Multiculturaliste, moi?

Parmi les choses qui distinguent le Québec, il y en a une qui ne cesse de m’étonner : le multiculturalisme est perçu ici comme un gros mot. « Arrêtez de dire que je suis un multiculturaliste ! » déplorait Alexandre Cloutier dans l’entrevue récemment accordée au Devoir. « J’ai dit sur toutes les tribunes que le multiculturalisme était un échec. » À la réaction épidermique de l’aspirant-chef, on comprend bien qu’il s’agit d’une insulte. Fédéraliste, c’est déjà pas beau, mais multiculturaliste ? Sors de ce corps, Satan.

Il y a des raisons historiques, bien sûr, à cette hantise du multiculturalisme. L’ex-premier ministre Pierre Trudeau s’en serait servi pour remettre le Québec à sa place lors du rapatriement de la Constitution en 1982. À cette occasion, le multiculturalisme s’est retrouvé renforcé et le Québec, lui, tenu à bout de bras, bafoué et humilié.

Je ne doute pas un instant que Trudeau père ait joué méchamment du coude lors de la Nuit des longs couteaux. Trudeau savait ce qu’il voulait et n’hésitait pas à forcer pour l’obtenir. A-t-il favorisé cette clause spécifiquement pour embêter le Québec ou plutôt, selon une autre version des faits, pour augmenter ses appuis ailleurs au pays ? Ou encore, tout simplement parce qu’il croyait que le multiculturalisme était la voie la plus prometteuse pour le Canada ? On pourrait en discuter longtemps. Le problème c’est que la perception du multiculturalisme au Québec est entièrement collée à ce petit moment ténu de notre histoire, sans tenir compte de ce qui s’est passé avant ou après.

Le multiculturalisme est né, non pas avec Trudeau, mais avec la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme au milieu des années 1960. Lors de ses audiences, la commission Laurendeau-Dunton doit reconnaître qu’il y a d’autres forces en présence que les seuls « éléments britanniques ou français ». Elle en fera une recommandation : « la reconnaissance de la contribution des divers groupes ethniques à la société canadienne ». En 1971, Trudeau, suivant les indications des commissaires, en fera une politique officielle. Dans son discours à la Chambre des communes, il déclare que le gouvernement accepte « la prétention des autres communautés culturelles qu’elles aussi sont des immigration/la-politique-canadienne-du-multiculturalisme-de-1971#footnote-2" target="_blank">éléments essentiels au Canada ».

Sans Trudeau ni la déclaration officielle, sans René Lévesque ni le bras de fer constitutionnel, le Canada serait sans doute devenu « multiculturaliste » quand même. En prenant un peu plus de temps, c’est tout. En 1980, les immigrants de première et deuxième génération comptent pour plus de la moitié de la population canadienne, tout un changement en l’espace de deux générations. C’est d’ailleurs Brian Mulroney qui fera une loi sur le multiculturalisme (1988) afin de « promouvoir la participation entière et équitable des individus et des collectivités de toutes origines à l’évolution de la nation ».

Voilà pour la grande histoire. À aucun moment n’est-il question de « congédier la souveraineté populaire », comme le répète Mathieu Bock-Côté, d’abolir le « tronc commun » ou « d’inverser le devoir d’intégration ». Ce sont là des lubies entretenues par des nationalistes conservateurs.

Mieux : on a beau se targuer de faire de « l’interculturalisme » au Québec, rien n’indique, en fait, que notre façon d’aborder l’immigration est différente de celle du ROC. « Les chercheurs s’entendent pour dire que ce modèle a davantage été une déclaration d’intention qu’une véritable politique publique », dit Jocelyn Maclure dans Retrouver la raison. Depuis que le PQ a répudié, au début des années 1980, sa politique de « convergence culturelle » — perçue comme trop assimilatrice et portant le flanc à des accusations de nationalisme ethnique —, il n’y a pas de différences réelles entre la façon de concevoir l’immigration au Québec ou au Canada. Toutes les deux reposent sur un principe de réciprocité : « L’immigrant est invité à s’intégrer aux principales institutions et à apprendre la langue ou les langues officielles, à participer à la vie politique et à respecter les normes communes. »

Sous l’influence desdits conservateurs, de nombreux politiciens tentent aujourd’hui de revenir en arrière, c’est clair. Après la charte des valeurs, le « test des valeurs » proposé par François Legault et la « concordance culturelle » proposée par l’autre aspirant-chef, Jean-François Lisée, indiquent de nouvelles velléités assimilatrices vis-à-vis des immigrants.

Des études montrent, pourtant, que c’est en respectant les différentes cultures, plutôt qu’en les neutralisant, que les immigrants sont plus susceptibles de s’intégrer à la société d’accueil.

