Le nouveau joueur

Quand Lucien Bouchard et son groupe de « lucides » avaient lancé leur célèbre manifeste en octobre 2005, plusieurs au PQ avaient crié à l’ingérence, soupçonnant l’ancien premier ministre, qui avait quitté le parti dans l’amertume, d’avoir voulu profiter de la course à la succession de Bernard Landry pour régler ses comptes.

Jean Charest, lui, avait adoré. « C’est évident que, pour le PQ, ce document-là, c’est une claque. Si j’étais engagé dans une course à la direction du PQ, je n’appellerais pas ça exactement un endossement », avait-il lancé, hilare. Cela n’avait cependant pas eu une grande incidence sur le résultat de la course à la succession de Bernard Landry. André Boisclair avait déjà pris une avance considérable et il était sans doute le candidat dont les idées se rapprochaient le plus de celles des lucides.

La soudaine entrée en scène de Jean-Martin Aussant et de Gabriel Nadeau-Dubois est cependant de nature à faire réfléchir les membres du PQ au moment où ils s’apprêtent encore une fois à élire un nouveau chef. Si la suite des choses leur déplaît, ces deux-là pourraient bien se dresser sur leur chemin à l’élection d’octobre 2018, en brandissant le double étendard de l’indépendance et de la gauche.

Du PQ à la CAQ en passant par l’ADQ et QS, le Québec a l’habitude des partis politiques nés d’une initiative « citoyenne » prétendument non partisane qui a servi de rampe de lancement. Depuis qu’il a quitté la direction d’Option nationale, tout le monde sait que M. Aussant reviendra en politique un jour où l’autre et que ce ne sera pas pour jouer les seconds violons.

Personne ne croit non plus que l’ancien porte-parole de la CLASSE restera éternellement sur la touche. Il ne fait pas de doute que ces deux-là formeraient un redoutable tandem qui pourrait faire des ravages chez ces jeunes électeurs dont le PQ souhaite si ardemment retrouver la faveur.

Il est vrai que M. Aussant préside le chantier de l’économie sociale depuis à peine un an et que cette fonction serait incompatible avec un engagement partisan, mais il suffit de parcourir son CV pour constater que cet homme a la bougeotte. S’il estime maintenant avoir le loisir de parcourir les régions du Québec, c’est manifestement que les raisons familiales qui l’avaient amené à quitter ON ne sont plus aussi impérieuses.

 

Le groupe complété par l’agronome Claire Bolduc, la militante crie Maïtée Labrecque-Saganash et l’urgentologue Alain Vadeboncoeur tirera ses conclusions dès l’hiver prochain. C’est remarquablement rapide compte tenu de la complexité des dix grandes questions sur lesquelles il entend consulter la population : démocratie, économie, régions, indépendance, éducation, santé, relations avec les autochtones, diversité, culture et climat.

S’il s’agit simplement d’élaborer la base d’une plateforme électorale, cela est sans doute suffisant. L’important est de pouvoir dire que la population a été consultée. Il restera ensuite un an et demi avant la prochaine élection, ce qui avait suffi à la CAQ pour présenter des candidats dans 122 circonscriptions et d’en faire élire 22 en septembre 2012.

Bien entendu, tout cela relève de l’hypothèse. Pourquoi M. Aussant aurait-il repris sa carte de membre du PQ si c’était pour le quitter à nouveau ? D’un autre côté, pourquoi avoir fait irruption sur la place publique pour crier que tout va à vau-l’eau s’il croit que son ancien parti est sur la bonne voie ?

 

Des quatre candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau, Jean-François Lisée est sans doute celui dans lequel MM. Aussant et Nadeau-Dubois se reconnaissent le moins, qu’il s’agisse de ses positions sur les questions identitaires, du renvoi du référendum à un deuxième mandat ou de sa conception « efficace » de la gauche. Si ce dernier devient chef, la tentation de former un nouveau parti, voire d’investir QS, pourrait être plus forte.

Plutôt que d’y voir une menace pour son propre parti, Amir Khadir a dit croire qu’« il y aura moyen de travailler ensemble », que ce soit sous l’étiquette de Québec solidaire ou d’une autre. Qui sait, au bout du compte, la « convergence » se fera peut-être sans le PQ !

