La laïcité déculottée

Charles Taylor, merci. On vous traitera de vire-capot tant qu’on veut, votre retournement de veste tout aussi courageux qu’inattendu démontre bien qu’il n’y a pas de consensus au Québec sur la question de la laïcité et, surtout, qu’on ne sait pas vraiment de quoi on parle, quand on en parle. Depuis 10 ans qu’on pédale dans la choucroute au nom du « vivre-ensemble », merci de nous renvoyer à nos devoirs.

Mais où commencer ? Les malentendus sont nombreux et combien enchevêtrés ! D’abord, cette notion voulant que la Révolution tranquille ait transformé le Québec en terre de la laïcité. Oui, la province s’est rapidement sécularisée dans les années 60 ; il y a eu une grande « perte d’influence de la religion », pour ne rien dire de la déconfessionnalisation des écoles. Mais la laïcité implique une séparation de l’Église et de l’État autrement plus pointue, une qui passe par l’ordre juridique et qui aurait exigé, excusez-moi de le souligner à gros traits, le retrait du crucifix à l’Assemblée nationale.

La laïcité comporte un deuxième volet, plus important encore : la neutralité de l’État. Contrairement aux interprétations souvent véhiculées, cela n’implique pas une désaffection religieuse. Loin de récuser, la neutralité « accueille » toute religion seulement sans favoritisme ni parti pris. Comme le suggère le sociologue belge Marc Jacquemain, il ne s’agit pas  d’une valeur en soi, mais d’un dispositif qui garantit une valeur, celle de la liberté de pensée et de religion. L’important n’est pas la neutralité ni l’absence de religion, en d’autres mots, mais bien la liberté de conscience. La possibilité pour chacun d’entre nous de vivre selon ses croyances, en toute liberté. Pour que ce foisonnement individuel puisse se réaliser, l’État, lui, doit offrir une page blanche.

Rien de ça n’a été officiellement discuté, encore moins légiféré, sous le gouvernement Lesage. Il ne l’a pas été beaucoup plus lors de la commission Bouchard-Taylor qui, de toute façon, se penchait sur un à-côté de la laïcité, les accommodements religieux. Les commissaires ont beau avoir inscrit la notion de « laïcité ouverte » dans leur rapport, celui-ci, on le sait, a été grossièrement tabletté. La notion n’a donc guère de sens pour l’ensemble des Québécois aujourd’hui. Si elle avait été bien comprise, aurait-on fait un tel gâchis de la « charte des valeurs » cinq ans plus tard ?

La législation proposée par le gouvernement Marois offrait un premier exercice, en bonne et due forme, sur la laïcité. À la bonne heure. Mais plutôt que de discuter de la neutralité de l’État et du type de laïcité que nous voulions, le débat s’est enlisé sur la question de l’identité nationale. C’est la raison pour laquelle l’exercice a été rapidement rebaptisé « charte des valeurs québécoises ». Il ne s’agissait pas d’établir rationnellement, juridiquement, le « rapport entre le politique et le religieux » ; il s’agissait de dire ce qu’on ne tolérait pas au Québec. C’est chaque fois, en fait, la même chose. Que ce soit dans la foulée de la Révolution tranquille, du « code de vie » d’Hérouxville ou de la charte des valeurs, le sentiment antireligieux, la hantise du passé prennent le dessus et dictent les résultats.

Comme le note Marc Jacquemain, il n’y a que la France qui opte pour cette laïcité dite républicaine, nourrie de suspicion envers la religion (Révolution française oblige) et où, au nom d’une supposée cohésion sociale, on a comme mission « l’émancipation » du croyant. Or, le type de laïcité proposée par MM. Bouchard et Taylor, aussi appelée laïcité libérale, est aux antipodes de cette laïcité française où, plutôt que de défendre « le droit de l’individu face à l’État » on défend « le droit (et même le devoir) de l’État de défendre l’individu face à la religion ».

Ce qui nous amène au consensus que M. Taylor aurait malencontreusement fait voler en éclats, celui d’interdire aux juges, magistrats et policiers le port de signes religieux.

