La Sainte Alliance

Après que Jean-François Lisée eut réussi à convaincre les militants péquistes que la nécessité de débarrasser le Québec des libéraux justifiait un report du référendum, il commençait à devenir un peu gênant pour Québec solidaire de refuser toute participation à cette entreprise de salut public. Les délégués au conseil national de la fin de semaine dernière pouvaient difficilement continuer à refuser toute discussion.

Le chef du PQ a vu dans cette ouverture un « point tournant », qui pourrait déterminer le résultat d’une élection serrée, mais il sera sans doute plus facile de s’entendre sur les grands principes dont l’application peut varier que sur les « détails » plus concrets. Par exemple, la façon de choisir un candidat commun dans les circonscriptions que ni le PQ ni QS ne seraient en mesure d’arracher au PLQ ou à la CAQ.

Si QS peut obtenir l’engagement ferme qu’un gouvernement péquiste réformerait le mode de scrutin pour y introduire un élément de proportionnelle dès son premier mandat, le jeu en vaudrait déjà la chandelle. Dans l’état actuel des choses, QS peut nuire au PQ, mais sa propre progression sera très difficile.

L’expérience a toutefois montré que les bonnes intentions ne suffisent pas à faire aboutir une telle réforme. Si M. Lisée estime que la Sainte Alliance qui permettra de tenir un référendum gagnant est à ce prix, il devra l’imposer même si elle ne fait pas consensus. D’ailleurs, c’est l’association de son comté de Rosemont qui a proposé de la réintégrer dans le programme du PQ.

Le report du référendum à un deuxième mandat péquiste ne devrait pas poser de problème. Le président de QS, Andrés Fontecilla, parle de « calendes grecques », mais le programme de QS prévoit simplement d’« enclencher dès son arrivée au pouvoir, une démarche d’Assemblée constituante ». Il n’y a pas d’échéancier précis pour la tenue du référendum au cours duquel la population serait appelée à se prononcer sur ses recommandations.

C’est sur la composition de cette assemblée constituante qu’on ne s’entend pas. QS propose qu’elle soit élue au suffrage universel, de sorte que la majorité de ses membres seraient vraisemblablement des fédéralistes qui n’auraient aucune envie de rédiger la constitution d’un Québec indépendant. Il est même étonnant que cette contradiction n’ait pas sauté aux yeux des solidaires.

 

Comme par hasard, M. Lisée a choisi la semaine précédant le conseil national de QS pour accorder une entrevue à La Presse dans laquelle il indiquait que les questions identitaires passeraient au second plan. Durant la course à la chefferie, sa charte de la laïcité 2.0, ses interventions sur l’immigration ou sur le port de la burqa avaient été très mal accueillies à QS, pour qui un Québec souverain doit nécessairement être « inclusif ». En matière d’identité, M. Lisée reconnaît que le PQ et QS ont des approches « différentes », mais certains les jugent plutôt incompatibles.

Il y a des limites à plaire à tout le monde en même temps. Dans son discours de victoire, M. Lisée a aussi tendu la main aux caquistes, leur faisant notamment valoir la timidité de la CAQ en matière de francisation des nouveaux immigrants.

Les nouvelles mesures proposées dans le récent rapport de la députée Claire Samson, qui propose la francisation obligatoire des immigrants, ont reçu l’appui enthousiaste du Mouvement Québec français (MQF), qui y voit un exemple pour tous les partis. À QS, on estime simplement que l’État a le devoir d’offrir aux nouveaux arrivants les moyens d’apprendre le français, sans obligation de leur part.

 

Il est possible que le changement de garde qui paraît imminent à QS crée un climat plus favorable à la conclusion d’une alliance entre le PQ et QS, à laquelle Françoise David a toujours semblé particulièrement réticente. L’adhésion à une vision résolument progressiste demeurera cependant une condition non négociable, peu importe la nouvelle direction.

Le premier budget présenté par le gouvernement Marois, perçu à QS comme une véritable trahison des idéaux de la social-démocratie, avait compromis d’entrée la possibilité d’une entente. Même quand il a été renvoyé dans l’opposition, le PQ n’a jamais remis en question l’échéancier du retour à l’équilibre budgétaire imposé par le gouvernement Couillard, même s’il a dénoncé les politiques d’austérité que cela impliquait.