Veut-on vraiment cracher dans la soupe du multiculturalisme ?

96 commentaires
  • André Boisvert - Abonné 14 septembre 2016 00 h 41

    Problème de rapport de force

    Le problème n'est pas « être ou ne pas être multiculturaliste », le problème c'est que de nombreux immigrants n'ont aucune connaissance ni de notre culture, ni de notre langue. Or, arrivant au Canada (et non au Québec), ils s'intègrent dans cet océan anglophone en ne tentant aucun effort pour intégrer notre culture et notre langue. Et comme les COFI (Centres d'orientation et de formation pour les immigrants) ont été abolis depuis belle lurette...

    Autre malaise, c'est la déclaration de Philippe Couillard, ce dimanche, aux Coulisses du pouvoir, à l'effet que si nous réduisons le nombre de nouveaux immigrants, nous allons faire baisser notre poids démographique à l'intérieur du Canada. La belle affaire! Et vive la solution à la Durham!

    • Johanne St-Amour - Abonnée 14 septembre 2016 08 h 40

      Peu d'immigrants au Canada ont une connaissance de notre culture et de notre langue M. Boisvert. Ce multiculturalisme est en train d'étrangler les francophones.

      Basé sur des statistiques de 2006, Jean-François Lisée dénonçait en 2010 le faible taux de francophones à Vancouver. Il écrivait:

      «Colombie-Britannique. En fait, le français n’y est pas la première langue minoritaire. Vous le savez, c’est le mandarin. Il n’est pas la deuxième langue minoritaire, c’est le pendjabi. Il n’est pas la troisième, c’est le coréen. Il n’est pas la quatrième, c’est le tagalog, langue des Philippins. Il n’est pas la cinquième, c’est le vietnamien. Il n’est pas la sixième, c’est le perse. Le français y est la septième langue minoritaire... Le dernier recensement, celui de 2006, a confirmé qu’un cap historique a été franchi dans le Rest of Canada. Pour la première fois de son histoire, au Canada-hors-Québec, le français n’est plus la première langue minoritaire. C’est vrai en moyenne. C’est vrai aussi dans le coeur du pays: l’Ontario. Le chinois y est désormais la langue maternelle de 18% des non-anglophones, devant le français, avec 13%.»

      Comme on connaît l'importance de la langue dans la culture, je comprends mal les lamentations individualistes de Mme Pelletier ce matin vu ces statistiques! Et j'ajouterais ceci du texte de M. Lisée:

      «Comme au moment du rejet de Meech il y a maintenant 20 ans, lorsque la majorité de l’opinion canadienne rejetait l’idée de la reconnaissance du Québec, le pays canadien réel rejette aujourd’hui l’idée que le français est un élément important de la réalité canadienne hors-Québec. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, moins encore de la méchanceté. Le français est absent de leur vie sociale, économique, politique, culturelle. Pourquoi en deviendraient-ils des promoteurs sereins lorsque vient le temps d’exprimer ce qu’ils sont, dans une grande cérémonie. C’est trop demander.»

    • Odette Bernier - Abonnée 14 septembre 2016 11 h 40

      La firme de sondage EKOS (lien du dernier paragraphe de l'article de Mme Pelletier) semble biaisé : http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/sond selon le blogue du démographe M. Paillé. Comme quoi Mme Pelletier utilise des informations qui font son affaire.

    • Benoit Toupin - Abonné 14 septembre 2016 11 h 47

      Toute cette histoire me fait penser à une famille dysfonctionnel où l'un des parents est incapable de dire non à quoique ce soit et sourit même aux bêtises de ses enfants; et où l'autre parent, d'une maladresse consommée n'arrive pas à établir un minimum de règles de bon sens.

      Le plus vieux de la famille, voyant le tout, tente de dire à ses parents qu'il en a assez de la situation et manifeste son impatience quelquesfois de façon primaire et impulsive; pas surprenant... La réponse du parent permisssif, incapable de raissonner son appétit d'être aimé, fuit le problème en multipliant les attentions puériles et l'autre malhabile pose ça et là des gestes plus ou moins cohérents et finit par fuir en laissant l'ainé dans l'indifférence...

      Vous reconnaissez évidemment nos deux niveaux de gouvernement et les québécois issus de ces descendants courageux, qui au milieu des guerres de royaume ont mis en priorité leur survie et celle des leurs avec peu de considération et peu de moyens. Ils ont suivi pendant longtemps le clergé, son médiateur entre les pouvoirs imposés cherchant la paix de façon inconditionnelle et oeuvrant à assurer la santé et l'éducation; eux aussi sans moyens véritables. Puis vint la révolution tranquille, où les descendants de ces braves ont décidé de se prendre en main, montrant à leurs médiateurs du passé qu'ils devaient chercher autre mission...

