Pourquoi le PQ?

L’intervention de ce jeune militant montréalais au congrès du comité national des jeunes du Parti québécois, en fin de semaine dernière à Victoriaville, ressemblait à un avertissement.

« Actuellement, on a décidé de repousser l’indépendance, on a décidé d’y aller mollo sur le débat identitaire. Un parti doit avoir une marque de commerce pour gagner et se démarquer de ses adversaires. Si on recule sur la langue, ça va être quoi la marque de commerce du Parti québécois en 2018 ? », a lancé Olivier Lacelle.

Autrement dit, la seule raison de voter pour le PQ sera-t-elle de battre les libéraux ? Et pourquoi le PQ ? Thomas Mulcair a fait le pari de sacrifier une partie de ce qu’était le NPD dans l’espoir de fédérer ceux qui n’en pouvaient plus de Stephen Harper et ils ont élu… Justin Trudeau. Le NPD a fini troisième et M. Mulcair s’est fait brutalement montrer la porte.

Jean-François Lisée a également décidé de poncer les aspérités qui empêchaient certains électeurs de considérer le PQ comme une solution de rechange valable au gouvernement Couillard. Quand on connaît l’histoire du PQ, convaincre les militants de reporter le référendum à un hypothétique deuxième mandat était un véritable tour de force.

Aussitôt élu, il a également entrepris de « rééquilibrer » ses positions sur la laïcité, et la « nouvelle loi 101 » que projetait Pauline Marois a été révisée à la baisse. De son propre aveu, M. Lisée a écarté les mesures dont le coût politique lui apparaissait trop élevé, notamment l’extension au niveau collégial des dispositions de la Charte de la langue française.

 

En fin de semaine, les jeunes péquistes ont accepté de se plier au pragmatisme du nouveau chef. Ils ont renoncé aussi bien à ressusciter la charte de la laïcité qu’à imposer la fréquentation du cégep français aux allophones et aux francophones, même si le vote a été serré dans ce dernier cas.

Le pragmatisme et la compromission peuvent cependant se confondre aux yeux de certains. M. Lisée a déclaré dimanche que le PQ était prêt à « se donner un électrochoc » pour se renouveler. Un électrochoc n’est pas de la médecine douce. S’agit-il d’un simple renouvellement ou d’une métamorphose qui ne laissera du PQ que le nom ?

On connaît de plus en plus de choses que le PQ ne fera pas, mais le projet de société qui se dégage de la « proposition principale » appelée à remplacer le programme actuel semble moins chercher à faire rêver qu’à éviter de choquer. Il est vrai qu’on ne peut imposer à une population des orientations dont elle ne veut pas, mais un parti qui renonce à son identité peut difficilement être inspirant.

 

Même si seulement 14 % de ses membres ont moins de 40 ans, soit 12 000 sur 89 000, M. Lisée soutient que le PQ « est en fait le parti le plus connecté sur la jeunesse du Québec ». Il est vrai qu’en chiffres absolus, ils sont plus nombreux qu’au PLQ, mais le tiers des votes que les statuts du PLQ accordent aux jeunes lors des congrès leur donne nettement plus d’influence.

La connexion dont parle M. Lisée ne se traduit pas dans les intentions de vote. Selon le dernier sondage Léger-Le Devoir, réalisé à la mi-janvier, seulement 20 % des 18-24 ans avaient l’intention de voter pour le PQ, par rapport à 38 % pour le PLQ. La proportion de ceux qui voteraient oui à un référendum sur la souveraineté est même moins élevée dans cette catégorie d’âge (23 %) que chez les 65 ans et plus (26 %).

De toute évidence, il y a là un sérieux défi, que le rapport du Paul St-Pierre Plamondon n’a pas cherché à minimiser.

Attirer les jeunes sans faire fuir les baby-boomers, qui demeurent la base électorale du PQ, exigera cependant beaucoup de doigté.