Avec le retour à l’équilibre, un gouvernement péquiste serait d’autant plus en mesure de faire le réinvestissement dans les services réclamé par QS que M. Lisée a déjà indiqué qu’il n’y aurait pas de diminution d’impôt. Le PLQ et la CAQ ne se gêneront cependant pas pour en promettre une. À l’approche des élections, la tentation de leur emboîter le pas sera très forte. Se lancer en campagne en promettant de ne pas baisser les impôts est assez hasardeux.

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38 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 22 novembre 2016 04 h 40

    Point tournant ???

    Parler d'un « point tournant », comme le fait le chef du PQ, m'apparaît osé et prématuré. À ce que je sache, il n'y a pas d'ententes sur une approche commune qui, au demeurant, aurait comme objectif de chasser le PLQ du pouvoir et composer sur des sujets de gestion provinciale.

    Pour parler de « point tournant », il faut plus qu'une séance pour accorder des instruments de musique. Quelque chose comme une œuvre commune à réaliser avec, en sourdine, le choix des musiciens et de la direction de l'orchestre.

    En fait, pour parler d'un « point tournant », il faut que l'œuvre choisie ne soit pas l'opus 4 de la prise du pouvoir, une redite, mais la symphonie numéro 1 en trois parties.

    D’abord un prélude jetant les bases d’un changement d'ordre politique faisant en sorte que parlementaires ne votent des lois que s'ils détiennent un appui majoritaire des électeurs et des électrices, ce qui implique seulement de faire le décompte des appuis obtenus par ces derniers lors du vote, éliminant du coup l'ordre actuel détenu par une majorité d'élus.

    La deuxième, un crescendo qui impose cette façon de faire de la politique, le point majeur devenant des ententes entre partis et parlementaires pour légiférer et obliger l’exécutif à rendre des comptes de façon statutaire et à la demande des élus. Un crescendo qui devient une réforme du régime politique.

    La troisième, une contre-fugue au sens où ce nouvel ordre battrait la mesure pour réaliser l’indépendance, que les parlementaires joueraient en accord avec les citoyens et les citoyennes qui, partie prenante à tout le processus, auraient choisi qu’ils la jouent.

    Le PQ et QS ne me semblent pas en route dans cette direction. Et je doute qu’ils prennent cette direction si l’objectif est de renverser le PLQ, car est absente du décor l’œuvre à créer.

    • Jean-François Trottier - Abonné 22 novembre 2016 07 h 09

      M. Bariteau,

      toute votre approche démontre clairement en quoi QS n'est pas un parti politique mais un groupe de pression.
      Les groupes de pression décrivent leurs objectifs comme intouchables et absolument nécessaires, parce qu'ils considèrent avec raison qu'ils doivent continuer à exister tant qu'ils ne les ont pas rejoint. Ils refusent donc tout compromis et discutent de tout arrangement en réunion plénière, ce qui fait qu'il n'Y a jamais d'aragement mais de "nouvelles positions", tout aussi absolues que les précédentes puisque votées.
      Un groupe de pression n'a pas de chefs mais des représentants qui rapportent les décisions prises par la plénière.

      En fin de compte, tout est absolu pour un groupe de pression et, à la limite, même la météo finit par dépendre des décisions de la plénière. C'est pourquoi un groupe de pression ne doit jamais prendre le pouvoir... au risque de décider de la météo! En fait, tous ces groupes qui ont fini par prendre le pouvoir quelque part étaient bourrés de bonnes intentions au début. C'est pourquoi je ne me méfie pas des idéologies mais seulement des idéologues. Et c'est pourquoi je considère comme essentiels les groupes de pression... mais pas au gouvernement quand ils font semblant d'être un parti, ni autour d'un gouvernement quand ils font du lobbying.

      Le cas de QS est particulier. Fort dans le centre de l'île de Montréal, et juste assez fort ailleurs pour permeetre le PLQ de passer.
      Croyez-vous vraiment que les nombreux bénévoles qui se présentent au jour du vote aux bureaux de QS soient vraiment "béné", comme dans "de bonne" et "vole", comme dans "volonté" ? S'en foutent, ils sont payés pour faire sortir le vote QS, et pas par QS évidemment!

      QS est depuis longtemps instrumentalisé de l'extérieur, au besoin noyauté pour garder de belles idées bien pures, et ainsi couper le vote en deux.

      C'est ça, la politique dans le Québec bananier du PLQ. Sale.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 novembre 2016 09 h 51

      Jean-François Trottier ,

      "Toute votre approche démontre clairement en quoi QS n'est pas un parti politique mais un groupe de pression." -Jean-François Trottier

      Cette affirmation est tellement méprisante et condescendante que les mots me manquent pour la dénoncer.