      J'ai mal à l'histoire de mes ancêtres parce qu'au milieu de ce multiculturalisme d'image, la seule histoire que l'on s'emploie à taire est celle de mes aieux. J'ai mal à l'indifférence quand le multiculturalisme tel qu'incarné à la Trudeau, se fait belle gueule sans jamais prendre acte qu'il n'a pas la reconnaissance égale pour tous. Il dit, après avoir prononcé un discours dans une mosquée qu'il veut bâtir des ponts. Si les ponts sont nécessaires, c'est qu'il y a des rivières que son attitude a creusé par peu de considération à l'égard de l'histoire et de ses acteurs.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 14 septembre 2016 15 h 36

      «Si les ponts sonts nécéssaires, c'est qu'il y a des rivières que son attitude a creusées par peu de considération à l'égard de l'histoire et de ses acteurs.»

      Exactement monsieur Toupin! Je ne saurais mieux dire.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 14 septembre 2016 16 h 13

      Robert Poupart, Professeur honoraire à l’Université du Québec à Montréal et ex-recteur de l’Université Bishop’s affirmait ceci concernant le multiculturalisme en novembre dernier dans Le Devoir:

      «La civilisation occidentale n’est pas la seule, mais elle en vaut bien une autre. Notre civilisation valorise la transparence, l’égalité homme-femme et la personne, liberté, égalité, fraternité, comme gages d’un débat démocratique éclairé. Notre civilisation est le résultat de hautes critiques contre de multiples formes d’obscurantisme, d’absolutisme, de dogmatisme et en faveur de valeurs universelles. La politique du multiculturalisme ne peut se soustraire à la critique sans devenir un nouveau dogmatisme de la bien-pensance. Il est possible d’être contre le multiculturalisme et pour la diversité. Mais les deux sont plus faciles dans une société laïque. Sans cette laïcité, le multiculturalisme à la canadienne favorisera l’émergence d’un Canada des confessionnalités et des orthodoxies. Au lieu d’incarner une mosaïque bon-ententiste de communautés culturelles, le Canada risque de se transformer en foire d’empoigne de religions communautaristes où les plus religieux des religieux tirent de leur bord la couverte des avantages et privilèges accommodants. La Charte des droits et libertés concerne les droits de « chacun » ; il s’agit donc de « personnes », et non de « communautés ».»

  • Nadia Alexan - Abonnée 14 septembre 2016 04 h 13

    La raison doit avoir préséance sur la religion.

    Bonjour madame Pelletier: Je n'ai pas de problème du tout avec «la reconnaissance de la contribution des divers groupes ethniques à la société canadienne ». D’ailleurs, la contribution des groupes ethniques à la vie québécoise est bien connue et bien documentée. De là, à accepter l'intégrisme totalitaire de certains groupes ethniques qui se vantent de ne pas vouloir s'intégrer, comme l'imam Shawie, qui déclare haut et fort que l'Islam ne soit pas compatible avec la démocratie et qui refuse l'égalité homme/femme, la liberté de conscience et la liberté d'expression, c'est là que toutes personnes sages débarquent!
    Il faut arrêter de promouvoir les droits individuels aux dépens des droits collectifs. Une société ne peut pas retourner en arrière afin d'entamer des pratiques archaïques, comme l'excision, la polygamie, le mariage forcé des enfants, et l'oppression des femmes, pour faire plaisir à quelques groupes fascistes, qui refusent d'accepter nos valeurs. Je ne voix pas pourquoi doit-on accepter la haine quotidienne des homosexuels dont les religions se prévalent? On s'est débarrassé de la religion dans nos écoles et voici que l'endoctrinement des religions retourne en force dans nos institutions publiques et privées. La raison doit avoir préséance sur la religion. Il faut avoir une séparation claire et nette entre la religion et l'État.

    • Pierre Robineault - Abonné 14 septembre 2016 09 h 43

      J'espère que madame Pelletier vous aura lue! Votre texte situe bien le problème. Comment se fait-il que tant de personnes douées d'intelligence n'arrivent pas à comprendre? Faudra bien qu'un jour la grande décision soit prise pour arrêter ce palabre totalement inutile, puisque nous en connaissons très bien la solution.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 14 septembre 2016 10 h 13

