Votre portefeuille: Coup d'oeil sur Banque Royale

Nos grandes banques. Des machines bien huilées, parfaitement intégrées. De belles machines à la fine pointe des technologies de l'information (investir dans une grande banque équivaut presque à investir dans le secteur des nouvelles technologies) qui jouissent d'un formidable réseau de distribution (succursales, guichets automatiques et Internet) capables d'atteindre presque tous les Canadiens dans leur patelin, voire dans leur maison (service Internet en ligne).

Une machine axée sur la collecte et le placement de l'épargne de tout un peuple. Une machine qui en couvre tous les aspects. C'est ainsi que les grandes banques lèvent les capitaux en offrant aux Canadiens des comptes de chèques et d'épargne, des dépôts à terme et des certificats de dépôt. Les milliards de dollars ainsi levés, elles les font fructifier en les prêtant aux consommateurs (cartes de crédit, prêts automobiles, marges de crédit), aux acheteurs de propriétés (hypothèques) et aux entreprises (prêts d'entreprise). Il s'agit ici des services traditionnels qu'on nomme services d'intermédiation. C'est-à-dire des services où la banque s'impose comme intermédiaire et qui, à ce titre, se réserve un profit correspondant à la différence entre les taux offerts sur ses instruments d'épargne et les taux exigés sur les prêts octroyés. Une marge de profit fort alléchante par les temps qui courent alors que les taux à court terme n'ont jamais été aussi faibles par rapport aux taux d'intérêt à long terme.

Les activités de ces banques ne se limitent pas aux seuls services d'intermédiation. Surtout pas. En moins d'une décennie, les grandes banques sont parvenues à dominer l'industrie des fonds communs d'investissement. Elles se sont dotées de filiales dont les gestionnaires gèrent ces fonds. Elles ont mis durant les années 80 la main sur les plus grandes firmes canadiennes de courtage en valeurs mobilières. Du coup, elles sont devenues des joueurs dominants pour les émissions de créances corporatives et d'actions. Si bien que, lorsqu'il y a relance de l'activité économique (comme celle connue en 2003), elles sont aux premières loges pour en récolter les retombées alors que s'active le financement des entreprises.

Enfin, pour ajouter à leur dominance du courtage des valeurs mobilières, elles se sont dotées durant les années 90 de courtiers en ligne à exercice restreint, marché qu'une fois de plus elles dominent largement.

D'entre toutes les grandes banques à s'être si bien intégrées, la Banque Royale du Canada (Tor., RY) est celle occupant la position de tête. Avec un actif totalisant près de 401 milliards de dollars, la Banque Royale surclasse les autres grandes banques dont l'actif oscille autour de 260 milliards de dollars.

De par sa taille imposante, la Banque Royale jouit d'un plus fort degré de diversification ainsi que d'économies d'échelle plus importantes dans chacun de ses champs d'activité. Résultat: elle parvient mieux que quiconque à extirper les profits de chaque dollar composant son actif. C'est ainsi qu'elle affiche régulièrement un rendement de l'avoir supérieur à celui des autres banques, rendement qui s'est élevé à 17 % au dernier exercice. Cela explique aussi le fait qu'elle fut la première banque à voir il y a quelques années son profit net franchir la barre des deux milliards de dollars. Au dernier exercice (celui 2002-03), une autre étape a été franchie alors que son profit net a dépassé la barre des trois milliards de dollars. Exploit qu'elle est en mesure de répéter pour le présent exercice alors qu'elle semble capable de réaliser à chaque trimestre un profit net de plus de 800 millions.

Magie du dividende

Évidemment, avec de tels résultats, les actionnaires à long terme de la Banque Royale ont été très gâtés par les effets de la magie du dividende. En 1985, ils ont pu accumuler l'action autour de 7 $ alors qu'elle accordait un dividende annuel de 50 ¢. Aujourd'hui, ce dividende s'élève à 1,84 $ ce qui donne un taux de dividende annuel courant de plus de 26 % du capital initial investi (rendement d'intérêt équivalent de 33,3 % — pas mal mieux que les maigres 2 % ou 3 % accordés pour les comptes d'épargne et les certificats de dépôt). Et, comme cerise sur le gâteau, le cours de l'action est passé de 1985 à ce jour de 7 $ à près de 70 $. Vous comprenez maintenant pourquoi les actionnaires à long terme de la Banque Royale ne se bousculent pas aux portes pour vendre leurs titres.

Pour une information plus complète sur l'entreprise (données et ratios financiers fournis par Stock Guide), rendez-vous sur le site de la classe Internet Pro-Placement (www.proplacement.qc.ca)

Mise en garde: il ne s'agit pas ici d'une recommandation d'achat. Pour bien bâtir son portefeuille, il importe d'accumuler les actions au bon prix et de bien suivre l'évolution de l'entreprise.

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