C’est la même hantise d’avoir été le parti d’une seule génération qui avait amené les militants péquistes à se précipiter dans les bras d’André Boisclair en 2005. Lui aussi voulait mettre le PQ au goût du jour, notamment en remplaçant le nationalisme dit ethnique (comprendre identitaire) par un nationalisme civique, plus inclusif. Il en a résulté une désagréable impression de « tasse-toi, mon onc’ » qui a contribué à la défaite de 2007.

Dans son rapport, M. St-Pierre Plamondon constate que « les conclusions du rapport Laurendeau-Dunton n’ont plus aucun écho dans la nouvelle génération », qui a « un rapport à l’anglais différent de celui des boomers ». Il faut certainement se réjouir que les jeunes n’aient plus de sentiment d’infériorité en raison de leur langue, mais il y a certainement un problème si, dans leur esprit, l’indépendance est « synonyme de résistance au changement ». Le pire serait que, chacun de leur côté, les boomers et les jeunes générations en arrivent à ne plus savoir pourquoi ils devraient voter pour le PQ.

29 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 21 février 2017 00 h 42

    Le P.Q. doit se démarquer du PLQ en offrant un gouvernement progressiste.

    André Boiclair a été délaissé parce qu'il avait épousé le néolibéralisme. Je pense que le P.Q. doit nous promettre d'abord un bon gouvernement qui travaille pour le bienêtre des gens ordinaires et ne couche pas avec les entrepreneurs qui veulent tout accaparer pour leur compte. Le P.Q. doit se démarquer du PLQ en proposant des lois qui favorisent les citoyens. Il doit arrêter la privatisation de notre système de soins de santé. Il doit offrir la gratuité scolaire universitaire et il doit réformer la fiscalité en faveur des citoyens. Il doit arrêter les subventions gratuites qu'il offre aux grandes sociétés sans condition. Il doit règlementer les grandes entreprises pour qu'ils paient leur juste part d'impôt et il doit arrêter le saccage de nos ressources par les compagnies minières et pétrolières. La priorité devrait être l'environnement avant les profits. Le P.Q. doit nous montrer d'abord un bon gouvernement progressiste.

    • Claude Richard - Abonné 21 février 2017 09 h 28

      Se démarquerait-il de QS en prenant ces positions et en se ramollissant sur l'indépendance et sur la langue?

  • Yves Côté - Abonné 21 février 2017 03 h 13

    Comme...

    En politique comme en navigation, lorsque les capitaines, ou ceux qui se font élirent pour l'être, ne donnent pas à partager un franc cap à leurs équipages et passagers, c'est simplement parce qu'ils n'en ont pas.
    Et c'est alors que la dérive des navires devient la destination donnée à tous elle-même en idéale...
    L'indépendance du Québec ne peut plus attendre la guérison des bobos de X ou Y.
    Chaque jour passé à temporiser les conséquences dramatiques conjugées d'actions canadiennes est un jour perdu, puisqu'il minimise le pouvoir politique décroissant des Québécois.
    Dites-moi SVP, Monsieur Lisée s'est présenté pour être chef de quoi, donc ?
    D'un parti provincialiste qui, par une espèce de défaitisme, donne au PQ actuel un élan moribond à faire partager à tous ?
    Dans ce cas, c'est simplement que le PQ n'existe déjà plus. Et que les miettes qui peuvent rester de l'outil de combat qu'il a été ne nourrit plus que celles et ceux qui ont déjà, ont le ventre bien plein. Triste reflet pour cette liberté politique d'un Québec et de Québécois qui méritent bien plus et bien mieux, selon moi.
    Etre Québécois n'est pas plus un souhait étéré qu'une idée vide.
    Pas une théorie fumeuse non-plus. Et encore moins une déclaration de résidence !
    Se dire Québécois n'est pas et n'a jamais été en équivalence à se dire Ontarien ou Manitobain... Se dire Québécois a toujours été l'équivalent de se dire Acadien, Amérindien, Inuit, Métis de l'Ouest... Terre-Neuvien même.
    Exactement comme ce l'était hier de se dire Canayen !
    Se dire Québécois est d'affirmer un particularisme culturel si déterminant que sans celui-ci, on est autre. Autre comme Canadien, par exemple...
    Quel particularisme ?
    Celui d'affirmer que non seulement le Québec est depuis plus de quatre siècles de langue française commune, mais qu'il est parfaitement légitime politiquement et moralemernt qu'il persiste à en être ainsi.
    Affirmation en absence de laquelle l'identité québécoise n'existe simplement pas.