      Vous appelez à la censure aux interdictions comme solution.
      Mais il y a beaucoup de chose dans ce que vous dites qui sont déjà interdits, comme les discours haineux faits en public. De plus:
      "Le Canada admet l’immigration d’un mari polygame, mais avec une seule épouse, considérant qu’il s’agit d’une union monogame.
      La polygamie a été confirmée comme illégale au Canada il y a tout juste un peu plus de quatre ans par la Cour Suprême de la province de la Colombie-Britannique."
      Le mariage arrangé ou forcé existe, mais les lois sont claires et si les femmes savaient et/ou revendiquerait leur droits, elles gagneraient gain de cause. Ce que font les intervenants sont souvent de l'éducation sur notre système juridique et ses recours.
      Que, dans sa vie privée, quelqu'un refuse l'égalité homme-femme ne change pas nos tribunaux et les lois qui s'assurent de cette égalité. Un propriétaire pourrait se faire poursuivre s'il refusait ouvertement d'engager une femme pour des raisons sexistes, par exemple.
      Même chose pour les homosexuels.
      Il reste sans doute beaucoup de chose à faire, mais l'État est bien séparée de la religion : car l'État est les lois et non pas la société civile.
      Je me demande bien quelle institution publique fait la promotion ouverte des choses que vous avez dites.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 14 septembre 2016 15 h 51

      «La raison doit avoir préséance sur la religion.»

      Je suis tellement d'accord avec vous Madame, mais ne soyons pas naïves, ce jour n'arrivera pas de sitôt. Il y a un IMMENSE TRAVAIL À FAIRE EN ÉDUCATION! C'est la seule façon de ramener la raison à sa place. D'ici là, je doute fort que nous soyons encore de ce monde...

    • Marc Lacroix - Abonné 14 septembre 2016 19 h 09

      La difficulté avec le multiculturalisme, c'est son incohérence. Une société peut se construire autour de certaines valeurs, mais qu'arrive-t-il si ces valeurs se dirigent dans toutes les directions à la fois ?

      — Je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire — Coluche

      La charte des droits et libertés date du début des années 1980 et, à mon avis, son problème, c'est le fait que les juristes ont refusé d'y intégrer une hiérarchie de droits. Certains peuvent s'en servir pour défendre du sexisme, pour promouvoir le droit à l'avortement..., ou protéger des visions "religieuses" qui sont ouvertement sexistes et qui s'attaquent à l'égalité des droits des femmes, des homosexuels...

      Cette vision imprégnée de rectitude politique cette vision ne défend en fait que des droits individuels faisant totalement abstraction des autres individus formant une société; mais puis parler de — mes droits — en sans examiner quel est l'impact de l'exercice de ces droits sur les gens qui m'entourent ? De toute évidence, je ne peux me regarder comme un élément sans lien avec le reste de la société. Je ne prétends pas que la religion ne devrait avoir aucun impact dans notre société, mais si elle entraîne des conflits de valeurs si directs avec des valeurs acceptées par la très grande majorité de la population, il y a un gros problème; si un groupe religieux prétend que plus de la majorité de la population du pays (femmes, gais, lesbiennes), ne sont que des individus de seconde zone, les chartes ne devraient pas les protéger et par le fait même consentir à tenir — comme légitimes — les idées sexistes, d'homophobie... On ne peut dire une chose..., et son contraire, en même temps!

  • Pierre Desautels - Abonné 14 septembre 2016 04 h 19

    Le multiculturalisme, l'insulte à la mode de chez nous.

    "Des études montrent, pourtant, que c’est en respectant les différentes cultures, plutôt qu’en les neutralisant, que les immigrants sont plus susceptibles de s’intégrer à la société d’accueil."

    Bien dit, Madame Pelletier. Malgré que le Québec n'a pas fait du multiculturalisme un dogme officiel comme au Canada anglais, dans les faits, depuis une quarantaine d'années, les gouvernements péquistes et libéraux ont appliqué à peu près les mêmes principes que le fédéral. Le Québec est plus multiculturel qu'il ne le croit et c'est une force, une richesse collective pour nous.

    S'il y a une tentative de revenir en arrière, c'est que des démagogues, tant au PQ, qu'à la CAQ, et même chez les conservateurs au fédéral, se servent de symboles religieux portés par une infime minorité d'immigrants pour se faire honteusement du bénéfice politique. Heureusement, ce détournement a échoué aux élections et échouera encore...

    • André Joyal - Abonné 14 septembre 2016 09 h 17

      " Des études montrent..."
      J'aimerais en prendre connaissance. Je veux leurs références exactes.

    • Gaetan Fortin - Abonné 14 septembre 2016 15 h 32

      Tant que ces études ne sont pas citées Madame Pelletier n'a rien dit!

    • Jean-François Trottier - Abonné 15 septembre 2016 09 h 06

      En effet, le multiculturalisme a été appliqué ici comme ailleurs, pour le plus grand malheur de tous.
      Cette citation que vous placez en évidence est une fausseté.

      Elle ne fonctionne que dans le cas précis où la majorité est très forte, assez pour attirer à tout coup quiconque faisant partie des "communautés" qui souhaite s'en dégager un peu. Alors le choix est "mon groupe", ou "les autres", avec les milliers de nuances possibles entre ces deux extrêmes.

