pouvoir aux citoyens ordinaires Pourtant, s'il réussit à relancer Québec solidaire, il aura fait tout le contraire! Le vote souverainiste sera davantage divisé, la droite gagnera encore plus de comtés!

    En politique, il faut aussi savoir compter!

    Et par réalisme se regrouper!

    • Gilles Delisle - Abonné 14 mars 2017 08 h 45

      Vous avez tout vrai, monsieur. Qu'on s'appelle GND ou Francoise David, le problème demeure le même. Aucun parti ne pourra réaliser pleinement son programme sans un pays. Vouloir faire croire le contraire ou encore procéder à l'envers ,serait un pari perdu d'avance. Le dernier "front des provinces" sur la santé , une stratégie qui n'a jamais fonctionné, n'a pas tenu très longtemps, on le sait, et les Lévesque, Parizeau, Landry et bien d'autres l'avaient bien compris. Alors, vouloir se faire un nom sur le dos de ceux qui ont voulu nous donner un pays, n'est pas une stratégie gagnante.

    • Pierre Bernier - Abonné 14 mars 2017 09 h 25

      Effectivement, la bonne gouvernance ne relève pas du « romantisme révolutionnaire » ni d’approximations quant à l’« épaisseur du réel » !

      On laisse ça aux séminaires académiques visant à vérifier la bonne compréhension des enjeux mal documentés d’une autre époque… Ou aux propos de table d’un repas du samedi soir bien arrosé ?

    • Danielle Houle - Abonnée 14 mars 2017 09 h 54

      Tout est dit!

      Merci pour votre intelligence, on en a grandement besoin!

    • Jean Jacques Roy - Abonné 14 mars 2017 11 h 00

      "Le vote souverainiste sera davantage divisé" Jacques Lamarche

      Monsieur Lamarche, arrêtons d'utiliser ce cliché une fois pour toute! Depuis 1996, il n'y en a pas de votes "souverainistes"!

      Les enfants qui sont nés il y a 20 ans, voteront pour la première fois aux élections provinciales en 2018.

      La génération de GND, les 25-30 ans, qui a été au coeur des grandes mobilisations de l'hiver et du printemps 2012 qu'a-t-elle connu des politiques "réelles" exercées par les libéraux au pouvoir au cours des 15 dernières années?

      De quelle façon le PQ et le BLOC, dans l'opposition à Québec et à Ottawa, ont-ils répondu aux politiques néo-libérales des libéraux et aux conservateurs fédéralistes qu'ils soient à Québec ou à Ottawa? Ont-ils réellement proposé et poussé l'idée d'effectuer l'indépendance politique et économique du Québec comme moyen efficace et réalisable pour affronter l'offensive du capitalisme néolibéral?

      Vous, autant que moi, vous savez bien que NON. Les jeunes générations le savent aussi et du PQ comme du discours sur la "souveraineté", que savent-ils ? Ce que leurs grands-parents racontent en bien ou en mal "qu'il fût" à ses origines il y a plus de 50 ans! Or, ce passé appartient à une histoire ancienne. L'histoire du PQ au passé récent et présent est-elle celle d'un parti qui aurait été en marche et qui serait en marche pour réaliser l'indépendance du Québec? La réponse du PQ depuis Lucien Bouchard, passant par Pauline Marois et maintenant le chef JFL est NON... pas maintenant.

      Arrêtons donc de parler que QS ou que ON "enlèverait" des votes souverainistes au PQ, parti qui depuis l'ère Bouchard affirme d'une élection à l'autre que l'option de la souveraineté n'est pas à l'ordre du jour! Par contre, les citoyens et citoyennes de toutes les ethnies, de toutes les religions, francophones, anglophones ou amérindiens sont invité.es à voter pour des candidatures QS. Parti indépendantiste qui se présente avec un programme anti-néolibéral!

    • Jacques Lamarche - Abonné 14 mars 2017 16 h 09

      M. Roy, vous avez raison. Les jeunes ignorent les tenants et aboutissants de la Révolution tranquille et surtout n'ont jamais entendu parler, de façon positive, de la souveraineté. Leur univers social, culturel et politique a été tout à fait différent de celui que nous, les vieux, avons connu! C'est pourquoi, moins nationalistes, ils votent ¨caquiste¨!

      Or tous les progressistes, ceux qui veulent changer l'ordre des choses, et qui, comme par hasard, sont en grande majorité souverainistes, doivent absolument se serrer les coude, sinon les autres vont passer, encore plus facilement que par le passé! La lutte fraticide doit cesser! C'est une question de comptabilité! La gauche et le centre gauche du Québec francophone ne représentent que 40% de l'électorat! Peut-être 42%! Plus divisé, ce vote ne pourra plus bientôt rivaliser avec le vote caquiste qui, chez la jeune génération, ne cesse de gonfler! Et le vote libéral pourra tout balayer!

      Les deux partis frères doivent se réconcilier, tout simplement! Ils se nuisent mutuellement et en faisant cavaliers seuls, ils s'enlèvent toute chance d'exercer le pouvoir!

  • Pierre Desautels - Abonné 14 mars 2017 05 h 16

    Monsieur David nous livre une bonne analyse de la situation. Il faut ajouter que plusieurs indépendantistes progressistes qui ont voté pour le PQ en 2012 se sont sentis trahis par le virage à droite du gouvernement Marois et ne l'ont pas encore oublié. Au prochain congrès de septembre, le PQ aura à choisir entre un virage vers valeurs progressistes où se cantonner dans un programme où la lancinante question identitaire sera le thème central. Le PQ sera un peu coincé entre l'émergence d'un renouveau chez Québec solidaire avec l'arrivée de GND tout en surveillant la CAQ dans le rétroviseur.