Lors de la course précédente, Maïtée Labrecque-Saganash s’était rangée dans le camp d’Alexandre Cloutier. Cette année encore, elle était à ses côtés quand il s’est engagé à signer la déclaration de l’ONU sur les droits des autochtones s’il devient premier ministre. Il est vrai qu’on change souvent d’idée dans cette course.

Aussi bien le PLQ que la CAQ ne demanderaient pas mieux que d’accueillir un nouveau joueur qui ne pourrait que diviser davantage le vote souverainiste et progressiste. Remarquez, si cette perspective devait inciter les militants à choisir un autre chef que M. Lisée, ils en seraient sans doute tout aussi ravis.

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50 commentaires
  • Yves Nadeau - Abonné 29 septembre 2016 06 h 36

    Le cadeau

    Le gouvernement Couillard a du fil à retordre avec les questions éthiques en ce début de nouvelle session parlementaire et l'arrivée de cette... initiative citoyenne est un véritable cadeau: une distraction qui permettra d'éluder les «vraies questions».

    Lorsque j'étais jeune, il y avait un groupe musical nommé «César et ses Romains»; à Québec «Couillard et ses Ôdieux» prennent maintenant la relève pour enformir la population jusqu'à la prochaine élection.

    Je me permets donc de paraphraser Bernard Derome: si la tendance [à la division] se maintient, le prochain gouvernement du Québec sera libéral. Même si j'espère me «trumper», je ne crois pas rêver!

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 septembre 2016 08 h 46

      À Yves Nadeau,

      "Si la tendance [à la division] se maintient, le prochain gouvernement du Québec sera libéral. " - Yves Nadeau

      1) Le PQ, c'est des libéraux, et tout autant que le Parti libéral: Même corruption; même gavage des riches et des entreprises;même dogme du déficit zéro; mêmes politiques d'austérité; mêmes attaques à l'aide sociale etc.

      2) Pourquoi parler "de division" alors que le nouveau groupe de GND pourrait au contraire investir Québec Solidaire ou s'unir avec lui pour en former un nouveau?

      Christian Montmarquette

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 29 septembre 2016 09 h 01

      De toute facon,si Couillard est réélu moi je débarque du radeau du Québec sans gouvernail et devient un SDF ie sans domicile fixe.

    • Claude Bariteau - Abonné 29 septembre 2016 09 h 22

      Débattre n'est pas porteur de division. Ça permet plutôt d'approfondir les problèmes et identifier des voies pour contrer les effets collectivement nocifs.

      Actuellement, les problèmes québécois sont affaire de partis politique. Ils s'en servent pour avancer des solutions conçues par leurs membres et privilégiées pour les exécutifs comme plate-forme électorale.

      Élus, ils imposent leurs solutions s’ils ont une majorité de députés indépendamment d’un appui majoritaire. La conséquence : des propos passionnés pour attirer l’attention et des solutions souvent étrangères aux intérêts du peuple.

      Que cinq personnes entendent consulter des Québécois et des Québécoises de toutes origines et de tous milieux est un événement important. D’autres l’ont fait à divers moments de l’histoire du Québec et ce fut constructif.

      Pourquoi dénigrer leur engagement ou, comme monsieur David, le politiser et discréditer des membres ?

      Pourquoi aussi voir dans leur engagement à aborder de grandes questions (démocratie, économie, environnement et indépendance), et des dossiers récurrents (régions, éducation, santé, relations entre les Québécois et les Québécoises et culture) un désir de créer ou nourrir un parti politique ?

      En quelque sorte, pourquoi avancer que ces personnes, qui veulent savoir ce que pensent les Québécois et les Québécoises, ne pourraient pas fournir un éclairage original inspiré par leurs échanges et la façon dont elles pensent l’avenir du Québec.

      Dit autrement, pourquoi banaliser l'écoute des Québécois et des Québécoises conscients de ces problèmes et porteurs de solutions qui ne sauraient échapper à une approche d’ensemble.