      Alors, et seulement dans ce cas, les ghettos sont endurables dans une société donnée parce qu'il n'existe qu'une seule alternative pour chaque individu.

      Au Québec, les ghettos se regroupent tous sous la bannière des minorités, dont la plus importante est en fait une écrasante majorité.
      C'est, je suis désolé de devoir le dire, une évidence.

      C'est ça, le multiculturalisme: une tolérance qui "laisse faire", étant entendu que la majorité est capable d'en prendre. La majorité ici, c'est l'anglais, le seul qui attire les immigrants allophones.

      Pour simplifier à outrance, l'interculturalisme devrait utiliser des comités régionaux formés d'un représentant par communauté, pour que le poids démographique ne joue pas.
      La grande différence entre le multi et l'inter se situe sur ces termes : laisser faire, ou écouter et agir.

      Le but de l'interculturalisme est toujours de trouver un consensus entre les communautés, tout en laissant à chaque individu sa totale liberté. Le multiculturalisme ne considère le mon "communauté" que d'un point de vue démographique: des chiffres sur le papier. Ah! Et aussi dans un seul bout de phrase: "là où le nombre le justifie", magnifique venin de la part du sieur Trudeau.

      Encore une fois je suis désolé, mais si le consensus ne fait pas partie des visées d'une société, alors je débarque. Le multiculturalisme ne voit qu'un dénominateur commun là où devrait exister une synergie naturelle incitée de l'intérieur.

      Ce ne sont pas de vains mots, contrairement à cet article de Mme Pe

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 14 septembre 2016 04 h 40

    La politique canadienne du multiculturalisme

    Madame Pelletier, je suis estomaquée par ce billet qui manque non seulement de rigueur, mais fait fi de faits historiques. La politique canadienne du multiculturalisme a bel et bien été instauré par P.-E. Trudeau :

    "Le 8 octobre 1971, dans une déclaration devant la Chambre des communes, le premier ministre Pierre Trudeau établissait le multiculturalisme comme étant une politique gouvernementale officielle. Le multiculturalisme visait à préserver la liberté culturelle des individus et offrir une reconnaissance des contributions culturelles des divers groupes ethniques à la société canadienne." (source : http://www.quai21.ca/recherche/histoire-d-immigrat

    Ensuite, la question qui préoccupe au plus haut point des penseurs comme Mathieu Bock-Côté est comment les nouveaux arrivants peuvent-ils s'intégrer dans la société d'accueil si "aucune culture singulière ne pourrait définir le Canada", car c'est bien la manière dont Trudeau avait définit le multiculturalisme : "Dans son discours à la Chambre des communes, Trudeau déclarait qu’aucune culture singulière ne pourrait définir le Canada et que le gouvernement acceptait « la prétention des autres communautés culturelles qu’elles aussi, sont des éléments essentiels au Canada. » Une politique de multiculturalisme a été mise en œuvre pour promouvoir le respect de la diversité culturelle et le droit des groupes ethniques à préserver et développer leur propre culture au sein de la société canadienne." (http://www.quai21.ca/recherche/histoire-d-immigrat

    Cette politique, madame Pelletier, sonnait le glas d'une nation, comme partout ou une telle politique a été implantée.

    Oui, madame Pelletier, le multiculturalisme est un échec. N'empêche qu'on continuera à la mettre en oeuvre, car elle sert à atteindre le but ultime: l'établissement d'un nouvel ordre mondial.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 septembre 2016 07 h 26

      Vous avez raison, cette chronique manque de rigueur au plan de l'Histoire. Trudeau a rejeté les assises de la Commission Laurendeau Dunton sur le BICULTURALISME, "d'après le principe de l'égalité entre les 2 peuples fondateurs(1963)"-Lester B. Pearson-

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 septembre 2016 07 h 35

      "Le marcé aux illusions La méprise du multiculturalisme"-Volume écrit
      par Neil Bissoondath-Neil Bissoondath est un canadien d'origine indo-trinidadienne.Écrivain de réputation internationale.Il vit aujourd'hui au Québecdont il préfère le projet culturel sans épouser le projet de souveraineté....Il affirme avoir éprouvé dès son arrivée au
      Canada le malaise qui l'amène à contester aujourd'hui la doctrine
      officielle du multiculturalisme. Sous le couvert de la bienveillance,
      du respect de son origine différente, le milieu universitaire recréait
      des ghettos,l'empêchait de s'intégrer pleinement au pays qu'il avait choisi....Sacritique du multiculturalisme lui a valu beaucoup de critiques..."Cetessai a tant fait couler d'encre rageuse au Canada anglais qui lui avalu une vindicte d'État et cent réfutations d'allure experte."