D’abord, est-ce vraiment une victoire d’ériger ce principe en loi alors qu’on ne comprend guère sur quoi une telle restriction repose ? Il s’agit, après tout, de bafouer les droits fondamentaux de certains individus. La « neutralité d’apparence » en vaut-elle vraiment la chandelle ? Je suis plutôt disposée à le croire, mais je trouve suspect qu’on veuille applaudir seulement à ce qui restreint ici les droits individuels alors que c’est silence radio sur ce qui garantirait leur épanouissement. Plutôt qu’un geste réfléchi en vue d’une laïcité réelle, un tel consensus n’agit-il pas plutôt comme un gros diachylon sur la plaie béante de l’identité nationale ?

Charles Taylor a raison de nous forcer à y réfléchir à deux fois.

107 commentaires
  • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 22 février 2017 01 h 17

    À la merci de Taylor

    Je ne comprends pas comment une personne qui habite au Québec peut dire merci à CharlesTaylor, à moins de s’appeler Francine Pelletier.

    Taylor a été nommé par Jean Charest parce que ce dernier savait très bien qu’avec cet individu, devenu inqualifiable, il allait se faire du capital politique.

    Cette commission, comme la commission Charbonneau qui toutes les deux nous auront couté la peau des fesses, se sera terminée, elle aussi, en queue de poisson.

    Dans son rapport, pour se faire payer, Taylor a dit oui et après avoir été payé, il vient nous dire non.

    Il n'y a que Francine Pelletier pour avaler ça comme un exotique plat de couleuvres marinées.

    Avant d’être un droit, la religion est un choix et il n’y a que la Charte de Trudeau pour venir nous dire que ce choix a priorité sur le droit des autres.

    Encore une fois madame Pelletier s’est vraiment surpassée.

    La semaine prochaine, suivons la suite de Sauvons Manon.

    • Benoît Landry - Inscrit 22 février 2017 09 h 37

      C'est simple.
      «Charles Taylor, merci. On vous traitera de vire-capot tant qu’on veut, votre retournement de veste tout aussi courageux qu’inattendu démontre bien qu’il n’y a pas de consensus au Québec sur la question de la laïcité et, surtout, qu’on ne sait pas vraiment de quoi on parle, quand on en parle. Depuis 10 ans qu’on pédale dans la choucroute au nom du « vivre-ensemble », merci de nous renvoyer à nos devoirs.»

      Autrement dit, elle nous dit que le débat doit se poursuivre, qu'on ne peut pas trancher entre le noir et le blanc, et que dans une société évoluée, il faut parfois chercher la solution dans les zones de gris.

      Dommage qu'à chaque fois qu'une personne ose vouloir mettre des nuances dans ce genre de débat, qu'elle se fasse «crucifixer»

    • Jean-Henry Noël - Abonné 22 février 2017 09 h 58

      On aura beau tirer à boulets rouges sur Charles Taylor et encenser Gérard Bouchard.Ceci est un vieux réflexe québécois : rejeter l'Anglais et sublimer le Français.Charles Taylor n'aurait-il pas simplement évolué ? De quoi s'agit-il au juste ? D'immigrants avec une religion autre. Mais quand dans les années soixante, on rejetait les Italiens à Saint-Léonard, il s'agissait d'une etnnie blanche et catholique.Quel facteur commun entre ces deux rejets ? OPn ne le dira jamais assez : la xénophobie.Je vous poseune question : est-ce que l'élimination des signes religieux va régler le problème des musulmans ? Ou le vôtre ?

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 22 février 2017 10 h 14

      Dire que Taylor est courageux, vous appelez ça mettre des nuances?