      QS a 10 000 membres; 350,000 votes; 17% des intentions de votes francophones; 3 députés.es (et il en aurait 10 avec un mode de scrutin équitable); des candidats.tes dans tous les comtés; des dizianes d'organisations locales et des millions en financement LÉGAL.

      Mais pour certains petits esprits étriqués et partisans, QS ne serait qu'un groupe de pression et pas un parti politique???

      - Quel mérpris pour la démocratie!

      Quand il ne reste plus que le mensonge et la désinformation pour combattre ses adversaires, c'est qu'on est définitivement à court d'arguments.

      Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 22 novembre 2016 11 h 01

      Monsieur Trottier, mon propos ne se veut pas un procès d'intention, mais un constat élémentaire. Ce qui grenouille entre le PQ er QS, est une façon de d'élaguer du pouvoir provincial un parti qui s'acharne à le vider de sens pour qu'il y ait une volonté de s'en saisir.

      Or, c'est un piège, car prendre le contrôle du pouvoir provincial ne changera rien si l'objectif n'est pas de le transformer en un pouvoir entre les mains du peuple québécois, ce qui transformerait fondamentalement l'ordre provincial défini par le Canada.

      Si ce renversement est mis de l'avant, la suite s'imposera, car il ouvrirait la porte à un vent de fraîcheur inédit, inspirant et mobilisant, qui deviendrait un « point tournant ».

      Il me semble que c'est dans cette direction qu'il faut envisager le futur et l'envisager aura certes pour incidence première de tasser les gestionnaires canadiens en poste au Québec qui n'ont d'ambition que de servir le Canada et non le peuple québécois. Mais surtout de créer une assise pour faire du Québec un pays car c'est ainsi que naissent aujourd'hui les pays.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 22 novembre 2016 20 h 34


      "... prendre le contrôle du pouvoir provincial ne changera rien si l'objectif n'est pas de le transformer en un pouvoir entre les mains du peuple québécois, ce qui transformerait fondamentalement l'ordre provincial défini par le Canada.
      Si ce renversement est mis de l'avant, la suite s'imposera, car il ouvrirait la porte à un vent de fraîcheur inédit, inspirant et mobilisant, qui deviendrait un « point tournant ». Claude Bariteau

      Si on lit bien la déclaration de QS en fin de semaine et si on considère la raison d'exister de ce parti, on comprendra que QS est actuellement le parti qui propose au peuple québécois de prendre le pouvoir et de décider de son destin. Or cette prise de pouvoir implique que la majorité de notre peuple s'émancipe des élites et des forces économiques et politiques qui, jusqu'ici, décident à sa place.

      Sur la scène provinciale, c'est cet enjeu qui démarque QS, non seulement du PQ mais fondamentalement de la CAQ et du PLQ. Le seul lien tenu qui dans l'actualité rapproche QS et PQ, c'est le fait que ce dernier, jusqu'en 1995 a effectué 2 référendums qui ont porté sur la souveraineté-association ou de "partenariat" du Québec (avec le Canada)!

      Et si on projette en 2022 la réalisation des promesses de Lisée pour un référendum... On nage vers l'inconnu! On ne sait même pas si Lisée serait 2 fois élus et moins encore sur quelle question porterait une hypotique "souveraineté" du Québec... Serait-ce encore une "indépendance" pensée en fonction des "élites socio-culturelles" et du même coup pour ne pas bousculer les "élites" économiques québeco-canadiennes ? De sorte que la prise de position de QS, au lieu de faire tort au mouvement souverainiste comme certains le pensent est l'aiguillon nécessaire pour le remettre sur ses rails avec les questions de l'actualité.

  • Pierre Deschênes - Abonné 22 novembre 2016 06 h 27

    La quadrature du cercle

    Paradoxal d'attendre d'un État qu'il fournisse les services que l'on réclame à hauts cris tout en fantasmant sur des baisses d'impôts qui grèveraient le même État de sa capacité à jouer le rôle qu'on attend de lui... à moins qu'on n'en attende rien, ce qui est une autre histoire.

    • Benoit Toupin - Abonné 22 novembre 2016 11 h 30

      Les baisses d'impôts sont souvent des promesses décevantes parce qu'elles viennent presque toujours avec des diminutions de services, la privatisation de certains services et des tarifs accrus et nouveaux qui font qu'à la fin on vient chercher de plus d'argent dans nos poches.