      Il a choisi de vivre dans un ailleurs(ici) et d'aller jusqu'au bout de
      ce choix, c,à,d. de faire du présent sa maison, et de ses origines un
      ailleurs. La doctrine canadienne lui refuse une rupture aussi forte,
      un déplacement aussi définitif. Le Québec officiel se dit lui aussi
      accueillant aux autres cultures, mais il les voit comme des apports à
      une culture centrale, celle de la majorité. Il ne s'agit plus
      d'assimilation mais d'un processus dynamique, d'un échange perpétuel,d'une "intégration".

      Il ne faut jamais parler contre la politique du multiculturalisme
      sinon on va se faire crier des noms...Je cite Bissoondath.:"Cette
      attitude(de tirer sur les dénonciateurs de la politique du
      multiculturalsime) relève du credo selon lequel la politique
      multiculturelle canadienne-généreuse et louable, animée par une
      conception globalisante de l'humanité-est la
      seule possible"..C'est l'orthodoxie!

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 14 septembre 2016 09 h 24

      @Mme. Lapierre

      J'espérais que la position forte et provocante de Mme. Pelletier allait faire lever le débat. Je constate la pauvreté qui sous-tend l'utilisation du multiculturalisme comme épouvantail.

      En fait, il est pourtant bien indiqué, et cela est de facto ce qui est constaté, que l'immigrant se plie à des institutions sociales et politiques, en plus de savoir que son développement et celui de ses enfants se fera en une langue officielle.

      Certes, le français est à cet effet baffoué, et les institutions sont anglo-saxonnes, mais ce n'est pas le résultat du multiculturalisme. Ensuite, la question nationalo-conservatrice de la disparition de la nation reflète plutôt la difficulté de transformer le mythe d'une entité nationale homogène et pure en réalité : on en parle alors au passé, comme un paradis perdu. Ce mythe se base sur une conception traditionnaliste de la société, où tous ont leur rôle, où la stabilité prévaut, etc. Bienvenue en 2016!


      P. S. Mme. Pelletier dit effectivement, parlant du multiculturalisme, qu' "en 1971, Trudeau, suivant les indications des commissaires, en fera une politique officielle". Peut-être étiez-vous trop estomaquée pour prendre connaissance du texte dans ses détails?

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 14 septembre 2016 10 h 42

      Nonobstant Trudeau, je ne suis pas sûr qu'on ait absolument aucune "culture singulière" propre au Canada.
      On a deux langues officielles déjà. Le choix de ses langues n'est pas hasardeux : il dirige d'emblée vers ce qui permet de se comprendre et de partager ensemble sinon des référents culturels, au moins le moyen de se les faire connaître.
      Patrimoine Canada et le conseil des arts et lettre du Québec ont de l'argent qui n'est pas investi au hasard non plus. "Nos" artistes s'en sortent mieux quand même et dans le cas d'immigrant ou d'enfant d'immigrants, ils utilisent l'anglais ou le français dans la plupart des cas et font le "pont" pour nous rejoindre.
      Si je recherche une université qui donne ses cours en japonais, je risque fort d'être déçu. La culture universitaire est résolument occidentale et on y lit les classiques occcidentaux, de Platon à aux philosophes américains ou européens. Je n'ai jamais lu de philosophe africain ou asiatique. J'ai à peine lu/entrevu les arabes du temps du Moyen Âge, là où ils discutaient des mêmes auteurs que l'occident.
      Admettons que je veux participer à des cours de danse : swing, rock, danse sociales, rap, danses latines. Il y a bien les danses africaines, mais en proportion, ce n'est pas grand chose. Où sont tous les autres styles?
      Je ne sais pas exactement que vous avez en tête comme nouvel ordre mondial, mais celui que nous avons actuellement est économique, mais aussi en partie culturel, tant que ça se vend. Pour tout ce qui ne se vend pas, ça va au musée et on le gardera comme relique de l'histoire ...

    • Claude Richard - Abonné 14 septembre 2016 10 h 46

      @ M. Lamy-Théberge

      "Certe, le français est bafoué, et les institutions sont anglo-saxonnes, mais ce n'est pas le résultat du multiculturalisme."

      Il est admis par à peu près tout le monde que le multiculturalisme dilue l'importance de la culture française au Canada. Elle devient une culture parmi les autres en face de la culture dominante. Qui domine, de ce fait, encore plus.

      Quant au "mythe d'une entité nationale homogène et pure", c'est de la divagation. La pauvreté de pensée dont vous parlez, je crains fort que ce soit votre fait.

