Trump, encore lui

Plus capables, je sais. J’en connais même qui veulent se désabonner de Facebook simplement pour ne plus être bombardés par les mimiques grotesques du nouveau président. D’autres n’ont jamais compris pourquoi nous, les médias, nous nous épanchons sur le phénomène avec autant de minutie. Ce n’est pas le même pays, après tout.

Mis à part la fascination avec le vaudeville qu’est Donald Trump, il est impossible, quand même, de se désintéresser de lui. C’est immense ce qui se passe actuellement aux États-Unis. On a beau se dire qu’on ne verrait jamais un vulgaire gérant d’estrade accéder au pouvoir ici, le phénomène Donald Trump, ce qu’il représente en dehors de ses travers à lui, nous concerne tous. La grogne de l’homme blanc vieillissant devant l’establishment (bonjour, Rambo Gauthier), le ressentiment devant les « étranges », le sentiment d’être désemparé devant un monde trop vaste, trop virtuel, trop changeant… est l’affaire de tout le monde. Trump nous force à reconsidérer ce qui paraissait à ce jour marginal, ou alors l’affaire des Européens — le populisme de droite.

Je crois, en fait, que Trump pourrait s’avérer un cadeau inespéré pour la gauche, une autre raison pour s’y intéresser. Mieux encore que Bernie Sanders, l’homme à l’incomparable toupet est un formidable antidote au manque d’inspiration et de direction qui gruge les forces progressistes depuis 30 ans. Nous en avons eu un aperçu le week-end dernier, lorsque près de trois millions de personnes ont pris la rue partout sur la planète. Aucune manifestation jusqu’ici ne pouvait se vanter d’une telle étendue, d’une telle diversité. Un phénomène de mondialisation qui, pour une fois, était au service de l’homme et de la femme de la rue.

Mais, bon, ne nous emballons pas trop vite. Encore faut-il que ce ras-le-bol (« Take your tiny hands off my rights ») reliant la lutte des femmes à celle des Noirs, à celle pour l’environnement et la liberté de presse, cette « intersectionnalité » sur six continents, donne quelque chose qui dure. Tout comme pour le mouvement Occupy, Black Lives Matter et le soulèvement étudiant de 2012, la démonstration n’a pas encore été faite que ce genre de protestations peut changer la donne.

Pendant ce temps, Trump poursuit (pour reprendre son expression) son « carnage ». On renégocie les traités de libre-échange, on sabre les fonds destinés à l’avortement à l’étranger, on revient en arrière. Mais au-delà des applications spécifiques du nouveau credo américain, America First, il y a un nouveau monde qui se dessine à l’horizon, la meilleure raison, à mon avis, pour s’intéresser à Donald Trump.

Le nationalisme frileux du 45e président représente aussi la rupture avec l’ordre international en place depuis la Deuxième Guerre mondiale. Comme le dit le dernier rapport du National Intelligence Council, il faut se préparer « non seulement à la fin des États-Unis comme maître du monde, mais aussi à la fin des fondements de beaucoup de son pouvoir : une économie internationale ouverte, des alliances américaines en Europe et en Asie, des règles protégeant les droits de la personne et des institutions comme l’Organisation mondiale du commerce qui influencent la façon dont les nations se comportent et résolvent leurs conflits ».

Il ne s’agit pas seulement d’un mauvais moment à passer, d’un divertissement de bas étage, en d’autres mots. Trump signifie aussi une remise en question de ce qui nous a permis de tourner la page sur près d’un demi-siècle de véritables carnages, de réelles atrocités. L’idée que nous devions non seulement rebâtir ce qui avait été détruit, mais nous donner collectivement la main, protéger ce qui dorénavant serait universellement reconnu comme les « droits humains », constitue un grand moment dans l’histoire de l’humanité. Ce parcours n’a pas été sans embûches ni sans graves omissions, de la part des États-Unis notamment, mais il s’agit néanmoins d’une plage de lumière qui jure aujourd’hui avec la noirceur qui nous hante.

Privé de l’attitude bienveillante des années d’après-guerre, de quoi le monde aurait-il l’air en 2020?, se demandent les auteurs du rapport cité plus haut. Nous serons de plus en plus morcelés, de plus en plus aux prises avec des conflits régionaux, des sociétés civiles perturbées toujours davantage par le racisme, le terrorisme et les attaques informatiques. Nous nous dirigeons, en d’autres mots, vers une période de chaos — ce que Donald Trump, en rupture non seulement avec l’ordre international, mais avec la moitié de son électorat et avec son propre parti, incarne mieux que quiconque.