      Moins d'impôts, sans le marché de dupes illustré plus haut, c'est inévitablement accroître la vulnérabilité de l'état en diminuant sa marge de manoeuvre qui lui permet de faire face aux besoins collectifs émergents et aux aléas économiques. Il faut d'abord un plan économique et politique visant à assurer la vitalité et la fonctionnalité de notre maison collective. Sinon, c'est un état fragilisé et dévitalisé que nous laisserons aux générations à venir; bien pire perspective que la question de la dette.

      Monsieur Legault nous a habitué à ses critiques biaisées de notre vision collectives de l'état. Oui nous payons plus d'impôt et de taxes que plusieurs de nos voisins, mais à la fin qu'avons nous à envier si l'on tient compte du logement, de l'éducation, de services de garderie, de l'électrécité, etc? Nous sommes plus fortunés que nos voisins, en ce sens qu'avec moins on peut s'offrir davantage; voilà pouquoi, dans le cas du Québec, la démonstration reste à faire qu'il y a des gains à faire à resssembler aux autres... Monsieur Legault nous a habitué à l'analyse superficielle et à l'approche souvent populiste; il ne faudrait pas lui donner un chèque en blanc sans questionner... Vous avez vu ce que cela a donné dans le cas du gouvernement Couillard...

      Personnellement, ceux qui promettrons des baisses d'impôts auront besoin de me faire la preuve qu'il ne s'agit pas d'un marché de dupes.

    • Raymond Labelle - Abonné 22 novembre 2016 21 h 10

      Souvent les promesses de baisses d'impôt sont associées au biais idéologique d'une moindre intervention de l'État. De plus, elles introduisent dans la culture citoyenne un élément de corruption - oriente le citoyen vers son intérêt individuel plutôt que vers le bien commun.

      L'histoire est différente si la baisse pour les plus bas revenus est compensée par une hausse pour les plus hauts revenus.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 22 novembre 2016 06 h 32

    Le miroir aux alouettes.

    Le conseil national de QS vient d'aborder une nouvelle phase de son évolution idéologique: le culte du "paraître".

    Ainsi, il a décidé que face aux pressions venant de toutes part, il fallait "paraître" plus conciliant face à une alliance avec l'ennemi juré d'hier: le Parti Québécois.

    En fait il n'a rien de vraiment nouveau dans cette "évolution": quand on creuse dans les détails, on voit bien vite que QS accepte une alliance d'une manière rigoureusement conditionnelle: à savoir que le nouveau partenaire devra devenir "sine qua non" une copie carbone de QS dans ses grandes orientations politiques.

    On voit bien vite que ce nouveau semblant de rapprochement ne produira rien.

    Pourtant le nouveau chef du PQ semble faire un bon accueil aux fausses propositions conciliantes de QS. Nous sommes entrés pour de bon dans l'ère du "paraître".

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 novembre 2016 10 h 03

      À Jean-Charles Morin,

      "Nous sommes entrés pour de bon dans l'ère du "paraître" - Jean-Charles Morin

      Le "l'ère du paraitre" comme vous dites..

      Elle est bien plus du côté du PQqui se prétend souverainiste et progressiste, alors qu'il endosse excatement le même dogme du déficit zéro et les mêmes politiques d'austérité que le PLQ, et qu'il a été trouvé coupable du même financement sectoriel illégal que le parti libéral. Et alors que le PQ n'aura pas eu de référendum au programme durant plus de 28 ans en 2022.

      Et QS a bien raison de poser ses conditions à quelque coalition que ce soit avec qui que ce soit.

      Car il ne nous avancera à rien de remplacer les abus des néolibéraux rouges du Parti libéral, par des abus des néolibéraux bleus du Parti québécois.

      Christian Montmarquette

    • Jean-Charles Morin - Abonné 22 novembre 2016 16 h 54

      @ Christian Montmarquette, qui dit:

      "... il ne nous avancera à rien de remplacer les abus des néolibéraux rouges du Parti libéral, par des abus des néolibéraux bleus du Parti québécois."

      Si QS considère au départ le PQ comme des néo-libéraux, il est clair qu'il n'y aura pas d'alliance entre ces deux formations. Il y a trop de méfiance pour que la colle tienne.

      Comme je le disait plus tôt: c'est "l'ère du paraître". QS fait semblant d'être conciliant et le PQ fait semblant d'être content. Tous ces faux-semblants ont toutes les chances de n'aboutir nulle part.