      Avant de nous quitter, Jacques Parizeau a souvent avancé qu’on ne pensait plus le Québec comme ensemble politique, ce qui posait problème. En faisant du Québec l’objet de leur initiative, ces personnes le remettront au centre de nos réflexions.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 29 septembre 2016 09 h 26

      @Yves Nadeau. Vous croyez vraiment que c'est un cadeau pour Couillard lorsque la grogne populaire se manifeste et cherche une issue au marasme dans laquelle nous ont plongé les vieux partis qui se partagent le pouvoir depuis Bouchard?

      Michel David touche juste. Ce qui risque d'arriver ce n'est pas une "nouvelle" division, mais plutôt de nouveaux regroupements de convergences de la gauche!

      Ce qui est certain, si la grogne populaire se reconnaît dans les options "unifiées" de la gauche politique, ce seront les mouvements sociaux et les petites gens qui en sortiront gagnants et mieux représentés à l'Assemblée Nationale... tant pis si le PQ perde sa base progressiste, et que la CAQ fasse bon ménage soit avec le PLQ, soit avec l'establishment d'un PQ divisé.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 septembre 2016 11 h 33

      " Pourquoi dénigrer leur engagement ou, comme monsieur David, le politiser et discréditer des membres ?" - Claude Bariteau

      Ce n'est pas Michel David qui politise leur engagement, alors que Gabriel Nadeau-Dubois a lui-même a affirmé qu'il ne fermait pas la porte à la création d'un nouveau parti politique ou à s'associer avec un parti existant.

      - Cm

    • Jean Lapointe - Abonné 29 septembre 2016 12 h 43

      Le problème monsieur Bariteau c'est que je doute fort que les gens à l'origine de ce mouvement aient vraiment l'intention de débattre avec nous tous Québécois.

      Si l'on regarde les questions qu'ils posent on ne peut pas ne pas se rendre compte qu'ils ont des idées déjà toutes faites sur bien des sujets.

      Leur but semble pluôt d'essayer de savoir ce que les Québécois en pensent de leurs idées pour savoir s'ils pourraient compter sur assez d'appuis pour se permettre de fonder un nouveau parti politique.

      On ne peut donc pas compter sur eux à mon avis si nous pensons pouvoir «nous parler» en toute liberté.

    • Frank Jette - Abonné 29 septembre 2016 14 h 48

      En effet M Nadeau, si ce nouveau groupe ne fait que diviser les forces déjà en place, ça ne va que continuer de permettre au PLQ de passer à nouveau.

      Et n'en déplaise aux Montmarquette de ce monde, si ce groupe cherche du renouveau au niveau politique, c'est qu'ils ne sentent pas actuellement que les partis en place sont assez intéressants ou capable de se faire élire pour penser les joindre d'emblée (ce qui inclut QS). Il est plus probable que cette opération tente d'influencer les partis souverainistes en général, dont le PQ, qui a déjà été social-démocrate et progressiste. Sinon, pourquoi débuter leur mouvement juste avant la fin de la course à la chefferie péquiste (coincidence?) et pourquoi ne pas simplement joindre QS?

      Et en effet, comme le dit M. David, le choix du prochain chef du PQ pourrait bien influencer l'orientation de ce nouveau groupe (appuyer la convergence PQ/ON/QS? Fusionner avec un ou deux partis en place et créer un nouveau parti? Attendre 2022?). Le choix de Lisée (et PSPP) pourrait possiblement nuire à une unification ou fusion avec ce groupe. Il reste Ouellet et Cloutier...

    • Patrick Daganaud - Abonné 29 septembre 2016 17 h 24

      Non, Monsieur Nadeau, le prochain gouvernement ne sera pas libéral.

      De grâce, ne nous servez pas de pareille malédiction.

      Autant dire qu'il serait caquiste!

      Quelels horreurs!

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 septembre 2016 08 h 36

      À Frank Jette,

      "N'en déplaise aux Montmarquette de ce monde, si ce groupe cherche du renouveau au niveau politique, c'est qu'ils ne sentent pas actuellement que les partis en place sont assez intéressants ou capable de se faire élire pour penser les joindre d'emblée (ce qui inclut QS)" - Frank Jette

      GND n'a jamais dit ça, et votre affirmation n'est que pure spéculation, d'autant plus que GND a activement milité pour Manon Massé aux dernières élections du Québec.