      À moins d’être masochiste, ça ressemble beaucoup plus à du radicalisme outrancier.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 22 février 2017 10 h 17

      "Avant d’être un droit, la religion est un choix et il n’y a que la Charte de Trudeau pour venir nous dire que ce choix a priorité sur le droit des autres."
      Si vous voulez faites l'exercice suivant : remplacer religion par un autre motif interdit de discrimination comme "orientatation sexuelle, culture, idées politiques, etc. "
      Je réclame donc le droit d'embauche des péquistes hétéro, pur-laine, à supposer qu'un tel droit existe.
      N'est-ce pas ce que vous sous-entendez?
      Ou encore pire : "Je réclame le droit d'avoir un espace publique libre de manifestation ou d'expression d'autre chose que du mouvement péquiste, hétéro et pur-laine".
      Il ne faut pas oublier que l'URSS est le modèle le plus "réussi" de laïcité révolutionnaire.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 22 février 2017 11 h 38

      Il y aura consensus au Québec sur la laïcité quand la population du temps de Jean Lesage aura subi le "grand remplacement" comme il se fait actuellement sur le vieux continent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 février 2017 11 h 42

      Je cherche autre chose que procès d'intention dans votre commentaire.

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 22 février 2017 14 h 16

      @ RMD
      C’est tout à fait normal d’y voir là un procès d’intention quand on est l’avocat du diable.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 février 2017 17 h 36

      J'aime bien ce bout de phrase M. Chalifoux :"Avant d’être un droit, la religion est un choix...".

      On doit être capable de faire un choix conscient sur notre détermination spirituelle qu'on a choisi, sinon, ce n'est que de l'endoctrinement ou bien pire, de la filiation dès le bas âge. Tous les êtres humains, après avoir atteint l'âge adulte et après avoir été exposés à toutes les doctrines et les dogmes religieux, devraient faire un choix en toute conscience s'ils veulent croire ou ne pas croire.

      À y penser, combien de gens seraient religieux s'ils n'avaient pas été endoctrinés dès l'enfance?

    • Jean-Marc Simard - Abonné 23 février 2017 06 h 28

      «À y penser, combien de gens seraient religieux s'ils n'avaient pas été endoctrinés dès l'enfance?»

      Il est dans la nature humaine d'être croyant...Quand ils ne croient pas en un Être divin, ils croient en des théories scientifiques, dont certaines relèvent de la pure science fiction comme la théorie du multivers ou celle des cordes, ou en d'autres phénomènes plus ou moins crédible, comme le monde des Esprits, la cartomancie ou autres...L'humain est foncièrement religieux. Ça fait partie de son ADN. Pourquoi ? De un parce qu'il est dotée d'une conscience réfléchie, de deux parce qu'il a la connaissance du bien et du mal, et de trois parce qu'il est mû par un désir irrésistible d'aller de l'avant, de se dépasser et de se perfectionner, toute propriétés que n'ont pas les animaux et de quatre parce qu'il a la fâcheuse et
      tendance narcissique à se prendre pour un autre...Les animaux se contentent que de vivre, tandis que l'humain est un être de projet... L'animal ne vit que dans l'instant présent...L'humain est un être constamment en train de se projeter dans l'avenir et à trouver ses solution à ses problèmes pour améliorer son sort...Alors pour répondre à votre question à savoir si les gens seraient religieux s'ils n'avaient été endoctriné dans leur enfance, je répondrai que l'endoctrinement comme vous dites ne donne qu'une culture religieuse, qu'une façon de satisfaire ce besoin viscéral de croire en une divinité quelconque...Avant d'être un être politique, l'humain est certainement avant tout un être viscéralement religieux... Faites votre introspection et vous verrez que vous-même avez vos propres croyances...Déjà le fait de croire en rien est une croyance...Alors ???

    • Claude Bariteau - Abonné 23 février 2017 08 h 30

      Ce n'est pas ce que Taylor dit, mais ce que les juges de la Cour suprême auraient pu dire sur le projet 62 et, antérieurement, sur la charte des valeurs qui ne prônait pas la laïcité mais des pratiques inspirées d'un nationalisme en perte de pertinence.

      Et ça, c'est ce qui biaise le débat. Monsieur Genois Chalifoux y fait écho et les conseillers juridiques de l'ex-PM Marois et du PM Couillard n'ont pas pu ne pas le dire, car c'est là que se trouve l'essentiel du problème.