    VLQL !

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 février 2017 03 h 13

    Le miroir aux alouettes

    Dans ce texte de M. David, il y a deux prémisses fondamentales qui m’apparaissent douteuses.

    La première, c’est que le PQ est moins résolu à défendre le français qu’auparavant en renonçant _pour l’instant_ à imposer la loi 101 aux CÉGEPs anglophones.

    Le deuxième, c’est que le report _implicite_ d’un troisième référendum aux calendes grecques.

    En somme, le PQ vendrait son âme afin de remporter les élections.

    Ces prémisses sont fausses.

    Ce que le PQ a fait, c’est de cesser de se comporter comme un mouvement politique pour devenir un _vrai_ parti politique.

    Le programme d’un mouvement peut comporter des mesures ambitieuses qui sont un appel au dépassement de soi (individuel ou collectif).

    Mais pour un parti politique, le programme se définit comme l’ensemble des mesures qu’on promet de mettre en œuvre. Un programme politique est donc une collection de promesses. Rien de plus.

    Avoir dans le programme, depuis des décennies, des mesures que le PQ n’a jamais mis en application lorsqu’il a pris le pouvoir et que personne — ni M. Lisée ni personne d’autre — ne mettra en œuvre dans un avenir prévisible, c’est de la fausse représentation.

    D’où l’abandon _pour l’instant_ de la promesse d’imposer la loi 101 aux CÉGEPS anglophones. Le PQ n’y renonce pas; il cesse de le promettre au mandat qu’il sollicite des électeurs.

    Cet abandon est compensé par une mesure beaucoup plus efficace et beaucoup plus acceptable, soit d'imposer la connaissance _préalable_ du français aux personnes (sauf les réfugiés) qui veulent immigrer au Québec.

    Fini le 60% des immigrants qui choisissent de s’angliciser. Fini le déclin dramatique du pourcentage de Francophones dans la région montréalaise.

    Quant au référendum, ce que M. Lisée propose, c’est l’abandon des référendums-suicides, ces référendums perdus d’avance qu’on promet dans le seul but de faire plaisir aux ‘référendeux’. Le référendum doit cesser d'être un but en soi.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 février 2017 09 h 25

      Affirmer que l'on ferait à coup sûr un référendum en cas de deuxième mandat, c'est plus de probabilité de référendum que l'action réelle des gouvernements du PQ antérieurs.

      Que le PQ dise "on va p'têt' ben en faire un" et n'en fasse pas, comme c'est le cas depuis près de 25 ans (et on ne le blâme pas de ne pas tenir de référendum perdant) et en fasse vraiment un s'il obtient un deuxième mandat comme c’est sa position actuelle, rend le référendum plus probable dans la deuxième hypothèse.

      L'idée étant que si les gens élisent le PQ majoritaire lorsqu'il sollicite un deuxième mandat, sachant que celui-ci fera un référendum si élu, cela signifiera peut-être une base suffisante pour le gagner. Et si les gens n'en veulent pas et n'élisent pas le PQ pour cette raison, et bien ça ne fera pas un référendum perdant.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 février 2017 09 h 35

      Les mesures proposées pour protéger le français sont efficaces et réalistes et seraient probablement réellement adoptées par un gouvernement du PQ - à la différence des mesures radicales adoptées au congrès du parti pour faire plaisir à une frange et qui ne sont pas appliquées par un gouvernement du PQ parce que trop radicales.

      En somme, aussi bien sur le français que sur le référendum, le PQ ferait ce qu'il dit, ferait plus que tous ce que les gouvernements du PQ ont fait dans le réel à ces sujets dans le passé au lieu de suivre la ligne "gros parleux, 'tit faiseux".

