Vitales, nos forêts urbaines

À Laval, le Bois de l’Équerre offre 10 km de sentiers de randonnée pédestre.
Photo: Michel Bernier À Laval, le Bois de l’Équerre offre 10 km de sentiers de randonnée pédestre.

De nombreuses études le démontrent : la forêt urbaine joue plus que jamais un rôle essentiel pour notre santé physique et mentale. Elle améliore la qualité de l’air, gère les eaux pluviales, réduit les îlots de chaleur, favorise l’activité physique et fait diminuer le stress. La négliger serait une grave erreur, car elle est vitale pour notre avenir.

Fin septembre, à Laval, se tenait la Conférence canadienne sur la forêt urbaine ; quatre jours d’ateliers et de conférences où des spécialistes, planificateurs et décideurs ont discuté notamment de sa conservation, sa gestion, son état.

Perspective du lieu

Ex-professeur aux universités de Copenhague et de Hong Kong, le Dr Cecil Konijnendijk Van den Bosch enseigne depuis peu la foresterie urbaine, un nouveau cours à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), preuve de l’intérêt grandissant pour le sujet. Sa conférence nous a fait découvrir des forêts urbaines du monde et la perspective du lieu dans la planification d’infrastructures vertes.

Il a mis en relief l’importance de reconnecter les citoyens avec la nature, faisant remarquer que la diversité des espaces verts est importante et essentielle, allant de sites tels que le Garden by the Bay à Singapour à des paysages vernaculaires; qu’en ville, les urban pocket parks jouent un rôle fondamental pour la cohésion sociale et qu’en fait les parcs ne sont rien de moins que les derniers bastions de l’espace démocratique.

Il a également souligné la nécessité, pour la réussite des projets, de l’intégration du travail des planificateurs, des ingénieurs, des architectes paysagistes… une lacune courante. Finalement, il a insisté sur l’importance de créer des espaces qui deviennent des places. Comment y arriver, lui ai-je demandé ? « Il faut emmener les gens sur place, leur montrer des exemples. On doit convaincre les politiciens locaux que les arbres, c’est fondamental. »

Halifax

Photo: Michel Bernier À Laval, le Bois de l’Équerre offre 10 km de sentiers de randonnée pédestre.

Professeur à l’Université de Dalhousie, à Halifax, le Dr Peter Duinker a présenté les joies et les épreuves de la mise en oeuvre du plan sur la foresterie urbaine de cette ville, qu’il a élaboré et dirigé. Lui aussi a insisté sur la sensibilisation des citoyens au rôle et à l’utilité des arbres.

Il a également mis l’accent sur l’importance de la planification, qui doit s’accompagner d’une mise en oeuvre et d’une bonne gestion. Ayant lui-même élaboré des plans qui n’ont pas abouti, il en sait quelque chose. Les concepts fondamentaux de la réussite, selon M. Duinker, seraient l’engagement des citoyens, la collaboration de professionnels, des mots et des chiffres pour décrire et connaître l’arboriculture et la sylviculture.

Un suivi est essentiel afin d’avoir des données et de faire des corrections. Dans son cas, il est fort heureux de disposer de 35 000 $ par année pour faire faire le suivi par des étudiants de l’université. En 2007, le budget annuel de ce plan était de 50 000 $ ; il est maintenant rendu à 650 000 $.

Parmi les difficultés rencontrées : le travail donné à forfait, la bureaucratie qui augmente sans cesse et la réorganisation constante des villes. Intéressant : la municipalité a aussi mis en place un projet pilote de verger dans ce jardin communautaire, en partenariat avec Halifax Diverse and Dartmouth Common Community Garden (halifax.ca/property/UFMP).

Arbres sains, population en santé

Fameux raconteur et amoureux des arbres, Boucar Diouf a ouvert l’après-midi en nous faisant rire et réfléchir sur le rapport avec les arbres dans notre vie. La période s’est poursuivie sur un ton plus sérieux avec la Dre Mathilda Van den Bosch, qui a présenté les nombreux liens prouvés scientifiquement entre la santé d’une population et la présence des arbres.