      Il n'est pas en France, ni ailleurs dans le monde. Il est au Canada. Il l'est car y vivre implique de se comporter en canadien selon les préceptes de la Constitution de 1982 et la définition des droits et libertés qui s'y trouvent, qui sont les assises sur lesquelles se prennent les jugements de la Cour suprême en cette matière.

      Que les juges de cette cour aient erré ou non, ne change rien. Leurs jugements dictent et les provinces, qui ont malgé tout, diront-ils, un espace de manoeuvre pour légiférer, doivent l'utiliser à bon escient.

      C'est banal. Mais c'est la réalité. En proposant la loi 62, le PM Couillard le savait. Ce ne sont pas les propos de Taylor qui l'ont fait changé d'idée. Ce sot les avis qu'il a reçus. Il ne dira jamais parce que ce serait avouer l'impuissance du gouvernement du Québec à établir forme des règles, car seuls des accommodements permettront leurs applications.

      Il a retiré le projet. Et, voilà que madame Pelletier avance qu'il faut tout recommencer en s'inspirant de Marc Jacquemain, un sociologue belge dans un pays où, comme au Canada, prime un ordre monarchique constitutionnel.

      Madame Jacquemain devrait étaler d'avantage les idées de ce sociologue, non celles concernant l'espace public, mais celles qu'il privilégie au sein des organismes gouvernementaux de la Belgique, de la Wallonie et de la Flandre, question de connaître son angle d'approche. Actuellement, il laisse entendre qu'il failles s'inspirer de celui du Canada.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 février 2017 09 h 55

      Correction à mon derneir paragraphe. Il faut lire « Madame pro-Jacquemain »

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 février 2017 01 h 21

    Comment pouvez-vous ignorer la volonté de la majorité musulmane pour appuyer une minorité d'intégristes obscurantistes?

    Je suis outrée que vous n'ayez pas encore compris que l'islam politique veut détruire notre démocratie. Il n'aime pas notre culture, notre liberté de conscience et nos valeurs universelles des Lumières. Comment pouvez-vous abdiquer votre responsabilité comme féministe de promouvoir l'égalité homme/femme bafouée par les islamistes. Voiler les petites filles de cinq ans à la maternelle trahit vos valeurs féministes. Interdire aux jeunes filles de participer aux cours de gymnastiques et de natation va contre les valeurs féministes. Porter le voile sur sa tête à longue de la journée n'a rien de liberté féministe là-dedans.
    La laïcité garantie à tout le monde de pratiquer la religion en privée chez soi, mais pas auprès des instances publiques censées d'être neutre. Les droits religieux nos pas à piétiner sur les droits humains.
    Voici ce que la majorité silencieuse musulmane a produit hier: un manifeste pour la citoyenneté qui déclare: «Nous déplorons le détournement de la foi musulmane par les courants de l’islam politique présents à l’échelle internationale, et nous contestons leur prétention de représenter les musulmans du Québec.»
    De plus, «Nous n’approuvons pas toutes les demandes d’accommodements religieux, surtout celles qui remettent en question la notion même de citoyenneté et les acquis du Québec en matière d’égalité et de neutralité de l’État et des institutions publiques. En général, ces mesures ne favorisent pas l’intégration des immigrants, mais ont plutôt l’effet inverse de fragiliser leur insertion professionnelle. […]»
    Comment pouvez-vous ignorer la volonté de la majorité musulmane pour appuyer une minorité d'intégristes obscurantistes?

    • Gilles Théberge - Abonné 22 février 2017 08 h 38

      La réponse à vos questions se trouve dans l'entrevue que donnait GND, co-religionnaire politique de madame Pelletier, dans laquelle il déclare qu'il a rencontré des musulmans récemment, et que ceux-ci ne veulent pas de la laïcité... GND a jugé que la laïcité, c'est mauvais.