      Je crois pour ma part (et je crois que vous serez d'accord avec moi là-dessus) que QS et le PQ ont chacun tout intérêt à continuer de faire cavalier seul en évitant de perdre leur temps et leur énergie en vaines palabres.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 novembre 2016 20 h 11

      À Jean-Charles Morin,

      "Si QS considère au départ le PQ comme des néo-libéraux, il est clair qu'il n'y aura pas d'alliance entre ces deux formations." - Jean-Charles Morin

      Ce n'est pas QS qui considère que le PQ est un parti néolibéral.

      C'est le Parti québécois qui, à l'instar du Parti libéral, a choisi, et au dires même de Jacques Parizeau, d'endosser le dogme du déficit zéro.

      Et QS ne fait pas dans l'apparence.

      Nuance.

      Il pose ses conditions comme tout parti politique sérieux le ferait.

      La balle est donc désormais dans le camp du Parti québécois, et c'est LUI qui a à décider s'il continue de singer le Parti libéral, ou s'il s'engage résolument dans la voie du progressisme et de la social-démocratie pour battre le Parti libéral.

      Car ce n'est pas le Parti libéral qu'il faut fondamentalement combattre et qui est toxique au Québec.

      - C'est le libéralisme.

      En conséquences, nous verrons bien si le Parti québécois était sérieux dans ses intentions d'alliance et de changement. Ou si tout cette histoire n'était qu'un ballon médiatique délibérément concocté pour essayer de faire mal paraitre Québec Solidaire.

      Car c'est désormais Québec Solidaire et non le PQ qui fait une proposition de ralliement anti-libéral pour les prochaines élections en appelant à l'union des forces politiques, progressistes, syndicales, communautaires et citoyennes.

      Le PQ acceptera-t-il? Ou s'entêtera-t-il dans son néolibéralisme qui démobilise le vote social-démocrate et contribue à faire réélire les libéraux depuis plus d'une décennie au Québec?

      Je répète.

      L'invitation de QS est lancée et la balle est désormais dans le camp du Parti québécois.

      Christian Montmarquette

    • Patrick Boulanger - Abonné 23 novembre 2016 07 h 24

      M. Morin, je vois que vous aviez, hier, la conjecture facile!

  • Mario Jodoin - Abonné 22 novembre 2016 07 h 02

    Aveuglement?

    «Il est même étonnant que cette contradiction n’ait pas sauté aux yeux des solidaires.»

    Encore faudrait-il que ce soit contradictoire. Ce qui est clair, c'est que pour réaliser l'indépendance, il faut être majoritaire, dans une assemblée constituante comme lors d'un référendum.

    «Il est possible que le changement de garde qui paraît imminent à QS crée un climat plus favorable à la conclusion d’une alliance entre le PQ et QS, à laquelle Françoise David a toujours semblé particulièrement réticente»

    Pas du tout. Elle l'avait d'ailleurs fait avec Jean-Marton Aussant. Ce sont les instances de QS, le conseil national et les congrès qui ont toujours été réticents. La porte-parole devait respecter ces décisions, ce qu'elle a fait.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 novembre 2016 09 h 42

      « L’adhésion à une vision résolument progressiste demeurera cependant une condition non négociable, peu importe la nouvelle direction. »

      S'il voulait parler de la direction de QS, il n'en a pas.

      S'il voulait parler de la direction de QS, c'est une autre affaire.

      Ce n'est pas parce que monsieur Lisée « invoque » avec solennité un point tournant que les membres de QS disent « amen ». Mais hélas, c'est leur « direction » qui passera pour dogmatique tandis que l'autre, il continuera de faire le beau pour pomper à peu de frais le vote de protestation de gauche sous son aile droite.

      Ça ne marchera pas.

      Heureusement. Il n'est pas du tout nécessaire d'avoir vendu son âme aux forces du mal libérales qui agiraient parait-il en sous-main en faveur de QS pour s'en réjouir.

  • Raynald Rouette - Abonné 22 novembre 2016 07 h 44

    La politique devenue un jeu d'enfants!


    Si Françoise David et François Legault pensent rendre service aux Québécois, c'est l'effet contraire qu'ils provoquent!

    Avec toutes les contorsions et tergiversations à leur actifs, ils n'ont fait qu'accentuer et conforter chez ceux-ci dans leur «IMMOBILISME SOCIOLOGIQUE» 1.

    Il est permis de croire par leur attitude et leur comportement qu'ils en font une affaire personnelle, au delà des INTÉRÊTS SUPÉRIEURS DU QUÉBEC!

    Utiliser la personnalité d'une seule personne pour se défiler est d'une tristesse...

    1. Yves Beauchemin «Les Empocheurs» p.56