Pour les rendements en 2017, difficile de faire mieux

Dans l’univers des placements, il sera difficile de faire mieux cette année qu’en 2016. Et dans les scénarios prévisionnels, deux mots restent accolés à l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche : imprévisibilité et incertitude.

Il en était question la semaine dernière. Les grands portefeuilles osent encore le pari des actions en 2017. Mais avec les ratios de valorisation des marchés aussi élevés, surtout dans un contexte de resserrement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, « c’est la croissance des bénéfices qui devra animer le marché plutôt que l’expansion des ratios cours-bénéfice », disaient les analystes de la Banque Nationale.

Il sera toutefois difficile de reproduire les rendements de 2016. Selon les résultats provisoires de Morningstar Research publiés cette semaine, les actions canadiennes ont offert leur meilleure performance depuis 2009, avec un rendement total de 21,1 % pour l’indice composé S&P/TSX, sous l’impulsion du secteur des ressources naturelles suivi de celui des services financiers. Aux États-Unis, le rendement total du S&P 500 a été de 12 %, de 8,6 % lorsque converti en dollars canadiens.

À titre d’indication, selon les cibles retenues par les économistes du Mouvement Desjardins, la progression de l’indice torontois devrait être de 6 % en 2017 et celle de l’indice new-yorkais, de 7 %, soutenues par une accélération de la croissance économique attendue aux États-Unis.

Risque géopolitique

Quant aux principaux risques, ils sont surtout de nature géopolitique. D’abord avec l’assermentation du 20 janvier, Donald Trump passant alors de la rhétorique à la réalité. Puis avec les élections en Europe, notamment les présidentielles en France et les législatives en Allemagne, sur fond de négociations de sortie des Britanniques de l’Union européenne.

À la firme Russell Investments, « nous croyons qu’un président sans aucune expérience de la gouvernance, qui a des vues parfois erratiques et un agenda [sic] économique audacieux, est garant de plus de risques sur les marchés américains en 2017. Nous continuons à sous-pondérer les actions américaines dans nos portefeuilles mondiaux, particulièrement en raison de leurs évaluations très élevées », peut-on lire dans le média spécialisé Finance et investissement. Cette firme estime que le Japon et l’Europe sont mieux placés que les États-Unis pour offrir des rendements sur les actions.

Les analystes du cabinet Montrusco Bolton sont plus satiriques en parlant d’une conjoncture atypique en 2017 composée de deux phases. Celle du 1er au 20 janvier et celle couvrant le reste de l’année.

Sur le plan économique, une activité soutenue au premier semestre pourrait ensuite être soumise aux pressions venant d’un protectionnisme accru, d’un dollar américain fort et d’une remontée des taux d’intérêt dont le gradualisme reste tributaire du comportement de l’inflation.

Prévisions

En février 2016, Stéfane Marion, économiste et stratège en chef à la Banque Nationale, voyait le TSX atteindre les 15 000 points à la fin de 2016 et misait sur une hausse d’environ 20 %. Dans ses prévisions actuelles, il se fait beaucoup moins optimiste cette année, situant la cible du TSX à 15 600 au dernier trimestre de 2017 et le S&P 500 à 2340 — en définitive, du surplace par rapport au niveau actuel. « Si la hausse des rendements obligataires est accompagnée par un peu plus d’inflation et si les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine sont évitées, le marché boursier pourrait encore monter, quoique l’indice S&P 500 ne soit pas très abordable. » L’analyste avoue un penchant pour les banques et sous-pondère le secteur de l’énergie.

Autre analyste-vedette, Vincent Delisle, directeur principal, Stratégie de portefeuille à la Banque Scotia, a misé sur les bons chevaux l’an dernier même si, au début de 2016, il voyait le TSX terminer l’année autour de 13 500, soit une poussée d’environ 8 %. Dans sa boule de cristal, il table également sur un rebond des bénéfices des entreprises en 2017 après leur stagnation des dernières années et croit que les secteurs cycliques auront la cote. Il dit préférer les actions aux obligations, et les marchés du Canada et du Brésil à celui des États-Unis, selon le journal Les Affaires.

Vincent Delisle pense que le TSX est en mesure de franchir la barre des 16 000 points cette année et que le S&P 500 pourrait atteindre celle des 2400. Mais il commence à élaborer un scénario de fin de cycle haussier, pouvant s’amorcer quelque part au deuxième semestre, sous l’impulsion de la remontée des taux d’intérêt.

Les paris sont ouverts.

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