Toujours inégaux

Toujours inégaux en matière d’emploi. Hommes et femmes sont séparés par leur rémunération, par l’évolution de leur carrière, par leur activité sur le marché du travail. L’inégalité va jusqu’à s’étendre aux motifs d’absentéisme.

L’écart hommes-femmes sur le marché du travail s’atténue au fil des ans. Mais les inégalités persistent. Une petite étude du 8 mars de Statistique Canada.

Inégaux quant à l’occupation d’un emploi, 77,5 % des femmes de 25 à 54 ans occupant un emploi en 2015 comparativement à 85,3 % pour les hommes. Et dans l’emploi dit précaire, 18,9 % des femmes travaillent à temps partiel, contre 5,5 % des hommes. Elles sont toutefois plus nombreuses à occuper ces emplois par choix, la raison généralement évoquée étant de s’occuper des enfants. « Cela signifie que les femmes passaient en moyenne 5,6 heures de moins par semaine que les hommes à effectuer du travail rémunéré (35,5 heures, contre 41,1 heures) », peut-on lire dans l’étude.

Donc, inégaux aussi quant à l’évolution de leur carrière, la durée des interruptions de travail étant deux fois plus élevée chez les femmes. « Cela reflète la propension plus élevée chez les femmes à prendre un congé de maternité ou parental, et à s’absenter du travail pour des raisons familiales et/ou liées à une maladie, et ce, pendant une plus longue période que les hommes. »

Inégaux quant aux causes d’absence au travail. « Les femmes étaient plus susceptibles (47,9 %) que les hommes (27,6 %) de s’être absentées pour des raisons involontaires, telles qu’une maladie, une incapacité personnelle ou des motifs personnels ou familiaux, y compris un congé de maternité ou un congé parental… Les hommes étaient plus susceptibles de s’absenter du travail pour d’autres raisons, telles que des vacances », peut-on lire.

Rémunération

Inégaux, enfin, quant au salaire horaire moyen. Sur ce thème, une nuance s’impose d’entrée de jeu. En s’inspirant des données pour le Québec de l’Institut de la statistique du Québec, on observe que le taux de présence féminine dans les entreprises québécoises de 200 employés et plus se chiffrait à 49,8 %, tous secteurs confondus. Si ce taux tombe sous les 40 % dans le secteur privé, il atteint 61,5 % dans le secteur public, avec une pointe à 73,9 % dans l’administration québécoise. Universités et administration fédérale affichent également une surreprésentativité féminine.

Si l’écart salarial favorise généralement le privé, l’on reconnaît la présence de loin supérieure des régimes complémentaires de retraite dans la fonction publique, les sociétés d’État, les universités et les administrations municipales et fédérale, avec une proportion plus grande de régimes à prestations déterminées. S’ajoutent les semaines de travail légèrement plus courtes et les heures chômées payées plus élevées dans le public. Sans compter la sécurité d’emploi, le taux de perte d’emploi pouvant être neuf fois plus élevé dans le privé.

Postes de gestion

À cette distinction entre public et privé influençant la rémunération, Statistique Canada rappelle qu’en ce qui concerne les postes de gestion, la législation fédérale et provinciale sur l’équité en matière d’emploi a favorisé l’émergence de la parité hommes-femmes dans le secteur public, avec 54 % de femmes dans les postes de gestion. En comparaison, dans le privé, le quart des postes de cadre supérieur était occupé par des femmes, a souligné Statistique Canada.

Mais rien n’y fait. Malgré toutes ces considérations, si la répartition globale à travers les professions était la même que celle des hommes, le salaire moyen des femmes serait pratiquement inchangé, à 26,10 $ l’heure, le ratio salarial femmes/hommes demeurant figé à 0,87 (fin 2015), nous dit Statistique Canada.

« L’écart salarial entre les sexes est principalement une fonction de l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes qui occupent une même profession. En 2015, les hommes gagnaient plus que les femmes dans tous les groupes de professions, à l’exception de 2 (sur 46). Étant donné leur répartition au sein des professions, si les femmes touchaient le même salaire que celui des hommes pour la même profession, leur salaire moyen augmenterait en moyenne de 2,86 $ par heure. Il en résulterait un ratio salarial entre les femmes et les hommes de 0,97, soit la quasi-parité. »

2 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 9 mars 2017 01 h 08

    La volonté politique manque!

    La source de l'inégalité homme/femme au Canada se trouve dans le manque de volonté de nos gouvernements de légiférer l'égalité comme beaucoup d'autres pays scandinaves avancés ont déjà entrepris.
    Ici au Canada on ne considère pas qu'élever un enfant doit être une entreprise collective. Il y'a un proverbe qui dit: «Ça prend un village pour élever un enfant!» Comme société, on devrait s'occuper des femmes qui sont déjà débordées par la garde de leurs enfants et beaucoup d'entre eux ont la charge d'être des aidants naturels pour leurs parents également.
    Dans d'autres pays plus avancés, l'état soulage ces femmes avec des programmes d'aide à domicile. Il faudrait sortir de l'individualisme morbide qui délaisse les femmes à leur sort.
    De plus, les pays scandinaves ont légiféré des lois pour rendre leur parlement plus égalitaire.

  • Denis Paquette - Abonné 9 mars 2017 03 h 29

    Un bulldozer a une démocratie de pacotilles

    Et ce n'est que le début , entendez que les droites prennent le pouvoir, ils vont vous en faire des égalités, donnez vous la peine de savoir ce qu'en pense, ce cher Trump,ne dit on pas que que depuis toujours, quand les sociétés ont trop de difficultés , ce qu'ils préfèrent souvent, c'est un bulldozeur a une démocratie de pacotilles