Le garder à l’oeil est le moins qu’on puisse faire.

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29 commentaires
  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 25 janvier 2017 07 h 05

    Les chiens aboient, la caravane passe.

    Que dire de plus.

    Bientôt, nous aurons notre propre Ministère de la vérité, comme dans le livre d'Orwell, et comme celui que l'Allemagne est en train de mettre en place, de manière opportune, juste avant les élections.

  • Christian Montmarquette - Abonné 25 janvier 2017 07 h 43

    Trump un cadeau pour la gauche? Pas si sûr...



    «Trump pourrait s’avérer un cadeau inespéré pour la gauche, une autre raison pour s’y intéresser. Mieux encore que Bernie Sanders, l’homme à l’incomparable toupet est un formidable antidote au manque d’inspiration et de direction qui gruge les forces progressistes depuis 30 ans. » - Francine Pelletier

    Comme toujours, j'apprécie vivement les articles de Francine Pelletier.

    Mais, même si je partage ses espoirs, je ne suis pas certain que l'élection de Donald Trump contribuera à faire avancer la gauche. Parce que je crois que «Monsieur Peroxyde » risque au contraire d'implanter les idées et les valeurs (si on peut encore appeler ça " des valeurs) de la droite réactionnaire si vous me passez le pléonasme..

    Je crois qu'il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des discours politiques au sens large du terme et encore moins le pouvoir politique.

    Comme on a malheureusement pu le constater lors du Printemps érable, les mobilisations populaires en leur reconnaissants toutes leurs valeurs et tout leur impact, finissent inévitablement par s'essouffler. Et on le comprend. Tout le monde ne peut pas descendre dans la rue tout le temps. Alors que le pouvoir politique, lui, demeure, et avec toute la force économique et médiatique dont il dispose. Et c'est justement pour cette raison que j'ai contribué à fonder Québec Solidaire et que j'y milite depuis sa fondation.

    Parce que oui, les luttes populaires et les manifestations sont importantes, mais elles doivent aussi trouver leur option dans l'urne aux élections.

    Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 25 janvier 2017 10 h 16

      Bon, vous avez finalement bien décrit votre parti. Le 5% réactionnaire qui est toujours dans la rue ne changera pas la donne. C'est bien beau de parler, mais les actions détonnent plus qu'étonne notre petit parti perdu. Les gens travaillent et n'ont pas le temps de passez leur temps dans la rue à perdre leur temps dans des chimères d'une autre époque.

      Ce sont les mêmes gens qui ont voté pour Donald Trump et qui auraient voté pour Bernie Sanders si celui-ci n'avait pas été écarté de l'investiture démocrate par nos néolibéralistes. C'est pour cela que le mouvement syndical aux États-Unis appuie Trump. Trump n'est ni de gauche ou de droite, et cela en embête plusieurs.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 25 janvier 2017 11 h 12

      M. Montmarquette,

      Il va falloir se battre ici aussi. En ce qui nous concerne, ça fait 14 ans que nous sommes dominés par la droite PLQ qui démantèlent un à un les acquis de la révolution tranquille.

      Dans les années qui viennent, il nous faudrait travailler à vaincre le PLQ aux prochaines élections pour le remplacer par un gouvernement progressiste. Si c'est actuellement possible de le faire sans diviser le vote, tant mieux. Mais d'après moi, il faudrait que tous et toutes soient flexibles et pragmatiques... à moins que vous ne vouliez passer un autre cinq ans de néo-libéralisme.

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 janvier 2017 12 h 09

      M. Dionne, heu... comment dire ?

      Trump est carrément à droite, de cette vieille droite fasciste qui prône qu'un peuple doit être dirigé par des "meneurs naturels".

      Pétain était de la même eau. Ces leaders considèrent le peuple comme un tout rigide où le manque d'unanimité est délétère sinon maladif, et c'et pourquoi ils pratiquent l'exérèse des membres non-unanimes quant à leur soutien, qui doit être indéfectible.