  • Normand Carrier - Abonné 14 mars 2017 06 h 57

    Il faut d'abord battre les libéraux de Couillard ....

    Le PQ doit débarquer les libéraux qui ont fait beaucoup de mal au Québec depuis 2003 avec une interruption de 18 petits mois .... La priorité sera de ré-investir dans la santé et l'éducation pour palier aux énormes sacrifices imposés aux plus démunis de la société .....

    Le PQ doit prendre le pouvoir pour mettre les jalons pour préparer l'indépendance et se donner les moyens de la réaliser ... C'est le seul parti souverainiste en mesure d'y parvenir a moins que GND soit si confiant de donner a QS une majorité en 2018 .... On doit admettre que de passer de trois députés a 63 est un saut impossible a réaliser a moins que le nouveau sauveur soit Dieu en personne ....

    Le moyen privilédié pour arriver a faire progresser QS est le scutin proportionnel et pour changer le système électoral , le PQ doit être au pouvoir et se servir de sa majorité car les libéraux y sont toujours opposés et ne veulent abolir un système qui les sert bien ....

    QS ne voit pas d'urgence et se contente de certains progrès tandis que le PQ a l'obligation de se faire élire et doit naviguer entre différentes options pour séduire le plus grand nombres d'électeurs ....

    • Danielle Houle - Abonnée 14 mars 2017 09 h 57

      Oui, il faut d'abord et avant tout battre Couillard et sa gang. Est ce que les québécois vont encore une fois se tirer dans le pied avec un vote idéologique ou bien seront-ils en mesure d'être stratégiques et unir les votes là où on peut l'emporter, soit au PQ???

    • Jean Jacques Roy - Abonné 14 mars 2017 11 h 44

      "Le PQ doit débarquer les libéraux qui ont fait beaucoup de mal au Québec depuis 2003 avec une interruption de 18 petits mois .... La priorité sera de ré-investir dans la santé et l'éducation pour palier aux énormes sacrifices imposés aux plus démunis de la société..." Normand Carrier.

      Il me semble avoir entendu ce même discours, avec des clignotements sur la gauche, au cours de la campagne électorale de 2012 lorsque Madame Marois et le PQ se sont présenter pour déloger Charest!

      Conclusion...

    • Jean Richard - Abonné 14 mars 2017 11 h 50

      « Le PQ doit débarquer les libéraux qui ont fait beaucoup de mal au Québec depuis 2003 »

      Débarquer les libéraux pour prendre la relève et naviguer sur le même cap ? À quoi bon ?

      Naviguer ? Que dis-je ? Ce serait plutôt louvoyer, louvoyer sans gouvernail, avec par exemple un Lucien Bouchard issu du PC à Ottawa, cet homme politique qui a prouvé que le PQ pouvait fort bien naviguer dans les mêmes eaux que le PLQ.

      Errance également quand au lieu de cesser d'arroser le feu de l'intolérance – le vote ethnique, qui aurait empêché la division du Canada mais provoqué celle du Québec – on en a remis une couche avec cette charte des valeurs aux valeurs fort mal définies.

      Faute d'une vision politique et sociale qui se tient debout, le PQ n'est plus gouverné que par l'électoralisme et sa marotte « Il faut battre les libéraux » prend parfois des teintes de populisme.

    • Benoit Toupin - Abonné 14 mars 2017 13 h 30

      A Monsieur Richard... Revenons à la critique que vous faites des années Bouchard. Vous souvenez-vous de la façon dont le gouvernement Chrétien avait réglé son déficit sur le dos des provinces. Souvenez-vous des réalisations de ce gouvernement, entre autres, équité salariale et mise en place de la politique de la petite enfance. Souvenez-vous de son départ devant le manque de soutien de la population vis à vis du plan B de Monsieur Chrétien, incluant le terrible désiquilibre fiscal de l'époque. Voilà pourquoi, récemment "L'Actualité" disait que le Québec avait été sauvé par un de ses premiers ministres: Lucien Bouchard...

      Pour ce qui est de la charte des valeurs, projet inachevé, on en déforme la portée de façon odieuse, comme si l'interdiction des signes religieux était dans l'espace public alors qu'il visait certains postes publics et qu'à la fin les interdictions auraient été allégées pour éviter les pertes d'emplois. Et la chose n'étant pas réglé, comme le montre le récent sondage de Radio-Canada, l'impatience de la population devant l'incapacité à régler cette question entraine des prises de positions échevelés quiarrivent de partout; alors bravo! A qui profite l'inaction? Et qui en souffre?

    • Frank Jette - Abonné 14 mars 2017 13 h 48

      Réponse à Jean Richard.
      C'est vrai que le PQ de Lucien Bouchard a navigué plus à droite, tout en faisant certaines mesures de gauche (CPE, etc.). Il reste que l'état nord- américain qui a vu la plus grande baisse de la pauvreté sur son territoire est le Québec entre 1995 et 2003. Ça ne doit pas être pour rien...

    • Normand Carrier - Abonné 14 mars 2017 14 h 45

      Monsieur Richard , il faudrait regarder le programme du PQ qui est fondamentalement progressif et qui sera possiblement amélioré lors du conseil national a l'automne .... Le PQ a toujours été un parti de progrès et a amélioré le sort des citoyens et réduit les écarts entre les riches et démunis ....

      Mais si vous êtes heureux avec le gouvernement Couillard et aimer pouvoir critiquer dans une opposition éternelle , alors voter pour votre nouveau messie qui peut dire une chose et son contraire car , il n'a jamais connu de responsabilités ministérielles et assumé le pouvoir avec tout ce que cela comporte comme critiques ......