    • Gilles Gagné - Abonné 21 février 2017 09 h 46

      Excellente réplique M. Martel, j'y rajouterais que le PQ serait déconnecté de la pensée actuellement imprègnée dans la population québécoise par le discours démagogique libéral. C'est l'orientation que prend le "nouveau" pq, ce travail nécessite de reprendre le citoyen là où il est c'est-à-dire un individu axé sur sa seule performance et sur la part qu'il peut sauver pour lui-même dans cette société axée sur la personne et le profit.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 février 2017 09 h 59

      Excellent, la distinction entre mouvement politique et parti politique !

    • Jean Richard - Abonné 21 février 2017 10 h 12

      « Cet abandon est compensé par une mesure beaucoup plus efficace et beaucoup plus acceptable, soit d'imposer la connaissance _préalable_ du français aux personnes (sauf les réfugiés) qui veulent immigrer au Québec. »

      Pourtant, il y a des immigrants qui sont débarqués ici en ayant déjà dans leurs bagages un niveau de connaissance du français supérieur à celui de la moyenne des pure-laine et qui ont été, malgré tout, victimes de discrimination au moment d'obtenir un emploi. Il s'agissait, bien sûr, de Nord-Africains.

      L'intégration ne se fera pas uniquement sur une question de langue, mais sur la capacité du pays hôte à permettre aux nouveaux arrivant de s'intégrer à la société en place, ce qui se fera à l'école pour les enfants et au travail pour les adultes. Les anglophones ont compris ça depuis longtemps et connaissant trop bien les faiblesses des francophones de souche, ils savent quoi faire pour accélérer l'anglicisation des immigrants.

      « Fini le 60% des immigrants qui choisissent de s’angliciser. Fini le déclin dramatique du pourcentage de Francophones dans la région montréalaise. »

      L'anglicisation n'est pas l'exclusivité des immigrants. Elle touche aussi les francophones de souche, et c'est davantage dans le monde du travail que ça se joue. Croyez-vous que l'on parle français dans les bureaux d'ingénieurs de Bombardier ? Des ingénieurs unilingues anglophones (presque un pléonasme) ou bilingues portugais-anglais (ceux arrachés au concurrent brésilien), j'en ai quand même connu quelques uns, à qui l'employeur offrait des cours de français, mais ce n'était que pour le principe, pas pour les résultats.

      Idem pour tout ce qui entoure l'informatique : presque tout se passe en anglais, selon le principe qu'un seul unilingue anglophone dans la salle suffit à imposer l'anglais comme langue de travail.

      C'est la réalité. Maintenant, le travail n'est pas tout, il y a la culture. Là, la grosse machine commerciale américaine fait le reste.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 février 2017 12 h 01

      Jean Richard écrit : « L'anglicisation n'est pas l'exclusivité des immigrants. Elle touche aussi les francophones de souche, et c'est davantage dans le monde du travail que ça se joue.»

      Votre point de vue est excellent. Je vous remercie pour cette précision.

      L’éditorialiste du Devoir a oublié également de dire que M. Lisée a réitéré l’intention du PQ d’étendre l’obligation d’obtenir un certificat de francisation aux entreprises de 25 à 49 employés. Cette obligation existe déjà pour les entreprises de cinquante employés et plus.

      Cette mesure fera d’une pierre deux coups.

      Elle créera une incitation majeure à apprendre le français puisqu’il deviendra à peu près impossible pour un immigrant qui ne connait pas le français de décrocher un emploi au Québec.

      De plus, elle règle les difficultés des Francophones québécois à être servis dans leur langue au Québec. En effet, la grande majorité des plaintes à l’Office de la langue française relatives à la langue de service concernent des petites entreprises (notamment des restaurants) dont le personnel ne parle pas le français.