      D'où la nécessité chez eux de définir strictement le peuple, qui doit n'être ni ceci ni cela avant d'être.
      Ni Mexicain ni Arabe, ni une femme ni un journaliste, ne reste qu'à deviner la définition que Trump fait du "vrai peuple".

      Il n'est pas de la droite pro-financière ci-devant nommée néolibérale, ni de la droite libertaire à tout crin. Il croit au pouvoir du gouvernement en tant que dirigeant des grandes manoeuvre unifiantes et glorifiantes.

      Que ce soit un mur ou des Jeux Olympiques (je pense à Poutine), tout est
      énorme, grand, beau jusqu'au zénith et plus loin encore.

      Pense-t-il en fonction de la répartition des richesses ? Ah oui ? Où ça ? Alors il peut ne pas être de gauche et ne peut pas NE PAS être de droite.

      C'est en effet le retour de la vieille patente réactionnaire que nous avons tous cru vieillotte, crachotant ses dernières dents avant le dernier soupir. Elle est là et elle rugit.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 janvier 2017 12 h 29

      À Cyril Dionne,

      "Le 5% réactionnaire qui est toujours dans la rue ne changera pas la donne." - Cyril Dionne

      Le moins qu'on puisse dire c'est que ça commence mal une discussion quand votre interlocuteur ne connait même pas le sens des mots:

      Réactionnaire, définition du Larousse :

      "Qui se montre partisan d'un conservatisme étroit ou d'un retour vers un état social ou politique antérieur : Gouvernement réactionnaire. (Abréviation familière : réac.)"

      Secundo, ça n'aide pas une discussion non plus, lorsque, comme un bon paquet de péquistes souffrants de trouble de latéralité, ce même interlocuteur ne semble pas en mesure de différencier sa gauche de sa droite.

      Tercio, vous dites que les luttes populaires ne changent pas la donne? Alors que c'est bien suite au Printemps érable que non seulement les libéraux ont perdu le pourvoir, mais que Jean Charest a perdu ses élections dans sa propre circonscription.

      - CQFD

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 25 janvier 2017 14 h 14

      Cher monsieur Montmarquette,

      Le gouvernement de Jean Charest était usé à la corde. C'est pour cela qu'il a perdu de justesse parce qu'un certain petit parti ne faisait que diviser le vote. Et si je me trumpe pas ( ;-) ), il avait été battu par le Parti québécois dans sa circonscription, et non pas par un membre d'une certaine gauche idéaliste (ma mère m'a dit d'être poli).

      Donc, pour les leçons de français, je vais passer. Vous venez juste d'avoir une réaction réactionnaire suite à mon commentaire.

      Pour nos étudiants, après avoir trouvé cela bien "cute" de voir les jeunes qu'on trouvait amorphes et hyper-individualistes, la population s'est vite ravisée. Le boycott des étudiants mondialistes et sans frontière était supporté par moins de 5% de la population. Le Printemps des étudiants, comme pour le Printemps arabe était tout simplement une illusion.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 janvier 2017 18 h 47

      À Jean-Pierre Marcoux,

      "Dans les années qui viennent, il nous faudrait travailler à vaincre le PLQ aux prochaines élections pour le remplacer par un gouvernement progressiste. Si c'est actuellement possible de le faire sans diviser le vote, tant mieux. Mais d'après moi, il faudrait que tous et toutes soient flexibles et pragmatiques." - Jean-Pierre Marcoux

      Les péquistes ne semblent pas vouloir comprendre ce que QS leur répète pourtant depuis des années.. 10 ans.. 15 ans même!

      Le PQ endosse le même dogme du déficit zéro et les politiques d'austérité que le PLQ depuis 1996. Et encore une fois, durant son bref mandat entre 2012 et 2014.

      C'est donc ce dragon néolibéral à trois têtes qu'est le PQ, le PLQ et la CAQ qui se divise le vote de droite et non QS qui divise la gauche.

      On est pas de gauche quand on gave les banques et les multinationales à raison de 10 milliards par année pendant qu'on coupe du même souffle dans l'aide sociale.

      D'ailleurs, c'est le PQ qui a rejeté le scrutin proportionnel en 2011 et qui s'est tiré dans le pied.

      Expliquez ça à votre parti, pas au mien.

      Vous vous trompez de cible.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 janvier 2017 19 h 17

      À Jean-François Trottier,

      Entièrement d'accord avec vous, M. Trottier

      Et je ne saurais mieux dire.

