Combiner REER, FTQ et REEE à 53 ans: une stratégie payante

Ma question porte sur les actions du Fonds de solidarité (FTQ). J'ai 53 ans et j'envisage de prendre ma retraite en août 2007. Je songe, pour les quatre prochaines années (2004, 2005, 2006 et 2007), à souscrire dans mon REER 3500 $ par année (limite permise dans mon cas) que j'investirais dans les actions du Fonds de solidarité.

Le Fonds me permet de racheter, une fois à la retraite, les sommes souscrites dans la mesure où celles-ci y ont séjourné 730 jours. Je me prévaudrai de cette mesure en 2008 pour vendre mes unités REER-FTQ 2004 et 2005, en 2009 pour vendre celles du REER-FTQ 2006 et enfin en 2010 pour vendre celles du REER-FTQ 2007. L'idée est de bénéficier à court terme du crédit d'impôt de 30 % et d'investir celui-ci (1050 $) dans le REEE de mon enfant.

Est-ce une bonne stratégie?

Un lecteur

Sur une longue période de 20 ans et plus, le poids de la valeur du crédit d'impôt obtenu à l'achat d'unités d'un fonds des travailleurs dans le rendement global du capital initial investi est faible. Par contre, sur un horizon de placement de dix ans ou moins, la valeur actuelle du crédit d'impôt (crédit d'impôt combiné fédéral et provincial = 30 % du montant investi, dont le maximum permis est de 5000 $ par personne par année) devient plus importante et occupe donc un poids non négligeable dans le rendement global du capital investi. Or, à 53 ans, comme vous estimez pouvoir revendre vos unités du fonds (donc récupérer votre capital investi) avant même dix ans, vous bénéficierez pleinement de la valeur actuelle élevée des crédits d'impôt.

Mieux. En utilisant lesdits crédits pour cotiser au Régime enregistré d'épargne-étude (REEE) de votre enfant (il doit avoir moins de 21 ans), le gouvernement fédéral versera dans le REEE dont l'enfant est bénéficiaire un crédit correspondant à 20 % de votre cotisation, et ce pour les premiers 2000 $ de cotisation par enfant par année.

À cela s'ajoute évidemment les reports d'impôts résultant de votre cotisation annuelle au REER (cotisation qui, elle, servira à acheter les unités d'un fonds de travailleurs).

Conclusion: oui, la stratégie préconisée est fort lucrative. Un seul problème: le gouvernement québécois limite dorénavant le montant que peuvent lever les fonds de travailleurs chaque année tout en donnant droit aux crédits d'impôt de 15 % (au provincial) du montant investi par le contribuable. La levée maximale des capitaux a été fixée à 600 millions de dollars pour le fonds FTQ (pour l'exercice allant du 1er juillet 2003 au 30 juin 2004) et à 80 millions pour le Fondaction (exercice allant du 1er juin 2003 au 31 mai 2004). Cela signifie qu'il faut se hâter pour acheter les unités de ces fonds car, une fois les plafonds précédents atteints, ceux-ci n'émettront plus d'unités donnant droit au crédit d'impôt en question pour le reste de leur exercice respectif.

Investir dans un fonds européen

pour profiter de la force de l'euro

Pour les 18 prochains mois, je pensais acheter les unités d'un fonds d'obligations gouvernementales exclusivement ou majoritairement libellé en euros. En fait, l'euro ne cesse de s'apprécier face au dollar canadien et je crois que la tendance ne s'inversera pas dans les prochains mois. Avez-vous une recommandation à me faire à ce sujet?

Merci à l'avance.

L. B.

Trop de variables. Le comportement de l'euro dépend d'une foule de facteurs: la force de la croissance économique des pays membres de l'Union européenne, le taux d'inflation interne, la situation budgétaire des gouvernements, les taux d'intérêt à court terme fixés par la Banque centrale européenne, l'écart entre le rendement des obligations européennes et celui d'obligations étrangères comparables, etc.

Donc trop de variables qui rendent trop complexe la gestion de votre portefeuille de placements. Limitez plutôt vos placements aux obligations de nos gouvernements et aux actions de nos entreprises et, peut-être, de quelques grandes firmes américaines, si vous êtes en mesure de les suivre adéquatement. La meilleure façon pour un Canadien de se prémunir contre une chute du dollar canadien sur le marché des changes est encore d'investir dans les grandes entreprises canadiennes dont une part importante des ventes est réalisée en dollars américains. Les grandes compagnies pétrolières, certaines de nos grandes banques, les grands producteurs d'or sont des exemples d'entreprises fortement ou de plus en plus dollarisées (c'est-à-dire dont une part importante et croissante des ventes est libellée en dollars américains).

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