    • Gilbert Turp - Abonné 14 septembre 2016 10 h 51

      La grande différence qui joue ici entre le Québec et le Canada,du moins c'est ce qu'il me semble, c'est qu'au Québec, les choses naissent de la base et montent vers le pouvoir.
      Tandis qu'au Canada, les choses se décident à Ottawa(sous l'influence de Londres et Washington, double cœur de l'empire) et elles descendent ensuite sur le bon peuple qui s'y soumet.
      Le jour où sa majesté a dit : à partir d'aujourd'hui, nous sommes multiculturels, les sujets loyaux canadiens se sont inclinés.

      Comme par hasard, une sourde résistance s'est cependant manifestée chez les Québécois et les Premières Nations. Les deux peuples qui ici ne s'identifient guère à l'empire anglo-américain si coupable vis-à-vis tant de peuples depuis 4 siècles de colonisation sur les 5 continents. Le multiculturalisme est peut-être réparateur des crimes de cet empire, mais parfois il semble n'être qu'un savon qui lave la façade qui masque cette culpabilité.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 14 septembre 2016 10 h 57

      M. Lamy-Théberge, la politique du multiculturalisme a été élaborée et mise en oeuvre par Trudeau, sur la base des recommandations de la Commission royale. Cette politique en tant que telle a été créée par Trudeau.

      "où tous ont leur rôle, où la stabilité prévaut, etc. Bienvenue en 2016!" Oui, en effet, nous vivons dans un monde très harmonieux, grâce au multiculturalisme, bien entendu.

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 septembre 2016 11 h 37

      @ Alexis Lamy-Théberge

      " J'espérais que la position forte et provocante de Mme. Pelletier allait faire lever le débat. Je constate la pauvreté qui sous-tend l'utilisation du multiculturalisme comme épouvantail. "

      Le problème actuellement est la pauvreté du débat. Soit mais c'est une réalité des protagonistes radicaux des deux côtés qui s'opposent dans cette foire à provocation.
      Mme Pelletier réinterprette l'histoire dans son article en sélectionnant ce qui sert son propos mais en passant sous silence ce qui ne lui conviens pas. Le commentaire de Pierre Deschamps en rappelle l'essence.
      C'est le malheur de ce "débat" que deux groupes positionnés aux extrêmes monopolisent la question alors que nous devrions débattre de cette question avec une bonne dose de sens commun. Ce qui n'est malheureusement pas le cas.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 septembre 2016 11 h 40

      L'ex FHQ Roméo Paquette(il a vécu près de 60 ans hors Québec) du
      Conseil de Vie française en Amérique(CVFA) a très bien décrit cela
      dans la revue Franc Contact Volume 5 , No 4, Décembre 1997:
      "L'Histoire démontrera que l'enjeu fondamental, tel qu'exprimé par le
      mandat de la Commission royale FÉDÉRALE d'enquête sur sur bilinguisme et le biculturalisme(1963), était le suivant: RECOMMANDER LES MESURES A PRENDRE POUR QUE LA CONFEDERATION CANADIENNE SE DEVELOPPE D'APRES LE PRINCIPE DE L'EGALITÉ ENTRE LES DEUX PEUPLES FONDATEURS... ".

      Trudeau père abhorait le nationalisme québécois: il a jeté au panier les notions de "biculturalisme" et de "deux peuples cofondateurs" et priorisé le multiculturalisme. Dans la même logique, lui et de nombreux députés libéraux fédéraux québécois nous imposeront la constitution infame de 1982. Qui a dit que nous fabriquons nos propres bourreaux?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 14 septembre 2016 13 h 28

      M. Patenaude, par "bonne dose de sens commun", je présume que vous parlez du "vivre-ensemble"? Pour vivre ensemble sur un territoire commun, encore faut-il avoir quelque chose qui nous unisse : culture, langue, histoire, moeurs, religion (!), amour de la Patrie, etc. Or, la politique du multiculturalisme, mise en place en 1971, a oeuvré à la destruction de tous les fondements des sociétés canadienne et québécoise, tout en n'imposant aucune obligation d'intégration des nouveaux arrivants, les encourageant plutôt à promouvoir leurs propres bagages culturels, voire à exiger des "accommodements raisonnables"... il en résulte une montée progressive des tensions sociales. On n'a qu'à se tourner vers l'Europe, notamment la France, pour voir notre avenir tragique. Le milieu universitaire est aussi un bon laboratoire pour observer l'échec de la cohabitation et la promotion égalitariste de toutes les différences. Certains auteurs qualifient la situation de "guerre culturelle".