      Et comme il l'a déclaré à la presse, il n'est pas exclu que ce groupe fusionne avec QS au bout de la démarche.

      - CM

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 octobre 2016 11 h 01

      "Créer un nouveau parti?" - Frank Jetté

      Gabriel Nadeau-Dubois sur Twitter :

      "Nous disons explicitement dans cette publication que nous ne fonderons pas de nouveau parti." - GND

      - CM

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 septembre 2016 08 h 03

    La sagesse est l"art d'accepter ce qu'on ne peut pas changer

    Je ne vois pas l’émergence d’un autre parti indépendantiste comme une menace.

    La consultation populaire qu’il désire entreprendre sera une moisson d’idées.

    De son côté, le Pari libéral n’est pas un parti d’idées; c’est fondamentalement un parti d’intérêts (ce qui explique le copinage dont il n’arrive pas à se départir).

    Quant au PQ, au lendemain de sa cuisante défaite, il a hésité à s’engager dans un bilan postélectoral qui aurait été l’occasion de déchirements internes.

    Le renouvèlement de son idéologie ne s’est fait, superficiellement, qu’à l’occasion de deux courses à la chefferie qui ont occupé tout le temps disponible que ses dirigeants pouvaient consacrer à la réflexion.

    L’intention de Martine Ouellet de recourir sans gêne à la clause dérogatoire quand les intérêts du Québec sont menacés par des dispositions constitutionnelles est sans doute l’idée la plus rafraichissante issue de cette course.

    Lors du colloque DestiNation, OUI-Québec se proposait d’entreprendre une vaste consultation populaire dont on n’a plus entendu parler.

    La consultation populaire que désire entreprendre ce nouveau mouvement n’attirera pas les foules. Elle attirera une partie des convertis. Mais ce sera une occasion pour ces derniers de s’exprimer. Et la moisson d’idées qui en résultera sera une source d’inspiration pour le PQ comme l’est le programme de la CAQ pour le Parti libéral.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 septembre 2016 10 h 39

      Corrigé - À Jean-Pierre Martel,

      " Le renouvèlement de son idéologie (du PQ) ne s’est fait, superficiellement, qu’à l’occasion de deux courses à la chefferie.." -Jean-Pierre Martel

      Avec les trois partis néolibéraux et de droite que sont le PQ, le PLQ et la CAQ. Il n'y aura de véritable changement de régime et de véritable renouvellement politique au Québec que si les valeurs sociales-démocrates et de gauche avancent dans notre société dopée à l'individualisme à la consommation outrancière, au pétrole et à l'acceptation béate des injustices sociales.

      Beaucoup trop de gens croient naïvement que le changement passe nécessairement par l'indépendance, alors que l'indépendance ne garantie aucun progrès social, mais bien au contraire le maintien de la situation actuelle avec le Parti québécois.

      Le seul véritable espoir d'avancement social réside dans un changement des mentalités et conséquemment un appui massif des citoyens à un parti clairement progressiste.

      Nos plus graves et plus urgents problèmes ne sont pas à Ottawa, mais ici mêmes au Québec, avec nos propres exploiteurs et nos propres tyrans qui dirigent et contrôlent nos gouvernements

      Christian Montmarquette

    • Patrick Daganaud - Abonné 29 septembre 2016 12 h 20

      La couillardise, est l"art d'imposer ce qu'on ne peut pas accepter.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 30 septembre 2016 10 h 47

      Au-delà des divergences Droite-Gauche, il y a une chose qui unit tous les Québécois, c’est l’attachement à leur histoire et à leur culture.

      Depuis six ans, je soutiens la thèse selon laquelle la Canadian Constitution a programmé la lente extinction du peuple québécois en prescrivant la liberté de choix en matière d’enseignement primaire et secondaire.

      C’est le retour forcé du Québec 40 ans en arrière, à l’époque du bill 63 de l’Union Nationale

      Jusqu’ici, je n’ai rencontré personne qui ait été capable de réfuter cette thèse audacieuse.