Par exemple… Plus il y a de parcs, plus les gens sont actifs et… en santé. En présence de verdure, le stress diminue, ainsi que les problèmes de santé mentale. Expérimenter la nature réduit la rumination et brise l’isolement. Également, pour avoir un système immunitaire en santé, celui-ci doit être exposé à la diversité.

Selon la Dre Van den Bosch, les obstacles qui freinent le verdissement sont nos biais cognitifs, une pauvre transposition de la science en des politiques, les traditions académiques et des standards inadéquats pour prendre des décisions.

Ville d’accueil pour cette conférence, Laval a été sélectionnée grâce à l’excellente initiative du président du Bois de l’Équerre et de son vice-président Karl Dalbec, qui ont soumis sa candidature à la suite de leur présence à la conférence de 2014 à Victoria, B.C. Elle est le fruit des efforts combinés d’Arbres Canada, de la Corporation pour la mise en valeur du Bois de l’Équerre et de Tourisme Laval.


Dans la bibliothèque

Jardins
Nos survivants. Les arbres remarquables de Laval
Suzanne Hardy 
Conseil régional de l’environnement de Laval

Avec ce livre, le Conseil régional de l’environnement de Laval souhaite faire connaître les arbres indigènes ou qui ont été introduits, ainsi que leur contribution majeure au patrimoine paysager, leur rareté biologique et historique et leur vulnérabilité.

Il nous fait découvrir les trésors vivants de cette région, tels le magnolia acuminé, le tulipier de Virginie, l’orme liège et l’érable noir, et des spécimens exceptionnels de pins blancs, un phellodendron de l’Amour, des catalpas communs…

Agréable à lire et largement illustré, ce livre bien documenté est un ouvrage de collaboration qui a nécessité quatre ans de travail.
 

Au jardin cette semaine

Comme les bulbes à floraison printanière, les bulbes d’ail se plantent à l’automne. Pour avoir une belle production, on choisit de grosses gousses d’ail bio du Québec.

On les plante à une profondeur de 5 cm et on met environ 10 cm entre les gousses et 25 entre les rangs. Le sol doit bien se drainer et être amendé avec du compost. D’ailleurs, si on est sur un sol argileux, mieux vaut les cultiver sur une butte. Le plein soleil est nécessaire. L’automne, jusqu’à maintenant, est très sec : il ne faut surtout pas négliger les arrosages pour les conifères et les plantes à feuillage persistant, sinon ils tendent à se dessécher au cours de l’hiver.

Orchidfête 2016

Les orchidées sont des fleurs spectaculaires d’une grande diversité de formes, de couleurs et de textures. Pour les découvrir, il n’y a rien comme une visite à une exposition. Les 15 et 16 octobre, l’Eastern Canada Orchid Society tient la sienne au cégep André-Laurendeau. Ce sera également l’occasion de discuter avec des experts et de se procurer des plantes rares ou moins communes.

Le stationnement est gratuit et le prix d’entrée est de 12 $. Des bons de réduction de 2 $ peuvent être téléchargés sur le site ecosorchids.ca.

Déshydrateur alimentaire

J’ai testé le déshydrateur alimentaire de la compagnie Lee Valley, fabriqué par l’entreprise Nesco American Harvest. Sans être experte dans ce type de produit, j’ai trouvé qu’il faisait un excellent travail, en particulier pour les pommes et les fraises. J’ai testé aussi de petites tomates, des bleuets et des cerises de terre avec lesquels j’ai eu de bons résultats.

Il n’est pas trop gros et il est facile d’utilisation et de nettoyage. Le thermostat réglable permet de faire sécher différents types d’aliments selon leurs besoins, ce qui est bien. 

Ruelles vertes

Le 3 octobre dernier, 15 nouvelles ruelles vertes ont été inaugurées dans Rosemont–La Petite-Patrie. Ainsi, l’arrondissement montréalais demeure parmi ceux qui ont le plus grand nombre de ruelles. Les 98 projets concrétisés depuis 2011 démontrent l’intérêt et l’engagement des citoyens envers leur milieu de vie.

Réalisé en collaboration avec l’Écoquartier, le programme Ruelles vertes est en période de recrutement, et tous les résidants intéressés sont invités à déposer leur projet pour l’édition 2017, qui d’ailleurs verra la 100e ruelle du territoire être verdie.