      La politique du multiculturalisme trahit les peuples fondateurs, surtout des Québécois, et nous vouent à la dilution de nos peuples dans la diversité.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 14 septembre 2016 15 h 41

      À Mme Lapierre. Admettons. Revenons donc au Moyen Âge : il y avait unité entre religion et politique et on était sûr que tout Français était catholique par exemple. La renaissance arrive et «pouff» fini l'unité catholique à cause des réformistes.
      S'en suit des massacres comme la Saint-Bartélémy, jusqu'à ce que tranquillement la tolérance fasse son chemin comme manière de vivre.
      C'est votre solution pour vivre ensemble au niveau de la religion?
      Je ne suis pas pour une religion d'État qu'elle soit catholique ou athée et oui, on peut, si l'on veut trouver un «vivre-ensemble» ailleurs que dans l'imposition d'une vision unilatérale.
      Avoir des repères communs n'implique pas être tous d'accord ...
      Il faudrait continuer à la financer en tout cas cette culture et ses référents. En éducation d'abord, et en subvention ensuite.
      Je n'ai pas compris pourquoi l'université échoue si ce n'est à mon avis qu'elle a été détournée de ses fins premières : au lieu de former des citoyens, on en fait des travailleurs. Le «management» a tout pris.

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 septembre 2016 18 h 13

      @Jocelyne Lapierre

      non je partage en partie votre commentaire mais je parlais juste du sens commun que m'a enseigné mon grand père, prototype du Canadien français dont pourraient se réclamer autant les tenants de l'identitaire et les tenants des positions de notre bien aimée chroniqueuse.

      En fait tanné d'un débat entre pseudo-intello alors qu'il serait possible de trouver un équilibre qui conviens au monde ordinaire. appellez ça le vivre ensemble ou autrement .... je m'en contre-fout.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 septembre 2016 01 h 12

      M. Patenaude, je vous comprends. Le sens commun (le gros bon sens qui va de soi) est habituellement ce qui est partagé par un groupe homogène ayant un même bagage socioculturel et, à plus grande échelle, i.e., à l'échelle d'un nation englobant plusieurs groupe ethnoculturels, à condition que l'orientation politique promeut l'unité nationale par l'obligation des nouveaux arrivants d'apprendre les langues officielles, d'adhérer à nos moeurs et lois, d'apprendre l'histoire des peuples fondateurs, etc., le tout principalement enseigné dans les établissements d'enseignements qui n'encouragent pas le communautarisme et ne mettent pas l'accent sur les différences. Le sens commun émane de l'unité et non de la division. On parlait déjà de Deux solitudes... Aujourd'hui, nous en avons plusieurs qui réclament leurs droits de s'épanouir sur les plans politique, culturel, social et religieux, et il s'avèrent que leurs revendications entre en conflits avec notre vision du vivre-ensemble.

  • René Bourgouin - Inscrit 14 septembre 2016 04 h 51

    La pasionaria du multiculturalisme

    Au minimum une chronique sur deux de Mme Pelletier concerne encore et toujours le multiculturalisme, qu'elle cherche à nous vendre.

    L'opposition au multiculturalisme, chose qui distingue le Québec? Ben voyons.

    Angela Merkel, chancelière d'Allemagne: «Ceux qui se réfugient chez nous doivent respecter nos lois et traditions et apprendre l’allemand. Le multiculturalisme conduit à des sociétés parallèles, et demeure par conséquent une grande illusion.»

    David Cameron, ex-premier ministre de Grande-Bretagne: «Avec la doctrine du multiculturalisme d'Etat, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées les unes des autres».

    Ou encore un article du Foreign Affairs: The failure of multiculturalism
    https://www.foreignaffairs.com/articles/western-europe/failure-multiculturalism

    • Pierre Bernier - Abonné 14 septembre 2016 08 h 03

      « En 1971, Trudeau, suivant les indications des commissaires… » et occultant plus tard celles de la commission Pépin-Robarts sur les « peuples fondateurs » aurait-on pu ajouter pour un propos plus complet?

      Effectivement, le texte publié aujourd’hui n’est-il pas un bel exemple de la confusion qu'on peut entretenir en se limitant à des concepts flous (constructions philosophiques ou sociologiques) tirés de sociétés dominantes pour traiter des méandres de l'épaisseur du réel d'une société singulière, ouverte et en développement, consciente d'être minoritaire, historiquement et culturellement menacée et dont la pérennité est en jeu ?

      Collectivité qui, au contraire de plusieurs ayant le même gabarit, ne dispose pas de tous les instruments reconnus à l'État-nation, indépendant ou associé autrement, ni donc du pouvoir inhérent d'établir les normes du vivre ensemble sur le territoire et les faire reconnaître sans ambages par souci de perpétuation ?

    • Jacques Patenaude - Abonné 14 septembre 2016 09 h 40

      Allez voir le lien qui est dans le texte surligné en bleu "s’intégrer à la société d’accueil".
      J'aimerais que mme Pelletier nous explique ce qu'elle pense de la caricature.

      Si une telle caricature représentait un dirigeant noir, ou autochtone, etc pensez-vous qu'elle la considérerait comme acceptable?