      Vous trouverez un exemple de mon argumentation à la suite du commentaire intitulé ‘La Canadian Constitution est une loi ethnique’ :
      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/480937/le

      Si cette thèse est exacte, expliquez-moi, M. Montmarquette, pourquoi aucun parti indépendantiste n’a osé faire campagne au cours de l’un ou l’autre des deux référendums déjà tenus sous le thème-choc de « L’Indépendance ou la mort » (au sens figuré) puisque c’est essentiellement ce dont il s’agit.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 30 septembre 2016 15 h 20

      Correction :

      Dans le texte que je viens de publier, je terminerais plutôt par :
      ...« L’Indépendance ou l'extinction collective » puisque c’est essentiellement le dilemme auquel nous condamne la Canadian Constitution de 1982.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 octobre 2016 15 h 59

      À Jean-Pierre Martel,

      " C’est le retour forcé du Québec 40 ans en arrière, à l’époque du bill 63 de l’Union Nationale. Jusqu’ici, je n’ai rencontré personne qui ait été capable de réfuter cette thèse audacieuse (...) « L’Indépendance ou la mort » (au sens figuré) puisque c’est essentiellement ce dont il s’agit. - Jean-Pierre Martel

      1) La mort, la vraie, ce n'est pas la régression de la langue ou de la culture qui la donne. Mais les incessantes coupures des néolibéraux du PQ et du PLQ dans la santé et les services sociaux. Ainsi l'UNICEF déclarait récemment que les pauvres ont 11 ans d'espérance de vie de moins que les autres au Québec.

      2) Comme le disait le "TRÈS" indépendantiste Pierre Valière...

      « Pourquoi faire l’indépendance? Pour parler français? Mais ! On le parle déjà, le français! » - Pierre Vallières, FLQ

      Christian Montmarquette

  • Marie-Claude Delisle - Inscrite 29 septembre 2016 08 h 42

    Et si se profilait un vrai changement?

    Depuis 35 ans dans l'opposition, j'en suis venue à penser que nous sommes dans un système à parti unique. Pas une dictature, bien sûr, mais un cul-de-sac, une impasse, un mur. Une telle situation réclame une rupture. Rompre avec un système électoral qui polarise les positions. Rompre avec un système économique qui creuse le fossé riches-pauvres. Rompre avec un gouvernement fédéral qui musèle toute initiative plus locale. Et reconstruire un dialogue. Se donner la permission de nous exprimer sans que nos propos soient récupérés dans un camp comme dans l'autre. Apprendre à débattre, à échanger, à argumenter sans y voir tout de suite la chicane mais une recherche passionnée d'entente ou de consensus. Pour réinventer, il faut vraiment se positionner au-dessus de la mêlée. Et à commencer par vous, M. David, apprendre aux journalistes et chroniqueurs à analyser les propositions politiques hors du champ partisan. Faut s'parler bien sûr. Mais faut écouter aussi et bien rapporter nos volontés si on ne veut pas trouver rien qu'un autre tour-en-rond.

    • Patrick Daganaud - Abonné 29 septembre 2016 12 h 31

      Je crains fort, Dame Marie-Claude, que l'affrontement du compatible et de l'incompatible ne rende les débats plus complexes, car la corruption des pouvoirs y est déjà cristallisée.

      Lever l'espoir d'une société juste et commencer à la construire, je suis, comme vous partant.

      Mais « la recherche passionnée d'entente ou de consensus » ne rend ni acceptable l'inacceptable ni concilié l'inconciliable...

  • Louise Collette - Abonnée 29 septembre 2016 08 h 44

    Problème

    Le problème ce n'est pas vraiment le gouvernement actuel, c'est l'ignorance de ceux qui votent pour ce parti, ça coûte cher le <<non-savoir>> très cher, et on donne au peuple du pain et des jeux, entre autres choses, de nos jours, tous les machins trucs et bidules soit-disant intelligents, alors pas le temps de s'occuper de politique, de voir à ce que les choses changent, on a toutes nos bébelles, on est <<bin d'même>>dérangez-nous pas. Les gens ne sont pas intéressés, allumés. Le superficiel tout le temps et on entretient ça.