      Le Parti libéral s’y oppose catégoriquement. Quant à la CAQ, elle préfère émettre le vœu pieux que les entreprises s’y soumettent volontairement alors qu’elles ont déjà toute la liberté de se franciser volontairement.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 février 2017 12 h 24

      À Jean Richard : J’oubliais…

      Au sujet des dérogations à la Loi 101 dont bénéficient Bombardier, le service informatique de la Banque Nationale à la Place Ville-Marie et d’autres entreprises: il s’agit d’une mesure controversée qui vise à maintenir au Québec des sièges sociaux et des unités spécialisées de production industrielle.

      Je vous avoue que je trouve cela très discutable. Mais dans la mesure où plusieurs d’entre elles ont été accordées à l’époque de René Lévesque, je me demande si ce n’est pas moi qui suis plus catholique que le pape…

      Mais aussi choquant que cela puisse être de savoir que des francoQuébécois sont obligés de travailler en anglais contre leur gré dans leur propre pays, il faut ajouter que cela concerne moins de 0,1% des travailleurs québécois.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 février 2017 12 h 41

      M. Richard. Vous avez raison sur plusieurs points mais n'empêche que la population immigrante est celle qui croît le plus rapidement et que ce sont ceux qui n'ont pas de connaissance du français au départ qui passent le plus facilement à l'anglais. Au-delà des exceptions (il y a de tout, y compris des "de souche" qui s'assimilent à l'anglais), il y a les grands nombres.

      Et pour les immigrants, il faut combattre la discrimination à l'emploi, vous avez bien raison - surtout lorsqu'une des raisons de cette discrimination est une connaissance insuffisante de l'anglais, souvent pas nécessaire à l'exercice d'un emploi donné... un des motifs (pas le seul, j'en conviens) qui fait obstacle aux Maghrébins.

      Je me souviens de cette médecin syrienne (vu au Téléjournal) qui avait eu 94% à l'examen de la Corporation des médecins pour devenir omni - on lui a refusé un stage que l'on donne à de nos jeunes qui sortent pratiquement de l'école sous prétexte que comme elle avait été spécialiste longtemps dans son pays d'origine, elle a perdu la "touch" omni. Le type de la corpo suintait la mauvaise foi. Un exemple comme ça d'un mélange de corporatisme et de racisme dans ce que les deux ont de plus laid.

      Ce combat contre la discrimination est explicitement prévu dans le plan Lisée, et aussi l'extension aux entreprises de 25 à 49 employés pour faire respecter le droit de travailler en français.

      Quoiqu'il en soit, ça serait plus que ce que tous les gouvernements antérieurs du PQ ont déjà fait.

  • Louise Trencia - Abonnée 21 février 2017 06 h 38

    Projet de société

    Le déficit zéro de Bouchard, la "gouvernance" péquiste bien ordinaire de Mme Marois, les positions girouettes et en fait opportunistes de M. Lisée, presque toute l'histoire du PQ en fait un parti à la courbe descendante.

    Ca fait longtemps que la question de l'indépendance nationale sert d'alibi au PQ, et que ce parti n'apporte rien d'autre au moulin. Surtout pas un projet de société enthousiasmant.

    Lors de la période de la Charte des valeurs, les péquistes, emportés dans leurs "amalgames" entre la laïcité et le féminisme, l'identité nationale, la lutte au terrorisme international, l'intégrisme religieux (essentiellement musulman), n'ont rien vu venir, ce fut une période hystérique vaincue par le slogan des "vraies affaires" de Couillard (contre lequel Mme Marois n'avait pas jugé bon opposer un(e) candidat(e) péquiste dans Outremont ... mais le PQ n'a jamais fait son autocritique. Au contraire, il en remet, continue sur sa lancée.

    L'immense mouvement social de 2012 a fait en sorte que le PQ, après des années, a pu reprendre le pouvoir. Qu'en a-t-il fait ? Comme bon coup, il a fermé Gentilly (ce qui était prévu), accordé des concessions aux coûts des études supérieures, entre autre... mais sur le plan écologique, il a fait la promotion de la cimenterie de Port Daniel, accordé 115 millions à Pétrolia, ouvert sur le gaz de schiste (entre autre).