      Évidemment, si les musulmans ne veulent pas de la laïcité.... Quest-ce que vous voulez, comme bons mollasson, on va pas leur imposer ça n'est-ce pas?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 22 février 2017 08 h 46

      Madame Alexan, des gens comme madame Pelletier n'ont toujours pas compris que l'Islam n'est pas seulement une religion, mais un système politico-religieux. La seconde erreur est d'opposer les droits individuels à toute autre loi qui vise à assurer la cohésion sociale. Il en résulte le communautarisme et le multiculturalisme, deux notions qui divisent de jour en jour notre nation, et toutes les autres nations occidentales.

    • Claude Bernard - Abonné 22 février 2017 09 h 57

      Une chose est claire (pour certaines personnes): la laïcité est là pour contrer les musulmans.
      À leur demande en plus, n'est-ce pas merveilleux?
      Depuis quand fait-on des lois visant une seule religion?
      Duplessis s'y est essayé et s'est fait renvoyer chez lui par la cour suprême (il était pourtant premier ministre et procureur général, belle époque!).
      Il y a des lois contre les abus de l'Islamisme, comme les crimes d'honneur et les mariages forcés.
      Elles sont appliquées quand la preuve peut être établie.
      Si des musulmans ne veulent pas porter des vêtements dits ostentatoires (par ceux qui déforment le sens des mots pour justifier leurs visions des choses), qu'ils n'en portent pas.
      Si la pression des extrémistes islamiques est en cause, une loi laïciste n'y changera rien.
      La neutralité de l'état n'est pas de s'attaquer aux religions mais de ne pas nuire à une plus qu'aux autres sans justification démontrée autrement que par des craintes éxagérées alimentées par une certaine hystérie.

    • Marc Lévesque - Inscrit 22 février 2017 16 h 13

      Nadia Alexan,

      J'ai l'impression que vous évitez la discussion d'une laïcité comme Francine Pelletier l'a présenté, et je ne vois pas comment vos propos au sujet des féministes et des jeunes filles aide la promotion de l'égalité femme/homme.

      Et SVP faites attentions de ne pas confondre les Islamistes, les Islamistes politisés, et les Islamistes (politisé ou non) extrémistes et violents.

    • Hélène Paulette - Abonnée 22 février 2017 18 h 56

      Monsieur Lévesque, je crois que vous confondez Islamistes et Musulmans. Les Islamistes sont des intégristes religieux et politiques tout simplement!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 février 2017 10 h 43

      Le monde musulmans ne se départage pas entre une majorité silencieuse qui ne ne demande pas mieux qu'on les oublie, ces « bons musulmans » tout prêts à troquer leurs oripeaux pour ceux d'une « citoyenneté » bien lisse et invisibilante, d'une part et, d'autre part ces intégristes islamistes dont les porteurs de signe seraient les hypocrites avant-gardes vouées à nous endormir.

      L'Islam politique n'est pas une maladie, mais une manière aussi légitime qu'une autre de mettre sa croyance intime dans l'espace public et le débat. Si nul n'est forcé de la partager, cela n'est pas une raison pour pousser les musulmans au silence, ni pour ceux-ci d'obtempérer.

      Assez de cet autoritarisme qui se fait passer pour de la compassion.

    • Hélène Paulette - Abonnée 23 février 2017 13 h 48

      Monsieur Maltais Desjardins, je vous ferai remarquer que la majorité dont vous parlez est de moins en moins silencieuse et de plus en plus nombreuse à réclamer la laïcité. Pourquoi serait-il légitime de mettre sa croyance politique dans le débat quand personne ne la conteste? D'où vient soudainement cette tendance à protéger la religion alors qu'elle n'est pas en danger, du moins ici? Pourquoi cette loi harperienne sur le droit à la religion alors que personne ne le conteste? Ce sont des questions, comme ça.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 23 février 2017 16 h 49

      M. Maltais Desjardins,

      Les intégristes islamistes ont un but avoué, imposer la charia à leur société d'accueil. Votre réaction à leur projet politique m'est totalement incompréhensible.