      On m'a dit âpre récemment.

      Et je vous avouerai que j'y perd parfois patience à force d'essayer d'expliquer des évidences que nombre de péquistes ne comprennent pas, tant ont été obnubilés par la question nationale depuis des décennies et que le b.a-ba de la politique qu'est le débat gauche-droite leur échappe.

      À la fois triste et révoltant pour les plus démunis.es de notre société et consternant d'ignorance et de mauvaise foi partisane.


      Christian Montmarquette

    • David Cormier - Abonné 25 janvier 2017 22 h 04

      "Tercio, vous dites que les luttes populaires ne changent pas la donne? Alors que c'est bien suite au Printemps érable que non seulement les libéraux ont perdu le pourvoir, mais que Jean Charest a perdu ses élections dans sa propre circonscription."

      Et que le PQ (pas QS) a été porté au pouvoir!

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2017 09 h 41

      La vérité alternative de Cyril Dionne...

      "Le gouvernement de Jean Charest était usé à la corde. C'est pour cela qu'il a perdu de justesse parce qu'un certain petit parti ne faisait que diviser le vote." Le boycott des étudiants mondialistes et sans frontière était supporté par moins de 5% de la population. - Cyril Dionne


      Un parti de gauche comme QS ne peut pas diviser le vote de droite du PQ. Ce sont le PQ, le PLQ et la CAQ qui se divisent le vote de droite.

      Et d'ailleurs, Lisée l'a lui-même déclaré, le PQ n'a pas perdu le pouvoir à cause du vote de QS, mais parce que 350,000 péquistes ont décidé de laisser le PQ et de ne pas aller voter.

      Et à ce que je constate, Donald Trump n'est pas le seul à donner dans les faits alternatifs, puisque non seulement, vous vous plaisez faire dire aux mots le contraire de leur sens, et ce, même avec une définition de dictionnaire sous les yeux, mais que c'est non pas 5%, mais 41% des Québécois qui appuyait la grève étudiante*. Une méchante différence.

      Christian Montmarquette

      * Référence :

      "De manière générale, la question de la hausse des droits de scolarité est indéniablement celle qui embête le plus les répondants. Le coup de sonde de la FECQ révèle que 47 % des gens sont favorables à la hausse et que 41 % s'y opposent." - Le Devoir, 13 avril 2012.

      http://www.ledevoir.com/societe/education/347317/s

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2017 09 h 49

      "Et que le PQ (pas QS) a été porté au pouvoir!" - David Cormier


      Si c'est le pouvoir qui vous intéresse en politique, je vous recommande de joindre le Parti libéral.

      Votre rêve aurait de bien meilleures chances se se réaliser.

  • Jean-François Trottier - Abonné 25 janvier 2017 08 h 11

    15 minutes de gloire

    Ce monsieur a ses 15 minutes de gloire à chaque heure.

    Mais la question est que, ce faisant, il place les médias dans l'arène des arguments de moins de 140 caractères, qui sont forcément des raccourcis de la pensée ou, si l'on veut, pas de pensée du tout.

    À force de mentir il pousse à croire que tout le monde ment.

    Je vote pour que la première semaine de mars, débutant le 27 février, soit la Semaine Sans Trump, WWT en anglais.

    Disons, juste avant le 8 mars.

  • Michel Lebel - Abonné 25 janvier 2017 08 h 46

    ''Rencontre'' musclée inévitable...

    Un jour ou l'autre, pas très loin sans doute, le gouvernement Trump rencontrera, à l'interne ou à l'échelon intenational, une forte adversité. Tous les présidents américains en rencontrent durant leur mandat. C'est là que les choses deviendront vraiment sérieuses. Pas dans les signatures bien médiatisés de décrets présidentiels!


    M.L.

    • Claude Poulin - Inscrit 25 janvier 2017 12 h 09

      J'irais plus loin, Monsieur Lebel. Rappelez-vous la mythologie grecque, Narcisse découvrant la futilité de sa passion pour sa personne en arriva à poser le geste irréparable: il mit à ses jours. On pourrait extrapoler sur ce mythe et imaginer que Donald Trump (le Narcisse des Temps Modernes), grisé par le reflet de son image médiatique se serait engagé dans un expédition de chasse politique avant tout pour assouvir cette passion maladive attachée à son égo, sans jamais penser qu’un concours de circonstances imprévisible et inattendu allait lui ouvrir la porte de la Maison-Blanche. Les dérives, les dévoiements et les précipitations (les décrets) que l’on observe depuis sa nomination, seraient finalement l’expression inconsciente d’un comportement suicidaire (le désistement). On verra dans quelques mois qu’il ne pourra pas tolérer les obligations attachées à sa fonction et qu’il posera le geste fatal qui mettra fin à cet épisode de sa maladie. C’est là la « bombe à retardement » qui menace l’avenir de ce régime. On verra!