    Socialement, encore des coupes sur l'aide sociale, pas plus d'outils d'intégration pour les immigrants, pas grand luttes sans répression, rien de bien innovant, sauf qu'il fallait continuer à ëtre péquiste, parce que le PQ détient le "copyright" de l'"indépendance" (et que ce qui va mal dans notre "pays" provient d'Ottawaet que c'est bien connu, c'est toujours la faute des "autres").

    L'indépendance nationale est assise sur un plan de marketing branlant. Il est bâti, pour les vieux routiers, sur "notre différence", cette différence tellement peu différente de celle du programme des libéraux.

    Côté "convergence", le PQ semble plus converger vers la CAQ que vers la gauche incarnée par Québec Solidaire.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 21 février 2017 11 h 05

      Madame Trencia, vous exprimez tout haut ce que pensent les citoyens et citoyennes politisé-es du Québec.

      En fait, Michel David pose correctement la question "la seule raison de voter pour le PQ sera-t-elle de battre les libéraux ? Et pourquoi le PQ ? Thomas Mulcair a fait le pari de sacrifier une partie de ce qu’était le NPD dans l’espoir de fédérer ceux qui n’en pouvaient plus de Stephen Harper et ils ont élu… Justin Trudeau..."

      Oui... pourquoi voter PQ? Est-ce seulement des libéraux dont il faut se défaire?

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 février 2017 13 h 17

      Louise Trencia,


      "Ça fait longtemps que la question de l'indépendance nationale sert d'alibi au PQ.. " - LT

      - Eh comment!

      Quand on sait que ça fera plus de 28 ans que le Parti québécois n'aura plus eu de référendum au programme en 2022, on voit bien que l'indépendance n'est plus qu'un simple hochet électoral utilisé pour tenir autant les membres et que les votes captifs.

      C'est l'histoire aussi grossière qu'enfantine de l'âne qu'on fait tirer la charrette péquiste avec la carotte souverainiste.

      "L'immense mouvement social de 2012 a fait en sorte que le PQ, après des années, a pu reprendre le pouvoir. Qu'en a-t-il fait? " - LT

      - Rien à mon avis.

      Rien, parce que non seulement le PQ n'est parvenu à faire progresser le Québec sur aucun dossier avec ses politiques néolibérales d'austérité et de déficit zéro identiques au PLQ. Mais qu'il n'a pas tenu ses principaux engagements. Notamment, sur la lutte à la pauvreté; l'abolition de la taxe-santé et l'annulation de la hausse des frais de scolarité.

      Pire encore, le PQ n'a pas amélioré notre démocratie et notre mode de scrutin; il n'a pas aboli l'infâme règlement P-6 à Montréal ; il nous a imposé une hausse records des tarifs d'électricité; il a signé le contrat pour l'exploitation des gaz de schistes à Anticosti; a donné 800 millions à des multinationales minières étrangères pour réaliser le Plan Nord de Jean Charest et a brisé la paix sociale avec son interminable débat malsain et mal foutu sur sa Charte des valeurs.

      Et je pourrais continuer encore longtemps.

      Christian Montmarquette

      .

  • Normand Carrier - Abonné 21 février 2017 06 h 44

    Trouver le juste équilibre .......

    Le travail de J-F. Lisée et des membres du PQ en est un de funanbule ...... Le PQ doit ratisser assez large pour se faire élire tout en gardant son ame et son identité et ce sera jusqu'a l'élection un jeu d'équilibre .....

    Ce parti doit faire la promotion de la souveraineté a chaque jour tout en sachant qu'une consultation n'arrivera pas avant le deuxième mandat ..... Dans les circonstances actuelles il doit s'en tenir a la conclusion de la commission Bouchard qui est la seule a faire consensus dans les partis indépendantistes .....

    La langue et la culture devra être renforcées et le PQ devra aller plus loin que l'engagement actuel et devra laisser sa marque surtout dans ses engagements pour le monde du travail et l'intégration des immigrants ...