      Si on vous parlait de politiciens extrémistes de gauches dont le projet politique est d'imposer le communiste (à la Staline) au pays, qui ne diffère pas tant de l'islam politique à l'ISIS, où on coupe (littéralement) tout ce qui dépasse de la doctrine « sacrée » (une belle ironie de l’idéologie communiste), vous seriez absolument terrifié, dégouté et opposé à leur projet.

      Bizarrement, vu que ce projet politique en est de l'Islam, vous semblez trouver tout cela bien normal et vous nous dites que nous n'avons pas qu'à pas partager leur croyance. Comme si se fermer les yeux et faire l’autruche a déjà été une solution efficace aux graves problèmes que rencontrent les sociétés de tout temps.

      Pour citer Edmond Burke : « All that is necessary for the triumph of evil is that good men do nothing. » Je serai donc très clair. Jamais de mon vivant, je ne resterai immobile devant des projets politiques dangereux pour notre démocratie (imparfaite). Et si je devais être traité de tous les noms : islamophobe, fasciste, raciste, sexiste, et etc., et bien tant pis, j’aurai au moins le plaisir, lorsque j’en serai rendu à me promener avec une canne (une promesse à moi-même), de pouvoir dire : « J’étais un de ceux qui se sera opposé à cette idée saugrenue, de rien. »

      Au plaisir,
      Nicolas B.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 février 2017 17 h 04

      Concernant l'intégrisme islamiste, deux formes d'aveuglement sont également dangereuses : celle consistant à ne le voir nulle part, celle consistant à le voir partout. Si votre discernement vous y autorise, j'apprécierais que vous ne me rangiez pas plus parmi ceux qui ne veulent pas voir que je ne me le permettrai moi-même.

      Au plaisir.

    • Marc Lévesque - Inscrit 23 février 2017 18 h 50

      Hélène Paulette,

      "Les Islamistes sont des intégristes religieux et politiques tout simplement!"

      En bref, non, un Musulman est le nom qu'on donne a un membre d'une des multiples variantes de la religion qui s’appelle l'Islam. Donc c'est bien d'éviter de dire que tous les Islamistes sont des intégristes, des extrémistes, ou quoi que ce soit d'autre.

    • Hélène Paulette - Abonnée 24 février 2017 09 h 13

      Monsieur Lévesque, vous faites erreur!!!

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 24 février 2017 18 h 45

      M. Bouchard, je viens de lire votre message que je trouve franc, noble et empreint d'un amour pour la vérité, la justice et la liberté. Je me sens rassurée de savoir que nous comptons des hommes aussi courageux pour se porter à la défense de notre civilisation. Bonne continuité.

    • Marc Lévesque - Inscrit 24 février 2017 19 h 00

      Hélène Paquette,

      Les langues sont compliquées (et la traduction!) mais je vais essayer de m'expliquer sans trop de raccourci.

      "Les Islamistes sont des intégristes religieux et politiques tout simplement!"

      J'avoue que le terme est utilisé par certain comme vous dites, il est utilisé autrement aussi, mais la définition la plus simple est basée sur les règles de construction de la langue française: l'Islamisme est la pratique de l'Islam, et un pratiquant de cette religion est un Islamiste, et donc la traduction d'Islamiste en Arabe est 'Muslim'.

      Imaginez qu'un certain groupe, pour combattre les agressions à caractère sexuelle au sein de l'armé décide d'introduire le mot 'militariste' pour désigner ces agresseurs -- comment est-ce que les militaires en générale qui n'ont rien à ce reprocher, et dont il y en a beaucoup qui ont milité contre le sexisme et l'agression, vont se sentir si les gens ou les medias disent qu'il faut que tout les militariste soit réprimés ou condamnés.

      Imaginer si on essayait de faire de même avec le mot Féministe.