    Dans les médias, on remplit le temps d'antenne avec des recettes, de la danse, des jeux, on étourdit les gens et ça marche, l'ignorance va avoir notre peau.

    Il faudrait suivre le modèle de l'Islande, ils ne badinent pas ces Islandais, lors des Panama Papers ils ont pris les grands moyens, corruption, tolérance zéro, un exemple à suivre.

    • Patrick Daganaud - Abonné 29 septembre 2016 12 h 23

      Comme vous avez raison, Louise!

      C'est à hurler!

    • Brigitte Garneau - Abonnée 29 septembre 2016 15 h 56

      Tout ce que vous dites Madame Colette est tellement vrai! Pour contrer l'ignorance il n'y a qu'une seule solution: L'ÉDUCATION. Une société éduquée est une société qui va bien politiquement (les gens vont voter), économiquement (les gens ont un meilleur travail) et qui, en plus, est en SANTÉ! Que fait notre bon gouvernement? Il COUPE en éducation! Aussi longtemps que l'ignorance sera reine...les libéraux seront au pouvoir. Misère!

    • Claude Bariteau - Abonné 30 septembre 2016 06 h 46

      Je partage en partie ce que vous écrivez, madame Collette. S'il est vrai qu'avoir élu le PLQ peu après les scandales associés à ce parti laisse entendre des choix bizarrres, rien ne permet de penser que l'ignorance est en cause et qu'une lutte collective contre ces dérives passe surtout par l'éradication de l'ignorance.

      Mon expérience de militant, ma formation d'anthropologue et ma connaissance du peuple québécois m'incitent plutôt à penser qu'il y a, comme vous le signalez, une pression majeure qui incite au repliement dans le secondaire et pousse vers l'insousciance, car elle valorise la crainte du politique, surtout le refus de l'implication.

      L'antidote à cet éloignement de l'essentiel passe par des échanges non pas pour vendre sa salade, ce que font nombre de politicien/ne/s, mais pour discuter et débattre. Les idées nouvelles au Québec sont nées de tels débats, qui se sont multipliés et ont favorisé l'émergence d'idées neuves sur la scène politique.

      Ces cinq personnes ont déjà soulevé l'enthousiasme parce qu'elles s'ouvrent au débat et privilégie comme cible le Québec et, implicitement, la citoyenneté, qui m'est apparu au coeur de leur démarche.

      Cet alignement devrait conduire à des débats nouveaux et à une lecture de l'avenir du Québec autour du concept de citoyen et de citoyenne plutôt que celui de « nation préexistante » privilégié par des partis nationalistes.

      En quelque sorte à penser le Québec dans les termes du Parti patriote avant que cette pensée ne soit déformée par le clergé et des politiciens qui ont contribué à enfermer l'avenir dans la logique du colonisateur britannique, une logique qui perdure.

  • Denis Paquette - Abonné 29 septembre 2016 08 h 47

    la lutte mondiale pour la vie est en train de changer

    Dans le contexte mondiale, peut etre que la prochaine élection ne se fera selon les critères habituels, avec les élections américaines, nous allons assister a des réalignements majeurs, le niveau de productions actuel est trop bas, mais ce ne sont pas des choses facile a changer surtout si elles sont commandées par des idéologies qui n'ont plus court, le plus grand changement que nous avons connu depuis les dix ou quinze dernieres années fut internet, des peuples isolés sont alors devenus informés, et confrontés a des difficultés que l'on ignoraient auparavant, la production qui était alors en pleine expansion est alors devenue années apres années inefficace, il n'est pas alors difficile d'imaginer que la lutte pour la vie dans le monde est en train de changer

    • Patrick Daganaud - Abonné 29 septembre 2016 17 h 20

      C'EST LE RÈGNE DE LA PRÉDATION

      Les proies sont manipulées pour ne penser qu'à leur survie et elles se noient, toutes, dans des alliances avec leurs prédateurs.
      Manipulées pour se liguer, proie contre proie, pour déterminer qui se fera bouffer en premier.

      Mais ce règne n'a jamais cessé. L'Internet nous révèle son existence planétaire.

      Sauf un réveil collectif pour éliminer la prédation, la race humaine s'en va vers son extinction en passant par des barbaries innommables.