    • Michel Lebel - Abonné 25 janvier 2017 15 h 31


      @ Claude Poulin,

      Il se peut bien que vous ayez raison. Je perçois une forme de folie dans le comportement de Trump. Qui vivra verra. Obama a bien dit un jour que Trump était inapte pour la fonction présidentielle.

      M.L.

  • Cyril Dionne - Abonné 25 janvier 2017 08 h 51

    La mondialisation est le nouveau terrorisme

    Les médias traditionnels ne sont plus que des boîtes à opinion. Les gens les désertent de façon massive et la plupart n'existeront plus dans une décade. Rambo Gauthier n'est pas blanc, mais plutôt de descendance Mohawk, une langue qu'il parle très bien d'ailleurs.

    L'heure n'est plus à la mondialisation et de son sosie diabolique, le libre-échange. C'est tout le contraire. Les gens veulent renouveler avec la prospérité et cela passera par le respect des identités nationales et de leurs frontières naturelles. Ceci ne veut pas dire une cessation de la collaboration des cultures, mais, comme le disait si bien Claude Lévi-Strauss, "un repli identitaire pour affirmer une singularité qui semble a priori, s'opposer à l'ouverture vers l'extérieur".

    L'ALENA n'existera plus d'ici 6 mois. Marine Le Pen sera élu comme présidente de la république française et en Allemagne, ce sera un parti de droite. Ceci sonnera le glas de l'Union européenne. Après le BREXIT du Royaume Uni, le monde a changé. L'étau économique que les États-Unis appuieront sur la Chine pourrait produire des changements politiques radicaux dans cette dictature militaire. L'émancipation de plus d'un milliard de Chinois des campagnes doivent faire passer plusieurs nuits blanches à leurs dirigeants.

    La gauche a failli au devoir comme l'avait fait la droite au début du 20e siècle. Donald Trump représente un changement de dialectique (pour le meilleur ou pour le pire), pour les gens qui en ont ras-le-bol de nos bien-pensants et donneurs de leçons de la rectitude politique. Vous pouvez accuser Trump de tous les maux, mais celui-ci n'a aucune idéologie et n'a écrit aucun livre sur la supériorité raciale. En fait, ce sont les élites médiatiques millionnaires et milliardaires, qui, bien blotties dans leur bulle, ont fait élire Trump en nous servant la même salade véhiculée par ceux qui pensent qu'ils détiennent la Vérité.

    “Plus le monde se mondialise, plus la terre se terrorise.” (Claude Frisoni)

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 janvier 2017 11 h 32

      Monsieur Gauthier parle agnier? J'aimerais bien l'entendre. Très peu de gens de sa génération parlent cette langue...

    • Cyril Dionne - Abonné 25 janvier 2017 14 h 19

      M. Auclair, dites-nous pas que monsieur Gauthier parle la langue Mohawk comme nos amis du ROC parlent le français. Très impressionnant le débat des conservateurs au Québec la semaine dernière. Ils ont rajouté des nouveaux mots à notre langue massacrée par tous.

      En tout cas, M. Gauthier n'a pas la langue fourchue ou parle la langue de bois.

    • Clermont Domingue - Abonné 25 janvier 2017 18 h 54

      Monsieur Dionne, plus le monde se mondialise, plus la terre se terrorise.
      Bien sûr monsieur,car aujourd'hui, tout se sait partout et en même temps.
      Les inégalités croissantes sont senties comme injustices par ceux qui les subissent.Les uns prient, les autres s'enrichissent, d'autres nous font peur.
      Comme la mondialisation est un phénomène né de la révolution technologique (informatique,burotique,numérique) on ne peut l'arrêter.
      Pour retrouver la paix il faudra, je crois, protéger notre mère Terre,freiner nos égoismes et penser partage.