  • Denis Paquette - Abonné 22 février 2017 01 h 38

    empecher certains de se servir de l'état pour asservir

    encore une fois nous voila assis entre deux chaises, dévisés entre la vision francaise et la vision anglaise de la liberté, dans un cas c'est l'état qui est laique ,tandis que chez les anglais c'est l'individu qui a toute la liberté, l'état n'ayant pas a se prononcer sur ce qui est personnelle en fait ces approches m'apparaissent complémentaires car elles ne s'opposent pas nécessairement selon moi un état laic n'entrave en rien la liberté individuelle sinon d'empécher que l'état soit utilisé conmme levier car si la liberté est individuelle certains aimeraient bien s'en servir pour asservir, voila les limites du droit commun , empecher qu'un jour un Trump prenne le pouvoir

    • Jocelyne Bellefeuille - Abonnée 22 février 2017 11 h 38

      Vous avez écrit une seule phrase sur 8 lignes.

      Pour faciliter la compréhension de votre opinion, que je respecte, il existe des "points" pour faciliter la lecture.

    • André Joyal - Abonné 22 février 2017 17 h 49

      Pour se faire comprendre,M. Paquette une bonne ponctualisation n'est pas suffisante.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 22 février 2017 06 h 06

    Cette fois-là, il a oublié le philosophe en lui

    Cette fois-là, le bon monsieur a oublié le philosophe en lui. Comme serviteur public, c'est un désastre!

  • Anne-Marie Bilodeau - Abonné 22 février 2017 07 h 11

    Une position purement individualiste

    La laïcité est un projet de société, de droits collectifs, respectant les libertés de conscience et de religion. L'État étant neutre, il favorise l'impartialité des institutions publiques. Les religions étant toutes patriarcales, l'État laïque favorise l'égalité hommes-femmes. La laïcité permet de favoriser le vivre-ensemble.

    Votre position de défense des droits purement individuels, selon le multiculturalisme trudeauiste, voire le communautarisme, entretient la ghettoïsation des communautés.
    Le Québec se distingue du ROC par ses démarches de déconfessionnalisation de ses institutions. La laïcité s'inscrit dans ce processus.

    Il est dommage que Le Devoir fasse un revirement aussi drastique en ne reconnaissant plus la société québécoise distincte du ROC par sa langue, par sa culture et par ses institutions neutres.

    Comment un juge, un procureur général et ses substituts, un officier de police et de prison peut-il exercer ses fonctions en toute impartialité? Poser la question, c'est y répondre.

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 22 février 2017 14 h 49

      Incroyable. Votre conclusion c'est que les gens qui ne supportaient pas la charte des valeurs étaient contre tout projet collectif? Quelle conclusion arbitraire. Inventer les conclusions qui font notre affaire, ça n'est pas très objectif. Ce projet collectif me dégoûtait, d'abord parce-qu'une clique avait décidé pour l'ensemble des Québécois ce qu'étaient leurs valeurs et comment elles devraient être appliquées.

      Désolé madame. On peut être contre ce mauvais projet qui n'avait rien de collectif et était complètement imposé par le haut, et être totalement en faveur de plein d'autres projets collectifs.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 22 février 2017 16 h 29

      «Comment un juge, un procureur général et ses substituts, un officier de police et de prison peut-il exercer ses fonctions en toute impartialité?»
      Quand bien même ils ne seraient pas impartial, comme lors du printemps érable, c'est toujours moins important que de paraître l'être !
      C'est là même vous dites notre spécificité : un amour des apparences ... !
      Comme ça, on évitera les ghettos, le replis évident des communautés qu'il y a dans le multiculturalisme.
      Étrangement, le raisonnement ici s'inverse : c'est l'interculturalisme qui est superciel, non ? Et c'est le multiculturalisme qui nous invite à dépasser les apparences et chercher la neutralité ailleurs, soit dans les actes ...

    • André Joyal - Abonné 22 février 2017 17 h 56

      @ J.C. Leblond: les sondages révélaient qu'une majorité d'au moins 60% de Québécois frnacophones étaient favorables à la charte du PQ, soit la même proportion que ceux qui ont voté OUI en 95.J'en faisais partie même si j'étais favorable à lune laïcité plus précise telle que mise de l'avant par Guy Rocher.Mais, à défaut de mieux, je me devais comme beaucoup d'autres de l'appuyer.